‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 35 sur 36 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

CROYANCE DE l'hOMME EN UNE VIE FUTURE.

Les idées grossières sur les esprits et les rêves, et les coutumes que nous avons observées aux funérailles nous montrent que, toutes vagues qu'aient été les idées de l'homme sur une autre vie, il a, dès les premiers temps, cru que Tâme ou le souffle quitte le corps que la mort a laissé froid et inanimé pour habiter ailleurs. Les races humaines les mieux douées comme celles qui sont les moins développées, ont essayé de se former une idée de cet état bienheureux où le bonheur est accordé aux bons et où des amis, ahués jadis et perdus pour un temps, viendront, anges souriants, à notre rencontre, et aussi de se figurer cet état de ténèbres où Ton n'éprouve que misère et désespoir.

Parmi les suppositions sur l'âme, on a pensé qu'elle passait dans un autre corps, peut-être dans celui d'un animal, puis dans des formes de plus en plus élevées, jusqu'à ce qu'elle atteignît le séjour des dieux.

L'homme a placé son ciel dans une île lointaine des bienheureux, on dans un pays favorisé,

« Heureux, beau, tout orné de vergers, de pelouses, De vallons ombragés, baignés de flots d'azur. »

ou à l'ouest, où se couche le soleil, ou encore dans le soleil, la lune et les étoiles. Les images qu'il s'en est faites, il les a copiées de la terre* et tout ce qu'il aime ici-bas, que ce soit pur ou grossier^ il espère l'avoir

là-bas en grande abondance et voir exclu de ce séjour heureux tout ce qu'il craint ici.

Laissant bien loin derrière nous la grossière idée du sauvage, nous trouvons la conception du ciel la meilleure et la plus consolante si, pénétrés de la sainteté du devoir, nous voyons en chaque lieu de la terre un endroit sacré où nous pouvons nous agenouiller; alors nous croirons que tout ce qu'il y a ici de plus beau, de pljis noble et de meilleur sera notre part dans le ciel, n'importe où ce ciel se trouve. Il y a, dans un ancien livre sacré de la Perse, une belle allusion à la pensée que les mondes de Dieu sont en rapport les uns avec les autres. On décrit l'âme d'un homme de bien que reçoit dans l'autre monde une belle jeune fille, « noble, au visage radieux, âgée de quinze ans, belle de taille comme la plus belle des créatures. Alors l'âme de l'homme pur lui demande : Qui es-tu, toi, la plus belle des jeunes filles que j'aie vues ici ? » Elle répond : « Je suis, jeune homme, tes bonnes pensées, tes parolos, tes actions, ta bonne loi, la loi de ton propre corps. Ce qui était agréable tu l'as rendu plus agréable pour moi, ce qui était beau tu l'as rendu plus beau. »

Comme tous nous aimons lire les hymnes du ciel ; en voici un que vous n'avez peut-être pas encore vu^ Il a été écrit il y a des milliers d'années par un Arien à l'âme grande, et il est plein d'une musique qui ne cesse de vibrer :

Place-moi, oh Sonia, là où la lumière est éternelle, dans le monde où le soleil est placé, dans ce monde immortel, impérissable I

Où règne le roi Vaivasvata, dans le lieu secret où se trouve le ciel, où sont les eaux puissantes, là rends-moi immortel 1

Où la vie est libre, dans le troisième ciel des cieux, où les mondes sont radieux, là rends-moi immortel !

Où sont les souhaits et les désirs, au lieu du brillant soleil, où sont la liberté et les délices, là ^ends-moi immortel I

Où sont le bonheur et les délices, où résident la joie et le plaisir, où sont satisfaits les désirs de notre cœur, là rendi-moi immortel !

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