I. VÉGÉTAUX
L’anatomie des animaux, et, en particulier, celle des animaux supérieurs, se divise naturellement en anatomie descriptive et en anatomie générale. L’anatomie descriptive des animaux dont les organes n’échappent pas à la vue par la petitesse de leurs dimensions peut se passer de l’emploi du microscope. Il n’en estpasde même de l’anatomie générale : celle-ci s’occupant principalement de la structure intime des tissus animaux, ne saurait faire un seul pas sans le secours des verres grossissants.
Dans les végétaux, l’anatomie descriptive est toute extérieure ; elle prend le nom à' Organographie, et son étude requiert rarement l’emploi du microscope composé, mais seulement celui de la loupe montée. 11 n’en est point de même de l’anatomie végétale, qui peut se comparer en tous points à l’anatomie générale des animaux , car elle consiste presqu’exclusivement dans l’étude de la structure intime du tissu utriculaire, qui est la base de tous les organes des plantes. Sans doute on trouve dans les tiges des végétaux quelques grandes différences que l’œil nu peut apercevoir ; mais dès qu’on veut se rendre compte de la marche des sucs, du mécanisme de la fécondation ou de la formation des tissus , le microscope devient indispensable , et l’habileté de l’observateur, la perfection de l’instrument, sont les conditions nécessaires du progrès de la Phytotomie. Dans l’impossibilité où je suis d’embrasser l’anatomie végétale tout entière, j’ai choisi l’étude de la cellule végétale comme l’exemple le plus frappant des immenses services que le microscope a rendus et peut rendre encore à cette partie de la botanique.
La convenance de ce choix ne saurait être contestée , puisque tous les physiologistes sont d’accord pour admettre que l’utricule est le principe et l’élément de l’organisation végétale, qu’elle résume en elle les fonctions nutritives et reproductrices de la plante tout entière, qu’elle est, en un mot, le végétal réduit à sa plus simple expression.