‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 61 sur 77 · Enfin, celte définition embrasse, non-seulement · texte numérisé non relu

Enfin, celte définition embrasse, non-seulement

(1) De l'influe nce des agents physiques sur la vie.

i 5'2 DE M. BIOLOGIE EN GÉNÉRAL.

l'élude d'un seul organisme, mais celle de lous les êlres vivants ; car il n'y a de notions pleinement salisfaisantes en elles-mêmes que celles qui sont communes à tous, y compris les végétaux sous plusieurs tilres. Néanmoins, malgré cette apparence d'une diversité infinie, l'étude de l'homme doit toujours dominer toutes les autres, soit comme point de départ, soit comme but.

L'étude d'un être vivant quelconque ne peut, en effet, être satisfaisante qu'autant qu'on a l'espoir d'acquérir nécessairement par elle des lumières pour une plus exacte connaissance de l'homme.

119. Cette science, qui embrasse l'ensemble des êtres organisés, a reçu depuis longtemps, en Allemagne, le nom de biologie ( (3joç , vie; Xoyoç, discours) substitué à celui de physiologie , désignant l'élude de l'ensemble des êtres de la nature, l'ensemble des sciences naturelles des Grecs, et correspondant à la philosophie naturelle de Newton ; ce dernier mot est conservé encore par extension pour désigner l'élude des fonctions des êtres organisés.

En résumé, les phénomènes dont s'occupe la biologie ont quelque chose de plus compliqué, de plus particulier que les autres , qui fait qu'on les distingue facilement. Ces phénomènes sont influencés par lous les autres, sans réciprocité. Quelle que soit la manière dont on explique les différences qui séparent les êtresdonts'occupela biologie de ceux qu'étudient les sciences inorganiques , il est certain qu'on observe dans les corps vivants lous les phénomènes, soit mécaniques, soit physiques ou chimiques qui ont lieu dans les corps brutsi. Mais on remarque qu'ils deviennent de plus en plus compliqués , jusqu'au moment où ils sont tellement complexes, que

leur analyse physique ou chimique directe devienl impossible; tels sont surtout les phénomènes nerveux, de sensibilité, intellectuels et moraux.

Ils constituent dès lors un ordre tout spécial de phénomènes appelés phénomènes vitaux , les seuls méritant ce nom, coïncidant avec un état statique tout spécial aussi.

La biologie, au point de vue abstrait, permet de considérer les êtres organisés sous deux faces distinctes ; sous le rapport statique, c'est-à-dire comme aptes à agir , et , sous le rapport dynamique, c'est-à-dire comme agissant. Sous le rapport statique se rangent deux des quatres branches fondamentales de la biologie ; ce sont :

1° lïanatomie , qui étudie l'organisation des êtres , et dont le principal moyeu d'investigation intellectuel est la comparaison.

2° La biotaxie , qui étudie les lois de l'arrangement des êtres en groupes naturels , d'après la conformité de leur organisation qui se traduit au dehors par des modifications correspondantes des organes extérieurs.

Au point de vue dynamique se rangent les deux autres divisions fondamentales.

3° La science qui étudie l'influence du milieu, ou, si l'on veut , des agents extérieurs sur l'être vivant. Toute idée d'être organisé vivant est impossible, si l'on ne prend en considération l'idée d'un milieu. Aussi l'idée d'être vivant et celle de milieu (air, eau, lumière, chaleur, etc.), sont inséparables. On ne peut concevoir non plus une modification de l'un sans que survienne une modification de l'autre, par une réaction inévitable. Aussi l'étude du milieu sur l'être organisé vivant et celle

i.r>4 m<; La riolooik icn général.

de l'être sur le milieu sont-elles liées l'une à l'autre.

Cette branche de la biologie, dont on peut prévoir l'importance en se rappelant les travaux de Williams Edwards, n'a pourtant été étudiée comme partie distincte que par M. dé Blainville, qui n'a pu que l'ébaucher. C'est sur elle qu'est en grande partie fondé l'art de conserver la santé, Yhygiène, et cependant elle n'a depuis lors jamais été envisagée méthodiquement. Aussi les matières qu'elle doit comprendre sont-elles éparses dans les livres où elles ne devraient figurer qu'à titre d'emprunt.

Art. V. — Des moyens fondamentaux d'investigation en biologie, et de ses propriétés relativement à la méthode.

120. Nous avons déjà vu que plus les phénomènes étudiés se compliquent, plus s'accroissent les moyens que nous pouvons employer à leur étude, parce que plus sont nombreuses les faces sous lesquelles on peut les envisager; aussi, nous verrons en biologie se développer des moyens d'analyse restés à l'état rudimentair-e dans les autres sciences.

A. Observation.

121. La chimie est la première des sciences qui comporte l'emploi des cinq sens dans l'étude des phénomènes dont elle traite; non seulement la biologie présente la même propriété, mais elle met en usage des moyens de perfectionnement très importants et nécessaires qui étaient presque inutiles au chimiste.

Le principal de ces moyens est le microscope, qui est indispensable : 1° à l'anatomiste, pour l'étude des éléments analomiques des tissus et des produits, ainsi

DES CORPS ORGANISÉS COMME INDIVIDUS. lOO

que la texture des organes, tant à l'état normal qu'à l'état pathologique; en oulre, dans un grand nombre de cas, il est nécessaire pour la description d'organes troppetitspourêtre vus à l'œil nu;2°auzoologiste, pour l'étude des êtres les plus petits ou des organes extérieurs dont les modifications de forme ne peuvent être vues sans cela ; 5° au physiologiste, pour l'étude d'un grand nombre de phénomènes , comme la circulation, mouvement des cils vibratiles, etc.

L'appareil de l'audition lui-même a été perfectionné, pour permettre d'étudier les phénomènes normaux et surtout morbides.

122. Il faut signaler, en outre, l'ensemble des procédés chimiques, qui doivent nécessairement être employés, comme une sorte de faculté nouvelle, en anatomie et en physiologie, mais surtout en anatomie générale. Ainsi, les doctrines physique et chimique peuvent être converties en méthode d'exploration pour la biologie, qui est placée à la suite de ces sciences dans l'ordre hiérarchique; elles lui fournissent les caractères sur lesquels l'anatomiste se fonde pour distinguer les éléments organiques, les humeurs, les produits, les tissus, etc., dont il veut arriver à connaître les usages.

Il faut joindre à ces moyens la nature plus ou moins alibile des tissus, usage introduit par Bichat, qui vient servir de complément aux procédés chimiques et aux caractères organoleptiques , c'est-à-dire fournis par le sens du goût et par l'odorat, qui sont surtout fréquemment utilisés en chimie.

B. Expérimentation.

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