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Et les catholiques libéraux, qui, au dire de Pie IX l'infaillible, sont les plus dangereux ennemis de l'Eglise à l'époque aevuclle, n'est-il pas permis de les décrier un peu, si la doctrine de Saint François de Sales est vraie, comme il n’y a pas lieu d’en douter ?
De cette doctrine, le savant évêque d’'Angoulème tire les conelusions suivantes : |
‘“ Nous n’écouterons, vous n’écouterez ni la voix de la chair et du sang, ni les anciennes relations de société, ni les admiraticus les plus enthousiastes pour tel et tel talent d'orateur ou d'écrivain, ni les engagements dans tel ou tel parti politique, ni même la reconnaissance pour les services rendus à l'Eglise, si on les invoquait aujourd’hui pour la combattre. C'est l'Eglise. l'Eglise seule qu'il nous faut toujours suivre et écouter, non
point ce prêtre et cet évêque particulier, qui nous agrée davanta-
get mais celui qui est chargé par l'Eglise de nous conduire, ef qui se laisse conduire lui-méme par le Conducteur de tout troupeau de Jésus-Christ. ”
‘ Done, conclut à son tour Mzr. de Ségur, allons toujours au Pape. Par lui seul Jésus-Christ nous enseigne et nous guide infailliblement. T1 n’y a qu'une tiare daus le monde : regardonsla par-dessus toutes les couronnes, par-dessus toutes les mîtres ; et suivons, vénérons les mîtres, les couronnes, les têtes à propor tion qu'elles sont duus l'alignement de la tiure.”
Voilà un à proportion qui, si on le pèse bien, diminuera de beaucoup la gravité de certaines accusations qu’on porte contre les écrivains catholiques, et qui même la fera disparaître tout-àfait.
Les paroles de Mgr. Parisis ne sont pas moins remarquables que celles de Mgr. d'Angoulême et de Mer. de Ségur,
« Tout écrivain, dit-il, qui se permet d'attaquer les vérités de la foi, de jeter des soupçons ou des ridicules sur ses institutions et ses pratiques, d’entraver par ses publications le ministère de ses pasteurs ; tout écrivain qui, même sans le vouloir, s'écarte des vrais enscignements de lÆEglise, tombe par cela seul de plein droit sous la censure des journaux catholiques. Reste à ceux-ci le devoir de bien connaître à fond la matière qu'ils ont à traiter
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qu'ils soient obligés de l'étudier ainsi... On peut, en toute conscience, même étant simple taïque, attaquer de pareils écrivains ; on peut les critiquer, et pour le fond, et même pour la forme, afin d'en degoûter les lecteurs ; car, lorsque de tels ouvrages entrent dans les familles, ce sont de vrais ennemis domestiques, ce Sont des loups dans la bergerie, comme disait le doux Saint François de Sales : c'est charité de crier au loup, quand il est entre les brebis... Dire qu'en rela les journalistes s'ingèrent dans les choses de l'Eglise et s'attribuent la juridiction pastorale, c’est une accusation tout-à-fait sans valeur, que personne sans doute ne voudrait soutenir dans de pareils termes,”
J'ai cependant mémoire qu'une feuille, publiée à St. Germain
de Rimouski, soutenait gravement que les journalistes catholiques ne peuvent traiter les questions relisieuses ou mixtes, sans
autorisation de l'Ordinaire, et que s'ils entreprennent de le faire :
‘ans cette autorisation, ils empiètent sur la juridiction épiscopale.
À tant de voix autorisées vient s'ajouter cells du vénérable et saint évêque de Montréal, Mer. Bourset, qui, parlant des discussions dans une circulaire qu'il adressait à son clergé le premier
mars de cette année, disait, avec ce grand sens catholique qui le,
caractérise :
Q{ va sans dire que, dans toutes espèces de discussions, il faut se donner mutuellement des témoignages d'honneur, de res-
pect et d'estime, Aonore invicem prœvententes..…..…. Salva cha
ritate.
€ D'un autre côté, il ne faut pas oublier que, chargés, comme nous le sommes, de garder intact le dépôt sacré de la vérité, il n’y a pas à transiger avec le respect humain, les ésards dûs aux grands, les intérêts personnels et civils, quand il s'agit de la défendre. Le taire par crainte de déplaire ou autres motifs condamnables, quand l’erreur est proclamée et triomphe, ce serait une prévarication inexcusable, nonobstant les vains prétextes d’inopportunité, de prudence, de crainte de troubler la paix, que l’on à coutume d’alléguer. »
Quels sont ceux qui prêchent une doctrine contraire à celle