DIVISION D'APRÈS LORDRE DE LEUR ÉVOLUTION
fi ei dans une autre. Il s'agil donc de choisir la classification, nécessairement unique, qui satisfait le mieux aux principales conditions de dépendance et d'enchaînement des phénomènes dont elles ont pour but de découvrir les lois par la comparaison (1).
28. La dépendance mutuelle des sciences résulte de celle des phénomènes correspondants. En considérant l'ensemble de tous les phénomènes observables, ou reconnaît qu'il est possible de les classer en quelques groupes naturels , disposés de telle façon que l'étude rationnelle de chacun soit basée sur la connaissance des lois principales du groupe précédent; et qu'à son tour, la catégorie envisagée devienne le préliminaire indispensable, la base de l'étude de la catégorie suivante.
Cet ordre est déterminé par le degré de simplicité des phénomènes, d'où résulte leur dépendance successive, et par suite, la facilité plus ou moins grande de leur étude. On peut reconnaître même, à priori, que les phénomènes les plus simples , ceux qui sont le moins compliqués par d'autres, sont nécessairement aussi les plus généraux. En effet, tout phénomène qui se montre dans le plus grand nombre de circonstances est nécessairement celui qui est le plus dégagé, le plus indépendant des conditions propres à chaque phénomène particulier.
Par conséquent, c'est par l'étude des faits les plus généraux ou les moins compliqués qu'il faut commencer, puis arriver graduellement aux phénomènes les plus particuliers, les plus compliqués. Cet ordre
(1) Gnmte, loc. cit.
méthodique de généralité ou de simplicité déterminant nécessairement l'enchaînement rationnel des diverses sciences fondamentales par la dépendance successive de leurs phénomènes , fixe en mênle temps leur degré de facilité.
Il faut noter aussi un fait qui corroboreles précédents, c'est que les phénomènes les plus généraux ou les plus simples se trouvent nécessairement les plus étrangers à l'homme ; il en résulte qu'ils sont étudiés dans une disposition d'esprit plus calme, plus rationnelle, avec moins de prévention et de partialité, ce qui fait que les sciences qu'ils constituent se développent plus rapidement.
29. En procédant de la sorte on est amené à établir les six catégories suivantes de sciences fondamentales, et à les ranger ainsi qu'il suit :
1° Mathématique;
2° Astronomie;
5° Physique ;
4° Chimie ;
5° Biologie ;
6° Et sociologie physique , ou science sociale, ou science des phénomènes que présentent les êtres réunis en société.