Causes.— Même obscurité sous le rapport des
cuises : dans l'observation de Bateman, le mal -parait avoir été transmis à la nourrice par son nourrisson , qui l'aurait gagné de deux enfants de sa famille infectés eux-mêmes , d'après la croyance des parents , par une domestique ; — mais d'où cette dernière tenait-elle ces excroissances ? C'est ce que l'on ignore.
Dans le second cas cité par Bateman , il s'agit encore d'un enfant qui aurait été contagionné par un autre.
D'après MM. Carswell et Thomson , un jeune écolier donne la maladie à son camarade qui la communique à son frère encore à la mamelle , ce dernier à sa mère , enfin deux autres membres de la famille sont aussi affectés ; — mais à quelle source l'écolier en question a-t-il puisé cette affection, quel était l'état général de la peau, quelles étaient les conditions hygiéniques de tous ces individus , voilà ce que ces observateurs nous taisent complètement.
25. Nature. — D'après ces faits, les auteurs cités concluent à la nature contagieuse de la maladie , et le véhicule de la contagion réside selon eux dans le liquide lactescent des tubercules.
2G. Diagnostic. — Les tubercules alhéromaleux caractérisés par des élévations petites, demi-transparentes, incolores, laissant suinter une matière lactescente sous la pression, siégeant à la face et au cou, se distingueront facilement;
1° De Yacne induratum dont les tubercules sont plus volumineux , opaques , rouges , ne laissant échapper la matière sébacée qu'ils renferment, qu'après la rupture d'une petite pustule qui se forme quelquefois à leur sommet ;
2° Les tubercules athéromateux sont beaucoup plus petits que les cellulo-fongueux, incolores, contenant un liquide laiteux, qui ne suinte ordinairement qu'à Faide de la compression ; — les tubercules fongueux , au contraire , sont solides , volumineux , et sont le siège d'une sécrétion visqueuse et fétide à leur surface j
3° Les auteurs ne nous disent pas si les tubercules athéromateux sont bigarrés ; — Bateman accuse seulement leur demi-transparence; — les planches de l'atlas de Willan, continué par Bateman, ne peuvent rien faire présumer à cet égard ; elles n'offrent rien de caractéristique touchant la bigarrure des tubercules qui sont analogues au tubercule uni , à base rétrécie, dont on voit une copie (pl. I, fig. 3); — la planche annexée à l'Abrégé pratique des maladies de la peau de Bateman représente/^. 7 un tubercule sessile qui porte disséminés sur son fond rougeâtre des points blancs irréguliers, qui lui donnent un aspect marbré et bigarré (voir yl. l,fig. 3); mais Bateman se tait absolument sur ce caractère dans sa description.
Quoi qu'il en soit, les tubercules décrits sous le
nom de molluscum contagiosum sont tout à fait différents de ceux que nous allons décrire , aussi bien que la maladie dans son ensemble.
27. Pronostic. — L'on ne sait rien de positif quant à la durée de cette maladie ni quant à sa terminaison. Les seules circonstances signalées par Bateman, c'est que dans un cas quelques uns des tubercules ont suppuré, les glandes cervicales se sont enflammées , un amaigrissemeut , un affaiblissement général , se sont progressivement manifestés.