PARAPLÉGIE
La paraplégie ou paralysie des régions sousdiaphragmatiques amène chaque année plusieurs personnes à Plombières.
Cette affection, ordinairement due à une lésion plus ou moins grave de la moelle épinière, est souvent traitée avec beaucoup de succès à l’aide de nos eaux. Mais aux bains plus ou moins chauds, suivant l’état du malade, aux douches chaudes , il faut ordinairement ajouter les préparations de noix vomique si bien indiquées alors.
66e Observation.
Mlle ***, des environs de Lunéville, vint à Plombières pour combattre, à l’aide de nos eaux, une grande faiblesse des extrémités inférieures, qu’elle regardait comme la suite de plusieurs entorses des pieds quelle avait eues successivement. Il me fut facile de reconnaître chez Mlle*** l’existence d’une myélite.
A l’aide d’un linge imbibé d’eau chaude et promené le long du rachis, je reconnus que cette affection occupait la région sacroîombaire. Aux bains et aux douches j’ajoutai plusieurs applications de ventouses scarifiées sur cette région. Quarante jours de ce traitement améliorèrent la
position de Mn° ***. De retour chez elle, son médecin ordinaire, partageant ma manière de voir, lui appliqua plusieurs moxas superficiels, sur la région lombaire. Le mieux que M,1e*** devait aux eaux se soutint; mais notre malade était loin encore d’ëtre guérie. Trois cents pas étaient pour elle une course pénible. Elle revint l’année suivante à Plombières. Aux eaux et aux ventouses, j’ajoutai l’extrait de noix vomique à l’intérieur et à doses brisées. MUe *** pouvait, en quittant Plombières, faire plus d’une lieue à pied.
Je l’ai revue une année après. Elle avait cessé trop tôt l’usage delà noix vomique, et cependant elle avait conservé assez de forces pour vaquer chez elle aux travaux du ménage de son père.
67° Observation.
Paralysie incomplète des extrémités abdominales.
M. Th*** , de Cervois, était tombé de vingt pieds de hauteur, et la région lombaire avait fortement porté dans cette chute. Depuis lors ii éprouva une extrême difficulté à marcher; il ne pouvait plus diriger ses pieds, et il chancelait comme un homme ivre. Il lui était impossible de se tenir debout dans l’immobilité, sans s’appuyer sur ses mains. Lorsqu’il marchait, c’était en jetant ses bras et son corps en avant, qu’il parais-
sait pouvoir se diriger un peu. Il y avait dix-huit mois qu’il était dans ce triste état, lorsqu’il vint, l’été dernier, à Plombières.
En examinant les régions lombaire et sacrée, je reconnus un développement anormal des apophyses transverses gauches des deux dernières vertèbres lombaires, et en promenant le long du dos une éponge trempée d’eau chaude, je trouvai une exagération de sensibilité très-marquée, depuis la seconde vertèbre lombaire jusque vers le milieu du sacrum.
Eu rapprochant ces données des accidens qu’éprouvait le malade, je dus croire que les dernières vertèbres lombaires n’avaient point été frappées seules de phlegmasie, à la suite de la chute qu’avait faite M. Th***, mais que les nerfs des dernières vertèbres lombaires, et probablement les premières paires sacrées avaient été atteints par le même accident , dont le défaut de soins convenables avait perpétué les tristes effets.
Je prescrivis de fortes applications de ventouses scarifiées sur les régions malades et des bains prolongés.
Dès les premières ventouses, le malade éprouva un soulagement des plus marqués. En peu de jours il put marcher très - facilement et sauter avec légèreté. Après quinze bains et six appiica™
tions de ventouses, je lui fis prendre des douches chaudes et fortes. Enfin, pour terminer sa cure, je lui appliquai de larges moxas, loco dolenti. Il quitta Plombières /après un mois de séjour, et je ne doute pas de son parfait rétablissement, s’il a suivi les conseils que je lui ai donnés lors de son départ.