‹ Du mode mineur dans le rythmeChapitre 4 sur 5 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Effets psychiques du mode mineur et de chaque procédé

de ce mode.

11 résulte de Texamen de la partie mécanique du mode mineur qu'il ne reste plus à appartenir au mode majeur que l'alexandrin, les vers de 8 et de 6 syllabes, et, dans une certaine mesure, seulement le décasyllabe de la formule ancienne 4 -f 6 ; le tout unicésuré dès que la longueur du vers Texige, et possô- . dant un repos, tant psychique que rythmique, à la fin et à chaque hémistiche. C'est précisément,en français, le domaine étroit^ nettement circonscrit, de la versificatioîi classique, laquelle coïncide exactement avec le mode majeur.

Or, dans ce rythme^ dans ce cadre étroit, mais sûr, les plus beaux sentiments ont été dits, les plus beaux vers facturés; il suffit à exprimerles idéesd'ordresdiftérents et même contraires : douleur, joie, ironie. Qu'est-il besoin d*en chercher péniblement d'autres, puisque nous possédons un instrument parfait, consacré, et qui suffit à tout!

Nous ne voulons pas affaiblir Tobjection. Nous reconnaissons qu'il n'est pas possible de créer de plus beaux vers en français que Yalexandrin et Voctosyllabe, nous reconnaissons même que dans leur forme la plus classique ils peuvent produire les plus grandes beautés.

A quoi bon alors les alexandrins trimètres, les pièces à rimes féminines seules, les vers de 11, 13, 14 syllabes, et autres procédés modernistes, si ce n*est à tourmenter le rythme et la pensée, à créer moins parfait que ce qui existe, et à jeter le trouble dans Voscillation ample et tranquille du vers.

Page 1