‹ Du modérantisme ou De la fausse modération [microforme]Chapitre 17 sur 20 · PALETTE · texte numérisé non relu

PALETTE

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enseigné à l'oreille, De quei droit l'homme cacherait-il une partie de ce que Dieu a daigné révéler ?

Enfin, si la vérité constitue le plus grand bien de l'homme, si elle est la lumière et la vie de son intelhgence et de son cœur, pourquoi ne pas la proclamer avec force, ce n'est pas assez, avec Dieu ne veut-il pas que ses envoyés donnent à leur voix le son éclatant de la trompette : Quast tuba exalta vocem tuam ?

le noble enthousiasme d'une âme saintement passionnée ?

« Assurément, nous n'oublions pas que la discrétion doit être la vertu de quiconque aspire à l'honneur des saints combats de la parole......Mais, l'utilité de parler une fois constatée, il ne fut jamais imprudent ni indiscret, celui qui, d'une voix fortement accentuée, afirma les droits, tous les droits, absolument tous les droits de la vérité.»

Quant aux opinions, voici ce qu'il croit important de faire remarquer :

« Nous sommes le premier à le reconnaître, les affirmations doivent être réservées pdf les doctrines certaines, et, dans la défense des opinions libres, il faut garder la modération que les souverains pontifes nous ont si énergiquement recommandée. Mais il importe de ne pas se méprendre sur les limites dans lesquelles est renfermée, aux yeux d'un vrai catholique, la liberté des opinions, Qu'est-ce qu'une opinion libre dans le sens qu'y attache l'Eglise ?

« Benoit XIV nous le déclare dans la constitution qu'il adresse aux réviseurs des livres : « Qu'ils se gardent, dit-il, de tout pré. « jugé, de tout esprit de nationalité, de famille, d'école ou de corps; «qu'ils aient unique ent devant les yeux les dogmes de la sainte « Kglise et la doctrine communément reçue parmi les catholiques, « laquelle se trouve renfermée dans les décrets des conciles géné- «vaux, les constitutions des pontifes romains et l’enseignement «unanime des saints Pères et des docteurs.»

« Ainsi, la volonté du pontife est que l'on respecte et qu'on laisse libres les opinions qui ne sont contredites nt par une définition expresse de l'Eglise, ni par un jugement apostolique, ni enfiu par l'enseignement universel des Pères, des docteurs et des

théologiens. Par contre, une opinion ne pourra plus être considérée comme libre du moment qu'elle se verra contredite, soit par une définition expresse du KSaint-Siége, soit par l'enseignement universel de l'Eglise. Donc, à une pareille opinion, il pourra être livré un combat légitime, parceque, en effet, elle n'a pas le droit de se produire.»

Abordant ensuite la question des vérités irritantes, le P. Montrouzier ajoute : « [ei l'on nous arrête pour nous demander si, tout en respectant les jugements plus ou moins solennels rendus par les tribunaux ecclésiastiques à l'égard de ces opinions ou d'autres également en vogue, le champion de la vérité ne servirait pas trèsutilement ses intérêts er vardant prademment le silence, En ce moment où la vérité : tant d'ennemis, ne devons-nous pas éviter tout ce qui pourrait en accroître le nombre, et la sazesse ne nous ordonne-t-elle pas de taire les vérités irritantes ?

«Nous allons répondre en toute franchise, Et d’abord nous nions qu'il existe une seule vérité irritante par elle-même. Estce que la vérité est blessante de sa nature ? Ki l'intelligence est faite pour connaître le vrai, comme l'œil pour contempler la lumière, la vérité ne saurait, À coup sûr, ni blesser, ni irriter ceux dont elle dissipe les ténèbres, à moins peut-être qu'il ne s'agisse d'infortunés malades auxquels la douce et bienfaisante clarté du jour n'apporte que peine et douleur. Et qui done s’est avisé d'accuser la lumière, parce qu'un pauvre infirme ne la peut supporter ? On plaint le malade ; mais on ne laisse pas pour cela de bénir le vivifiant éclat au soleil.

Toutefois, il faut en convenir, depuis sa chûte, l’homme est assez mal disposé à l'égard de la vérité, ou plutôt il subit par rapport à elle une série non int2rrompue d'étranges contradictions.

« Parlez-lui de science, il se passionne pour la vérité scientifique ; il la lui faut à tout prix. Les spéculations les plus ardues ne le rebutent point, Au contraire, ses efforts deviennent plus persévérants et plus joyeux à mesure que la vérité est d’un plus difficile accès. Mais qu'il s'agisse des vérités de l’ordre moral, il

se raidit aussitôt. Son intelligence, sa volonté surtout, se mon-

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