‹ Du mode d'action chez les asthmatiques et les emphysémateux de quelques médicationsChapitre 12 sur 22 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

La pharmacologie du sympathique et la chimie

Tous les auteurs s’accordent pour dire que l’action des substances pharmaco-dynamiques s'exerce au niveau des synapses sur une substance particulière appelée tissu myoneural de jonction par Froehlich et qu’on peut considérer comme Ja substance réceptive de Langley. Mais leur mode d’action est expliqué essentiellement par deux théories; nous l’avons vu au premier chapitre. L’une d’elles, théorie chimique, inspirée des idées d’'Ehrlich, considère la substance protoplasmique comme un noyau chimique dont les crochets, jouant le rôle d’haptophores, retiendraient les substances pharmaco-dynamiques. En un mot, il se produirait une simple réaction chimique, modifiant la

nature de l’influx nerveux.

I. — Quelle que soit la réalité de cette théorie, la CONSTITUTION CHIMIQUE DE LA SUBSTANCE PHARMACO- DYNAMIQUE a une grosse importance dans son action,

RNA ANSE

soit qu’elle agisse pour déterminer une réaction purement chimique, soit qu’elle confère au corps des propriétés physiques particulières. C’est cette étude qui va faire le fond de notre troisième chapitre.

a) Tous les composés organiques ou presque ont une action sur l’organisme animal. Les perturbations provoquées seront complexes, que cette complexité soit due à la complexité même de la molécule du corps agissant, ou qu’elle.soit due à des actions connexes. C’est le cas pour Jes substances pharmaco-dynamiques que nous avons employées. Ce sont des alcaloïdes dont la molécule contient de nombreuses fonctions chimiques juxtaposées, dont l’action s’ajoute ou se contrarie.

En effet, l'étude des molécules de nombreux corps a montré qu’à des fonctions chimiques déterminées correspondaient des actions physiologiques particulières. Oswald a déjà pu tirer une loi générale dans laquelle il range les corps organiques en trois grandes catégories. Les corps de la série grasse sont tous sédatifs du système nerveux central; les corps de la série du benzène sont toxiques, ils renferment tous les antiseptiques et les antipyrétiques; les corps possédant une fonction amine sont des excitants du système nerveux central, ce sont des corps tétanisants. Dans un composé complexe, dont la molécule comporte de nombreuses fonctions chimiques, son effet sera « la résultante de l’action d’un nombre plus ou moins grand de fonctions. Les unes peuvent être annihilées, les autres prédominent » (Hugounenq cet Florence).

b) D’autre part, la constitution chimique de la

substance agissante n’est pas seule en jeu. C’est qu’en effet « toute action pharmaco-dynamique est la résultante du conflit entre un composé chimique, artificiellement introduit, et la substance vivante > (Hugounenq et Florence). Une fois la substance arrivée au contact de la cellule, il faut qu’elle y pénètre. Or elle : est arrêtée par une membrane que les histologistes considèrent comme une modification de la substance protoplasmique. Cette modification est produite par la présence de lipoïde à son niveau. Suivant l’état de cette membrane la substance pénètrera ou ne pénètrera pas.

À l’intérieur du corps cellulaire, elle va se trouver en présence du protoplasma, autre complexe chimique; celui-là à peu près entièrement inconnu. Nous en sommes alors réduits à des hypothèses et c’est ce qui jette une si grande obscurité sur ce problème.

c) Toute une série de substances agissent avec électivité sur le sympathique, l’atropine, la pilocarpine, l'adrénaline. Cette dernière est la substance sympatho-mimétique par excellence. Son action correspond à la présence dans la molécule d'une série de fonctions chimiques qui toutes exaltent les propriétés sympatho-mimétiques.

d) Chimiquement l'adrénaline est une méthyl-amino-oxéthyl-pyrocatéchine. La fonction amine lui confère des propriétés vaso-constrictives, dont l'effet est accru par la séparation de l’azote grâce à deux radicaux carbonés et deux seulement et par la méthylation de l’azote aminé. L'alcool secondaire exalte aussi le pouvoir sympatho-mimétique. Il confère à la molécule le pouvoir rotatoire, créant ainsi une adrénaline

droite et gauche et une racémique. Ceci nous montre l'importance de la structure stéréo-isomérique des corps, car l’adrénaline gauche est extrêmement active alors que la droite ne l’est presque pas.

Surtout, ladrénaline est un diphénol. Elle possède le noyau de la pyrocatéchine ce «ui lui confère les propriétés sympatho-mimétiques maxima. La fonction phénol a une importance considérable. C’est à elle qu’il faut attribuer les différences existant entre l’adrénaline et un autre corps qu’on lui a trop longtemps comparé, l’éphédrine. L’éphédrine, en.effet, ne possède pas de fonction phénolique. Son oxhydrile est fixée sur la chaîne latérale et l’amine est méthylée une fois. Toutes ces raisons font prévoir que léphédrine ne sera pas vaso-constrictive. Enfin l’éphédrine naturelle possède le pouvoir rotatoire et on a obtenu par synthèse un racémique de l’éphédrine. Ce corps est connu sous le nom d’éphétonine. Nous ne sommes pas encore nettement fixé sur les actions comparatives des deux substances.

e) L’éphédrine est un alcaloïde tiré des arbrisseaux du genre Ephédra qui vivent en Russie et surtout en Chine. D’une façon générale, les auteurs ont surtout étudié son action sur les vaisseaux et la tension et ils n'hésitent pas à en faire une substance vaso-constrictive et hypertensive. Cependant, les auteurs admettent que cette action est bien inférieure à celle de l’adrénaline et il faudrait pour la produire des doses considérables. Personnellement, aux doses que nous avons employées nous n’avons constaté ni action vasoconstrictive, ni action hypertensive. Contrairement à l’adrénaline, l’éphédrine administrée par la bouche

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