XIV, I
C'est ainsi que parmi les diverses espèces de reconnaissances, il préfère celles qui naissent de l'action (i), comme, de toutes les parties du drame, le dénoiiment lui semble la dernière à abandonner au merveilleux.
Il est probable au contraire qu'il ne désapprouvait pas le merveilleux, pourvu que du reste il ne choquât pas trop la raison, quand il n'entrait dans le drame que comme un accessoire qui n'importait en rien à la conduite et à l'intégrité du sujet, comme la prophétie de Cassandre dans Agamemnon.
Ce qu'il y a de bien certain , c'est qu'Aristote ne proscrivait pas également toutes les sortes de merveilleux avec l'inflexible rigueur d'un philosophe, partisan outré de la vérité, mais qu'il les distinguait les unes des autres avec le discernement d'un critique sans préventions. Ainsi, après avoir préféié simplement les effets tirés du fond même du sujet à ceux qui naissent du spectacle, il va jusqu'à dire que ceux qui cherchent à frapper les spectateurs par le monstrueux n'entendent rien à la tragédie: Oî ^è p.7i TO (poéepov ^ik Tvi; o(|;£(i)ç , àXkk to repaTw^eç [xovov TcapacxeuàCovTeç, oùâèv Tpayw^ta KoivwvoOffiv (2 ). Au contraire, il recommande certains faits merveilleux dans lesquels la vraisemblance se concilie avec la surprise. Tels sont ces événements fort communs en soi, mais auxquels leur connexion accidentelle avec d'autres faits, eux-mêmes plus ou moins rares, nous porte
I i) XVI, 6.