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IV. CANCER MOLLUSCIFORME DE M. RAYER

7. Dans le traité des maladies de la peau de M. Rayer, il n'est question du genre molluscum que dans le chapitre du cancer ; ainsi dans le paragraphe 750 il décrit le

« Cancer mollusciforme. Cette variété est caractérisée par des tubercules plats ou légèrement bom-

(1) P. Rayer. Traité théorique et pratique des maladies de la peau. 2e cttit. iyo\. Paris, 1835. — Tom. II, png, 200.

bés à leur centre, indolents, delà même couleur que la peau, d'une dimension qui varie en lie celle d'une pièce de 5 sous et celle d'une pièce de 5 fr. Leur surface offre des rides ou sillons circulaires ou concentriques sur les plus petits, et sur ceux d'une moyenne dimension et irrégulièrement dessinés sur d'autres tubercules dont le volume est plus considérable. Le caractère anatomique do cette variété est un épaississement quelquefois très considérable du corium , dont le tissu devient dur et de consistance squirrheuse. »

L'observation \ 36, citée à la page 277 et suivantes, fait suite à cette description :

« Cancer mollusciforme . — Tubercules autour d'un en y or y ement cancéreux du sein droit, dans la peau de l'abdomen et de l'épaule droite ; tubercules cancéreux dans les parois de V estomac ; matière cancéreuse dans la rate et Vovaire. {Pl. I, fiy. 2.)

Madame S. D., âgée de quarante-deux ans, me fut adressée à l'hôpital de la Charité par M. Duchesne. Cette femme était mariée, et mère d'un seul enfant, âgé de douze ans , d'une constitution évidemment scrofuleuse. Depuis trois ans et demi la santé de cette femme s'était progressivement détériorée. Elle avait éprouvé des douleurs vagues dans l'abdomen et la sensation d'une tumeur dans la partie inférieure gauche de l'hypogastrc, où elle ressentait par intervalles des douleurs lancinantes assez fortes. Le sein

droit s'était engorgé il y a plus d'un an; mais les douleurs qu'elle y avait éprouvées n'avaient jamais été aussi fortes que celles qu'elle ressentait dans l'abdomen. A dater du mois de juillet 1826, elle eut une métrorrhagie habituelle, qui cessa avec les règles vers le mois de janvier 1827. C'est depuis cette dernière époque que sont apparus les tubercules qu'on remarque sur différentes régions du corps. Deux de ces tubercules sont bientôt devenus plus volumineux que les autres; l'un est situé sur la région latérale droite du ventre, l'autre sur la région scapulaire droite. Plusieurs de ces tumeurs avaient tout à fait V apparence qu'on a assigné au molluscum non contagieux .

M. Ducliesue fut appelé auprès de cette malade vers le mois de mars 1 827, et la trouva dans un état de dépérissement déjà très prononcé. Il fut frappé de la teinte jaune-paille de la peau , qui depuis lors a progressivement augmenté. Le sein droit était petit, dur, bosselé; de sa partie supérieure naissait un cordon noueux de ganglions lymphatiques , qui , se prolongeant jusqu'à Faisselle, allait comprimer l'artère axillaire, et diminuait ainsi de beaucoup la force des battements dans le membre supérieur droit; le ventre, volumineux, était le siège de douleurs Lancinantes et profondes; l'appétit était assezbon. Cette femme .se nourrissait par goût de lard et de fruité verts. M. Duchesne recommanda un régime doux,

des bains tièdes, et de légers narcotiques lorsque les douleurs seraient très aiguës. La malade ne s'astreignît que très incomplètement h ce traitement ; elle commis des écarts dans le régime, et bientôt fut obligée de s'aliter. Le ventre devint dur et douloureux (cataplasmes émollients arrosés de laudanum de Rousseau). Les symptômes s'aggravèrent. La veille de son entrée à la Charité, cette femme éprouva une hémorrhagie des fosses nasales, que Ton ne parvenait à arrêter qu'en les tamponnant fortement. Le lendemain, la malade ôta l'appareil, l'épistaxis reparut, et Ton fut obligé de tamponner de nouveau et de pratiquer une petite saignée du bras.

Cette femme succomba quelques jours après son entrée à l'hôpital.

L'autopsie du cadavre fut faite dix-sept heures après la mort.

La peau de la face n'offrait rien de remarquable , si ce n'est qu'il existait un certain nombre de pétéchies sur les lobes du nez.

La peau du cou était exempte d'altérations ; celle de la partie antérieure du thorax en présentait plusieurs. La peau qui la recouvrait offrait une dixaine de petits tubercules dépassant à peine le niveau de la peau saine, et rendus distincts par la teinte bleuâtre, légèrement violacée, qu'ils présentaient. Cependant quelques uns d'entre eux avaient absolument la môme couleur que la peau qui les entourait. Vu du

côté de sa surface adhérente, la peau affectée offrait les dispositions suivantes : les plus petits de ces tubercules ne faisaient aucune saillie, et la face interne de la peau avait conservé son apparence normale aréolaire. Sur d'autres points correspondants à des tubercules plus volumineux, le tissu de la peau était au contraire altéré , non aréolaire , jaunâtre et induré.

Sur la partie antérieure du côté gauche de la poitrine on distinguait quelques petits tubercules; mais ils étaient beaucoup plus rares, et la glande mammaire était saine. Sur la partie postérieure du thorax, du côté droit , existaient deux tumeurs plus volumineuses qu'aucune de celles dont je viens de parler, proéminentes, inégales, fongiformès , et qui présentaient les dispositions suivantes : une première couche, la plus rapprochée de Fépiderme, était jaunâtre, et approchant de la transformation organique que Ton a décrite sous le nom de tissu squirrheux ; ensuite une couche plus profonde était formée par le corium hypertrophié et non autrement altéré. La peau de l'abdomen placée entre l'œil et la lumière , offrait dans son épaisseur une foule de petits tubercules rougeâtres ou violacés non proéminents. La peau des membres inférieurs était exemple d'altération; on voyait au contraire sur le bras gauche deux tubercules de la môme couleur que la peau.

En résumé, cette altération des téguments à son

premier degré et dans les plus pelils tubercules ne paraissait constituée que par des hypertrophies circonscrites, tandis que dans les tumeurs plus volumineuses les couches superficielles du corium présentaient une teinte jaune uniforme et une semitransparence analogue à celle du squirrhe

L'estomac présentait une altération très remarquable. En effet, il offrait intérieurement une grande quantité de mamelons analogues aux tubercules cutanés. Ces mamelons de la dimension d'une noisette , incisés suivant leur épaisseur , offraient la structure suivante : une première couche était formée par la membrane muqueuse très hypertrophiée ; une deuxième par le tissu cellulaire sous-muqueux induré ; une troisième par la membrane musculaire hypertrophiée , et plus rouge que dans l'état sain , et une quatrième par le péritoine non altéré. Trois ou quatre de ces tubercules étaient ulcérés à leur centre 5 la plupart étaient situés vers le cardia et le bas fond de l'estomac. »

La description détaillée des autres altérations indiquées dans le titre, qui appartiennent pour la plupart aux altérations cancéreuses, se trouve dans l'ouvrage cité p. 281 et 282.

Y. OBSERVATIONS DE JIM. BIETT , CAZEISAVE, SCHEDEL

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