‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 18 sur 36 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En tâchant de vous montrer comment, peu'à peu, l'homme est arrivé à croire en un Dieu tout bon et tout sage, je voudrais fixer dans votre jeune cœur une grande vérité, car plus est élevée l'idée que vous vous faites de Dieu, plus aussi votre vie sera belle. Vous trouveriez votre père bien dur et bien cruel si, tout en vous comblant de ses bontés, il envoyait au loin vos frères et vos sœurs, soupirant après son amour et ses caresses et condamnés à vivre sans soins et sans tendresse et à mourir sans être pleures.

C'est pourtant là ce qu'on a dit de Dieu. Il a appelé à la vie tous le^ hommes, les femmes et les enfants, sans qu'ils aient eu le choix d'accepter ou de refuser ce présent, et on l'a décrit comme étant près d'une partie seulement de ses créatures et laissant les autres livrées à elles-mêmes, l'âme affamée de lui et ne le trouvant jamais.

Croyez que celui qui est appelé notre Père est meilleur, plus juste, plus tendre que le meilleur des pères et qu'il n'est « pas loin de chacun de nous. »

Dans les temps obscurs à travers lesquels je vous ai guidés. Dieu, dont le souffle fit et fait de chacun de nous « une âme vivante, » était aussi près de ses créatures qu'il l'est aujourd'hui, les guidant à leur

insu comme il le fait pour nous. Les religions les plus primitives et celles qui nous paraissent les plus choquantes n'ont pas été inventées par un diable auquel Dieu aurait permis de tromper les hommes pour les conduire à leur perte; ce furent, comme nous pouvons encore l'observer chez les sauvages, des efforts pour échapper à la nuit, car nul homme n'aime les ténèbres, pour arriver au crépuscule et, de là, en plein jeur.

L'homme voyait tout autour de lui la beauté et le mouvement de la vie et, devant lui, bien souvent, le mystère de la mort ; car, alors comme aujourd'hui, des pères et des mères pleuraient leurs petits enfants morts, alors comme aujourd'hui des amis silencieux, les yeux baignés de larmes, contemplaient une dernière fois l'ami que la mort leur avait enlevé; et croyez-vous que l'homme eût pris plaisir à inventer un mensonge ingénieux sur les choses qui le remplissaient d'une terreur mêlée de respect ?

Quoique les idées que se faisaient ces premiers hommes sur ce qu'ils sentaient et voyaient fussent fausses, elles étaient justes pour eux; ce ne fut que bien plus tard que commencèrent les mensonges et l'altération de la vérité, lorsque des hommes habiles, faisant un mauvais usage de leur supériorité, prétendirent en savoir plus que Dieu ne nous a donné de savoir ici-bas.

Je vous dis cela parce que je voudrais vous pénétrer d'une confiance en Dieu que rien ne saurait enlever ; vous en aurez besoin quand la vie se déroulera devant vous et que votre cœur apprendra à sentir le péché et les tristesses de ce monde.

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