IDOLATRIE
Quoique la coutume d'adorer un fétiche et celle de se faire une idole paraissent identiques, elles diffèrent pourtant beaucoup, car pour avoir une idole il ne s'ensuit pas qu'on l'adore. Le mot « idole » vient d'un mot grec qui signifie image ow forme; quelquefois on considérait l'idole comme l'image du dieu qu'on révérait et non comme le Dieu même. Malheureusement on l'a plus fréquemment regardée comme un dieu, on lui a adressé des prières, présenté des offrandes, lui attribuant le pouvoir de faire du bien ou du mal. Nous nous rendons compte des idées des différentes races par les matériaux dont ils font leurs dieux. Ce sont soit simplement des bottes d'herbe, soit des pierres grossièrement peintes ou sculptées avec le soin et l'art que nous admirons dans les dieux pénates de l'Orient. Si l'on attribuait au dieu la toute-puissance, on faisait une statue monstrueuse avec une vingtaine de bras et de jambes, la tête d'un lion, les pieds d'un cerf et les ailes d'un oiseau. Mais je remplirais un livre bien plus grand que celui-ci si je voulais vous décrire les idoles qu'ont adorées diverses nations à différentes époques. Il se passera bien des années encore avant que, même dans les pays civilisés, on apprenne que Dieu n'a ni forme ni parties, et que nul œil ne le verra jamais, car, comme dit le bon apôtre Paul aux Grecs, « le Seigneur du ciel et de la terre n'habite point dans les temples bâtis par la main des hommes » et n'est pas «semblable à de l'or ou à de l'argent, ou à de la pierre taillée par l'art et l'industrie ^-^-^ *"-" — »ies. »