Eau distillée 100 grammes
Chlorhydrate d'ammoniaque 1 »
Sublimé 0,01 centiaramme
Conjonctivite phlycténulaire . — « On projette, au moyen d'un pinceau, une très petite quantité de calo-
mel en poudre entre les paupières. Cette substance possède-t-elle une action spéciale, ou agit-elle simplement d'une façon mécanique ? On l'ignore. Dans tous les cas, elle abrège beaucoup la durée de la maladie.
Quant au précipité jaune, on l'emploie sous forme de pommade, ainsi composée :
Précipité jaune \ gramme
Cold-cream 10 »
Avec la pointe d'un pinceau, on dépose au fond du cul-de-sac inférieur une très petite quantité de cette pommade (Abadie).
Pagenstecher et Galezowski emploient l'oxyde jaune d'hydrargyre à plus faible dose (0,^35 centigr . pour 6 gr . , Galezowski; h gr. pour 30 gr., Pagenstecher.)
Pour éviter les récidives, si fréquentes, Donders a conseillé de continuer pendant cinq à six semaines les insufflations de calomel.
Ophthalmie piiruleJite. — La nécessité d'avoir recours à une modification énergique et prompte des surfaces malades fait préférer le nitrate d'argent aux autres topiques, et spécialement aux mercuriaux, dans toutes les variétés d'ophthalmie purulente. Ce n'est qu'au moment où la sécrétion conjonctivale a presque entièrement cessé qu'il faut suspendre les cautérisations et revenir aux astringents. Le meilleur de ces moyens sera encore la pommade au précipité jaune dont * nous avons tout à l'heure indiqué la formule, suivant M. Abadie. C'est à elle encore que l'on aurait recours pour modifier la mucpieuse conjonctivale devenue granuleuse, dans certains cas où ces granulations ont entraîné le développement secondaire d'une kératite vasculaire. IMais, pour peu que les granulations soient con-
iluentes et volumineuses, il faudra pi'éférer l'emploi du sous-acétate de plomb liquide, additionné d'une égale quantité d'eau distillée, et employé en badigeonnages quotidiens.
ConjonctiviiG diphthèritiqae. — Plusieurs auteurs ont conseillé l'administration des mercuriaux à l'intérieur et à l'extérieur dans la conjonctivite diphthéri tique. C'est un moyen énergique, dit M. le professeur Bouisson. On prescrit le mercure sous forme de j^ilules de la façon suivante :
Calomcl 0,30 à 0,05 centigrammes j ^ , , .
„ , . nni Galezowski
Extrait gommeuxd opmm 0,01 » \
F. s. a. une pilule; prendre 2 à 4 pilules par jour.
Aux enfants, d'après Galezowski, il ne faudrait prescrire que de 1 à â centigrammes de calomel, et cela toutes les deux heures, sous forme de poudre, sans opium.
Calomel 1 centigramme j ^ ,
, lA Galezowski.
Sucre pulv 10 » \
Faire 12 paquets semblables ; donner 2 à 3 paquets par jour.
Chez les adultes, au lieu des pilules, on peut faire trois fois par jour, sous les aisselles ou dans les aines, une friction avec gros comme une noisette d'onguent mercuriel double.
Dans les cas d'opththalmie diphthéritique puridente granuleuse, où l'œil ne peut supporter aucune cautérisation, et où la nécrose de la cornée est imminente, le calomel à l'intérieur, et les frictions mercurielles au pourtour de l'orbite seront utilement prescrits conjointement au traitement antiphlogistique le plus énergique. Voici la formule de l'onguent mercuriel belladoné prescrit en pareille occurrence
Onguent napolitain 1() grammes
Extrait do Belladone f) »
Kératite phlijctènulaire. — De même que la conjonctîvite phlyctéiuilaire, on la traite avec avaiitae,e p;ir l'emploi local : 1" des insui'llatioiis de calomel; — ^'2' par la pommade au précipité jaune, au dixième (formule d'Abadie).
Kératites vasciilaires. — Les inflammations, comme tous les tronbles de nutrition de la cornée étant le plus souvent sous la dépendance de lésions conjonctivales, et siu'tont de granulations, les moyens qui sont d'un utile emploi dans le traitement de ces dernières seront mis à profit dans la thérapeutique des affections cornéennes secondaires. Ainsi nous avons dit plus haut que les kératites vasculaires sont modifiées avantaiTeusemeut par l'eiuploi de la jx^mmade au précipité jaune (oxyde jaune d'hydrargyre par voie humide).
Ici encore les dérivatifs sur le tul^e digestif seront fréquennnent mis en usage, et c'est encore aux mercuriaux et spécialement au calomel que la plupart des ophthalmologistes ont recom-s.
Dans ces affections, de même f[ue dans celk^s plus superficielles ou plus profondes qui s'accomi)agnent de douleurs vives ou d'insomnie, lorscpie la mydria.se pupillaire étant indiquée, l'état congestif ou inflammatoire de la conjonctive contre-indiquera l'emploi de l'atropine, on aura recours avec succès à la ponnnade mercurielle morphinée et belladonée, suivant la formule que voici :
Onguent napolitain 10 grammes i
Extrait do P,elladone » ' Dosmarres
Laudanum de Rousseau 1 » ^ père
Axonge ^ "
HALLOPEAU. 12
Chez les scrofuleux, les ulcères de la cornée et ses inllammations sont souvent entretenues , suivant Galezowski, par des éruptions de la face et des ulcères des narines. Il importe, s'il faut en croire cet auteur, de combattre ces complications au moyen de pommades mercurielles, ou de les saupoudrer avec la poudre de calomel. Il est possible en effet qu'il y ait, entre ces affections faciales et oculaires, non-seulement une relation de cause commune, mais aussi une relation directe par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs ou trophiques, et que le traitement de l'éruption faciale puisse ainsi modifier la marche de l'aff'ection kératique. Voici la pommade que l'auteur que nous citons recommande pour le traitement de ces ulcérations des narines :
Précipité rouge
Camphre
Axonge fraiche.
0,50 centigrammes \ 0,50 » > Galezowski
10 grammes )
On préfère souvent au précipité rouge le précij^ité jaune préparé par voie humide, parce qu'il est en particules ténues qui l'acilitent l'action locale et la tolérance du remède. On l'emploie dans les kératites vasculaires superficielles, quand il n'y a pas de conjonctivite granuleuse ; on peut l'associer soit au glycérolé d'amidon, soit à un corps gras. (Haltenhoff'.)
Albugo, Leiicoma. — Dans les cas mêmes où l'opacité cornéenne est superficielle et peu intense, la résolution complète du travail inflammatoire du côté de la conjonctive peut faire disparaître à la longue^ la lésion de la cornée. Les instillations de calomel, les pommades irritantes au précipité jaune, qui agissent sans doute en stimulant le mouvement nutritif de la cornée, devront néanmoins être employées très longtemps
avant d'amener ce résultat désirable et que l'on ne peut atteindre que dans les cas les moins graves.
§4. — Action dans les maladies des fosses nasales^ du larynx, de V oreille et de la vulve.
On peut modifier la punaisie, qu'elle soit d'origine S3 i^hilitique ou phlegmasique, par l'inspiration de poudres composées de 1 à 2 gr. de calomel, pour 15 gr. de sucre ou de 50 centigr. à 1 gr. de précipité «rouge pour 15 er. de sucre.
Des injections de sublimé donnent les mêmes résultats. Ce traitement sera secondé par des injections faites avec des solutions étendues de nitrate d'argent ou de sulfate de cuivre.
L'insufflation d'une poudre composée de sucre candi uni à un lo'' ou à un 20° de son poids de calomel combat avec avantage la laryngite chronique.
Le mercure s'emploie contre les otorrhées, les phlegmasies dartreuses du conduit auditif, comme dans les maladies des fosses nasales.
Dans le prurit de la vulve, qui a tant de connexité avec les dartres, le sublimé et l'eau phagédénique jouissent d'une efficacité remarquable
Pour le sublimé, on prépare une solution de 10 gr. de ce sel dans un demi-litre d'alcool. Puis on j^rend une cuillerée à café de cette solution qu'on met dans un demi-litre d'eau très chaude pour les solutions et les lotions. L'eau très chaude est fbrt importante, car l'eau froide ne produit aucun effet.
L'eau phagédénique s'emploie aussi, mais dans une proportion moindre : un quart ou la moitié suffisent.
§ 5. — Action dans Les maladies de V intestin.
Le calomel a été vanté par les Anglais dans toutes les variétés de diarrhée. On recommande dans la diarrhée féculente ou d'irritation d'abord un minoratif, puis le calomel à forte dose le soir, et le lendemain matin l'huile de ricin. Dans la diarrhée muqueuse, on peut associer le calomel à la poudre de Dower en les administrant le soir et l'huile de ricin le matin suivant. IjC calomel serait contre-indiqué pour quelques auteurs dans la diarrhée séreuse ou bilieuse.
Chez les enfants, West, donne le mercure en nature associé à la craie préparée, hydrargijrum cum creta de la ])harmacop('^e britannique. Il l'associe môme à de petites doses de poudre de Dower. Meigs et Pepper ne sont pas favorables à l'emploi des mercuriaux.
Quant à l'entérite des pays chauds, voici quelle est à son égard la pratique des médecins anglais.
Après avoir appliqué un grand nombre de sangsues et mis des cataplasmes très chauds sur le ventre, on administre vingt grains de calomel avec deux ou trois grains d'opium. On recommence si les symptômes les plus graves n'ont pas cédé complètement au bout de dix à douze heures. Cette médication est adoptée depuis longtemps dans les Indes. Annesley la recommande clans toutes les affections inflammatoires de tous les viscères abdominaux. D'après lui, quand le calomel est administré après une saignée abondante, locale ou générale, il maintient fréquemment l'action vasculaire à peu près au niveau auquel la saignée l'a abaissée. Il a aussi le grand avantage de diminuer l'irritabilité de l'estomac, si elle existe, mieux qu'aucun autre remède,
et onfia d'agir comme un sédatif du système nerveux et de disposer à un profond repos. D'autre part, il modifie le caractère morbide des sécrétions intestinales et leur prépare une expulsion facile par l'administration subséquente de purgatifs.
On insistera davantage encore sur les mercuriaux . dans les cas d'entérite phlegmoneuse.
Si les sécrétions biliaires sont très-altérées, on pourra donner le calomel et l'opium deux fois par jour, et y ajouter même des frictions mercurielles répétées sur l'abdomen.
Dans VcniérUe chronique trop souvent négligée ou traitée d'une façon insuffisante, de larges doses de calomel données au moment du coucher et suivies de purgatifs aromati(|ues chauds ont . rendu de grands services .
Les doses massives de calomel paraissent agir d'une façon tout à fait spéciale et favorable sur la matière tenace et épaisse qui semble obstruer le calibre de l'intestin ; il la dissout, la détache de la surface muqueuse à laquelle elle adhère et la prépare à être ensuite balayée par le purgatif qu'on va administrer. (^Vnnes-
C'est la combinaison du calomel avec cette sécrétion morbide et le mélange de la bile avec ces deux substances qui produit la couleur noir foncé ou verdâtre ou vert brun des selles.
Nous devons mentionner enfin l'emploi du mercure métallique dans le traitement de i 'iléus. On se propose d'agir ainsi mécaniquement sur l'obstacle. Cette pratique, ainsi que nous l'avons vu, remonte à la pkis haute antiquité et elle n'a jamais été complètement abandonnée. Zacutus Lusitanus (1575) faisait prendre
jusqu'à trois livres de métal. La dose était généralement d'une demi-livre à une livre. Sydenliam dit qu'on est autorisé dans un danger imminent à tenter cette médication. Nous ignorons si elle a jamais donné de bons résultats, mais nous pouvons affirmer qu'elle estpleinede périls, car nous avons trouvé, dans la littérature contemporaine, la relation de deux cas où elle a * entraîné la mort, en amenant dans l'un la perforation de l'intestin, dans l'autre une intoxication mercurielle aiguë.