‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 28 sur 77 · C. Des grossissements réels · texte numérisé non relu

C. Des grossissements réels

147. La méthode précédente , que le raisonnement et l'expérience, ainsi que nous le verrons plus loin, montrent comme la seule exacte, parmi celles qui sont réellement applicables, donnent pour grossissement dos objectifs, des chiffres bien moins élevés que tous les aulres procédés. J'ai obtenu les nombres suivants pour la série des neuf objectifs de. mon microscope de Nachel :

N"0 = hG. iV>3 = 256. N" 6 = 5Z,5.

Dans les microscopes de Georges Oberhaueser, l'objectif n° 9, qui est le plus fort de tous, ne dépasse jamais 580 à 400 ; les autres varient entre ce chiffre et 50 ou environ, pour le plus faible.

Or il faut qu'on sache que les nos 8 de Nachel sont les objectifs les plus forts qu'on possède encor* à part peut-ôlre deux ou trois de Georges Oberhaueser'ei d'Amici, mais encore dont le grossissement n'a pas élé licitement déterminé, et que leurs auteurs ne font plus ou ne livrent pas habituellement avec les microscopes qu'on leur demande. Les n"5 7 et 8 de Nachel ac-

compagnon! , an contraire, lowjiotirs son microscope complet.

On voit qu'il y a loin de là aux grossissements fabuleux de 1,500 à "2 ou 5,000 fois dont parlent encore quelques opticiens et observateurs. Leurs erreurs tiennent à ce que les uns emploient les procédés erronés dont il a été question, et à ce que les autres donnent les dimensions en surfaces ou même cubiques, au lieu de les donner simplement en diamètre. Or, comme au microscope nous ne voyons que des plans et non des solides à trois dimensions, en sorte que ce n'est que par divers artifices que nous constatons l'épaisseur des objets examinés, ce sont par conséquent des dimensions linéaires, les seules qui nous frappent, que nous devons prendre en considération. Aussi les personnes qui ne sont pas prévenues de ces erreurs, après avoir examiné avec ces prétendus grossissements de 1,500 à 2,000 fois des objets déjà visibles à l'œil nu, comme les poussières de papillon , sont-elles toujours surprises de ne pas les voir plus grosses, et elles mettent en doute, avec raison, la réalité de déterminations qui sont contraires au bon sens.

148. Les grossissements que j'ai donnés plus liant sont au contraire parfaitement réels, ce sont bien des grossissements en diamètre. Avec l'objectif n° 0, chaque centième de millimètre est réellement grossi de manière à couvrir 8 millimètres, le n° 5 de manière à en couvrir 4; ainsi des autres. Il est impossible, à cause du peu de distance locale et de la perle de lumière, de construire des objectifs plus forts que le ri* 8 de Nachel, qui cependant permet de faire des éludes encore très exactes et donne des images assez nettes

DU MlOKOSUOl'E COMl'OSÉ. J 49

avec les oculaires 1 et 2 de son microscope, ou 2 el 5 de celui de Georges Oberhaucser.

Du reste, l'expérience montrera aux observateurs qui l'emploieront, comme elle me l'a montré, que si l'objectif n° 7 de Nachel est indispensable pour une bonne élude des corpuscules du tubercule, de certains corpuscules de la thyroïde et autres glandes vasculaires, des cellules à spicules de certains Acaleplies et d'autres invertébrés; l'objectif n° 8 est réellement de luxe, en ce qu'il ne montre rien de plus que le précédent, et l'on peut s'en passer.

On a certainement pu obtenir des grossissements plus élevés que les précédents, on pourrait en obtenir aussi avec ces mêmes objectifs ; mais c'est en se servant d'oculaires plus forts ou de tubes du microscope plus allongés. Or j'ai déjà montré que lorsque le corps dépasse 20 à 25 centimètres, et que les oculaires ont moins de 5 centimètres de longueur (qui est celle du micromètre oculaire employé dont le verre supérieur grossit dix fois), la perle de lumière est telle, les images deviennent si pou nettes , qu'il vaut mieux se borner à des grossissements moindres.

D. Des objectifs indispensables aux études d'anatomie

générale.

149. Tous les objectifs précédents ne sont pas également indispensables. Le n° 1 esl nécessaire à l'élude des injections pathologiques de certains tissus, quand le sang s'est coagulé à leur intérieur et qu'on peut en faire une préparation visible par transparence. Il sert à l'étude des helminthes el autres animaux de petit volume, etc., pour observer les glandes sudoripares, sô-

IUO DES MOYENS IH'AI'l.oitU HtiN ËN ANAflbMIE GÉNÉRALE.

bacées, les gros bulbes pileux , etc. Ce suul surtout les nos 2 et 5 qui sont indispensables tlans ces derniers exemples , ainsi que pour l'élude des os, des dents, du l'issu adipeux el de plusieurs aulres tissus ëticorfe-, et surtout des tissus végétaux.

On peut de là sauter au n° 5, qui est absolument nécessaire pour l'étude de tous les tissus animaux à l'étal normal ou pathologique , de beaucoup de tissus végétaux, des infusoires, etc. La plupart des microscopes ne sont pas accompagnés d'objectifs plus forts, et les grossissements plus élevés que celui qu'on obtient avec ce dernier (400 diamètres) sont produits à l'aide d'oculaires très courts ou par un corps du microscope plus allongé qu'à l'ordinaire.

Ceux de Nachel contiennent en outre les objectifs n"s6, 7 et 0, dont le dernier grossit de 800 diamètres. Parmi ceux-là le n° 7 seul est indispensable. Il est certain que l'élude du tubercule ne peut être bien faite sans cet objectif: ôr on sait qu'elle esl une des plus importantes. Ce numéro est encore utile dans un certain nombre de cas, pour l'élude des spermatozoïdes animaux el végétaux, des cellules à spicules, etc., des corpuscules de la rate, des glandes vasculaires, des globules du sang, et en pathologie pour certains cancers, poulies éléments fibro-plastiques , etc. Le n° 6 peut les remplacer dans quelques cas, mais non toujours, el celui-là, au contraire, peut suppléer ce dernier; en sorte qu'on peut le considérer comme indispensable, sinon dès le principe des études d'analoniie générale, ail moins pour la suite. Quant au n° 8 , nous avons vu qu'on peut le regarder à peu près comme un objectif de luxe , dont on peut se passer sans préjudice.

l!)tl Mlf.lïOSCOl'li COMPOSÉ.

Art. VI. — Des différents moyens de mesurer le. diamètre des objets microscopiques.

150. Il y a plusieurs procédés qui pernietleut d'obtenir le volume absolu des objets éludiés au microscope, cl. lotis soul à peu près également exacts; il n'y a réellement qu'à choisir entre les plus commodes et les plus rapides.

J'indiquerai en premier lieu le procédé fondé sur la connaissance du pouvoir amplifiant des objectifs, quoique jusqu'à présent il n'ait jamais été mis en usage» parce qu'on ne connaissait pas de moyen pour obtenir exactement ce pouvoir ampliliant. C'est le plus simple et le plus exact en même temps que le plus rapide de lotis ; celui qu'il faut adopter en pratique.

151. Il consiste à substituer à l'oculaire qui sert à l'examen d'un objet le micromètre-oculaire , et à constater combien il faut de ses divisions pour couvrir cet objet. Le volume de ce dernier sera exprimé par une fraction dont le numérateur est le nombre des divisions de l'ociilaire-micromèlre que recouvre l'objet, et dont le dénominateur est le chiffre qui exprime le pouvoir ampliliant du microscope avec l'objectif employé. Pour faciliter la comparaison du volume des objets, on réduit celte fraction en fraclion décimale.

Ainsi, par exemple, avec l'objectif n„ 5 de mon microscope, dont le pouvoir amplifiant est400, l'image d'un globule de sang recouvré trois divisions du micromètre oculaire; il égale donc 5/400 de millimètre, ou 0""", 007. Ce procédé est liés simple; il suffit, pour l'employer, d'avoir l'ail d'avance une table de grossissement des objectifs du microscope, de la manière indiquée plus haul.

lo'i MiS MOYENS d'kxI'LOHATION BN ANAUOM1E GÉNÉUALE.

152. Il existe un autre procédé qui permet de prendre le diamètre des objets, lors môme qu'on ne connaît pas le pouvoir amplifiant de l'objectif employé. Pour le mettre à exécution, on se sert de l'oculaire-micromètrc qui accompagne ordinairement les microscopes tels que les livrent les opticiens. Il est composé d'un centimètre tracé sur verre et divisé en 100 parties ou dixièmes de millimètre, qui est placé au foyer d'un oculaire faible, long de 5 centimètres, et dont le verre supérieur grossit seulemenlsixàsept fois; en sorte que les divisions du micromètre sont écartées l'une de l'autre de 6 à 7 dixièmes de millimètre. Du reste, le grossissement du verre supérieur est indéterminé, et par conséquent aussi l'écarlenienl des divisions du micromètre; il est inutile de le connaître, il suffit que ce soit des divisions également écartées l'une de l'autre, peu importe de quelle quantité.

Voici comment on l'emploie : On détermine combien de divisions de cet instrument sont nécessaires pour couvrir chacun des centièmes de millimètre du micromètre-objectif, préalablement placé au foyer; et si, par exemple, il en faut trois, il devient évident que chacune d'elles vaut 1 /300e de millimètre ou 1/5 de centième de millimètre, et ainsi des autres.

Mais il est rare qu'un certain nombre des divisions du micromètre-oculaire coïncident exactement avec celles du micromètre-objectif, et lors même qu'on le croit, la superposition n'est presque jamais exacte. Il faut par conséquent tenir compte des fractions, et pour cela diviser le nombre 100, qui est celui des divisions totales du micromètre-oculaire, par le nombre des centièmes ,1e millimètre qu'il recouvre sur le micromètre-objectif.

du Micitoscurii COMPOSÉ. 155

Le chiffre obtenu indique lu valeur île cliaque division du micromètre-oculaire, relativement à l'objectif employé Il faut se faire une lable de celle valeur relative des divisions du micromètre-oculaire, pour tous les objectifs successivement, et on l'emploie comme on le ferait du grossissement réel des objectifs , d'après la méthode indiquée dans le paragraphe précédent; pourvu, bien entendu, qu'on se serve toujours du même micromètreoculaire qui a servi à faire la table.

Ainsi, par exemple, pour l'objectif n° 5, chaque centième de millimètre du micromètre-objectif recouvre trois divisions plus une fraction du micromètre-oculaire. Par le procédé qui vient d'être décrit on obtient le chiffre 357, c'est-à-dire que chaque division du micromètre-oculaire vaut, avec cet objectif, i /557e de millimètre. Si l'on étudie le sang avec cet objectif, on trouve que chaque globule recouvre deux divisions el demie du micromètre-oculaire, soit 2,50/557° de millimètre ou, en réduisant en fraction décimale, 0mm,007.

153. On pourrait placer dans l'oculaire-micromèlre toute espèce de divisions qu'on voudrait, et le résultat définitif serait toujours le même, pourvu que ces divisions fussent à une distance égale l'une de l'autre. Mais cet oculaire est toujours très faible, son verre supérieur ne grossit guère que six ou sept fois au plus. 11 en résulte un inconvénient que n'a pas l'oculaire-micromèlre, dont le verre supérieur grossit dix fois, c'est que ses divisions n'étant pas très écartées l'une de l'autre , on voit difficilement si l'objet en recouvre deux, trois, etc., plus une fraction. De plus, grossissant fort peu l'objet, on ne fait pas grande attention à ces fractions, surtout quand il s'agit de corps très petits.

lÔl I>HS MOYENS D'MI'LORATIOH BH ANATOMIK GÉNÉRALE.

Cependant dès qil'toM n'en lient pas compte , il eu résulte des erreurs portent sur le chifl're des millièmes, ou quatrième chill're des fractions décimales, qui est important lorsqu'il s'agit de globules n'ayant que quelques millièmes de millimètre de diamètre: tels sont ceux du sang, de la lymphe, etc., et beaucoup de fibres. Il y a quelquefois une différence telle entre le chiffre obtenu pour volume d'un objet en suivant le premier procédé (§148) et celui indiqué par les auteurs, qu'il est à croire qu'eu prenant la valeur relative des divisions du micromètre-oculaire pour chaque objectif, on n'a pas tenu compte des fractions de centièmes de millimètre , d'après la méthode indiquée au paragraphe précédent.

d 54. On a dû remarquer que le procédé pour obtenir le diamètre des objets microscopiques, décrit au § 449, exige la même opération préliminaire que celle qui, avec un oculaire-micromètre plus fort, grossissant exactement dix fois au lieu de six ou sept, sert à donner le pouvoir amplifiant du microscope, et ensuite à calculer le diamètre des corps étudiés.

Il ne faudrait pas croire d'après cela que le chiffre (1/5 57 pour l'objectif n° 5 pris comme exemple ) obtenu avec l'oculaire-micromèlre grossissant six ou sept fuis, et qui exprime la valeur relative de chacune de ses divisions, indique aussi le grossissement de l'objectif avec cet oculaire faible; de la même manière que le chiffre (400 pour le même n° 5) obtenu avec l'oculaire fort indique le pouvoir amplifiant réel.

Le chiffre qu'on obtient ainsi est beaucoup plus fort ( une fois et demie au moins) que le grossissement réel du microscope. Ce grossissement réel est 400 avec lob-

DU MlCltOSCOl'Ii COM'I'OSÊ. 151)

jecli I n° 5 pris comme exemple, tandis qu'avec cel oculaire-micromèlre faible il n'est que de 200 fois.

On peiit s'assurer de cela par un examen comparatif et direct du micromètre-objectif ou de divers objets, fait successivement avec les deux oculaires. Il est facile de reconnaître que les objets ou les divisions eh centièmes du micromètre sont deux fois plus larges avec l'oculaire-micromètre, dont le verre supérieur grossit dix fois, qu'avec celui qui grossit six bu sept fois.

On voit cependant que l'opération indiquée plus haut (§ 141) donne 400 avec le premier, ce qui est bien le grossissement réel, puisque chaque centième de millimètre est rendu égal à 4 millimètres, et elle donne néanmoins le chiffre énorme comparativement de 557 avec l'oculaire le plus faible.

On pourra encore constater que le volume des objets ou 1 ecarlement des divisions du micromètre-objectif, vus avec l'objectif n° 5 et l'oculaire faible, ne sont pas plus grands qu'avec un objectif faible comme le n° 2 , qui, avec l'oculaire, micromètre grossissant dix fuis, donne un grossissement exact de 200 diamètres.

Ce genre de comparaison fait avec soin est susceptible de beaucoup de précision et donne des résultats analogues avec tous les objectifs pris l'un après l'autre comme exemple.

Ces différences reconnaissent pour cause la longueur des oculaires micromètres , dont le plus faible étant très long reçoit sur son verre de champ les faisceaux qui doivent former l'image avant qu'ils aient beaucoup divergé. Dans l'oculaire micromètre fort qui est bien plus court, les rayons beaucoup plus divergents vont

156 DES MOYENS D'iiXI'LOUATloN EN ANA.TOM1E GÉNÉRALE.

former une image plus grande au foyer de son verre oculaire que dans l'autre. Il en résulte que la variation d'étendue à laquelle est soumise une première fois par le verre de champ l'image du micromètre objectif, n'est pas proportionnelle à celle du micromètre objectif qui est grandi six ou sept fois dans un cas et dix dans l'autre. En conséquence le quotient de la division du terme 50 ou 100 (nombre des divisions du micromètre oculaire) par un chiffre variable (tiré des divisions du micromètre objectif) qui n'a pas varié de grandeur proportionnellement au premier, doit présenter des différences, qui sont considérables comme on le voit.

Malgré cela on obtient le même chiffre pour le diamètre des objets en suivant l'une ou l'autre méthode, sauf les erreurs dont est surtout susceptible !a dernière, parce que dans celle-ci l'objet à mesurer ne fait que remplacer le micromètre objectif. Il se trouve par conséquent soumis à la même cause de variation que lui, puisque son image est reçue par le même oculaire micromètre, dont la longueur est cause unique des variations.

Quant au verre oculaire supérieur, son influence est nulle, puisqu'il grandit en même temps, et l'image qui est concentrée à son foyer par le verre de champ et le micromètre placé à ce même foyer.

155. Il y a encore plusieurs autres manières de prendre le diamètre des objets qu'il suffira de mentionner, car elles sont bien moins faciles à employer, et il en a été nécessairement question à propos du grossissement

Ainsi, on peut prendre avec un compas le diamètre images données par la chambre claire, et diviser ce

des

nu MinttosawE r.o.MPosic. 157

nombre par celui qui a été obtenu préalablcmenl comme indiquant le pouvoir amplifiant du microscope, d'après le procédé de la chambre claire décrit précédemment. Quoique nous ayons reconnu que ce cliilîre est beaucoup trop fort , l'objet élant grandi en même proportion, le résultat pourrait être exact s'il n'y avait beaucoup de causes d'erreurs dues à la difficulté de toujours mesurer l'objet à la même distance de la chambre claire, que primitivement avaient été mesurées les divisions du micromètre objectif pour obtenir le prétendu pouvoir amplifiant. Ce procédé, du reste, est moins facile à employer que les précédenls.

Il faut rejeter aussi comme moins commodes et. plus longues, et probablement plus inexactes que les méthodes indiquées plus haut, celles qui consistent à comparer les objets à des fils de soie de cocon, ou métalliques. Car lors même qu'il s'agit de filaments , comme ceux des spermatozoïdes, qui sont bien plus étroits que les divisions des micromètres, on peut calculer approximativement leur épaisseur avec assez de justesse pour le degré d'utilité qu'on doit en retirer.

Il ne doit être mention que pour mémoire, de la mesure des objets à l'aide d'oculaires portant deux pointes mises en mouvement par des vis micromélriques , et placées au foyer du verre supérieur de l'oculaire.

Il en est de même pour les vis micromélriques adaptées à la platine du microscope, et faisant marcher le porte-objet; de telle sorte que le nombre des tours du pignon de la vis indique en fractions de millimètre le diamètre du corps étudié, qui a préalablement été placé de manière qu'un des bords de son image soit au contact d'un lil de soie situé an foyer du verre

supérieur de l'oculaire, et sous Iwjiiel on l'ail passer l'objet loul enlier à l'aide des mouvements circulaires imprimés au pignon.

Tous ces appareils sont loin d'être aussi précis que. les autres; ils sont, en outre, très coûteux, très difliciles à employer, et les vis se détériorent très facilemcnl. Ce sont des instruments de curiosité, mais à peu près inapplicables en pratique. On en trouvera la description dans les traités du microscope déjà cités.

Art. VII. — De l'emploi du microscope.

A. Préparation des objets.

\ 5G. La première condition à remplir pour faire une préparalion destinée à être étudiée au microscope, c'est d'isoler avec soin par la dissection l'organe dont on veut examiner le tissu, afin de savoir au juste ce que l'on examine, et ne pas donner de détermination vicieuse. Cette remarque est surtout applicable aux éludes embryogéniques et d'analomie comparée, et souvent àl'anatomie patbologique. Très souvent c'est sous la loupe ou le microscope à dissection qu'il faut faire cette dissection préalable.

Qu'il s'agisse d'un liquide ou d'un solide , il faut toujours en employer seulement une très petite quantité, que l'on porte sur la plaque de verre porte-objet, préalablement bien essuyée.

4 57. Lorsqu'on veut étudier les éléments analomiques d'un liquide, et qu'on en prend une goutte trop volumineuse, la préparalion perd de sa transparence, les bords et la forme des corpuscules entassés cessent d'être nettement visibles. Souvent il laul étendre celle

nu michosconï coMi'nsiî. 1:>!)

gouttelette par un liquide, <jui isole mieux les globules. Il faul apporler beaucoup de circonspection diins Ip choix de ce liquide.

L'eau, par exemple, ne peu L presque jamais èlre employée dans ces cas, parce qu'elle a la propriété de dissoudre ou de gonfler les éléments en suspension dans les tumeurs. C'est ainsi qu'elle dissoiU les globules rouges du sang, gonfle les globules blancs et les globules de pus, etc. C'est comme réactif seulement, pour étudier son action sur eux, qu'il faul l'employer.

En général , il faut étendre les liquides avec leur propre sérum devenu transparent parle repos, ou bien avec du blanc d'œuf, ou mieux enfin avec le liquide qu'on exprime du corps vitré de l'œil. Lorsqu'on étudie l'ovule , c'est aussi de ces liquides qu'il faut se servir , l'eau l'altérant un peu et le rendant moins transparent. La salive gonfle les globules de pus, altère les globules de sang à cause de son acidité et ne doit pas être employée.

Le suc cancéreux, les mucus proprement dits, le sperme dont on ne lient pas a voir les animalcules vivants, peuvent être étendus d'eau, parce que leurs élémenls ne sont pas altérés par ce. liquide. Il en est de même du pus et des mucus purulents quand on ne lient qu'à y constater la présence des globules caractéristiques sans s'occuper de leur volume précis, surtout si l'on lient à se débarrasser des globules de sang.

158. Pour étudier les éléments analomiques des solides, il faut déposer la pelile parcelle du tissu qu'on a choisi dans une goulle d'un des liquides précédents. Le liquide permet de dilacérer plus facilement le lissu en maintenant ses particules en suspension; il est en

IGO FIES MOYENS ^EXPLORATION EN ANATOMI1Î GfeNEftALE.

outre indispensable pour empêcher des belles d'air de rester interposées enlrc- les lamelles de verre, ce qui masque les éléments an atomiques , cl gène ou môme rend impossible l'observation. Il fait de la préparation un tout homogène que la lumière traverse plus tacitement, sans rencontrer des surfaces libres sur lesquelles elle se réfléchit.

Dans la grande majorité des cas, on peut se servir d'eau pour étudier les solides, parce que la plupart sont insensibles à son action. Elle est très utile lorsqu'il s'agit de se débarrasser des globules sanguins. Dans ce cas même , et lorsque des éléments insolubles dans un réactif comme les cellules du cancer, les éléments fibro -plastiques, sont masqués par d'autres qui sont attaquables, tels que les libres de tissu cellulaire on musculaire, on se sert d'acide acétique pur ou étendu pour les dissoudre.

Pour préparer les tissus qu'on veut étudier, tels que les tissus cellulaire, musculaire, les nerfs, etc., on en prend une petite parcelle avec de fines pinces , et on la coupe avec des ciseaux, puis on la porte dans la goutte de liquide déposée sur la plaque porte-objet. Pour quelques tissus normaux ou pathologiques, il suffit de racler avec un scalpel sur une coupe fraîche de l'organe pour en exprimer le suc, ou en détacher quelques particules. Ce procédé peut être employé pour détacher les épidémies et épilhélium, pour étudier les éléments du cancer, du tubercule, etc.

Il semble aux commençants que de si petits- fragments ne peuvent rien montrer de bien concluant, ou qu'on doit rompre les cellules ou les fibres ; mais l'expérience prouve que ce procédé si simple montre, les

liU MICROSCOPE COMPOSÉ. '101

mêmes choses i|ue los moyens les plus longs el les plus minutieux. J)e plus, les cellules son L trop petites pour pouvoir subir l'action «lu trancha nt de l'instrument, et, en supposant même que quelques unes fussent rompues, ce qu'on ne peut constater , il en reste toujours assez d'entières pour permettre une élude complète. Quant aux fibres, leurs extrémités, coupées ou rompues, offrent souvent de bons caractères, el elles sont ordinairement encore assez longues pour dépasser la largeur du champ du microscope, el même pour qu'on ne puisse en déterminer la longueur.

Habituellement il faut encore, à l'aide des aiguilles fortes el inflexibles dont nous avons parlé, dilacérer pendant longtemps dans la goulle d'eau les parcelles de tissu enlevé. Cette dilacération doit être faite avec soin, comme une sorte de dissection minutieuse quand il s'agit des acim des glandes, des corpuscules ganglionnaires , etc., qui sont assez gros pour être détruits par le raclage. Il esl cependant des glandes en grappe, surtout hypertrophiées, et la glande thyroïde, dans lesquelles ce dernier procédé suffit pour montrer les culsde-sac ou les vésicules. Mais, pour la plupart des glandes, pour les bulbes pileux, il faut, par une dissection préalable, isoler l'admis à étudier ou le bulbe, el l'enlever avec des ciseaux courbes.

159. Pour étudier les glandes cutanées, les follicules pileux du duvet, les glandes des muqueuses, il faut faire avec des ciseaux ou un rasoir à manche fixe des coupes aussi minces que possible, qu'on étale sur la lame de verre, et qu'on recouvre d'une autre lame avec laquelle on appuie sur la préparation pour l'amincir un peu et la rendre transparente. Souvent, surtout pour

tr* PARTIR.

102 liCS MOYENS D'EXPLORATION EN ANATOMIE GÉNÉRALE,

la peau., il esl bon de Irailer la préparation par l'acide acétique qui rend les lissus plus Iransparanls, ei met les glandes en évidence. On peut ensuite recouvrir la coupe de térébenthine de Venise , et lui superposer une plaque de verre; on laisse ensuite sécher le tout. S'il s'interpose quelque bulle d'air, on la chasse en chauffant un peu à la flamme d'une lampe à alcool. Je conserve des préparations de glandes cutanées , de bulbes pileux, etc., préparées de la sorte depuis quatre ans et restées telles que le premier jour.

Les préparations du tissu cartilagineux, des ongles, delà corne, et autres tissus résistants, se font en enlevant de très minces lamelles à l'aide d'un scalpel, quelquefois il suffit de racler la surface du cartilage. Celles des dénis et des os se font en enlevant des lamelles à l'aide d'un fort scalpel; maisîes préparations faites de la sorte sont en général mauvaises.

Il faut, pour faire des préparations bonnes à être étudiées, scier une lame aussi mince que possible, qu'on dégrossit à la lime ou avec une meule grossière, et que l'on achève en faisant glisser la lamelle, à l'aide d'un bouchon de liège, sur une meule fine et mouillée. La préparation doit êire conservée ensuite dans la térébenthine ou le baume de Canada entre deux lames de verre de la manière indiquée plus haut pour les glandes cutanées.

'100. Les lissus végétaux se prépaient surtout en faisant des coupes transversales ou longitudinales aussi minces que possible. Pour l'épidémie, il suffit de IMnciser et d'en déchirer un lambeau. Souvent on entraîne en même temps quelques cellules sous-jacenles , ordinairement assez isolées pour en permettre une élude

très facile. Ges cellules renferment souvent un noyau qu'il est 1res important d'étudier, c'est surtout sur les écailles du bulbe des 1 illacées qu'on trouve facilement des cellules à noyau. Pour étudier les trachées, les vaisseaux ponctués, il suffit, ordinairement d'une coupe longitudinale, ou de déchirer en long des faisceaux vasculaires du centre d'un pétiole, d'une nervure de feuille, ou une lige herbacée.

Les grains de pollen sont faciles à préparer, il suffit de secouer les élamines sur la plaque porte-objet, et de recouvrir d'une lame de verre ; on ajoute ensuile une goutte d'eau, dont on étudie l'action sur ces corpuscules. Pour bien voir le boyau poHinfque, il faut racler le pollen qui est tombé à la surface du slygmale; quelquefois, en déchirant cet organe dans le sens de la longueur, on peut voir le boyau pollinique implanté entre. les cellules de son tissu central ou conducteur. Toutes les préparations de tissu végétal doivent être imprégnées d'eau pure on d'eau sucrée, surtout quand on veut préserver les grains de pollen de l'action de l'eau.

lGi . On eslsouvent porté à croire qu'un couteau formé de deux lames susceptibles d'être rapprochées à l'aide d-'une vis, doit, être très utile pour faire les coupes de ce genre. Cependant cet instrument; qui a été inventé par Valenlin et en porte le nom, a rarement les avantages qu'on en attend; le plus souvent on parvient à faire ces coupes , beaucoup mieux avec un rasoir ou nu scalpel très tranchant qu'avec ce couteau. Toutefois il ^•sL utile dans quelques cas, mais assez rares, qui se- 1011 L indiqués par la suite.

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