‹ Du modérantisme ou De la fausse modération [microforme]Chapitre 4 sur 20 · STE · texte numérisé non relu

STE

Pontife laissa publiquement échapper les mémorables paroles suivantes :

‘ Vous êtes les sentinelles établies de Dieu pour veiller au salut du peupie. Mais parmi ces sentinelles (je le dis avec douleur), il en est qui oublient la grandeur de leur devoir, jusqu’à laisser les devises dont l'Eglise les honora pour prendre celles du siècle et vivre comme lui. D’autres transigent et pactisent avec le monde, chassant de leur souvenir la parole d’or desaint Léon : Pucem cum mundo non nisi amatores mundi habere possunt ; et ne voulant plus savoir que le monde est ennemi de Jésus-Christ, ce qui a dicté à saint Jean ces terribles paroles : mundus non cognovit, Eh! de grâce, est-ce donc le monde qui les a élevés à leur auguste dignité ? Est-ce du monde qu'ils ont reçu et les sentiments, et les dons de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science et de piété ? La troisième classe des sentinelles se -ompose de ces fervents et zél£s pasteurs qui consument toute leur vie dans l’accomplissement de leur ministère auguste.

«J’invoque sur tous la bénédiction du Seigneur ! Pour les premiers, j'implore de Dieu la lumière. Qu'un rayon de la lumière leur fasse connaître le malheur de la situation. Pour les seconds, j'implore l'esprit de force et de décision, afin que cesse leur perpétuelle vacillation in duas partes, et qu'ils sachent s’émanciper de certains principes peu sûrs et de certaines vaines considérations. Quant aux troisièmes, qui sont le grand nombre, je n’ai qu’une seule grâce à demander pour eux, et c’est la persévérance.”

Quant le Saint-Père lui-même se permet de parler de la sorte, non pas à hnuis-clos, mais en plein public, il ne faut pas craindre de suivre son exemple, de dire hardiment la vérité, de la dire même en stigmatisant les trames ourdies contre elle, au risque de froisser par là certains dignitaires. Il faut néanmoins se bien garder .de manquer alcrs à ce que l’on doit à la haute position qu'ils occupent.

« Singulières théories, continue le P. Montrouzier en parlant des thèses que développent constamment les lâches pour empécher les luttes en faveur des bonnes doctrines, singulières théo-

2 EIRE OR Pen. ESRSIIRSS TRE en ASPIRE PERITT €

Ge 9 GRR ESN En PTE EE 2 RAR EE 9 ET

ries, beaucoup trop prisées de nos jours, dont le terme final est un état voisin de l'indiffé-entisme, disons le mot, le scepticisme des esprits et l'affadissement des caractères ! Aïnsi ne pensaient pas les saints docteurs... Saint (Grégoire de Nazianze se déclarele partisan et l'ami des caractères qui savent remuer de bouilluntes passions, parce qu'il les croit nécessaires à l'exécution des grandes entreprises. Nous ae sommes pas de ceux, dit-il, qui rangent parmi les défauts cette véhémence de caractére, sans laquelle personne ne peut exécuter quelque chose de grand en faveur de la piété, ou accomplir un imj.sriant devoir commande par une autre vertu : 76€ en im it SUMUS qui anrmorum acrimoniam in vitio ponamus, sine que nemo magnum aliquod pietatis aut cujusquam alius virtutis munus exequi potest. La fougue du caractère ne lui semble à redouter que lorsqu'elle est unie à l'ignorance et à la pré “inption. Pour vous, hommes doctes et prudents, ne craignez pas : votre ton peut s’èlever, votre parole devenir brûlante, et votre voix prendre le son éclatant de la trompette. C’est par de tels organes que la vérité se plait à retentir.»

Est-ce assez clair, et nous effarouclerons-nous encore à l’rccasion de certains écrits qui n’ont pas toute la vivacité qu'avait permise et applaudie Saint Grégoire de Nazianze ? Ah ! si nous connaissions mieux, que de reproches nous paraîtraient mal fondés ct injustes !

Saint François de Sales, le doux, l’angélique évêque de Genève, ne pense pas autrement que Saint Grégoire de Nazianze. Voici en quels termes il s'exprime en traçant aux fidèles la ligne de conduite qu’ils doivent journellement tenir :

“Ilne faut pas, pensent fuir le vice de la médisance, favoriser flatter et nourrir les autres vices ; ains faut dire rondement et franchement du wal, et blasmer les choses blâmables. Il faut observer, en blâmant le vice, d’esparyner le plus que vous pouvez la personne en laquelle il est... J’eæcepte entre tous, les ennemis déclarés de Dieu et de son Eglise : car, de ceux-lu, ü faut les décrier tant qu'on peut : Comme sont les sectes des hérétiques et des schismatiques, et les chefs d’icelles : c'est charité de crier au loup quand il est entre les brebis, voire où qu’il soit.”

Page 1