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I. DES TUMEURS GOMMEUSES , ET ULCERES ENDEMIQUES DE BONTIUS

« Des tumeurs gommeuses et des ulcères endémiques qui régnent dans Tîle d' Amhoyne , et les Molucques surtout, tumeurs que les Hollandais appellent la variole (TAmboyne.

4, Il règne à Amboyne, et aux Molucques surtout, une maladie endémique qui, sous les rapports des

(1) Jacobi Bontii in Indiis archiatri Medicina Indorum libri IV. — Mcthodus medendi qua in Indiis orientalibus oportet uti in cura morborum illic Yulgo ac populariter grassanliura.

Edit. nova. LugduniBat. 1745.

Voici le texte de la description de Bontius :

« De tophis, gummatis, ac ulcerationibus endemiis in insula Amboyna,ac Molluccis prœcipuc, quas nostrates d'Amboynse Pocken vocant.

» Endemius seu popularis quidam morbus in Amboyna ac Molluccis insulis piœcipue oritur, qui symplomalis suis admodum similis est morbo ■venereo.Sed inbisinter sediflerunt, quod hic sinecongressu vcnereo quoque nasci solcat. Erumpunt in facie, bracbiis, cruribns tophi , scu tumores dnri, ac scirrhosi, ac tam crebri per univcrsum corpus, quam cla\i ac \errucae

symptômes, est tout à fait semblable à la syphilis, dont elle diffère en ce qu'elle se développe aussi sans l'intervention de Pacte vénérien. Elle est caractérisée par des tumeurs d'abord dures et squirrheuses, qui se

oriuntur in manibus ac pedibus in patria ; — si vero eos ulcerari contingat materiam lentam ac gummosam reddunt, attamen tam acrem, et mordacem ut prof unda , ac cava ulcéra inde oriantur cum labiis callosis , ac inversis ; fœdum ac déforme malum, et cum lue venerea conyeniehs nisi quod hic tanti dolores non adsint , nec caries in ossibus tam facile oriatur nisi per curantis incuriam.

» Hic affectus originem trahit primum ex peculiari cœli ac soli istius genio ; tum ex aere vaporibus saisis e mari undique adscendentibus infecto ; cibis prœterea crassis ac melancholicis et pituitosis, ut sunt pisces marini , quorum hic magna captura est : quibus incolœ assiduo vescuntur, quod reliquae annonae sit satis indiga regio. Magnum etiam momentum huic malo adfert usus placentarum quas -vice panis per totum istum tractum edunt ; ac ab incolis sago vocatur, et est e corticibus arborum excussa farina.

» Ad hœc confert potus importunus liquoris cujusdam saguef vocati , qui ferme eodem modo ex arbore elicitur , quo e palma indica seu coquos arbore liquor iste quem incolac towac; Lusilani vinho de palma vocant. Hic immoderate sumtus non secus ac vinum, et cerevisia inebriat ; caput ac ncryos infestât.

» Quantum ad curam attinet : ea si recens sit hoc malum non admodum difficilis est. Sin ùweteratum jam molestior est curatio. Porro iisdem ferme rcmediis cedit , quibus lues venerea , obstructiones lienis, leucophlegmatia , ac ipseliydrops,[et ceteri chronici ac rebelles morbi. Decocta hicitaque paren-

ture China; radice, salsaparilla , guajaco ac corticibus ejusdem Post

peccans materia Tehementioribus catharcliciseducenda est: nam levia hic non prosunt, taliasunt, extractum guttae cabodja, elaterium: et si his non cedit ad chymica,et mineralia deveniendum est : ut sunt mercurius vitde, seU butyrum antimonii, turbith minérale, tum mercurius pra>cipitatus albus. Un- «uenta quoque mercurialia secundum artem pnrata hic externe adhibenda sunt : qUiC 0Djnia c Crollio et aliis doclioribus , cl versatioribus chymicis petite. »

développent sur la face, les bras et les jambes, et qui couvrent le corps entier en aussi grand nombre que Ton voit les clous et les verrues répandues sur les pieds et les mains en Hollande. — Quand ces tumeurs viennent à s'abcéder, il s'en écoule une matière épaisse et si acre , qu'il en résulte des ulcères profondément excavés ; à bords calleux et renversés , d'un aspect sale et hideux , ressemblant aux ulcères vénériens , avec cette différence qu'ils ne provoquent ni douleurs vives comme la syphilis , ni la carie des os, à moins qu'il y ait incurie de la part du médecin.

Il faut reconnaître pour cause particulière à cette maladie , soit la nature du climat et de l'atmosphère constamment infectée par les vapeurs salées qui s'élèvent de la mer, soit la nature des aliments grossiers et indigestes comme sont les poissons de mer dont les habitants se nourrissent exclusivement en raison de leur abondance, et de la disette des autres aliments. — Il faut encore considérer comme une cause puissante de cette maladie , l'usage des gâteaux que l'on mange dans tout le pays en guise de pain , gâteau appelé sagou , et provenant d'une farine obtenue par la trituration de l'écorce des arbres ; — leur boisson n'y concourt pas moins puissamment : c'est une liqueur que l'on appelle saguër , et que l'on relire d'un arbre par le* même procédé que les Indiens retirent du palmier ou du coco, la liqueur qu'ils appellent towac, etc. — Cette boisson , prise en excès ,

produit l'ivresse aussi sûrement que le vin et la bière , etc.

Le traitement de cette affection n'est pas très difficile , quand elle est récente ; mais elle se montre très rebelle quand elle est invétérée. On dirige contre elle , les mômes remèdes que contre la syphilis , les engorgements de la rate , les leucophlegmasies , les hydropisies et les autres maladies chroniques et rebelles. Ainsi, Ton administre les tisanes sudorifiques , puis on cherche à évacuer la matière morbifi-

que par des purgatifs drastiques à l'extérieur on

emploie l'onguent mercuriel en frictions etc.

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