‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 11 sur 36 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

ANTIdUITÈ DE l'hoMME SUR LA TERRE.

Au point où nous sommes arrivés, vous me ferez peut-être une question à laquelle je donnerai la meilleure réponse trouvée jusqu'à présent.

Vous me demandere:: comment nous savons que ces restes des premiers hommes sont si extrêmement anciens ?

Pour rendre ma réponse aussi claire que possible, je vais vous décrire un des nombreux endroits dans lesquels on a trouvé des os et des armes.

Il y a à Brixham, sur la côte sud de Devonshire, une grande caverne qui a été découverte il y a quatorze ans, quand la partie supérieure se fut écroulée. Le fond en est en stalamigtes, ou particules de pierre calcaire, tombées du haut en gouttes d'eau et redevenues dures comme la pierre. Stalamigte vient d'un mot grec qui signifie une goutte. Dans ce fond de pierre calcaire, de l'épaisseur d'environ trente centimètres, on a trouvé des os du renne et de l'ours des cavernes, et, au-dessous, dans une couche de terre glaise épaisse de quatre mètres^et demi, on a déterré des couteaux de silex et des os de mammouth.

Plus bas encore il y a une couche de gravier, d'une épaisseur de plus de six mètres, et dans laquelle on a trouvé des fragments de silex et de petits os. Dans la même caverne où furent trouvés les os des ours et des mammouths, on a déterré plus de trente instruments de silex, et comme il n'y a pas de doute qu'ils aient été taillés de main d'homme, il n'est pas difli-

cile de prouver que l'homme habitait ce pays en m-ême temps que ces animaux le parcouraient.

Mais quelle preuve avons-nous, me direz-vous, que les os de ces animaux soient si anciens ?

D'abord il est certain que, depuis bien des siècles, le mammouth a cessé d'exister, et les os dont je vous parle ont été trouvés à une profondeur considérable ; or, comme personne ne se donnerait la peine de creuser une fosse pour les y placer, il faut qu'il y ait une autre cause pour la formation de la masse de terre glaise sous laquelle ils ont été trouvés.

On peut expliquer de diverses manières la présence de ces os dans la caverne. Les animaux dont nous parlons sont morts peut-être sur le penchant des collines, et les eaux ont entraîné leurs ossements dans la caverne, ou bien ils s'y sont réfugiés, ou, ce qui est plus probable encore, ils en avaient fait leur habitation; mais, quoiqu'il en soit, nous avons à nous rendre compte des dix mètres de terre glaise et de gravier où furent trouvés leurs restes.

Ile ont été tenus cachés pendant de longues anné^, par cette force active de la nature qui, avant que le globe fût habité par un être vivant, s'est frayé des ouvertures à travers les rochers, élargissant les vallées profondes, formant les plus hautes montagnes, et creusant les cavernes les plus basses, et qui, maintenant encore, porte la terre d'un lieu à l'autre pour former des continents à venir dans les profondeurs de l'océan. C'est l'eau qui a entraîné ce dépôt dans la caverne de Brixham, qui a recouvert les os et qui, depuis l'époque où le mammouth, l'ours et le renne se trouvaient en Devonshire, a creusé les vallées en-

vironnaiites à une profondeur de cent pieds de plus. Le temps que met l'eau à rendre son lit plus profond ou à creuser une caveune dépend de la rapidité avec laquelle elle coule ; et vous pouvez vous figurer que le travail du fleuve le plus rapide est lent pour ceux qui l'observent, si je vous dis que la Tamise, dans son cours actuel, met onze mille sept cent quarante ans à rendre sa vallée plus basse d'un pied ! Les savants ont donc quelque raison pour croire que les armes de silex furent faites par des hommes qui ont vécu il y a bien des milliers d'années.

« Mille ans devant tes yeux sont comme le jour d'hier qui est passé et comme une veille dans la nuit. »

La science qui nous prouve le grand âge de la terre nous enseigne aussi l'éternité de Dieu ; et les énormes distances dont nous parlent les astronomes font de l'univers un temple plus digne de lui que ne l'était la terre plane, selon les vieilles notions bornées, pour laquelle seule le soleil donnait sa lumière le jour et la lune et les étoiles la nuit. La science éclaire d'une beauté nouvelle les grandes pensées du psalmiste qui s'inspirait du ciel étoile en chantant : « Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au sépulcre, t'y voilà. »

Page 1