‹ # du monde: simple histoire de l'homme des premiers tempsChapitre 5 sur 36 · LES PREMIERS BESOINS DE L^HOMME · texte numérisé non relu

LES PREMIERS BESOINS DE L^HOMME

Les premiers hommes furent placés sur cette terre sauvages et nus, ne se doutant pas des richesses qu'elle contenait, n'apprenant que peu à peu à la dorez de blé ondoyant et à en arracher le fer et les autres métaux si utiles.

La première pensée de l'homme dut être pour les besoins de son corps, son prenxier désir, d'avoir de la nourriture à manger, du feu pour se chauffer et un abri quand, à la nuit tombante^ les bêtes fauves rugissaient autour de lui.

Notez comment, dès le premier pas qu'il fait, l'homme diffère de la brute.

Dans quelque lieu que Dieu ait placé la brute, il l'a couverte selon la température et a mis à sa portée la nourriture dont elle avait besoin. Mais il a placé l'homme ici nu,* le laissant trouver par lui-même la nourriture et les vêtements les mieux adaptés aux différentes parties du globe. Si Dieu lui avait donné une peau couverte de poils épais, il n'aurait pu si facilement s'acclimater dans divers lieux; donc il est nu, mais avec la faculté de réfléchir et de se guider par la raison. La brute reste toujours brute, tandi^i que l'homme ne s'arrête jamais, mais perfectionne ce qu'ont fait ceux qui l'ont précédé.

L'homme n'a pas l'œil perçant de l'aigle, mais il a la faculté de faire des instruments qui, non-seulement nous font voir des étoiles dont la lumière met mille ans pour arriver jusqu'à nous, mais nous font

découvrir aussi les mentaux qui se trouvent dans le soleil et dans d'autres astres; l'homme n'a pas l'agilité du cerf, mais il a la faculté de construire des locomotives qui lui font traverser quatre-vingts kilomètres à l'heure; il n'a pas la force du cheval, mais il a inventé des machines qui ont la force de cent chevaux.

Toutes les facultés de l'homme, celles du corps et celles de l'esprit^ se développent par l'usage. Le sauvage qui exerce constamment toutes les aptitudes de son corps pour se procurer la nourriture, a le pied plus agile et l'œil plus exercé que l'homme civilisé ; mais celui-ci, se servant de son intelligence, surpasse le sauvage dans les connaissances qu'il acquiert et qu'il sait mettre à profit, mais dont il fait aussi un mauvais usage^

Je vous ai dit que les premières choses dont l'homme eut besoin, furent la nourriture, la chaleur et un abri.

Bien avant qu'il existât, les ruisseaux d'eau pure coulaient sur la pente des montagnes et à travers les vallées qu'ils avaient aidé à former, et ils coulaient encore sans jamais s'arrêter, de sorte que l'homme put sans peine étancher sa soif, et s'établit naturellement près du ruisseau. Mais la nourriture dont il avait besoin était plus diffEcile à trouver. Il dut se contenter de fruits sauvages et de baies, et s'abriter sous, un arbre, au pied d'un rocher en surplomb ou dans une caverne. Il désirait sans doute comme nourriture lo poisson qui disparaissait rapidement à ses yeux, ou le renne qui bondissait près de lui et se perdait dans les épaisseurs de la forêt, mais pour

cela il aurait fallu des instruments pour les tuer. Il y a peu de choses impossibles à la main si admirablement formée de Thomme, mais il lui faut des outils. On ne peut couper le bois ou la viande sans couteau, ni écrire sans plume, ni clouer sans marteau.

-«*N«3McsA<*-

Page 1