HABITATIONS
Outre les cavernes où ils s'abritaient, les premiers hommes creusaient des trous, formaient un mur avec la terre qu'ils en retiraient et le couvraient de branches. Parfois, s'il se trouvait quelques blocs de pierre épars, on les réunissait, et l'on formait une hutte primitive, mais solide. On a trouvé dans des lacs, et surtout dans ceux de la Suisse, des restes d'habitations bâties sur des pilotis enfoncés dans le lit du lac. La forme de ces pilotis prouve qu'ils avaient été taillés avec des haches de pierre ; de là nous concluons que les hommes vivaient de cette étrange manière dans des temps très reculés, probablement pour être moins exposés aux attaques de leurs ennemis et à celles des bêtes fauves. Ce n'est pas seulement dans l'âge de pierre que les hommes vivaient de cette façon ; il y a encore de nos jours, dans les Indes orientales, dans l'Afrique centrale et dans d'autres endroits, des peuples qui ont adopté ce genre de demeures. Ces habitants des lacs avaient acquis une grande habileté dans l'usage de leurs haches de pierre ;. nonseulement ils abattaient les arbres, mais ils tuaient l'ours, le loup et le sanglier, tous animaux très féroces alors. Ils avaient appris à pêcher avec des filets de lin, qu'ils tenaient à flot au moyen de bouées d'écorce, en y attachant des pierres pour les faire toucher au fond.
Outre ce que nous savons sur les habitations des premiers hommes, on a trouvé sur les côtes du Da-
nemarck, de l'Ecosse et ailleurs encore, d'énormes las qu'on a nommés « kjôkkenmôddings » ou débris de cuisine. Ils nous apprennent ce dont se nourrissaient les peuplades de ces côtes, car ils sont formés surtout de coquilles d'huitres, de moules, de vignots, etc. On y trouve aussi des os de cerfs et d'autres animaux, des os d'oiseaux, des couteaux de silex et d'autres choses.
Je vous ai montré maintenant comment les hommes se sont procuré les trois choses dont ils avaient tout d'abord besoin, la nourriture, le feu et un abri ; et vous vous demandez peut-être comment ils se parlaient dans l'âge de pierre, et de quels mots ils se servaient. Nous n'aniverons jamais à le savoir ; mais il est bien certain qu'ils avaient un moyen de se communiquer leurs pensées, et que, petit à petit, ils avaient appris à parler, à écrire et à compter, comme ils avaient acquis d'autres connaissances. Ils avaient même quelque idée du dessin, car on a trouvé des os et des morceaux d'ardoise avec de grossières ébauches de mammouths, de rennes et d'autres animaux. Ces dessins informes qui éclairent d'un jour si vif un monde qui n'est plus, sont une preuve de plus que l'homme est supérieur à la brute, qui n'est parvenue ni à dessiner, ni à allumer du feu. J'aurai plus tard à vous reparler du langage et de l'écriture.
— i8 — CHAPITRE Vn.