‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 30 sur 77 · Examen des prépar'ations · texte numérisé non relu

Examen des prépar'ations

165. La préparation faite, il faut la recouvrir d'un des petites lamelles préparées dans ce but , préalablement bien essuyée. Il faut avoir soin de la choisir assez mince pour permettre l'emploi du plus fort objectif dont on pense avoir besoin. Une fois placée, il ne faut pas presser sur elle; car alors on dérange la préparation; les globules et les fibres paraissent quelquefois comme écrasés, devenus cohérents , et leurs bords ne se voient plus nettement.

La pression n'a pourtant pas toujours ces inconvénients; ainsi, lorsque quelque fragment de tissu dilacéré maintient la pelile plaque trop soulevée , on peut presser sur elle. Il n'y a alors de déprimés que les plus gros fragments, qui par leur épaisseur protègent les éléments plus petits ; ils peuvent même encore être examinés sur leurs bords, qui, étant plus minces, onlélé ménagés et présentent ordinairement des libres, etc., flottantes et isolées par la dilacéralion. Lorsqu'on a emplové trop d'eau pour la préparation, il faut l'enlever par imbibition, à l'aide de papier brouillard ou d'un morceau d'étoffe; mais il ne faut pas presser sur la plaque pour chasser l'eau, parce qu'elle déhorde sur elle , et dans les mouvements de glissement imprimés au porte-objet l'eau vient loucher l'objectif et empêche de voir nettement. Quand cet accident arrive, on enlève le corps du

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microscope et ou essuie avec soin la lentille inférieure de l'objectif.

1(54. La préparation ainsi disposée, si l'objectif est à peu près au point où il doit être pour que l'objet préparé se trouve à son foyer, on glisse le verre porteobjet sur la platine de manière que le centre de la lamelle carrée qui recouvre le tout soit au-dessous de l'objectif. Si ce dernier n'est pas au point, on place d'abord la préparation comme il vient d'être dit, et l'on fait glisser le corps du microscope dans l'anneau de la brandie liorizontale du pied jusqu'à ce que l'on aperçoive vaguement les objets préparés ; on achève ensuite de les placer au foyer à l'aide de la vis micrométrique. Il faut avoir soin dans ces mouvements de ne pas aller trop brusquement, jusqu'à presser sur la préparation, parce qu'on l'altère ou on brise la lamelle de verre. Cet accident arrive de temps à autre dans les commencements; mais on arrive bientôt à donner assez de précision à ces mouvements pour ne se servir de la vis micrométrique que rarement ; surtout pour les faibles et moyens grossissements.

165. La préparation étant placée au point ou au foyer, on la parcourt en enlier avec soin en faisant glisser la plaque porte-objet sur la platine à l'aide, des pouces de chaque main. L'habitude rend ce moyen aussi précis et bien plus commode et plus rapide que les vis micrométriques ou chariots, malgré la nécessité de faire ces mouvements à rebours, parce que les objets sonl renversés.

Lorsqu'on est arrivé à trouver un objet que Ion veut examiner, il faut porter la main au pignon de la vis microniétrique placé au-dessous de l'oreille de la

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plaline, et la faire mouvoir presque i ncessa m incn l , de manière à élever ou abaisser l'objectif par des mouvements presque insensibles, pour étudier la préparation dans loule son épaisseur. Lors même qu'il ne s'agit que d'un seul globule, il faut encore se servir de ce moyen, car nous ne voyons jamais un corps tout à la fois ; lorsque nous voyons sa surface, ses bords paraissent diffus, et réciproquement.

On ne peut, par conséquent, bien connaître un objet qu'après l'avoir examiné ainsi successivement dans toute sou épaisseur. On peut aussi d'une main faire y lisser la plaque, et de l'autre faire mouvoir*la vis micrométrique et étudier certaines dispositions en combinant les deux mouvements. Ce n'est qu'en parcourant la préparation à la fois en largeur et en épaisseur (car les deux plaques qui semblent se toucher renferment cependant plusieurs couches superposées de fibres ou de cellules) , qu'on parvient à bien connaître la préparation , à se faire une idée nette de tous les éléments et de toutes leurs variétés qui peuvent se trouver dans un même tissu.

lb'6. On étudie ainsi les éléments analomiques considérés isolément sous le point de vue de la forme, du volume absolu et comparatif de la régularité ou de l'irrégularité de leurs bords, du contenu, etc. Dans les premiers moments, il s'établit des courants de liquide en divers sens, soit à cause de l'évaporalion qui a lieu sur les bords, et dès lors le liquide du centre tend à y affluer ; soit parce qu'il se trouve plus de liquide d'un côté de la pJaque que de l'autre, et les courants durent jusqu'à ce que l'équilibre soit établi. On utilise ces mouvements eu étudiant l'épaisseur des cellules et des

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libres qui roulent sur elles-mêmes entraînées pur le courant, el viennent montrer à l' observateur successivement leurs bords et leurs faces.

Ce mode d'observation esl un des meilleurs moyens pour arrivera se faire une idée nette des objets étudiés au microscope. Beaucoup de détails ne peuvent être bien vus qu'après la cessation des courants. Si , après avoir observé, on a besoin d'en déterminer de nouveaux dans le but qui vient d'être signalé, ou pour écarter des corpuscules en contact ou superposés , on presse légèrement sur un des côtés de la lamelle qui couvre la préparation, ou bien on dépose une goutte d'eau sur ses bords, et elle pénètre par capillarité en déterminant des courants.

167. Après avoir étudié sous tous les rapports les éléments analomiques des fibres cellules, etc., ceux qui sont caractéristiques du tissu el ceux qui ne sont qu'accessoires, il faut porter son attention sur les granulations moléculaires graisseuses ou autres qui flottent dans le liquide; il faut les comparer à celles qui peuvent être contenues dans les cellules ou les libres. Il faut ensuite chereber à étudier sur les fragments incomplètement dilacérés l'arrangement des éléments les uns par rapport aux autres, afin de chercher à se faire une idée nelle de la texture des tissus.

Enfin, beaucoup de détails des éléments analomiques relatifs à leurs contours, à leurs granulations, etc., certain^ éléments même, comme les petits corpuscules du liquide de la thyroïde, des ganglions lymphatiques, et d'autres encore, qui n'étaient pas bien visibles d'abord, deviennent de plus en plus nets au fur el à mesure qu'on étudie plus longtemps ; parce qu'ils étaient en

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quelque sorte noyés dans le liquide de la préparation. Aussi, est-il très souvent indispensable d'attendre que l'évaporalion du liquide ait eu lieu, avant de pouvoir bien voir tous les éléments anatomiques; c'est une précaution qu'il est important de prendre, surtout dans l'examen des produits morbides.

Art. VIII. — Sur l'emploi des grossissements forls ou faibles.

i60.Il est très souvent nécessaire" d'examiner le même objet successivement avec des grossissements divers, depuis les plus faibles jusqu'aux plus puissants. Les objectifs, depuis 50 jusqu'à 6(1 ou 100 diamètres, sont, comme le fait remarquer M. Lebert, très utiles pour examiner l'ensemble d'un tissu morbide, d'une préparation des glandes en grappes ou vasculaires, etc.

C'est avec eux qu'on doit étudier tout ce qui tient à la vascularité des tissus, soit ordinairement par transparence et quelquefois par la lumière réfléchie, tant chez les embryons que sur des tissus normaux ou pathologiques. Lorsqu'il s'agit de décider si la rougeur d'un tissu malade est due à l'hypérémie ou à un épanchement de sang par rupture des capillaires, avant d'examiner avec de forts grossissements, il faut étudier avec les précédents.

Les pouvoirs amplifiants de 100 à 300 diamètres servent à étudier les os, les dents, les poils, les bulbes pileux, les culs-de-sac glandulaires, mais seulement en ce qui concerne leur groupement dans chaque acinus; l'étude de leurs é pi t hélium s demande l'emploi de plus forls objectifs. Ils servent aussi à l'élude de certaines particularités des muscles, surtout chez les poissons et les reptiles qui ont des muscles à faisceaux primitifs

170 DBS MOYENS VÏmtmMmw BiS A.WruMIK BBHÉHALB. 1res larges, à colle du lu terminaison tics nci'l's dans les muscles cl des corpuscules ganglionnaires!

Ce sont ces grossissements qui sont le plus souvent utiles dans l'étude des tissus végétaux , soit pour les trachées, vaisseaux ponctués, etc., pour les grains de pollen, pour les cellules épideriniques et ligneuses. Les cellules du sarcocarpe des fruits étant en général très grandes, les grossissements de 4 50 à 200 sont soiiveuL assez forts. Plusieurs espèces de grains d'amidon et ceux de la chlorophylle exigent l'emploi d'objectifs allant au delà de 500 diamètres; heaucoup même exigent les grossissements réels de 500 à 000; il en est encore ainsi pour certains spermatozoïdes des algues ou des mousses.

109. Quand on se borne à l'emploi des faibles grossissements, il n'est pas toujours nécessaire de recouvrir la préparation d'une lamelle de verre ; il est même utile, dans certaines circonstances, dont l'observateur doit rester juge parce qu'elles sont trop variables, d'examiner d'ahord avant d'employer ces lamelles. Beaucoup de détails des corpuscules ganglionnaires chez les poissons , des"ovules de beaucoup d'animaux, ne peuvent être hien vus qu'en laissant la préparation découverte, lors même qu'il faut se servir d'un objectif ayant seulement un demi-millimètre de longueur focale, c'est-àdire grossissant deux cents fois environ. Mais pendant l'hiver et pendant l'été, jusqu'à ce qu'il y ait équilibre de température entre l'eau de la préparation et l'objectif, la vapeur d'eau vient se condenser à la surface de celui-ci, et rendre le champ obscur et diffus, Il est nécessaire alors d'essuyer la plaque, ou de soulever l'objectif et d'attendre qiœ l'eau soit évaporée. Il faut, par

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conséquent > dès qu'on le Jibul sans nuire à l'observation, employer ces lamelles.

170. A part les cas principaux que nous venons de noter, ce sonl les grossissements de 550 à 700 diamètres qu'il faut habituellement employer en anatomie générale. Les fibres primitives des muscles, du tissu cellulaire, les tubes nerveux, les cellules des épilliéliums cylindriques ou sphériques, les globules blancs et rouges du sang, les éléments libro-plasliques, les globules de pus, les cellules el noyaux du cancer, et par-dessus tout les corpuscules du tubercule, ne peuvent être étudiés que d'une manière très incomplète avec de plus faibles jeux de lentilles.

Ainsi, par exemple, il serait impossible de reconnaître avec les faibles grossissements employés ordinairement, que l'aspect strié des faisceaux primitifs des muscles est dû à l'accolement de fibrilles très minces , présentant des parties très transparentes el des parties foncées alternant régulièrement l'une avec l'autre. Ces fibrilles sonl habituellement disposées de telle sorte, que les parties foncées sont placées l'une à côté de l'autre, el de même pour les parties claires; d'où résulte dans chaque faisceau des raies transversales alternativement claires el obscures, d'où l'aspecl strié. Quand, par" une cause quelconque, ce qui arrive assez souvent, l'arrangement des fibrilles ne présente pas celte régularité, les faisceaux primitifs paraissent irrégulièrement striés ou ponclués, et les stries longitudinales qui indiquent la disposition dans le même sens des fibrilles deviennent Irès évidentes , el quelquefois même prédominent sur les stries transverses spéciales.

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