OBSERVATIONS DE L1 AUTEUR
28. Etat antécédant. — M. N., homme de cinquantesix ans, est le dix-neuvième enfant d'un père et d'une mère dont l'union avait été parfaitement heureuse. — Le père , garde-chasse , était d'un tempérament fort et bilieux ; marié à l'âge de vingt-quatre ans , il mourut à soixante-six des suites d'une chute dans un fossé. — Jamais , au dire du malade , il n'avait été atteint d'aucune maladie de la peau. — La mère avait seize ans lors de son mariage , était d'un tempérament lymphatico-sanguin , a toujours été bien portante , et n'est morte qu'à l'âge de soixante-quatorze ans. Une des sœurs du malade se rappelait que leur mère portait une affection cutanée , siégeant au cou , qu'elle couvrait toujours d'un fichu , contre l'usage de son pays , maladie qui ne retentit jamais sur le reste de l'économie.
Un des frères du malade , mort à l'âge de trentedeux ans, empoisonné par des champignons , portait h la figure des desquamations furfuracees.
Une sœur morte de pneumonie, à l'âge de vingt-
huit ans, était déjà affectée de quelques tubercules au cou et au pli du coude.
Les mêmes altérations cutanées étaient aussi portées par une autre sœur morte à Page de soixantedeux ans , qui a laissé une fille âgée maintenant de trente-six ans , qui demeure à Saint-Etienne , — et présente aussi quelques tubercules au cou et au pli du bras.
Chez aucun de ces individus l'affection cutanée ne semble pas avoir exercé une influence fâcheuse sur le reste de l'organisme.
Deux autres frères de notre malade sont morts âgés de plus de soixante ans , sans avoir jamais présenté cette altération de la peau.
Les treize autres enfants , ses frères ou sœurs , sont tous morts en bas âge, et n'ont pas été connus de lui.
M. N. n'a jamais été vacciné; à l'âge de quatre ou cinq ans il eut la petite vérole , dont on ne voit guère de traces; à douze ans quelques glandes du cou s'engorgèrent, mais leur résolution fut prompte et céda à la seule application des cataplasmes.
Il passa son enfance auprès de ses parents , qui habitaient au milieu d'une forêt , dans une maison parfaitement saine , où rien ne lui manqua sous les rapports de la nourriture ; — à l'âge de quinze ans , il fut reçu comme tailleur dans une école militaire , où il travailla pondant quinze années consécutives.
A Page de vingt-sept ans , il épousa une femme robuste et bien portante; — de celte union naquirent trois enfants : Faîne périt à dix-buil ans, victime d'une chute ; — la fille, non vaccinée, gagne la petite vérole , et en meurt à quinze ans ; — le troisième succombe à des attaques convulsives à l'âge de Dusse mois.
La conduite de N. est en général régulière : seulement à Tâge de vingt-neuf ans, pendant une grossesse de sa femme , il contracta une maladie vénérienne , caractérisée par une blennorrhagie et des chancres. Cette affection disparut en cinq semaines , après l'administration de huit bouteilles d'une tisane que lui fournit un empyrique. Au quinzième jour de ce traitement , il se développa sur la nuque , au dos et à la poitrine , des taches d'un rouge pâle , dont la plus grande avait l'étendue d'une pièce de vingt sous ; — l'éruption persista après la disparition des symptômes locaux primitifs : il ne lui opposa que des bains simples. (C'était au mois de juin) — Au commencement de l'hiver suivant , il fut pris d'une pneumonie intense : des looehs et de larges vésicatoires le rétablirent en vingt jours ; et les taches dont il était affecté depuis six mois disparurent alors , soit sous l'influence résolutive de la fièvre inflammatoire , soit sous celle des larges vésicatoires appliqués au dos et à la poitrine , siège principal de l'éruption.
La nature de sa profession de lailleur provoqua
des douleurs lombaires et des hémorrhoïdes , qui ne furent accompagnées que d'une seule hémorrhagie , après laquelle elles ont complètement disparu.
29. Début de la maladie actuelle. — H y a environ dix-neuf ans, à l'âge de trente-sept ans, sept ans après la disparition des symptômes vénériens, notre malade aperçoit se développer sur le cou des taches jaunâtres arrondies, de 2 à 3 lignes de diamètre, qui s'élevèrent bientôt au dessus du niveau de la peau , et montrèrent sous l'épidémie mince dont elles étaient couvertes des points blanchâtres. En même temps parurent au pli du coude des tubercules rougeâtres. Pendant Tété , un prurit léger se fait sentir sur Fendroit malade , prurit qui diminue pendant l'hiver , bien que la lésion anatomique continue de faire des progrès, qui quoique très lents n'en étaient pas moins appréciables. — Trois ans après, la double perte d'un enfant tendrement aimé et d'une somme d'argent péniblement économisée , le plongea dans de violents chagrins , qui eurent un funeste retentissement sur sa maladie. Dès lors il vit les taches prendre de l'extension et couvrir son cou , sa poitrine et le dos , dépasser considérablement le niveau du derme , former de petites tumeurs arrondies ou irrégulièrcs , dont quelques unes conservèrent la coloration blancjaunâtre, d'autres rougirent et s'entourèronl d'un cercle de petites croûtes*', d'anires enfin prirehl une
teinte livide noirâtre , et présentèrent une légère desquamation à leur surface.
Le prurit continue à se montrer intense pendant Tété et faible ou même nul pendant l'hiver. — Mais la maladie n'avait encore influencé en rien l'état général, la digestion, la nutrition; — la circulation et Tinnervation n'avaient subi aucune modification : rien enfin n'engageait le malade à réclamer les secours de l'art contre une maladie incessamment envahissante , bien qu'elle parût toute locale ; — aussi le malade attendit -il treize ans avant de consulter, ce qu'il ne fit que lorsque la lésion analomique fut devenue par trop apparente et le prurit trop intense.
Au mois de juillet 1 833 , il entra à l'hôpital Saint- Louis ; mais accoutumé à la vie de famille, il s'ennuya bientôt de celle de l'hôpital , qu'il quitta au bout de dix-neuf jours , temps pendant lequel le chlorure d'or et de sodium qui lui fut administré ne put produire aucun etfet appréciable.
Rentré chez lui , il fit usage pendant quelque temps de la décoction de fumeterre ; la maladie n'en continua pas moins son extension : elle envahit l'abdomen , la poitrine , sans que la santé générale en fût ébranlée.
Au mois de mai 1839, il rentre dans le même hôpital. Des bains simples, des bains de vapeur, le proto-iodurc de fer, lui sont administrés sans util in* aucune. Au bout de deux mois , le malade , pour ne
pas perdre son emploi , quille de nouveau l'hôpital , décidé à traîner sa maladie tant qu'elle ne déterminera pas des troubles généraux dans l'économie.
Un mois plus tard je le rencontrai accidentellement , il me dit que son emploi et ses habitudes lui faisaient désirer de ne pas rentrer à l'hôpital ; me pria de lui donner quelques avis sur un traitement facile à suivre , et me permit de suivre sa maladie et d'en prendre le dessin.
30. État actuel. — M. N., d'un tempérament bilioso-sanguin, a cinquante-six ans, et n'annonce guère
cet âge tant il est bien conservé.
Sa taille estmoyenne, et sa conformation régulière.
Tête. — Ses cheveux plus abondants à la partie postérieure de la tête sont châtains, soyeux, luisants et gras au toucher; autour de la racine des cheveux, on remarque des taches jaunâtres sur lesquelles s'élèvent de petites squames de même couleur, plus ou moins faciles à détacher ; — le cuir chevelu en général gras et onctueux, sans pourtant que le malade fasse usage d'aucune pommade. Sur la tempe droite s'élèvent deux tubercules, ayant le volume et la forme d'une grosse fève divisée suivant sa longueur. Le tubercule inférieur, d'un rouge jaunâtre, a une ligne de hauteur, est tout à la fois souple et résistant, rugueux, et présente quelques squames minces et grasses, qui se séparent facilement par le grattage; quelques poils bruns et grisâtres , raides et crépus
émergent de sa surface. — Le tubercule supérieur , inoins proéminent, cVun jaune sale, donne naissance à quelques poils semblables aux cheveux, et est également tacheté de quelques squames grasses.
A la limite supérieure de la tempe droite, en relevant les cheveux, et eu examinant la peau plus attentivement , on la voit parsemée de taches d'un jaune sale , de la grandeur d'une lentille , dont quelquesunes font une légère saillie , d'autres plus petites ne proéminent nullement; toutes à leur surface présentent quelques squames, qui se détachent facilement par le grattage, tout en laissant persister la coloration jaune et les petites élévations.
À un pouce au dessus de l'arcade zygomatique , surgit une très légère élevure d'un rose vif, et du volume d'une tête d'épingle.
Cinq ou six tubercules brunâtres, de la grosseur d'une lentille , proéminent à la partie antérieure du synciput.
A la tempe gauche mêmes tubercules qu'à droile, qui sont seulement un peu moins grands et moins bruns ; — une petite tache rose vermeille s'y dessine également, mais son élévation est plus marquée que de celle du côté droit.
Un tubercule analogue aux précédents se remarque;! un pouce au-dessus de l'oreille de chaque côté .
Dans le milieu de l'espace qui sépare la prolubé-
rance occipitale de l'apophyse masloïde des deux côtés , un autre tubercule s'élève et donne naissance à quelques cheveux.
Face. — La figure présente une teinte basanée, par l'effet des rayons solaires auxquels le malade est trèssouvent exposé à raison de son emploi ; — la peau y est inégale sans être ridée , les orifices des follicules sébacés sont très apparents au front et surtout sur le dos , et les ailes du nez , vers les joues ; partout ces orifices sont obstrués par des bouchons de matière sébacée , se présentant sous la forme de points noirs ou jaunâtres , que la pression fait sortir en partie , mais presque jamais sous forme de petits vers comme cela se voit ordinairement dans l'acné punctatum.
Le reste de la figure est parsemé de taches flPim jaune sale de la grandeur d'une lentille distinctes surtout en avant des oreilles.
La barbe brune est forte et épaisse , et la peau où elle s1implante est le siège d'une légère desquamation furfuracée.
Le cou surtout est le siège d'un très grand nombre de tubercules de toutes les formes et à tous les degrés de développement.
A la partie antérieure la région sus-laryngée encore couverte de poils, ne présente que peu de tubercules, et seulement à l'endroit où ces poils commencent cà devenir clair-semés; ils ont la forme d'une lentille, une couleur jaune-sale, et peu de
saillie. De la surface de quelques uns d'entre eux oo voit s'élever trois ou quatre poils analogues à la barbe , et conservant tous une égale distance entre eux ; ils sont en outre parsemés de petits points blancs, dont il sera bientôt question.
A partir du milieu du cartilage thyroïde jusqu'à la partie supérieure du sternum , la peau présente une teinte pâle et verdâtre; les orifices des follicules sébacés sont plus développés qu'à l'état normal; en examinant avec soin on voit proéminer à l'entrée de ces orifices de petites concrétions indurées , demitransparentes , égalant à peine la moitié d'un grain de millet, se détachant spontanément, ou par la plus légère pression. Cette région présente au doigt qui la parcourt une sensation de viscosité légère , et de mollesse anormale.
Le tissu cellulaire sous-cutané y est à l'état normal , car les plis formés à la peau s'effacent promptement ; mais l'épiderme semble moins adhérent au derme, ce qui lui donne un aspect ridé , et les légères plicatures qu'on lui imprime ne disparaissent qu'avec lenteur.
C'est dans cette région que l'on trouve surtout des agglomérations de tubercules à tous les étals , et de toutes les . nuances, excepté les noirâtres qui dominent surtout à la région dorsale. La plupart sont disséminés et offrent une teinte jaunâtre, grisâtre ou bleuâtre ; quelques uns présentent des traces d'une
légère inflammation , sur quelques autres l'inflammation est générale et prononcée; d'autres paraissent flétris à leur centre, et très animé à leur circonférence, qui est couverte de squames ou de petites croûtes.
Diverses agglomérations présentent à leur centre un gros tubercule bleuâtre, entouré d'autres plus petits d'un blanc jaunâtre.
La partie latérale gauche du cartilage thyroïde est le siège d'un tubercule remarquable entre tous; sa forme est ovale, sa surface rugueuse, granuleuse, d'un rouge bleuâtre , couverte de quelques débris de squames lamelleuses blanchâtres ; son plus grand diamètre qui est transversal a dix lignes , le vertical en a cinq ou six ; la saillie qui est de deux à trois lignes vers le centre, n'a qu'une ligne jusqu'à une ligne et demie à la circonférence, qui est bordée en partie de petites croûtes formée par la dessiccation d'une matière séro-purulente , en partie par de petits tubercules jaunes , piquetés de points blancs sousépidermiques. La grosse extrémité de l'ovale et son bord supérieur sont demi-pédiculés , de sorte qu'il forme en ce point un bourrelet qui déborde la peau sur laquelle il est implanté , de manière à pouvoir être légèrement soulevé.
Dans la région claviculaire apparaissent un certain nombre de tubercules isolés. Les diverses formes et variétés signalées à la face antérieure du cou se dis-
tinguent encore en ce point, toutefois les iiihcr cules jaunAdvs avec points blancs y prédominent; mais an dessous de la clavicule droite, tout près du sternum, un tubercule recouvert d'une croûte verdâlre et desséchée se distingue spécialement; et sur l'insertion sternale du sterno-mastoïdien gauche on remarque un autre tubercule isolé et vivement enflammé.
Jusqu'aux mamelons , la peau de cette région est fine et délicate se faisant remarquer par une blancheur nuancée de vert' et de jaune; un assez grand nombre de petites veines y dessinent leur teinte bleuâtre, les orifices des follicules cutanés sont aussi plus apparents qu'à l'ordinaire , et sont surmontés çà et là de petits grains moins saillants que nous avons notés au cou , et formés comme eux par la concrétion de la matière sébacée.
Dans cette région sous-claviculaire l'on ne voit que de rares tubercules jaunâtres tachetés de points blancs, de grandeur variable; deux d'entre eux, d'une ligne et demie de diamètre , se font remarquer par une teinte plus foncée.
Même à la loupe on ne saurait distinguer des poils dans cette région.
Dans la région mammaire la finesse de la peau esl encore plus remarquable que dans la région précédente, dont elle conserve la teinte venlàire. Aulour du mamelon sont dressés cinq à six poils d'un pouce
de longueur, plus raides et de même couleur que ceux de la tête.
Les follicules sébacés des mamelons se font encore remarquer par un développement assez inarqué; pleins de la matière qu'ils sécrètent ils forment des points blancs , rougeâtres , qui recouvrent toute l'aréole , et autour d'eux apparaissent quelques taches jaunâtres et des tubercules rares et petits.
Au dessous du mamelon gauche existe un tubercule qui est le siège d'un prurit vif et incommode , qui force le malade à se gratter; les excoriations qui en résultent laissent suinter une matière séro-purulente, qui en se desséchant forme une petite croûte qui recouvre en partie le côté correspondant du mamelon.
Sur Yabdometi la peau et les follicules sébacés sont à l'état normal , quelques petits poils fins s'y montrent sous forme de duvet, mais il y a absence complète de véritables poils. Les tubercules y sont rares, petits, lenticulaires, blancs jaunâtres; quelques uns seulement se distinguent par une teinte noirâtre. Un tubercule de cette dernière nuance se remarque dans la fossette ombilical.
Dans l'espace intermédiaire aunombril etau pubis, à droite de la ligne médiane, est une plaque - rouge , irrégulière, qui a un demi-pouce en hauteur et presque un pouce en largeur. Cette plaque était auparavant le siège de petits tubercules jaunâtres qui, en-
flammés par les frottements fréquents, ont fini par s'excorier, et la matière séro-purulente qu'ils exsudaient se desséchait en petites croûtes jaunâtres , dont quelques unes sont tombées, laissant à nu des taches roses confluentes , irrégulières ; le reste de ces croûtes persiste depuis plus d'un an, de sorte que la plaque entière présente l'aspect d'un eczéma impéligineux à moitié desséché.
Nuque. A la nuque la teinte de la peau est plus foncée que sur le dos ; les liens qui unissent l'épiderme au chorion se sont relâchés , de sorte que des rides légères sillonnent l'épidémie, sans que pour cela la peau soit plus flasque qu'à l'ordinaire; les orifices des follicules sébacés, que nous avons vu proéminer sur le reste du corps , présentent ici des légères dépressions , et les rides de la cuticule rendent les sillons linéaires de la peau plus apparents.
Sur les parties latérales de la nuque les cheveux clair-semés de même nuance , mais plus raides que ceux de la tête , descendent jusqu'au milieu de la région cervicale ; à la partie médiane ils cessent au niveau de la base de l'occiput; dans le reste de cette région, c'est à peine si la loupe fait apercevoir un léger duvet.
Entre les deux prolongements pileux que nous venons de signaler on remarque plusieurs taches d'un jaune sale dont le volume varie entre celui d'un grain de millet et celui d'une lentille; la saillie des
plus petites ne se distingue qu'au toucher, celle des autres est sensible à la vue. Sur le reste de la peau le toucher seul démontre l'existence de petites nodosités disséminées sans coloration anormale, et du volume de petits grains de millet.
Sur le reste de la nuque jusqu'au niveau des premières vertèbres dorsales, les tubercules sont tout aussi nombreux, et aussi variables par leur forme qu'à la partie antérieure et inférieure du cou , et la peau intermédiaire est à l'état normal. Sur les régions latérales du cou les tubercules présentent aussi sous tous les rapports les mêmes caractères qu'à la face antérieure de cette partie.
Sur les épaules la peau , plus tendue et plus consistante qu'ailleurs , ne présente qu'un petit nombre de taches tuberculeuses.
Dos. La peau , dans les intervalles des tubercules, est blanche, souple, et ne présente rien d'anormal. Vers la partie supérieure de cette région les tubercules-et les taches en grand nombre occupent les parties latérales, et surtout le niveau de l'omoplate gauche ; le diamètre des élevures est de trois à six lignes de largeur, et d'une demi-ligne à une ligne de hauteur; la plupart sont arrondies, quelques unes pourtant d'une circonscription irrégulière ; leur coloration est d'un brun clair inégal , les points blancs ne s'y dessinent que dans un petit nombre de tubercules. Quelques unes de ces excroissances lubereu-
leuses sont couvertes de croûtes sèches et verdâtrcs, particulièrement sur l'omoplate gauche (voir PL IV); ailleurs on ne voit qu'une tache d'un brun clair conservant encore des traces de croûtes qui s'en sont détachées.
Vers la partie moyenne du dos on remarque dix à quinze taches ou petites élevures d'un rouge vermeil disséminées au voisinage des tubercules , nous en reparlerons avec plus de détail en donnant plus bas la description de chaque forme.
Dans la région lombaire la peau occupant les interstices des tubercules se trouve aussi à l'état normal , mais ici les tubercules sont aussi nombreux que sur le reste du dos, occupant spécialement la ligne médiane; ils sont moins larges et plus élevés , d'une couleur brun foncé, analogue à celle du café; quelques uns sont rudes comme croûteux, ainsi que nous le dirons plus bas ; les taches jaunâtres sont ici moins fréquentes.
Dans les régions iliaques on trouve des tubercules bruns ou noirâtres en petit nombre , et quelques uns couverts de petites croûtes impétigineuses.
Membres. La peau des membres est presque sans altérations, les aisselles sont le siège de quelques taches jaunes, et d'un petit nombre de tubercules brunâtres. Au pli du coude gauche on voit quelques tubercules rouges recouverts de petites squames épidermiques (tubercules dén its dans le § 31).
A la partie supérieure interne des cuisses , au voisinage du périné, on remarque plusieurs ■ tubercules lenticulaires brun-jaunâtres et brun-noirâtres.
Le creux poplité est le siège de quelques taches jaunes lenticulaires ; sur le reste des extrémités la peau est exempte de toute lésion.
La peau des parties génitales a conservé son apparence et sa texture normales.