‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 32 sur 36 · LE SACRIFICE · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE

Les relations des hommes entre eux nous expliquent la raison qu'ils eurent pour offrir des sacrifices.

Lorsque nous sentons que nous avons chagriné nos amis ou qu'ils sont fâchés contre nous pour une raison ou pour une autre, notre premier désir est de calmer leur déplaisir en leur offrant quelque chose, et nous montrons aussi par des dons notre amour et notre reconnaissance à ceux que nous aimons et pour les bontés desquels nous éprouvons de la gratitude.

Cçst ainsi que commencèrent les sacrifices et les offrandes aux idoles et aux pouvoirs visibles et invisibles du bien et du mal ; et cette coutume a continué jusqu'à nos jours sous différentes formes chez toutes les nations : on offrait un sacrifice par reconnaissjince ou pour apaiser les dieux irrités qu'on considérait souvent comme des hommes, mais plus grands, et qu'on espérait calmer comme des personnes de mauvaise humeur.

Naturellement les hommes offraient ce qu'ils avaient de meilleur et choisissaient comme dons pour les dieux les plus beaux fruits et les plus belles fleurs, ou bien ils brûlaient, sur des pierres entassées qu'ils nommaient un autel, les anmiaux sans tache de leurs troupeaux. Et comme on croyait que, pour apaiser la colère du dieu, pour s'assurer son secours ou éloigner sa vengeance, il fallait renoncer à ce qu'on avait de plus cher, on sacrifiait la vie de ceux

qui vous tenaient de plus près; c'est là une des principales causes des rites hideux et horribles dont la pensée vous glace le sang et dont tous les pays et tous les âges ont été le théâtre.

Le bon Père de tous « n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants » et n'aime pas un sacrifice de sang et de mort. Le sacrifice qui lui est agréable est celui de cœurs qui, pleins de douleur pour avoir péché et pour l'avoir attristé en s'éloignant de ses bras paternels, veulent renoncer à leurs fautes, à leur égoïsme, cause de tant de mal, et s'efforcer de faire sa volonté sur la terre comme elle est faite dans le ciel. C'est maintenant seulement que les hommes commencent à apprendre cette grande vérité, quoique bien des siècles se soient écoulés depuis qu'elle fut enseignée pour la première fois; c'est qu'on a toujours trouvé plus facile d'adopter certaines croyances ou de payer de l'argent pour faire pratiquer certaines cérémonies, que de s'efforcer, jour par jour, à remplir les commandements de Dieu.

— 8i — CHAPITRE XVm.

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