‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 27 sur 77 · C. Instruments accessoires · texte numérisé non relu

C. Instruments accessoires

105. Outre les aiguilles, pinces, ciseaux, baquets à fond de liège ou de cire (ou mieux à fond de liège sur lesquels on coule de la cire noire ou blanche pour les fixer) dont il a été question à propos du microscope a dissection, il faut encore quelques autres instruments. Ce sont des lames ou plaques de verre, quelques verres de montre montés ou non sur un anneau de cuivre, ou un peti t baquet en cuivre à fond de verre, dés tubes pour mettre différents objets, etc.

». Des plaques de verre.

104. Elles sont en verre à glace d'Allemagne parfaitement poli. Les plaques faites en verre à vitre ne peuvent pas être employées, à cause des petites saillies de leurs surfaces et des impuretés contenues dans leur épaisseur, comme tous les verres de mauvaise qualité. De plus il est rare qu'elles ne soient pas un peu courbées, ce qui fait que, dès qu'on les louche d'un seul côté à la fois, elles oscillent sur la platine, qui est parfaitement horizontale.

Il faut avoir deux sortes de plaques de verre poli. Les unes sont larges de 2 ou 5 centimètres , longues de 4 ou 5 , et épaisses de 1 millimètre. Ce sont celles qui servent de porte-objet; il suffit d'en avoir trois ou quatre douzaines au plus.

Les autres sont des lamelles carrées de 1 centimètre et demi de côté. Elles servent à recouvrir l'objet ou la préparation que l'on veut étudier. Leur épaisseur doit être appropriée au grossissement de l'objectif qu'on emploie. Comme plus le pouvoir amplifiant est considérable, plus est courte la longueur focale, plus aussi doivent être minces les lamelles.

Les lamelles minces doivent être de trois sortes distinguées par leur épaisseur: les unes, très minces, serviront pour les deux ou trois objectifs les plus puissants ; les autres, un peu plus épaisses, seront employées avec les objectifs d'un pouvoir amplifiant moyen ; enfin les dernières, épaisses de un demi-millimètre ou un peu plus, servent pour les faibles objectifs.

Elles doivent être tenues dans des boîtes qui portent le numéro de l'objectif le plus fort avec lequel elles peuvent être employées , afin de reconnaître immédiatement qu'on peut les employer avec tous les jeux de lentilles d'un numéro plus faible.

Lorsqu'on étudie un objet avec un faible grossissement, et qu'on pense être obligé d'en employer un plus fort, ensuite, il faut recouvrir tout de suite la préparation avec une mince lamelle, car on la détruit ordinairement quand on change la lamelle qui la recouvre.

105. Il faut dès le commencement de ses études microscopiques étudier les plaques et lamelles au microscope indépendamment de toute préparation, afin de ne pas prendre pour l'objet qu'on cherche les différents défauts du verre. Ces défauts sont des raies quelquefois produites accidentellement; des points rougeâlrcs en général oblongs qui sont de très petits creux, des lames, remplis par l'émeri et l'oxide de fer qui servent au

polissnge du verre. Enfin les fissures des lamelles minces, invisibles à l'œil nu, mais présentant la forme d'étoiles, de lignes courbes, de cassure écailleuse, elc. , doivent être aussi étudiées ; car on voit à chaque instant les personnes qui se servent du microscope depuis peu ou rarement, prendre ces accidents pour quelque chose de particulier.

Les plaques et lamelles doiventêtre, dans l'inleivalle des observations, tenues dans une soucoupe à fond concave et pleine d'eau alcoolisée. On les nettoie au furet à mesure des besoins au moment d'observer. L'eau alcoolisée conseillée par M. Lebert est le liquide qui en rend le nettoyage le plus facile et le plus parfait ; on Fig. ic. 'es débarrasse ainsi avec la plus grande facilité des corps gras ou autres, et l'on évite de les briser beaucoup plus qu'avec tout autre liquide.

(3. Du compresseur.

106. Cet instrument, imaginé par Valenlin, mais très utilement modifié par M. de Quatrefages (fig. 16). a tantôt été trop décrié, tantôt trop vanté. Il est rarement utile en analomie générale, mais il est presque indispensable pour l'anatomie des êtres transparents et de petit volume, et pour l'élude du développement de beaucoup d'animaux. Il sert plutôt à empêcher à volonté la trop grande compression par le poids des lamelles de verre qu'à comprimer. On peut en effet produire un écartemenl fixe et déterminé des deux lames de verre entre lesquelles est in-

nu MICROSCOPE COMPOSÉ. 1 I 1

ternosé l'animal ou l'ovule, de manière à ce qu'il soit emprisonné dans une goutte d'eau en conservant tous ses mouvements.

On peut, du reste, le fixer par (elle compression qu'on veut par quelques tours de vis, ou même l'écraser complètement sous les yeux de l'observateur, pour voir plus licitement les mandibules, les crochets, les poils, écailles, etc., ou d'autres détails. A l'aide des modifications que lui a fait subir M. de Quatrefages , dont on a adopté le modèle, on a le grand avantage de pouvoir à volonté étudier l'animal sous l'une et l'autre face en retournant l'instrument, à cause des petits supports dont il est pourvu. Quant aux erreurs attribuées à ce petit appareil , il faut comme dans beaucoup d'autres cas les rapporter à l'interprétation donnée à tel ou tel aspect, mal étudié par celui qui observe; mais l'instrument n'a pas les inconvénients qu'on lui a reprochés.

y. Des chambres claires.

107. Leur emploi est rarement utile en anaiomie générale, parce que le dessin qu'elles donnent est trop grand, ce qui établit une trop grande disproportion entre l'esquisse de l'objet et son image, telle qu'on la voit dans le microscope. Celle disproportion tend à faire perdre aux éléments analogiques étudiés dans les planches, el ensuite au microscope, leur cachet spécial, qu'il est important de leur conserver dans les dessins.

De plus, les lignes à dessiner sont extrêmement pâles, le plus souvent très délicates, et la perle de lumière ot de netteté que cause, In chambre chiire eut-

pêche de les voir; de sorte que le croquis des traits principaux doit être repris et achevé sans cet instrument. Comme le prisme renverse l'objet, 011 ne le voit plus exactement dans la position où il était ; il faut, en outre, grossir tous les détails qu'on voit, proportionnellement au croquis; d'où résultent des difficultés plus grandes que celles qu'on éprouve à faire le dessin sans chambre claire. Les dessins d'anatomie générale sont, du reste, assez faciles pour qu'on parvienne au boutdepeu de temps, sans savoir dessiner auparavant, à reproduire les éléments anatomiques avec leur cachet spécial, pourvu qu'on les ait déjà assez étudiés pour les bien connaître.

Les chambres claires sont à peu près toutes également bonnes, tout dépend de l'habitude qu'on a de s'en servir. Cependant celles qui sont formées d'un seul

Fig. 17.

prisme, faisant moins perdre de lumière, grossissant

moins l'objet, doivent être préférées, lors même qu'elles exigent l'emploi d'un pupitre. La difficulté la plus grande de leur emploi est de voir la pointe du crayon. Pour la vaincre, il faut que le papier sur lequel on trace l'esquisse soit peu éclairé, ou mieux, il faut se servir de papier Bristol teinté en gris, tel que celui qu'on emploie souvent pour les dessins anatomiques. Il faut de plus recouvrir de couleur blanche (blanc de plomb ou d'argent préparé pour la gouache) la pointe du crayon; il est alors très facile de la suivre, et le dessin devient moins pénible et plus rapide à exécuter (fig. 17).

On trouvera la description et la théorie des diverses chambres claires assez .longuement exposées dans les traités de physique, pour comprendre à la simple vue l'explication de la figure ci-contre.

408. On trouvera aussi décrites, dans les traités du microscope, les platines mobiles et à chariot; instruments compliquésel inutiles, parce qu'àl'aidedes doMs on s'habitue à faire plus rapidement et avec assez de précision les mouvements qu'ils ont pour but d'exécu ter. Ces machines sont loin d'avoir, en pratique les avantages qu'on leur attribue, et plus on s'en sert plus on est frappé de leurs inconvénients ; plus aussi on apprécie les platines qui n'ont d'autre mouvement nue celui à tourbillon. Elles présentent seules la stabilité désirable, pour servir de point d'appui aux doigts qui sont toujours le meilleur instrument accessoire pour faire exécuter au porte-objet toute espèce de mouvements, même par centième de millimètre. Ce sont les seules platines qui sont assez grandes et assez fixes pour servir en même temps de table à préparation des

i" parti k.

objets qu'on veut étudier et de support pour les lames de verre.

D. De l'éclairage des objets.

109. Les corps placés sur la lame porte -objet reçoivent la lumière renvoyée sur eux de bas en haut par le miroir concave dont le foyer se trouve placé au niveau à peu près de la surface de la platine. Il ne faut pas se servir de la lumière solaire réfléchie par un fiHftS parce qu'elle donne une teinte jaune ou rougeâtre au champ du microscope. C'est la lumière des nuages blancs qui est la plus pure et la plus belle ; lorsque le ciel est bleu la lumière esl moins éclatante; elle est grisâtre quand le ciel est sombre. Quoi qu'il en soit, on peut observer en tout temps, et à moins de cas particuliers, c'est rarement le manque de lumière qui nuit le plus, même avec les forts grossissements; car le principal inconvénient de ceux-ci est le peu de pénétration et le peu de netteté des images, quand on dépasse certaines limites.

On doit, au contraire, souvent se défier du trop de lumière qui, en ébranlant trop vivement la rétine , lui empêche d'être impressionnée par l'ombre des contours très pâles de certaines cellules, des fibres du cristallin, de la queue de certains zoospermes, des cils vibraliles, etc. On dit alors que les objets sont noyés dans la lumière. Il est facile d'essayer tous les degrés convenables d'éclairage, en tournant peu à peu le miroir ou abaissant de plus en plus le plus petit diaphragme.

On peut examiner les objets à la lumière des lampes ordinaires à double courant d'air et à cheminée verre, comme à celle du jour. Seulement , dans le pre-

mier cas, la teinte est plus jaune, il y a plus de difl'raclion sur les contours des objets; mais celle-ci disparaît en partie au bout de quelques minutes, à mesure que l'œil s'adapte à ce genre d'examen, et surtout par l'emploi du plus petit diaphragme, qui doit alors toujours êlre mis en usage et rapproché autant que possible du porte-objet. A l'aide de ces précautions on peut observer aussi facilement que de jour, on a même une lumière plus vive que celle des nuages; ce qui est souvent utile avec les forts grossissements.

Mais celte lumière plus vive, plus éblouissante, est moins pénétrante, c'est-à-dire ne permet pas de distinguer les contours délicats de fibres ou de cellules plongées au milieu d'un tissu ; telles sont les cellules pâles qui tapissent la face interne des corpuscules ganglionnaires des racines spinales des Raies, qu'on voit de jour et ne peuvent pas êlre étudiées à lalampe , etc.; les ças de ce genre sont, du reste, assez rares.

a. De l'éclairage oblique.

410. Au lieu de faire arriver la lumière verticalement 'lobas en haut, on peut la faire tomber obliquement sur l'objet que porte la platine. Alors au lieu de voir •seulement un plan ou coupe de l'objet, on le voit comme un solide sphérique ou polyédrique, et son ombre es! projetée suruncôté comme celle d'un corps éclairé par le soleil. En même temps il paraît brillant, et réfléchit la lumière comme l'argent mat.

L'examen fait à l'aide de cet éclairage oblique n'apprendriendephisquele mode ordinaire, on a seulement sous les yeux un spectacle curieux et inaccoulumê II m cependant utile pour voir nettement où se lerini-

1 1(; des moyens d'exploration en anatomie générale. nenl les fins filaments de certains spermatozoïdes, comment sont limitées certaines fibres on cellules normales ou pathologiques très minces ; mais ce sont des cas assez rares. Il peut faire distinguer, plus rapidement que l'éclairage ordinaire, si une granulation moléculaire est à la surface ou dans l'intérieur d'une cellule , mais il est loin d'être indispensable pour cela.

Il a pour inconvénient de faire perdre de la lumière. Il peut, dans certains cas, faire prendre pour des granulations placées à la surface d'une cellule de simples prolongements de ce corpuscule, à cause de l'ombre projetée, etc., telles que les dentelures des globules de sang devenus frangés par altération. Il faut quelques précautions pour prévenir celte erreur. Enfin , les noyaux et granulations contenus dans les cellules cessent d'être visibles , et il faut les étudier à l'aide de la lumière verticale.

En somme, ce moyen sert surtout à observer certains filaments, etc.; mais son emploi ne peut être généralisé, parce qu'il ne montre que la surface des corps, et même alors ses inconvénients ne sont pas compensés par ses avantages, d'autant plus que cette étude peut être faite par l'éclairage ordinaire. Il est par conséquent loin d'avoir l'importance qu'on a supposé qu'il pourrait prendre.

111. Il y à deux manières d'éclairer obliquement l'objet, par le miroir ou par un prisme. Dans la première, qu'employait G. Oberhaueser,il faut que la platine soit percée d'un trou plus large qu'à l'ordinaire et qu'elle soit plus élevée, afin que le miroir puisse exécuter de grands mouvements de latéralité; parce que les effets ne sont bien marqués qu'autant que la lumière frappe

!)U MlCltOSCOI'E COMPOSÉ. 117

l'objet sous un angle de 50° ou environ. L'élévation de la platine cl l'impossibilité d'appliquer ce moyen aux microscopes, tels qu'on les fait généralement, qui remplissent les conditions de stabilité et de commodité désirables, seront toujours un obstacle à son emploi. Il a sur le prisme l'avantage de pouvoir examiner l'objet sous toutes les inclinaisons du faisceau de lumière qu'on désire obtenir. Mais, en pratique, c'est là si peu de chose, et surtout l'usage de cet instrument est si limité, que ce fait est en réalité sans importance.

112. L'éclairage oblique à l'aide du prisme, moyen adopté par M. Nachet, s'obtient en remplaçant à volonté le diaphragme par un prisme (fïg. 10, abed) taillé de manière à dévier les rayons que concentre le miroir sur l'objet et à les faire tomber sur lui sous un angle de 30°. Il est porté par une monture semblable à celle d'un diaphragme, et se place , comme lui à Ions les microscopes. Cet avantage supplée à l'inconvénient d'éclairer sous un angle fixe. Il répond , du reste, amplement aux besoins des analomistes, auxquels il ne devient nécessaire que dans des cas très spéciaux.

Cet appareil se compose d'un prisme oblique a bcd, sur les faces a frêle d duquel on colle des lentilles d'un rayon déterminé. De celle ma-

1 18 lUiS MOYENS lÙiXl'LOUATIOlN KN ANATOMIE UBNÉKAI.E.

nière on concentre les rayons qui le traversent cl l'on diminue beaucoup la perte de la lumière. Celte perle résulte de ce que les rayons, au lieu de pénétrer verticalement dans l'objectif O O suivant l'axe mo, comme à l'ordinaire, arrivent obliquement, suivant la ligne no, en faisant un angle de 50° mon avec l'axe m o.

Les rayons Im, après s'être réllécbis sur le miroir m, pénètrent la face a 6 du prisme qui les fait converger, et au lieu de suivre l'axe mo, ils se réfléchissent en r sur la face oblique b c, el de nouveau sont réfléchis en v sutla face ad. Delà ils émergent en n par la face courbe et oblique c d, qui les concentre sur l'objet i i, placé sur le porte-objet, au foyer de l'objectif 0 0. Le prisme est disposé de telle sorte, que les rayons n o fassent avec l'axe mo un angle mon = oO°, qui est l'angle le plus, favorable pour l'examen des objets. Pour cela, l'angle b a d == 105° ; a b c = 60° ; b c d = 1 50° el a d c = 45°.

(3. Éclairage à rayons parallèles de M. Dujardin (1).

115. On sait que pour les faibles grossissement il suffit de réfléchir la lumière du ciel ou des nuées par un simple miroir plan, qui produit le même effet fjùc si le microscope était dirigé sans miroir vers le ciel. Mais dès qu'on arrive à 100 diamètres el même au-dessus, un miroir plan ne suffit plus, parce que l'absorption par les lentilles augmente en même temps que leur pouvoir amplifiant. On augmente alors l'intensité de la lumièreen remplaçant le miroir plan par un miroir concave, dont le foyer tombe un peu au-dessus de la sur-

(1) Observateur au microscope , par F. Dujardin. ParisT 1843 , p. 18, 1 vol. ia-18.

DU MICUOSCOl'E COMPOSÉ. 1 M)

lace de la platine, c'esl-à-dire à peu près à la surface supérieure de la plaque porte-objet posée sur la platine. Lorsqu'avec ce mode d'éclairage on se sert d'un fort pouvoir amplifiant, il se passe sur le contour des objels des phénomènes de diffraction, 'qui font naître une forme diffuse ou une frange d'autant plus prononcée que le corps est plus étroit. Ces franges sont produites par les interférences des rayons de lumière rasant le bord des objets.

On peut éviter ce;> effets d'interférence et de diffraction en faisant en sorte que les rayons de la lumière illuminante aient leur foyer de convergence sur le point même qu'on observe; parce qu'au delà ces rayons continuent leur route en divergeant, comme s'ils partaient du point même qu'on illumine, et par conséquent sans plus produire d'interférence. M. Dujardin a imaginé un instrument qui fait disparaître ces effets autant que le permet l'imperfection de ces appareils physiques.

114. Pour se servir de cet appareil de manière à en obtenir tout l'effet qu'on désire, il faut remplacer le miroir par un prisme (fîg. 19, a), parce que la réflexion est plus complète et qu'il n'y a point comme avec le miroir une double réflexion, celle de rétamage et celle de la su i face extérieure de la glace. En outre, avec un prisme il faut recevoir la lumière aussi horizontalement que possible, ou au moins sous un angle de 70° à 75°, afin d'avoir une réflexion presque totale.

Le faisceau de lumière réfléchi par le prisme dans l'axe de l'instrument traverse l'appareil à éclairage ou concentrateur oc, formé de trois lentilles achromatiques oxc,, qui réunissent et concentrent la lumière sur un seul points de l'objet à étudier. Ces lentilles,

concentrant de plus en plus le faisceau lumineux ,

grande

Fig. 19.

donnent une intensité à la lumière ; ce qui en môme temps donne une grande netteté aux bords de l'objet, par suite de la destruction , à l'aide d'un beureux cboix de lentilles, des aberrations de sphéricité cl de réfrangibililé.

Pour reconnaître la bonté de l'appareil et f s'assurer si son foyer tombe exactement sur le porte- objet, on choisit une mire éloignée mn, dont l'image réfléchie par le prisme vient se peindre en *; au foyer de la lentille c, dans des dimensions microscopiques. Celte image se trouve alors grossie par le microscope plus ou moins, suivanl les combinaisons d'oculaire et d'objeclif employées. Ainsi grossie de trois à cinq cents fois, par exemple, on peut juger que l'appareil est bien construit s'il fait voir nettement des fils ou des barreaux de fer à la distance de 300 mètres.

L'objet pris pour mire perd de sa netteté si l'on ne se met pas à l'abri de toute lumière étrangère ou superflue ; c'est pourquoi un miroir parallèle, introduisant toujours une double image, ne vaut pas un prisme. On

DU MICllOSUOl'E COMPOSÉ. 121

se débarrasse de la lumière superflue à l'aide d'un diaphragme D, n'ayant que l'ouverlure nécessaire pour laisser arriver le faisceau dont on a besoin ; en variant l'ouverlure et l'éloignement du diaphragme, on arrive très vite à connaître par tâtonnements l'ouverture et la dislance convenables. Un autre diaphragme d placé dans l'intérieur du concentrateur supprime les rayons transmis par les bords de la lentille o et arrête la lumière réfléchie par les parois du tube. En réduisant le faisceau à sa partie centrale, il augmente la netteté des bords et empêche que les images ne soient noyées dans la lumière.

Cet appareil peut également servir à concentrer la lumière d'une lampe ; mais il faut alors éloigner le concentrateur du porte-objet, parce que sa longueur focale s'allonge à mesure que le foyer lumineux se rapproche.

115. Un des inconvénients de cet appareil est la nécessité d'employer exclusivement comme porte-objet des lames de verre d'une même épaisseur, ou assez minces pour que le foyer concentrateur, qui se trouve à 2 millimètres au-dessus de lui, atteigne leur face supérieure. 11 perdrait tous ses avantages s'il n'avait toujours exactement son foyer sur la face supérieure de la lame de verre ou sur les objets qu'on étudie, de sorte que la moindre différence d'épaisseur, soit de l'objet, soit du liquide qui l'entoure, oblige de le changer un peu de position. Aussi sa monture est disposée de manière à remplacer les diaphragmes dont nous avons déjà parlé, et qui se meuvent au centre de la platine au moyen de leviers à mouvement vertical (pl. IV, fig. 2, l).

Cet instrument, qui est très utile quand on veut faire

I 22' 1>ES MOYENS D'eXI'LOHATION KN ANATOM1K G BNERA.LE.

tmc étude approfondie de l'organisation des Ini'usoiies ou d'autres animaux de petit volume et transparents, est, du reste, rarement utile pour l'étude des éléments anatomiques et des tissus , des animaux supérieurs surtout.

y. Appareil polarisatcur.

116. La lumière blanche polarisée donne lieu à des phénomènes de coloration très remarquables en traversant soit de petits cristaux, soit des lames cristallines minces, soit diverses substances organisées placées au loyer de l'objectif, puis un prisme bi-réfringent superposé à l'oculaire Un grand nombre de sels, des fossiles réduits en lames minces, l'émail des dents, les cheveux, etc., sont dans ce cas.

Lorsque par une étude méthodique de ces phénomènes (qui chaque jour fait de nouveaux progrès), on est arrivé à reconnaître quelles sont les substances qui jouissent de celle propriété et dans quelles limites d'intensité, on peut s'aider de cet ordre de caractères pour distinguer entre elles des substances dont les autres caractères pourraient laisser quelques doutes dans l'esprit. Quoique les occasions d'en faire application soient assez rares, il ne faut pourtant pas négliger celle élude qui, du reste, est attrayante par la variation et la beauté des phénomènes de coloration qu'on obtient.

117. Pour étudier l'aclion de la lumière polarisée, il faut employer un appareil particulier. Cet appareil se compose de deux parties. La première esl un prisme de Nicol enchâssé dans une monture (lig. 20), qu'on substitue aux diaphragmes à mouvement vertical du

uu .microscope composé. 125

ccnlre de La platine loules les fois qu'il est nécessaire de l'employer.

Le prisme de Nicol est, comme on sait, formé d'un, rhomboïde de spath d'Islande, Fig. 20.

d'environ 25 millimètres de longueur (fig. 20, a c) sur 9 millimètres de largeur et d'épaisseur. On coupe le prisme en deux parties par un plan conduit suivant les diagonales parallèles ao et cv de deux des longues faces, et l'on réunit les deux parties par du baume de Canada dans la position qu'elles avaient d'abord. Comme l'indice de réfraction de ce baume est plus petit que l'indice ordinaire du rhomboïde et plus grand que l'indice extraordinaire , le rayon ordinaire se réfléchit totalement sur la couche de baume interposée entre les deux prismes, et, par suite, le rayon extraordinaire est le seul qui émerge. Ce prisme sert ici à faire arriver sur l'objet placé au foyer de l'objectif un rayon de lumière blanche polarisée.

Après avoir traversé l'objet à étudier et tout l'appareil optique du microscope, le faisceau de lumière blanche polarisée rencontre à sa sortie de l'oculaire un prisme biréfringent de spath calcaire.

Ce prisme (fig. 24, a b) est

fixé dans une monture particulière au-dessus du centre

Wt DES MOYENS OEXl'LOllATlON EN ANM'OMIE GENERALE.

d'une sorte tic capuchon c f g h qui peut être superposé à l'oculaire et qui emboîte la partie supérieure du corps du microscope i R. Cette monture est percée au centrée, qui correspond à la fois au verre oculaire supérieur et à la face inférieure du prisme.

Lorsqu'on fait arriver le faisceau lumineux polarisé sur le prisme bi-réfringent a b sans lui faire traverser la lame cristalline , on voit deux images de l'ouverture c dont l'intensité relative varie selon la position de la section principale du prisme par rapport au plan de polarisation du rayon. Elles se réduisent à une seule quand ces deux plans sont parallèles ou perpendiculaires entre eux ; effets qu'on peut obtenir facilement parce que la monture efgh tourne à volonté sur le microscope. Si au contraire on place au foyer de l'objectif une lame cristalline ou d'autres substances susceptibles de donner lieu à des phénomènes de coloration, la lumière polarisée éprouve réellement une double réfraction en traversant ces substances. Mais les deux faisceaux ne se séparent pas sensiblement à cause de la faible épaisseur de celles-là; de sorte que le prisme reçoit un seul faisceau de lumière comme dans le cas primitif. Il dédouble ce faisceau et l'on voit deux images de l'ouverture; de plus ces deux images sont colorées de couleurs complémentaires. Ces phénomènes sont très curieux, quand on fait tourner lentement la monture du prisme sur son axe.

Pour bien reconnaître quelles sont les substances , placées sur le porte-objet, qui polarisent la lumière et celles qui ne la polarisent pas, on cache l'une des images circulaires en faisant avancer sur le prisme la plaque vx. Alors, lorsqu'en faisant tourner le prisme

DU MICROSCOPE COMPOSÉ, 12f>

sur son axe, le champ du microscope est devenu obscur, on reconnaît les substances qui polarisent la lumière aux teintes colorées qu'elles produisent dans le champ obscur, tandis que les autres restent sans action.

E. Des micromètres.

118. Tout microscope doit nécessairement être accompagné de deux micromètres : 4° le micromètre objectif; 2° le micromètre oculaire ou oculaire micromètre. Si plusieurs des appareils précédents sont loin d'être indispensables, on ne saurait au contraire se passer de ceux-ci. Les deux, employés ensemble, servent à déterminer le pouvoir amplifiant du microscope avec chaque objectif.

Le premier, seul, sert à donner une mesure fixe à laquelle on compare les dimensions des objets pour en obtenir le volume absolu avec la chambre claire de la manière que nous indiquerons plus loin. Le second, seul, sert à prendre le volume absolu des objets, sans chambre claire, une fois le pouvoir amplifiant de chaque objectif connu, ou sans le connaître, une fois qu'on a établi la valeur de ses divisions par rapport à celles du premier. (Voir plus bas.)

119. Le micromètre objectif est formé d'une série de peliles lignes parallèles très ténues, tracées sur une plaque de verre à des intervalles parfaitement égaux, par une pointe de diamant. Ces intervalles sont des centièmes de millimètre; de cinq en cinq une des lignes dépasse les autres, et de dix en dix, celles-ci sont dépassées par les divisions principales.

Pour tracer exactement ces divisions, on se sert d'une vis micrométrique d'une exécution parfaite, por-

126 DES MOYENS d'eXPLOKATION EN ANATOMIE GÉNÉRALE.

tant un cercle divisé, qui tourne contre un vernier, afin d'avoir exactement les subdivisions du pas de vis, qui est dans un rapport simple et déterminé d'avance avec le millimètre. Ordinairement c'est la plaque elle-même que la vis fait mouvoir en avant d'un centième de millimètre, et la pointe du diamant n'a qu'un mouvement transversal à exécuter pour tracer une des petites lignes parallèles. On a fait ainsi des micromètres formés de 1 millimètre divisé en cinq cents parties.

La petite lame de verre sur laquelle est tracé le micromètre est enchâssée dans une plaque de cuivre, et recouverte du côté où sont tracées les divisions par une lamelle de verre extrêmement mince, afin de pouvoir placer l'instrument sous tous les objectifs, quelle que soit leur longueur focale. Ces lignes étant très fines, elles sont ordinairement assez difficiles à trouver et à mettre au foyer; pour en faciliter la recherche, il faut marquer la place du millimètre par un ou deux points d'encre placés sur les côtés. Les divisions se trouvent noyées dans la lumière et ne se voient pas avec les faibles objectifs si l'on emploie toute la lumière que réllécbil le miroir; il faut en conséquence n'en utiliser qu'une petite portion en faisant varier l'inclinaison de celle-ci.

420. Le micromètre oculaire est formé d'une plaque de verre portant un centimètre ou un demi-centimètre divisé en cent ou en cinquante parties, c'est-à-dire en dixièmes de millimètre. Celle plaque est fixée au diaphragme de l'oculaire, et comme lui placée exactement au foyer du verre supérieur.

Dans tous les oculaires micromètres qu'on livre encore habituellement, le pouvoir de cette lentille n'est

nu MICROSCOPE COMPOSÉ. 127

pas déterminé, ce qui limite beaucoup l'emploi de cel instrument. Comme elle grossit un certain nombre de fois, ce ne sont plus des dixièmes de millimètre qu'on a en permanence dans l'oculaire, mais des fractions de millimètre indéterminées. Ce verre grossissant de six à sept fois environ, autant que j'ai pu le calculer, chaque dixième de millimètre est devenu égal à un septième de millimètre à peu près. Comme on peut faire des verres oculaires supérieurs grossissant dix fois, il vaut mieux avoir des micromètres ainsi faits que d'autres, parce qu'on peut comparer exactement les divisions de ce micromètre aux centièmes de millimètre du micromètre objectif, ce qui conduit à connaître le pouvoir amplifiant du microscope, comme nous le verrons plus loin.

Quant aux micromètres oculaires à pointes et à ceux portés par la platine, et tous les autres micromètres fondés sur l'emploi des vis, ils doivent être rejelés, à cause des erreurs causées par le temps perdu de celles-ci.

Art. IV. — Propriétés des objectifs et des oculaires, et des soins . à prendre à leur égard.

121 . Plus les objectifs ont un pouvoir amplifiant considérable, plus leur longueur focale est courte; plus aussi les lentilles qui les composent sont rapprochées les unes des autres, et moins par conséquent l'objectif a de hauteur focale, à l'exception quelquefois de certaines combinaisons pour les faibles grossissements , et quand l'objectif est formé d'une seule lentille.

Les objectifs sont désignés, d'après leur grossissement croissant, par des chiffres, 0, 1,2, 5, etc., ou 4, 2, 3, etc.; mais ces nombres n'indiquent pas la valeur de

128 DES MOYENS U*E\PLORAT10N EN ANATOM1E GENERALE.

leur grossissemen t., qui devra être recherchée d'après la méthode indiquée plus loin. Ces chiffres sont, du reste, employés arbitrairement par chaque opticien. Comme aussi, plus le grossissement est considérable, plus le diamètre de la lentille inférieure de l'objectif est petit, on s'habitue bientôt dans la pratique à juger par là de leur valeur relative sans recourir aux chiffres qu'ils portent.

122. Ainsi, un premier moyen de grossir les objets, c'est d'employer successivement des objectifs de plus en plus forts, avec la précaution d'employer en même temps des verres de plus en plus minces. Il faut même, lors qu'on pense devoir être obligé de changer de grossissement, se servir tout de suite des verres les plus minces, parce qu'en voulant changer les lamelles qui recouvrent la préparation, celle-ci est souvent détruite ou dérangée. Enfin, lorsqu'on achète de ces lames minces, il faut indiquer aux opticiens le numéro de l'objectif à l'emploi duquel on les desline; et au lieu de faire indiquer leur épaisseur absolue, il faut les désigner par le chiffre ou numéro de l'objectif correspondant.

En même temps que diminue la longueur focale et qu'augmente le pouvoir amplifiant, la lumière diminue et la diffraction sur les bords de l'objectif augmente. C'est avec l'obligation d'employer des lames de verre trop minces, ce qui empêche de porter le grossissement au delà de certaines limites.

123. Avec chaque objectif on peut obtenir plusieurs grossissements divers, suivant l'oculaire qu'on emploie, ce qui forme un second moyen de grossir les objets. Plus un oculaire est court, plus il grossit; et plus il grossit, plus il fait perdre de lumière. La perle de lumière el

nu MICROSCOPE COMPOSÉ. 429

(le nellelé des bords de l'objet, pour un grossissement obtenu à l'aide des oculaires , sont plus grandes que pour le grossissement obtenu à l'aide des objectifs. En sorte que, passé les oculaires de moyenne longueur, il vaut mieux grossir l'objet à l'aide des objectifs qu'avec les oculaires, malgré l'inconvénient assez faible, du reste, d'employer des verres minces.

124. Chaque microscope est accompagné, en général, de trois à six oculaires différents. La longueur varie ordinairement entre 2 et 5 centimètres. La perte de lumière et de netteté avec les oculaires de moins de 3 cenlimètres est telle qu'il ne faut pas s'en servir. On ne peut en user qu'avec les plus faibles jeux de lentilles, et dans ce cas l'objectif du numéro au-dessus a toujours une longueur focale assez grande encore pour être employé, et la perte de la lumière est bien moindre Les oculaires de 3 centimètres de longueur, c'est-à-dire dont le verre supérieur grossit de dix fois environ, ne peuvent déjà plus être employés avec les deux ou trois derniers objectifs de Ja série complète des jeux que fournissent les opticiens.

125. Il faut toujours avoir soin que les lentilles des oculaires et des objectifs soient propres et dépourvues de poussière. Comme le verre dont elles sont formées est res tendre et se raye facilement, il faut se servir de linge fin et sec pour les essuyer; les vieilles étoffes de batiste •sont les meilleures. Lorsque le linge est humide,il reste a la surface des lentilles des filaments de chanvre ou de coton dont on a beaucoup de peine à se débarrasser U?nqu .1 n'y a que de la poussière sur les verres, il est préférable de se servir, pour l'enlever, d'un pinceau ori}?*ir*M petit-gris, que de temps à autre il faut laver

i 7,0 DES MOYENS n'EXI'LOIlATlON EN ANA'1'0 Ml F. GÉNÉRALE.

dans l'alcool pour le débarrasser de la poussière cl de matières grasses dont il se charge à la longue.

Quand les verres de l'oculaire ont de la poussière à leurs deux faces, on les dévisse pour les nettoyer. Mais les lentilles des objectifs, surtout de ceux qui ont un pouvoir amplifiant considérable, ne doivent être dévissées qu'avec beaucoup de précaution. Il faut autant que possible éviter de le faire, parce qu'en serrant trop ou trop peu les tours de vis de chaque pièce, on ne mettrait plus les lentilles au foyer les unes des autres, d'où résulterait une altération de la netteté des images. Il faut, par des raisons analogues, pour ne pas altérer la monture des objectifs, éviter le contact des objectifs et des réactifs acides ou iodés.

126. Il y a un troisième moyen de grossir les objets étudiés au microscope, qui consiste dans l'allongement du corps. On peut constater le fait en soulevant peu à peu l'oculaire, sans le sortir entièrement du tube; on voit alors l'objet d'autant plus grand que l'oculaire est plus élevé.

Plusieurs des microscopes anciens n'avaient pas d'autres moyens de varier les grossissements. Actuellement encore, des fabricants, en Allemagne surtout, font des microscopes dont le tube a plus de 20 à 22 centimètres, et obtiennent ainsi des grossissements plus considérables que les autres avec les mêmes objectifs. Mais, outre l'inconvénient d'être d'un emploi mal commode, à cause de leur élévation, ces instruments ont encore celui d'avoir beaucoup moins de lumière que les autres et de donner des images moins nettes, en sorte que c'est un moyen qu'il faut rejeter.

On se rend facilement compte de l'augmentation du

nu faicRôscopfe comi'osé. 151 grossissement produite par l'allongement du ïubè on corps du microscope, en considérant que plus oh éloigne l'oculaire de l'objectif, plus les rayons lumineux que reçoit le verre de champ sont divergents (pl. IV, fig.2); par conséquent, plus ils donnent une image étendue. Mais en même temps, comme l'oculaire ne reçoit que la partie centrale du faisceau lumineux divergent et sur une lentille dont l'étendue ne varie pas, plus celle-ci est éloignée du point d'enlre-croisement des rayons lumineux, moins elle reçoit de lumière et plus il y a de diffraction sur les bords de l'image obtenue.

Art. V. - Du pouvoir amplifiant des microscopes et des différentes manières de le mesurer.

127. Il est très important de connaître exactement le pouvoir amplifiant des microscopes avec chaque objectif. En premier lieu, c'est pour indiquer avec quel grossissement on a étudié et figuré tel ou tel détail, et de mettre d'autres observateurs en état de les vérifier En second lieu, c'est afin de pouvoir répondre exactement à la première question qui est faite quand on montre un objet au microscope, celle de savoir quel est le pouvoir grossissant du système optique employé

Les procédés indiqués dans les traités de physique dans les traités ou les manuels sur le microscope el employés par les opticiens, sont au nombre de deux Us sont fondés sur la propriété de l'œil de reporter à '"ne certaine dislance l'image vue à l'aide d'une loupe • et nous savons que c'est à cela que se réduit en défimt.ve le microscope, puisque nous avons vu que l'ob jectif elle verre ,1e champ n'ont pour effet que de nré

pnrer une image réelle grossie; laquelle est simplement

132 DES MOYENS n' EXPLORATION JçN AMATOMIE GÉNÉRALE.

regardée à, 4a loupe que représenta I»; verre oculaire supérieur

La dislance à laquelle esl reportée l'image a jusqu'à présent été supposée graluilement êlre celle de la vision dislincle; mais nous avons vu que cette dislance est moindre et varie avec chaque combinaison d'objectif et d'oculaire donnant un grossissement différent.

Ce fait vous explique pourquoi, en prenant l'expression du grossissement absolu du microscope avec chaque système optique, le chiffre qui exprime la grandeur de l'image grossie d'un centième de millimètre placé au foyer de l'objectif, esl une quantité de cinquante à huit cents fois plus forte que la réalité, suivant les combinaisons.

A. Méthode de la chambre claire et de la double vue.

428. Le premier procédé consiste à reporter à la dislance de la vision distincte, à l'aide d'une chambre claire (fig. 22), l'image grossie d'un micromètre objectif sur une règle divisée en millimètres, et on note combien chaque centième de millimètre grossi couvre de millimètres; le nombre des millimètres couverts indique combien de fois cenl le microscope a rplifie.

Au lieu de reporter l'image du micromètre sur une règle ou du papier divisés en millimètres, on peut prendre avec un compas, sur un pupitre ou la table sur laquelle on a reporté l'image à la dislance de la v.sion distincte, l'écarlement de chaque ligne séparant les centièmes de millimètre grossis. On voit ensuite sur une règle à combien de millimètres est devenu égal chaque centième de millimètre ; ce qui indique com-

bien de fois ccnl l'image est plus grande (pie l'objet. Jusqu'à présent ce chiffre indiquait , pour les opticiens

Fig. 22.

et beaucoup d'observateurs, le grossissement des combinaisons d'oculaire et objectif employées pour l'obtenir, mais nous avons vu qu'il est trop considérable.

129. L'autre procédé consiste à regarder les divisions du micromètre objectif dans le microscope avec un œil, pendant qu'avec l'autre on regarde, sur une feuille de papier, placée à côté du tube du microscope à la dislance de la vision distincte, les pointes d'un compas. Regardées avec l'œil droit, par exemple, pendant que l'œil gauche fixe l'oculaire dans le microscope, les images des deux objets différents, peintes séparément dans chacun des yeux, vont se superposer dans les centres nerveux ; et avec un peu d'habitude, on voit les pointes

134 DES MOYENS d'kXI'LUHATION KN ANATOMIK GÉNÉRALE.

du compas superposées aux divisions tlu micromètre objectif.

On peut mesurer alors combien une seule de celles-ci, après avoir élé grossie, vaut de millimètres; ce qui est censé indiquer le pouvoir amplifiant, car si un centième est rendu égal à un millimètre, l'image est réellement cent fois plus grande que l'objet.

i30. On comprend facilement que si on a fait une table de la grandeur de l'image d'un centième de millimètre, grossi et mesuré à une distance toujours la même, pour chaque combinaison d'oculaire et d'objectif, on pourra obtenir le volume absolu de tout objet placé sous le microscope, pourvu qu'il soit examiné avec la combinaison correspondante et mesuré exaclemenl à la même distance.

En effet, l'écarlemenl des pointes du compas, indiquant les dimensions de son image, indique aussi combien de fois il est plus grand ou plus petit qu'un centième de millimètre. C'est là un des moyens d'obtenir le volume des objets examinés au microscope, qui au fond est exact ; mais la difficulté de placer le pupitre ou le plan fixe sur lequel on mesure toujours exactement à la distance oùa été faite la table comparative des grossissements le rend sujet à erreur.

De plus, la nécessité de fixer la chambre claire, puis le pupitre, puis de mesurer la distance de celui-ci à l'œil, entraîne une perte de temps qui, quoique peu de chose, est beaucoup trop en pratique. En elîet, la plupartdes objets étant susceptibles de se mouvoir dans le champ du microscope, ils ont disparu au moment où l'on est prêt à en mesurer l'image. Souvent aussi, pendant ces préparatifs, un mouvement quelconque

DU JUmUOSCOPL GOMl'OSK. 133

dérange le porle-objel ou l'ail perdre la préparation. Ainsi ce procédé de mesurer le volume des objets ne sera, je crois, jamais employé couramment.

151. Les raisons pour lesquelles le chiffre de la grandeur de l'image de chaque centième de millimètre grossi n'exprime pas exactement combien de fois cent la combinaison optique employée ( oculaire et objectif) grossit, mais donne toujours un résultat trop élevé, sont les suivantes.

C'est parce que, comme nous l'avons dit, Vimage virtuelle n'est pas reportée à la distance de la vision distincte, mais à une distance moindre, qui , pour moi, qui suis un peu presbyte, et pour mon collègue J. Regnault qui est un peu myope, est la même. Elle varie entre 14 centimètres 1/5 pour les plus forts objectifs et oculaire de mon microscope ( 800 diamètres réels), et 8 à 10 centimètres pour les plus faibles grossissements (25 à 40 diamètres ).

Aussi , lorsqu'après avoir trouvé que, par exemple, mesurée avec la chambre claire à la distance de 15 centimètres (rois quarts l'image d'un centième de millimètre (avec mon objectif 5 et l'oculaire 5) égale 4 millimètres, c'est-à-dire égale précisément les dimensions que celle image a, quand elle est mesurée directement dans le microscope, on en conclut, avec raison, que celle combinaison optique grossit quatre cents fois. Si l'on vient à mesurer la même image à 20 ou 22 centimètres, distance de la vision distincte, on trouve qu'elle csl plus grande des trois quarts environ ou plus.

152. Comme c'est la dislance adoptée habituellement, on comprendra pourquoi les chiffres donnés par tes opticiens sont plus grands des trois quarts environ

156 DES MOYENS I) EXPLOITATION EN ANATOM1E OENÉUALE.

qu'ils ne semblent devoir l'être, quand on observe directement des centièmes de millimètre grossis, et pourquoi les dessins faits de la même manière dépassent dans les mêmes proportions l'image de l'objet vue directement dans le microscope.

En même temps on peut se rendre compte facilement pourquoi les myopes, dont la distance de la vision distincte est de 15 centimètres environ, obtiennent en suivant ce procédé un pouvoir amplifiant pour chaque combinaison optique, qui est moindre que celui obtenu par un presbyte. Les myopes obtiennent, en efl'et , des chiffres qui ne dépassent que de quarante à cinquante fois le grossissement réel, parce que, ne voyant plus les pointes du compas au delà de 15 centimètres, ils rapprochent beaucoup plus le plan sur lequel ils reportent l'image que ne le font les presbytes.

153. On voit, par conséquent, qu'il ne reste plus qu'à déterminer, pour chaque combinaison différente, la dislance qui lui est propre, où l'image reportée avec la chambre claire se trouve égale à celle qu'on a dans le microscope, pour déterminer combien de fois exactement ce système optique amplifie d'une manière absolue ; et, au point de vue pratique, pour pouvoir dire quel grossissement on doit employer pour vérifier les détails qu'on décrit ou qu'on figure. Mais pour déterminer avec une exactitude suffisante les dimensions de celte image dans le microscope , il faut employer l'oculaire micromètre déjà décrit, dont les dixièmes de millimètre se trouvent rendus égaux à 1 millimètre par son verre supérieur qui grossit dix fois.

D'autre part, les dimensions de celles-ci une fois connues en millimètres , c'est tout ce qu'il faut pour

savoir combien de l'ois cent les centièmes de millimètre sont grossis, et par suite quel est le pouvoir amplifiant de la combinaison ; but qu'on se propose. Il devient inutile, pour le remplir, de connaître à quelle distance l'image est reportée avec sa grandeur réelle en employant ce système optique.

Néanmoins, la connaissance de celle dislance, pour chaque combinaison, resle utile à connaître pour les circonstances dans lesquelles on veut dessiner à la chambre claire l'image d'un objet, avec les dimensions qu'elle a dans le microscope. Pour les oculaires dont le verre supérieur ne grossit pas dix fois, et qui ne peuvent par conséquent pas devenir oculaire micromètre à divisions comparables à celle de l'objectif micromètre, on jugera des dimensions de l'image dans le microscope par à peu près à la simple vue, ce qui, avec un peu d'habitude, devient assez exact.

134. Outre la raison capitale qui vient d'être développée, il y en a de plus particulières qui font que les grossissements obtenus pur les deux procédés indiqués ci desus, non seulement ne sont pas exacts, mais encore ne sont pas comparables. En effet, lorsqu'un auteur ou un opticien donne le pouvoir amplifiant du microscope, il est rare de trouver indiquée la distance à laquelle l'image a été reportée, ce qui est indispensable pour donner des résultais susceptibles de comparaison.

Or, les uns mesurent à 18 centimètres, d'autres à 20, d'autres enfin à 2 '2 ; dislances qui sont toutes indiquées,' dans les différents traités, comme celles de la vision distincle. D'autres encore prennent pour dislance la Iongueur du corps de l'instrument , ou celle qui sépare

iûtt 1>HS MOYENS ll'liXl'IAJKATION 1SN ANATOMIK GKNICHALE.

l'objet du verre de l'œil, ou iiiêine celle qui sépare ce verre de la lable sur laquelle repose ce microscope.

135. Au lieu de chercher à obtenir le pouvoir amplifiant des combinaisons d'objectifs et d'oculaires, et le volume absolu des objets pris à l'aide de la chambre claire, comme il a été dit plus haut, on pourrait se contenter de comparer entre eux les nombres qui indiquent la valeur des angles optiques qui sous -tendent les objets.

On obtient la valeur de l'angle optique sous-tendu par l'image d'un objet grossi au microscope, en divisant la dislance qui sépare l'œil de l'image d'un objet par le diamètre de ce dernier.

Supposons, par conséquent, un centième de millimètre placé au foyer de l'objectif et son image reportée au moyen de la chambre claire, ou avec la double vue à une distance de l'œil quelconque, en divisant le chiffre de cette distance par celui du diamètre de l'image du centième grossi, on aura la valeur de l'angle optique sous-tendu dans l'œil par cette image. Si on recule le plan ou pupitre sur lequel est reportée l'image, comme celle-ci grandit en même temps que la distance et d'une manière proportionnelle, la division de l'une par l'autre donnera toujours le même quotient. Ce chiffre n'exprime ni les dimensions de l'objet, ni le nombre des degrés compris par les côtés de l'angle; il n'a de valeur que d'une manière comparative.

Si maintenant à la combinaison employée on en substitue une autre, et successivement toutes celles qu'on peut former avec les divers objectifs et oculaires du microscope, on pourra établir une échelle comparative entre les valeurs des angles que sous-leud le. même

Iil Mll'.UOsr.OI-K (.(IMPOSÉ. 159

centième de millimètre avec des pouvoirs amplilianls divers. On pourra, par conséquent, dire combien l'un grossit plus que l'autre, sans jamais savoir pourtant de combien le premier grossit d'une manière absolue, non plus que le second par rapport au troisième, etc.

136. Ces chiffres obtenus, si on substitue un objet quelconque au centième de millimètre, on verra combien de fois l'angle que sous-tend son image grossie est plus grande ou plus petite que celui sous-tendu par le centième de millimètre, vu avec la même combinaison optique, et le chiffre obtenu par la division indique le diamètre de l'objet.

En donnant le diamètre des objets, pris par ce procédé, il suffit d'indiquer le chiffre de l'angle soustendu par la combinaison employée et de la fraction de millimètre prise pour unité; mais peu importe la dislance à laquelle a été reportée l'image, puisque, si on recule le pupitre, l'image grandit en proportion, eu qui laisse à la division le même quotient.

Supposons, par exemple, qu'à la dislance de 142mm,50, l'image d'un cenlième de millimètre soit avec une combinaison d'objectif et d'oculaire donnés

large de 8 millimètres, on aura l42'50 = 17 80- nui

8,00 ">o", qui

exprime la valeur relative, de l'angle optique soustendu par l'image du centième de millimètre, avec celle combinaison. Si on remplace le micromèlre objectif par un objet quelconque dont l'image, à la distance de 213 millimètres, ail 24 millimètres de largeur, on aura

-^r = 8,87. Ce chiffre exprimant la valeur de l'angle optique sous-tendu par le corps quelconque relative-

140 DES MOYENS d'EXI'LOIUTION EN ANATOMIH GENERALE.

ment à l'angle optique sous-tendu pur le centième de millimètre , il faut diviser 17,80 (valeur relative de l'angle sous-tendu par un centième de millimètre), par 8,87, valeur relative de l'angle sous-tendu par l'image d'un corps quelconque, qui est reportée à une dislance quelconque de 215 millimètres. On a ainsi

47,80__ c'esl-à-dire que le corps quelconque

égale 2 centièmes de millimètre , plus la fraction un dixième de centième.

437. Lorsque, par conséquent, on voudra prendre à l'aide de la chambre claire le volume des objets grossis, cestee procédé qu'il faudra employer de préférence, après s'être fait une table de la valeur des angles soustendus parmi centième de millimètre avec chaque combinaison.

Mais il offre, du reste, tout les inconvénients de longueur de temps et de risques de dérangements signalés précédemment, quand on emploie la chambre claire dans ce but, de sorte qu'on peut le considérer à peu près comme inexécutable en analomie pratique.

B. Méthode de V oculaire micromètre.

158. Reconnaissant successivement ces différentes causes d'erreurs, j'ai été amené à trouver un procédé très juste de mesurer le pouvoir amplifiant des objectifs.

Il consiste à employer un oculaire micromètre dont le verre supérieur grossit exactement dix fois, ce que les opticiens font avec toute l'exactitude désirable pour le cas dont il s'agit, ainsi qu'on peut le vérifier par la comparaison directe d'un objet d'une grandeur con-

ni! MICROSCOPE COMPOSÉ. 141

nue, vu avec une loupe, et d'un millimètre vu à l'œil nu Ou parvient avec le temps et des essais réputés à donner à ces sortes de comparaison, fréquemment employées en physique expérimentale, beaucoup plus de précision qu'on ne le croirait avant de l'avoir tenté.

Comme le micromètre, placé au foyer du verre supérieur de cet oculaire, est i centimètre ou 1/2 cenlimèlre dont chaque millimètre est divisé en dix parties, ces dixièmes de millimètre, étant grandis de dix fois, égalent chacun un millimètre. C'est par conséquent un décimètre ou un demi-décimètre dont chaque subdivision est égale à un millimètre qui se trouve placé en permanence dans l'oculaire.

On a de la sorte, dans l'oculaire , des millimètres qu'on obtient en utilisant d'une manière appropriée au but le pouvoir amplifiant de son verre supérieur.

On peut se servir de ces millimètres pour mesurer l'image formée au foyer de ce verre, et compter combien chacun d'eux couvre de divisions du micromètre objectif sans courir de chances d'erreurs ; car l'image de l'objet et celle du micromètre grossi se trouvent exactement superposées dans un même plan mathématique. De plus, l'une et l'autre se trouvant grandies d'une manière égale et proportionnelle par la même loupe, elles sous-tendenl (pour des dimensions égales) le même angle sur la réline.

En conséquence, si l'on place le micromètre objectif sous le microscope et que, regardant avec le micromètre oculaire, chaque centième de millimètre du premier est grandi de manière à couvrir trois divisions du second (c'est-à-dire trois dixièmes de millimètre ren-

[ki DES MOYENS URXPI.Oll ATION RM ANATOMIK GÉNÉRALE.

dus t''f,r;>u x à un millimètre), on dira fjfue le uftcrbscôpf' grossit trois cents lois.

I7>0. En agissant ainsi, on a le même résultat que Ton obtiendrait en descendant un compas dans l'oculaire sans que les pointes lussent grossies par le verre supérieur, pour mesurer ensuite sur un mètre combien elles embrassentdeses subdivisions en millimètres pour chaque centième de millimètre grossi. En un mot, on remplace à la fois et le compas et le mètre divisé, en plaçant au foyer du verre objectif supérieur un centimètre, dont chaque division, égale à un dixième de millimètre, est rendue équivalente à un millimèlre par cette

lentille même.

Peu importe ici la dislance, variable avec chaque combinaison , à laquelle l'œil reporte l'image peinte sur la rétine, puisque l'image de l'objet et celle du micromètre oculaire se trouvent situées dans le même plan, au foyer de la même loupe, grossies el reportées ensemble d'une manière inséparable.

140. Comme le verre supérieur de l'oculaire donne beaucoup d'aberration de sphéricité quand il grossit dix fois, si c'est un centimètre que l'on place au foyer, les divisions extrêmes sont moins nettes el plus grandes que les autres. On prévient cet inconvénient en se servant d'un micromètre de 5 millimètres seulement, qui permet de rétrécir davantage le diaphragme el par là de diminuer cette aberration. Du reste, réduites à ces dimensions, toutes les divisions sont également grandies, ou, en d'autres termes, l'aberration de sphéricité n'influe pas d'une manière appréciable sur leurs dimensions.

nu Mififlo's'noPti c.omi'osic 145

141. Le seul inconvénient, de ce moyen d'obtenir le pouvoir âmpliflânl des objectifs, ces!, de ne le donner qu'avec un seul oculaire. Mais comme c'est toujours le même oculaire, on peut ainsi établir les différences proportionnelles du grossissement de chaque objectif. Il n'y a, du reste, pas d'autre procédé pour l'obtenir d'une manière exacte, et nous verrons qu'il réduit de beaucoup les prétentions de quelques opticiens sur ce sujet.

142. Cet oculaire a de 3 centimètres à 3 centimètres et demi de longueur, et il fait perdre une quantité de lumière assez considérable pour qu'on doive le considérer comme le plus fort de tous ceux qui peuvent encore être employés utilement, et faire repousser comme plus nuisible qu'utile tout oculaire grossissant davantage. On a par conséquent le grossissement le plus considérable qui puisse être obtenu avec chaque objectif. Quant aux autres oculaires plus faibles, on ne peut .connaître qu'approximativement et après avoir pris l'habitude de s'en servir longtemps, quel est à peu près le grossissement qu'ils donnent.

Ainsi, lorsqu'on indique quel est l'objectif employé , •I faut indiquer comment a été pris le grossissement' qu'on lui attribue, et de plus, quelle est la longueur de l'oculaire employé avec lui; car tous les modes de déterminer le grossissement absolu , autres que le précédent, sont, inexacts. Mais une fois qu'on sait qu'il a été obtenu de celle manière et quel est le numéro de l'oculaire dont on se sert, on aura un guide assez précis.

145. Il est à remarquer que le grossissement ainsi déterminé n'est pas celui de l'objectif seul, mais de tout le microscope objectif ou oculaire. C'est l'image qu'a grdd

144 1>ES MOYENS lÙCXI'LOUAT'ON 1ÎN ANATOM1E GÉNÉRALE.

sic l' objectif, réduite par le verre de champ de l'oculaire, qui en a rapproché les rayons divergents et grossie de nouveau par le verre supérieur qu'on a sous les yeux. Mais comme on ne peul observer sans oculaire, le grossissement de l'objectif seul serait tout à fait inutile.

Ainsi, lorsqu'on parle du grossissement d'un objectif, on entend son grossissement avec l'oculaire micromètre qui a servi à prendre son pouvoir amplifiant; micromètre que nous avons vu devoir être adopté comme le plus fort d'un emploi encore utile. C'est, à proprement parler, le grossissement du microscrope avec tel objectif

qu'il faudrait dire.

A part les moyens erronés dont il a été question , il n'existe pas encore de procédé qui puisse donner le grossissement de chaque objectif avec tons les oculaires

successivement.

144. En prenant le pouvoir amplifiant des objectifs, il arrive presque toujours que chaque division du micromètre objectif ne coïncide pas exactement avec deux, trois ou quatre divisions du micromètre oculaire. Comme la différence ne peut pas être déterminée exactement pour chaque division prise isolément, il faut compter combien toutes les divisions du micromètre oculaire, au nombre de cinquante, recouvrent de divisions du micromètre objectif, et diviser ce nombre cinquante par celui des divisions du micromètre objectif

recouvertes par lui.

Le premier chiffre obtenu indique combien de fois cent le microscope grossit, et on pousse la division jusqu'à ce qu'on ait les dizaines, puis les unités, en ajoutant chaque fois un zéro au reste. Si le premier chiffre égala.l djx ou le dépassait, il faudrait le déposer tel qu'.l est

nu MICROSCOPE COMPOSÉ. 445

obtertu, cl il iï|i|iq.uei?ail que le microscope grossit mille fois ou au delà.

11 est rare que les divisions extrêmes du micromètre oculaire coïncident exactement avec les divisions du micromètre objectif qui leur sont superposées. Ainsi, par exemple, avec le n° 5 de mes objectifs de Nachet, les cinquante divisions du micromètre oculaire recouvrent 19 1/2 = 19,50 divisions du micromètre objectif, qui, divisant 50,00, donnent 256 pour grossissement de cet objectif.

Avec le n" 4, il en recouvre 14 2/5 = 14,66, qui, divisant 50,00, donnent un grossissement de 541 fois en diamètre.

Avec le n° 7, il en recouvre 7 2/7 = 7,26, qui, divisant 50,00, donnent 688.

Il faut tenir compte de ces fractions avec le plus grand soin pour avoir un résultat aussi précis que possible, c'est même la seule partie de l'opération qui soit un peu difficile; mais avec un peu d'habitude, et en se servant pour les mesurer des divisions du micromètre oculaire, qui sont autant de fractions de celles du micromètre objectif grossi, on parvient à les mesurer très exactement.

145. Lorsqu'on arrive aux grossissements les plus faibles, il peut se faire que le micromètre objectif ne soit pas assez grossi pour couvrir le micromètre oculaire ; alors on divise le nombre des divisions de celui-ci qui sont recouvertes, par 100, qui est le nombre des divisions du micromètre objectif; le grossissement est, dans ce cas-là, moindre que 100. Ainsi, par exemple' nvec le pl„s faible des objectifs de mon microscope de NaGlieti, le micromètre objectif tout emier „e couvre que

140 DES MOYENS OEXPLOIUTION EN ANATOM1E GÉNÉRALE.

4G divisions du micromètre oculaire, qu'il faut diviser pari 00, nombre des divisions du premier, ce qui diurne pour résultat 0/iG, c'est-à-dire que le microscope grossit 46 fois avec cet objectif.

En d'autres termes, avec ces faibles grossissements le nombre des divisions que l'image du micromètre objectif entier embrasse sur l'oculaire micromètre, indique le grossissement de l'objecliT employé.

446. Sachant que le verre supérieur de l'oculaire micromètre grossitexactement dix fois, il suffit, quand on a obtenu à son aide le grossissement du microscope, de diviser le chiffre qui l'exprime par dix pour connaître le grossissement de l'objectif seul. Mais on n'a ainsi son grossissement que modifié par le verre de champ, lequel est une nouvelle cause de complication qui empêche de pouvoir mesurer le pouvoir amplifiant du microscope, en multipliant directement le grossissement de l'objectif par celui de l'oculaire. En effet, il faudrait connaître de combien de fois le verre de champ dechaque oculaire rapetisse l'image formée au delà de l'objectif. Or, comme leur longueur focale varie dans le même sens que celle du verre de l'œil, on ne peut mesurer exactement l'action que de celui du micromètre oculaire.

Une autre complication est due a ce que plus 1 oculaire est long, plus il descend bas dans le corps du microscope , et moins les rayons recueillis par le verre de champ sont divergents, moins l'image qu'ils lumtrul est grande; ce qui est une cause de variation du grossissement dont il faudrait encore tenir compte.

Il est vrai qu'en pratique on pourrait se passer de tenir compte de l'action du verre de champ et de ses

nu MICROSCOPE COMPOSÉ. \M

variations, suivant le point où il descend dans le corps du microscope. Mais alors le seul moyen d'obtenir les di pensions de l'image formée au foyer du verre de l'œil, est précisément l'emploi de l'oculaire micromètre dont nous venons de parler, c'est-à-dire d'un micromètre oculaire dont le verre de l'œil a un pouvoir amplifiant exactement connu.

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