‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 10 sur 36 · USAGE DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

USAGE DES MÉTAUX

Par la suite des temps, un homme plus habile que son entourage, à l'œil plus prompt, au cerveau plus actif, découvrit les métaux que la terre contient, et ce fut un gain que nous ne saurions assez apprécier. L'avantage que nous en tirons est énorme : nous les employons de mille manières; sans eux on n'aurait pu construire de vaisseau assez grand et assez fort pour traverser l'océan, ni de machine à vapeur pour nous faire voyager avec rapidité. Il est certain que, s'ils n'avaient pas été découverts, l'homme ne se serait pas civilisé.

Dans toute l'histoire de ses progrès, il ne fouilla jamais la terre en vain. C'est dans son sein qu'il trouva les métaux, lorsque la pierre ne suffit plus au travail qu'il voulait faire ; c'est là encore qu'il trouva les vastes couches de charbon dont il alimenta son ieu quand le bois vint à manquer.

L'or tut probablement le premier métal dont l'homme se servit. Son regard fut frappé de l'éclat de l'or, qui, différant en cela d'autres métaux, se trouve parfois dans les rivières et sur certains rochers à la surface de la terre. Il faut le mêler avec un autre métal afin de le rendre assez dur pour un usage général, et, à l'état brut, il ne fut pas difficile d'en faire des ornements. Les barbares et les peuples civilisés ont en commun Tamour de la parure. On a trouvé des colliers de coquillages et d'ambre qui ont été faits dans l'âge de pierre, et de nos jours les sauvages

— retiennent à la parure plus qu'au vêtement. Pour se faire tout particulièrement beaux, ils tracent, avec un instrument pointu, des lignes courbes sur leur figure, leur corps et leurs membres, et remplissent les marques ainsi faites avec de la couleur; c'est ce qu'on appelle tatouer. Nous voyons par là que les hommes ont, partout et de tout temps, désiré être beaux, même au prix de peines et de souffrances ; mais cela nous montre aussi que l'amour du beau ou de ce que l'homme croit beau lui est inné, et c'est par là encore qu'il se distingue de la brute. Un troupeau de vaches ne cessera jamais de brouter l'herbe pour admirer le soleil couchant, et vous ne verrez jamais un cheval ou un singe jivoir une expression radieuse à la vue d'un ^rc-en-ciel.

On se servit de bonne heure du cuivre, parce que, comme l'or, on le trouve souvent pur de tout mélange, et, qu'étant mou, on put facilement le travailler. Là où il était rare eF où on pouvait trouver de l'étain, le feu servait à fondre et à mélanger les deux métaux, ce qui produisit le. joli métal dur et utile qu'on appelle bronze. On en fit^des armes en versant la masse fondue dans des formes de pierre ou de sable.

L'âge où l'on se servit de ces métaux fut appelé « l'âge de bronze. » Il se passa bien du temps encore avant que le fer ne fût fondu et séparé du minérai avec lequel on le trouve, parce que c'est un ouvrage très difficile et qui demande plus d'habileté que les hommes n'en avaient alors; mais lorsqu'ils eurent réussi à le fondre et à le mouler, le fer remplaça le bronze pour des lances, des sabres, des

haches, etc., et Ton employa le bronze pour les manches et les ornements. On a trouvé parmi les ruines, dans les lacs de la Suisse, beaucoup d'ornements en bronze, des boucles d'oreille, des bracelets et des épingles à cheveux.

Ce ne fut que plus tard encore qu'on utilisa l'argent et le plomb.

Vous avez appris maintenant comment les différents outils et les ornements évidemment faits de main d'homme et trouvés dans les cavernes et les lits des rivières, quelquefois à une grande profondeur, nous ont amenés à la certitude que l'homme a vécu bien des milliers d'années avant que nous n'ayons sur lui des histoires --écrites sur le papyrus ou peintes sur les murs des tombeaux. (Le papyrus est le jonc dont les anciens faisaient leur papier; de là vient notre mot papier.) - Pour marquer les grades dans les progrès de l'homme, on divise l'histoire de ses premiers temps en trois périodes qui prennent le nom des métaux dont il se servait.

1° L'âge de pierre, divisé, comme je vous l'aF dit à la page ii, en âge de la pierre taillée et en âge de la pierre polie;

2° L'âge de bronze ;

3° L'âge de fer.

Quand vous irez au « British Muséum, » allez dans la salle des British Antiquities » et vous y verrez les armes et les outils de silex et de métal que je vous ai décrits.

Nous ne savons combien d'années s'écoulèrent avant la formation du premier outil de silex et la

fonte de la première amie de bronze. Nous sommes certains que les hommes employèrent la pierre avant le bronze et le fer et qu'il y avait des tribus restées dans Tâge de pierre quand d'autres avaient déjà découvert l'utilité des métaux. Les trois âges se confondent comme les trois principales couleurs de l'arcen-ciel.

Ainsi, tandis qu'une partie des habitations des lacs furent bâties dans l'âge de pierre, un grand nombre appartiennent à l'âge de bronze, et les restes qui ont été décoi^verts nous montrent que les progrès que fit l'homme furent incontestables. Les habitants des lacs avaient appris à cultiver le blé, à faire des provisions pour l'hiver, à tisser des vêtements de lin et à dresser à leur service les animaux les plus utiles, tels que le cheval, le mouton et la chèvre. Bien avant, l'homme avait su apprécier le chien, et les peuplades les plus sauvages en ont laissé la preuve dans les os qu'on a trouvés parmi les tas de coquillages.

Dans l'âge de ter, les progrès furent très rapides; tandis que les variétés de poterie, les .monnaies de bronze, la découverte du verre et une foule d'autres inventions nous montrent le progrès dans les objets dont l'homme se servait, elles prouvent aussi que lui-même s'élevait et s'éloignait rapidement de l'état primitif.

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