‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 30 sur 36 · DUALISME OU CROYANCE EN DEUX DIEUX · texte numérisé non relu

DUALISME OU CROYANCE EN DEUX DIEUX

Plus riîomme apprit à réfléchir et à vaincre la terreur qui l'avait poussé à l'adoration d'objets animés et inanimés, plus il diminua le nombre des puissances régnantes; il ne vit plus bientôt que deux dieux puissants se disputant l'empire sur lui et sur l'univers.

D'un côté il voyait un pouvoir qui paraissait habiter l'espace bleu, calme et sans nuages, et d'un cœur aimant et tendre combler de ses dons les humains ; de l'autre un pouvoir qui paraissait dur et cruel, qui rendait la mer furieuse, couvrait de ténèbres la terre et le ciel, détruisait, par la tempête et les torrents, les habitations et les moissons, le foisait souffrir d'un froid glacial et donnait ses enfants aux bêtes féroces. L'un était un dieu de lumière, souriant dans un rayon de soleil, l'autre un dieu des ténèbres, d'un aspect menaçant dans le nuage gros de tempêtes; l'un ayant à ses ordres des esprits bons et doux, l'autre des esprits mauvais et violents.

Cette croyance en un dieu bon ayant pour adversaire un méchant dieu devint si profondément enracinée que nulle religion n'en est tout-i-fait exempte ; c'était là, pour les hommes, la seule explication du mal dont ils sentaient les atteintes.

Mais il n'est pas vrai que le Dieu tout-puissant dans lequel nous croyons soit entravé par une autre puissance. S'il en était ainsi, il ne serait plus toutpuissant et il nous faudrait implorer le pouvoir mauvais de ne pas nous faire de mai.

Le péché qui est en ce monde et que votre cœur vous révèle a pris naissance dans la volonté de rhomme, que Dieu, dans sa souveraine sagesse, a créée libre. Au lieu de faire de nous des machines qui ne peuvent se tromper, il nous a donné le pouvoir redoutable de faire le bien ou le mal et de montrer notre amour pour lui en choisissant ce qu'il aime et en faisant ce qui lui plaît. Quelque désireux que nous puissions être de jeter le blâme sur d'autres, comme les hommes l'ont fait si souvent, c'est bien nous qui sommes responsables pour les péchés que nous commettons. Nous savons qu'il en est ainsi, parce que la voix qui est en chacun de nous le proclame, cette voix qui ne ment pas et qui est celle du Dieu tout saint.

Si nous avions le pouvoir de rompre les commandements de Dieu mais non de les garder, ou s'il était permis à une force invisible plus puissante que nous de nous pousser au mal, nous n'aurions pas le sentiment de culpabilité qui suit toujours le péché, parce que nous sentirions que ce n'est pas de notre faute et que nous serions punis injustement pour ce que nous ne pouvions éviter. Bien triste serait alors notre sort : nous éprouverions une défiance à l'égard de Dieu, une défiance pour sa voix qui parle en nous.

Nous laisserons cette question de côté pour le moment; jusqu'à présent, je n'ai guère parlé de la manière par laquelle les hommes cherchèrent à exprimer leurs sentiments envers les dieux en lesquels ils croyaient, qu'ils fussent nombreux ou non, bons ou mauvais. Ce fut en leur adressant des prières ou en leur offrant àts sacrifices.

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