‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 24 sur 77 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Préliminaires.

48. Les microscopes sont indispensables pour letude des réseaux vasculaires des muqueuses, pour celle de la disposition des vaisseaux dans les villosil.és et les papilles, autour des orifices des glandules des muqueuses. Ce n'est qu'à l'aide de ces instruments et en s aidant de diverses espèces de pinces, d'aiguilles et de scalpels droits et courbes, qu'on parvient à reconnaître la distribution des vaisseaux dans les glandes avec ou sans conduits excréteurs, la distribution des nerfs dans beaucoup d'organes, etc. Ils sont nécessaires encore pour un grand nombre de dissections dans lesquelles l'emploi des loupes ne suffit plus, pour la dissection des organes de l'embryon, ou des animaux de petit volume, etc.

Art. I. — Des doublets.

49. Les microscopes à dissection sont presque tous des microscopes simples, c'est-à-dire des loupes ordinaires ou des doublets. Ceux-ci sont des loupes formées de deux lentilles, rapproebées de telle sorte, que la supérieure grossit l'image formée par l'inférieure. Un dinpbragme interposé entre elles détruit en grande partie l'aberration de sphéricité.

Il en existe un grand nombre d'espèces, dont chacune est préférée par l'anatomiste qui a pris l'habitude de s'en servir à l'exclusion des autres. Les plus simples doivent, d'une manière générale, être regardées comme les meilleures. Ces loupes sont montées de manière à

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permettre l'examen des objets paf transparence el par réflexion, c'esl-a-dire à l'aide de la lumière transmise au travers de l'objet plus au moins transparent, on réfléchie à la surface des corps opaques. Dans le premier cas, on place le corps à étudier dans un vase de verre, et celui-ci sur le plateau ou table de la monture du microscope, qui est percée circulairemenl pour laisser passer la lumière qu'on transmet à l'aide du miroir réflecteur dont est muni l'instrument.

Pour l'étude des corps opaques, il suffit de fixer l'objet à étudier au fond de vases en verre ou en faïence, dans lesquels on a coulé delà cire noire; on colle une plaque de liège avec de la cire à cacheter ou par tout au Ire moyen que l'on imagine suivant que l'exigent les circonstances.

On peut disséquer à l'aide de la lumière du jour ou la lumière directe du soleil , quand on se sert de faibles grossissements; mais avec les jeux plus puissants il faut concentrer la lumière sur l'objet à l'aide d'une lentille volumineuse (pl. II, fig. I, a) pouvant se mouvoir en tout sens sur une lige articulée 6 que supporte un pied c assez lourd pour lui donner de la solidité. Celte, lentille accompagne ordinairement les doublets cl autres microscopes à dissection , cl doil avoir sa place dans la boîte qui renferme ces instruments.

A. Monture des doublets.

50. La première condition que doit remplir la monture des doublets comme de tous les microscopes, c'est d élie aussi simple que possible. Il faut en outre que le pied soit lourd pour présenter beaucoup de solidité, et surtout que la platine soit tout à l'ait immobile cl peu

élevée, afin de permettre de disséquer iacilemenl les objets qu'elle renferme tout en laissant le poignet prendre son point d'appui sur la table.

Le pied décrit et figuré ici remplit beaucoup mieux les conditions précédentes qui sont indispensables à remplir, que les montures fixées sur la boîte qui doit les renfermer et que les montures à trépied. Il se compose (pl. II, fig. 2) d'une plaque circulaire en laiton a a creuse en dessous et remplie de plomb. Sur elle est vissé ou soudé un tambour b qui est largement échancré en avant et renferme le miroir réflecteur m. Ce tambour est recouvert d'une platine fixe ce en bronze ou en laiton noirci , carrée ou circulaire.

Au cenlre de la platine est un trou circulaire destiné à laisser passer la lumière réfléchie par le miroir m pour éclairer les objets disséqués par transparence. Ses angles sont munis chacun d'un petit tube fendu dd destiné à recevoir un chevalet en laiton e e qui sert à tirer les bouquets ou autres objets qu'on place sur la platine. En arrière, la platine porte une oreille f prolongée en bas par un tube prismatique à quatre pans g , dans lequel on fait mouvoir, en tournant le pignon h d'une roue dentée, une lige carrée verticale i. Celle-ci porte une branche cylindrique horizontale k creusée à l'intérieur, et dans laquelle glisse à frottement doux un cylindre l terminé par un anneau p ; on le fait avancer et reculer à volonté à l'aide du pignon n d'une vis de rappel engagée dans le cylindre. Cet anneau est placé au-dessus du centre de la platine, et reçoit les doublets o qu'on fixe par quelques tours de vis et qu'on peut changer à volonté. On peut même faire faire un corps de microscope (pl. II, fig. 5, r) qui puisse se visser dans l'anneau

DES DOUBLETS. fil

p à la place des doublets, afin d'avoir sous un petit volume à la fois un microscope à dissection et à observation.

B. Composition optique des doublets.

51. Les doublets sont formés de deux lentilles pianoconvexes tournées dans le même sens, la face convexe du côté de l'œil ou en baut, la face plane du côté de l'objVt ou en bas. Ces deux lentilles ne sont pas de même largeur : la plus large, qui a la longueur focale la plus grande, est placée en bas; la plus étroite est en haut.

La monture de cbaque doublet se compose de trois pièces; l'une, inférieure (pl. II, fig. 4), est un court cylindre creux aa, ouvert en haut et en bas. De ce côté il porte la lentille inférieure; il est un peu conique et s'engage à frottement ou par un ou deux tours de vis dans l'anneau du porte-doublet ( pl. II, fig. 2, p). Sur son ouverture supérieure sévisse la pièce oculaire bb du doublet (pl. II, fig. 4). Celle-ci est évasée et noircie du côté de l'œil, de manière à le garantir pendant la dissection de toute lumière étrangère, qui serait très fatigante pour l'observateur. Elle porte la petite lentille ou lentille supérieure de l'appareil. En outre, un diaphragme circulaire ec est vissé à cette pièce, de manière à être interposé aux deux lentilles et à supprimer les rayons périphériques, ce qui diminue beaucoup l'aberration de sphéricité.

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