‹ Du mode d'action chez les asthmatiques et les emphysémateux de quelques médicationsChapitre 9 sur 22 · PET ONE · texte numérisé non relu

PET ONE

et formant des plexus. Ces rameaux se terminent dans les différents organes.

C’est là une notion topographique grossière que Jon peut retenir uniquement pour fixer les idées. Mais les deux parties du système, sympathique et parasympathique, envoient leurs terminaisons dans tous les territoires de l'organisme. La topographie précédente ne préjuge donc en rien de leur physiologie. Les deux parties se rencontrent donc au niveau de la plupart des organes, là elles agiront en sens inverse, la résultante de cette action sera cet état d'équilibre que l’on considère comme l’habitus normal de l’organisme.

De nombreuses expériences avaient montré que des organes ou des fragments d’organes placés dans des conditions voulues, mais privés de toute con- -nexion nerveuse avec l’organisme continuaient à manifester une activité motrice. Ce phénomène a été attribué à lasprésence dans les organes de systèmes qu’on a appelés les appareils organiques locaux et que l’on a rattachés au système organo-végétatif. Ces appareils sont de deux ordres, nerveux d’une part comme les ganglions du cœur, les plexus d’Auerbach et de Meissner dans l'intestin. Il s’agit là de cellules organo-végétatives en connexion avec le reste du système, mais en connexion lâche. C'est-à-dire qu’elles sont capables soit de fonctionner seules, soit de fonctionner sous l’influence d’une impulsion venue du reste du système.

LTODeeS

D’autre part on a constaté l’existence d’un tissu dit tissu nodal, capable d'entretenir l’activité d’un organe. Ce tissu se rapproche du tissu musculaire par son histologie et du tissu nerveux par sa physiologie. C’est par exemple au niveau du cœur le nœud de Keith et Flack et le faisceau de His-Tarvara. Ce tissu existe d’ailleurs au niveau d’autres viscères. Il semble alors pleinement autonome.

A part le tissu nodal, l'autonomie du système organo-végétatif est une notion abandonnée. L’existence de centres sympathiques dans laxe cérébromédullaire, la même origine embryologique du système nerveux de la vie de relation et de la vie organovégélative, ont démontré que ce dernier n’était pas un système séparé. Les ordres fonctionnels partent du système central et non des ganglions sympathiques. Il est simplement soustrait à la volonté mais non au système nerveux central.

Enfin, dernier stade d’élargissement, on a réuni au système organo-végétatif, le système des glandes endocrines. Un vaste complexe physiologique est ainsi réalisé auquel on donne le nom de système neuroglandulaire de la vie organo-végétative.

Il nous reste maintenant à examiner rapidement les grandes fonctions organo-végétatives avant d'aborder les notions pharmacologiques. L'idée dominante de cette physiologie sera l’opposition entre

les deux systèmes, le sympathique ayant une fonction très générale sur le métabolisme de tous les tissus,

SRG.

c’est-à-dire une fonction surtout végétative, le systèparasympathique ayant une fonction surtout organique en ce sens qu’il préside au fonctionnement des viscères. Et à un point de vue plus général encore le sympathique sera catabolique, c’est-à-dire qu’il accélère les échanges entre les tissus alors que Ile parasympathique sera anabolique en ce sens qu’il présidera aux fonctions de conservation et de reconstruction de l’organisme. Bien plus, là où les deux systèmes innervent en commun un territoire, leurs fonctions seront opposées, comme pour la pupille ou les muscles du tractus digestif.

À un point de vue très général on attribue au sympathique un rôle important dans le métabolisme cellulaire, l’absence de son action détermine sur les cellules les phénomènes connus sous le nom général d’atrophie. Indirectement, il règlerait les sécrétions. Il contrôlerait la fonction glycogénique, la chaleur animale. Avec plus de précision il provoque dans l’ensemble de l'organisme la vaso-constriction, l'érection des poils, la sécrétion sudorale.

Sur les appareils locaux, il dilate la pupille, détermine la saillie du globe oculaire; accélère le cœur et raccourcit la diastole; inhibe les muscles lisses du tube digestif tout en resserrant ses sphincters; contracte l’utérus et les sphincteurs génitaux.

Le parasympathique de son côté amène le rétrécissement de la pupille, provoque les sécrétions lacrymales, naso-pharyngées, salivaires, contracte les muscles intestinaux, bronchiques, vésicaux. I ralen-

tit le cœur. Enfin il a une action de vaso-dilatation

sur les vaisseaux. Cette vaso-dilatation s’exercerait par inhibition et ce serait encore là une des grandes caractéristiques du système organo-végétatif. Mais si de nombreux faits rendent vraisemblable l'existence de nerfs inhibiteurs, leur existence n’est pas prouvée d’une façon absolue.

L'édifice physiologique organo-végétatif ainsi conçu semblait définitivement acquis lorsque des faits nouveaux sont venus s’inscrire en défaut. Tout d’abord, au cours des sympathectomies pratiquées pendant la guerre, Leriche a pu constater que le sympathique avait un rôle indiscutable dans le maintien du tonus musculaire. Mais d’autre part, si lon constatait des résultats thérapeutiques heureux, les phénomènes physiologiques que l’on pouvait attendre ne se produisaient pas. En particulier, jamais, au cours d’une opération sur le sympathique, on n’obtenait de paralysie vaso-motrice, il était impossible de saisir des nerfs vaso-dilatateurs, tout se passait comme s’ils n’existaient pas. Les phénomènes vaso-moteurs constatés s’étendaient aux quatre membres. Il fallait alors admettre que les réflexes vaso-moteurs ne passaient pas par les centres sympathiques. Pour concilier ces faits, Leriche est alors amené à admettre que les phénomènes vaso-moteurs se produisent grâce à plusieurs sortes de réflexes, les uns se passent dans les centres périphériques intra-muraux, les autres sont plus longs et plus complexes et assurent l’harmonie entre Les diverses circulations locales.

*k LE

M roû Lt

Nous allons maintenant étudier à un point de vue général la pharmacodynamie du sympathique. Classiquement nous retrouvons encore ici l’antagonisme entre sympathique et parasympathique. Nous verrons si la substance pharmacodynamique, que l’on a comparée à un bistouri infiniment délicat, sera en mesure de nous donner la clef du problème organo-végétatif. En effet on a coutume de dire que de nombreuses substances agissent avec électivité sur l’un ou l’autre des deux systèmes. Certaines agissent en excitant, d’autres en paralysant l’une des deux parties de l’appareil nerveux organo-végétatif. L'action paralysante sur l’une aurait le inême effet que laction excitante sur l’autre. L’affinité de ces substances est d’ailleurs totale ou partielle.

Nous avons utilisé au cours de ce travail les principales substances indiquées par Eppinger et Hess, Pilocarpine, Atropine, Adrénaline. Nous y avons adjoint l’Ephédrine, une substance nouvelle, afin de comparer ses effets à ceux de l’adrénaline. Nous réservons pour les chapitres suivants l’étude de l’adrénaline et de l’éphédrine. Nous allons examiner l’action de la pilocarpine et de l’atropine.

On a coutume de dire que la pilocarpine excite le parasympathique. Une injection sous-cutanée de 0 gr. 01 de pilocarpine fait sentir ses premiers effets au bout de quelques minutes. À ce moment apparaît de la rougeur de la face avec Sensation de tension de Ja tête. La salive coule abondamment, la sueur ruisselle, tandis que les glandes lacrymales, nasales, trachéales, bronchiques sécrètent avec abondance.

More

Sur la circulation, la pilocarpine détermine un ralentissement des battements cardiaques, une baisse légère de la tension et de la vaso-dilatation périphérique.

Sur l’œil affaiblissement passager de la vision, de l’accomodation et tout à la fin du myosis.

Les muscles bronchiques se contractent énergiquement.

L'action de la pilocarpine donne lieu, on le voit, à la plupart des actions parasympathiques, mais elle met en évidence un fait extrêmement curieux, c’est que la sudation est un phénomène physiologiquement sympathique, mais pharmacologiquement, elle se comporte comme un phénomène parasympathique.

L’atropine de son côté paralyse le parasympathique, elle devra donc produire des effets inverses.

Le phénomène le plus connu et le plus utilisé est son action sur l’œil. Elle consiste en une mydriase avec paralysie de l’accommodation. Il se produit aussi de la pâleur de la muqueuse et une diminution de l’impressionnabilité de la rétine. La tension intraoculaire est augmentée.

Sur le cœur, après une courte période de ralentissement des battements, on observe une accélération. La pression sanguine reste élevée. Au niveau des vaisseaux, rétrécissement des artérioles.

La respiration est accélérée.

Un des effets les plus nets consiste dans la sécheresse et la rougeur de la bouche et du pharynx avec arrêt de la sécrétion salivaire.

Montre

Il peut v avoir de la diarrhée.

La vaso-constriction amène la pâleur de Ia peau. La sécrétion sudorale est arrêtée.

Ce sont là deux exemples entre de très nombreux, parmi les substances actives sur le sympathique. De très nombreux alcaloïdes possèdent des affinités pour le sympathique, mais en dehors de ces substances le plus souvent végétales on a fait intervenir les corps les plus variés; les différents produits ingérés au cours de l’alimentation ou accidentellement ingérés; enfin, même les ions atmosphériques de toute nature. Cette dernière idée n’est pas une pure hypothèse et nous pouvons même citer l’action de certains d’entre eux tels que le calcium et le potassium, qui ont l’un une action sympathico-tonique,

l'autre une action inverse.

D'autre part de nombreuses substances qui prennent leur origine dans l’organisme ont une action sur l'appareil organo-végétatif. Essentiellement ce sont les produits des glandes à sécrétion interne. Même, et c’est là pour Danielopolu une des facteurs les plus importants dans la physiologie du système organovégétatif, le milieu intérieur de l'organisme a une action sympathique et parasympathique habituelle, par toute une série de corps qu’il contient. Nous citerons les principaux, adrénaline, choline, cortico-surrénale, ion calcium, ion potassium. C’est ce qu’il appelle

l'amphotropisme normal du milieu circulant.

I1 nous faut y ajouter les produits nés du métabo-

lisme au cours des états pathologiques, les produits

microbiens, qui détermineront comme au cours des expériences pharmaco-dynamiques des états d’hypersympathicotonie ou d’hyposympathicotonie.

Dans le mode d’action de ces substances, on s’est longtemps borné à dire que certaines agissaient en excitant l’un ou l’autre des systèmes ou en le paralysant. On admettait qu’il existe au niveau de chacun des systèmes un certain tonus, c’est-à-dire un état d’excitation propre, le conflit entre les deux tonus déterminant l’équilibre que l’on considérait comme l’état normal. La substance pharmacologique agissait en augmentant ou diminuant le tonus de l’un ou de l'autre des systèmes.

Nous sommes un peu plus avancés à l'heure actuelle au sujet du mode d’action intime des substances. Tout l’abord on a pu préciser le siège de cette action. IT se trouve soit sur la cellule nerveuse ellemême, soit sur l’articulation éntre deux neurones, sur le synapse. Plus Paction de la substance est précise et plus son lieu d’action est périphérique. C’est le cas pour l’adrénaline, l’atropine qui agissent sur le synapse neura-tissulaire. Un synapse est constitué par la terminaison d’un cylindre axe, les dendrites d’une autre cellule et une substance ou tout au moins une membrane interposée entre les deux éléments. L'ensemble constitue un système colloïdal et réagit aux modifications physico-chimiques du milieu Circulant.

Que se passe-t-il à ce niveau? La biophysique et la

biochimie commencent à nous en donner une idée. Pour certains il s’agirait d’une combinaison chimique. D’autres font intervenir une théorie physique. La substance interposée à la cellule nerveuse et au tissu varierait dans sa perméabilité à linflux nerveux par suite de son état électronique propre. La substance pharmacodynamique n’agirait qu’en modifiant cet état. De nombreux arguments militent en faveur de cette théorie. En particulier l’action pharmacodynamique de certains ions que nous avons rappelée plus haut, le fait que certains ions comme le potassium ou le calcium sont indispensables au fonctionnement de certains organes.

De nombreux facteurs interviennent dans l’action des drogues; le mode d'administration et surtout le régime d’élimination, la dose, l’état fonctionnel de l'organe. Enfin plus intimement dans l’intérieur de l'organisme, les substances s’accumulent dans certaines cellules pour lesquelles elles ont une affinité particulière, et à partir du moment où dans une cellule la dose introduite manifeste sa présence par des actions physiologiques, les apports suivants de subs-.

tance auront une action infiniment plus intense.

. Les lois classiques de la pharmacodynamie et en particulier la grande loi de l’antagonisme pharmacologique doublant et renforçant celle de l’antagonisme physiologique n’a pas manqué d’être critiquée tout au moins comme on la comprenait jusqu’ici.

Danielopolu s’est élevé contre les méthodes phar-

Page 1