LA PRIÈRE
Quand nous sommes en danger, notre premier mouvement est d'implorer le secours; il est naturel et bon de demander ce dont nous avons besoin à ceux qui ont le pouvoir et le désir de nous le donner. C'est ainsi que l'homme pria ses dieux et prie encore, car le cri prolongé et profond de l'humanité vers le ciel continuera jusqu'à la fin des temps. Et quelque grossière et hideuse que puisse être l'idole à laquelle le pauvre sauvage expose ses besoins ou ses tristesses, rappelons-nous avec respect qu'il y a en lui une âme affamée de son aliment, comme le corps de sa nourriture, et qui soupire après le Dieu invisible que nous appelons notre Père aux cieux. Sans doute dans son ignorance il demande bien des choses inutiles et absurdes qui, si elles lui étaient accordées, lui feraient même du mal. Il ressemble en cela aux enfants qui demandent à leurs parents ce qui n'est pas bon pour eux et qui se croient bien mal traités quand cela leur est refusé.
Mais, à mesure que l'homme acquiert plus de sérieux et de confiance, il demande des dons meilleurs que les choses qui périssent et, exposant ses besoins et ses anxiétés à l'Etre de toute sagesse, il accepte ce que son Dieu trouvera bon de lui envoyer,
« Sûr que Dieu n'offre rien A son enfant soumis, qui ne soit pour son bien. »