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C. De la vitesse que doit avoir le cylindre qui reçoit

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les graphiques. — Il est très-important d’être fixé sur ce point, car un même mouvement enregistré par le même levier donnera des courbes différentes d’aspect selon que le cylindre tournera plus ou moinsjvile.

FlC. 07. — Secousse musculaire enregistrée avec Iroia vitesses difleienlca du cylindre.

Ainsi la courbe a (fig. 07), enregistrée sur un cylindre qui tourne avec une vitesse de moins d’un centimètre par seconde, devient <1 si la vitesse est décuple, à " si la vitesse est quarante fois plus grande.

Mais on ne saurait, avec un cylindre qui n’aurait qu’une seule vitesse, faire toutes les expériences de la myograpbic ; le cylindre doit, dans certains cas, tourner vite, lorsque par exemple on cherche à apprécier les courtes durées ; d’autres fois il faut tourner lentement lorsqu’on veut enregistrer un grand nombre de mouvements dans un petit espace.

Le régulateur de Foucault (lig. 68) fournit quatre vitesses différentes qui répondent assez bien à tous les besoins de la myographie.

L’appareil d’horlogerie est composé d’une série de rouages qui possèdent des vitesses de rotations diffé-

MYOGRAMME.

rentes. Tous les axes tournent avec la parfaite unifor-

mité qui est la qualité si précieuse de cet appareil; mais le premier tourne en une’ minute, le deuxième en dix

secondes, le troisième en une seconde et demie. Enfin, le quatrième axe, celui qui porte le volant, fait huit tours par seconde. En prolongeant ces axes au dehors des platines qui enferment les rouages, je trouve en chacun d’eux un moteur régulier sur lequel j’adapte mon cylindre, et qui me fournit la vitesse dont j’ai besoin.

Le cylindre que j’emploie a 42 centimètres de circonférence, ce qui fait que la durée d’une seconde, comptée sur l’abscisse, donnerait les longueurs suivantes pour chacune des quatre vitesses fournies par l’appareil :

1" axe, la seconde 0m,007

2e id., id 0m,0â2

3* id., id 0m,28

4« id., id 3”, 36

Assurément on pourrait proposer des vitesses différentes de celles que j’indique, on en pourrait sans doute trouver de plus commodes pour les différentes expériences. Mais je crois que c’est un grand avantage d’employer un appareil qui existe déjà et que l’on trouve tout construit et réglé, de telle sorte que tous les appareils soient comparables entre eux. Aussi j’engage ceux d’entre vous qui voudront entreprendre des recherches de inyographie, à se servir de ce régulateur (t) et à donner au cylindre qu’ils emploieront le diamètre de 42 centimètres que plusieurs expérimentateurs ont déjà adopté.

(t) Cet appareil se trouve chez M. Sécrélan, quai de l'Horloge, au coin du Pont-Neuf.

MYOGRIPIIIE.

D. De la disposition qu’il faut donner aux graphiques pour faciliter leur comparaison. — Lorsque l’on compare deux figures géométriques, pour constater facilement la moindre dissemblance entre elles, on cher- ’ chc à les superposer l’une à l’autre; on voit aussitôt si les traits dont elles sont formées se recouvrent exactement ou s’ils se séparent en quelques points.

Le même procédé peut servir en myographie pour apprécier la moindre différence entre deux graphiques fournis par un muscle. Supposons qu’on enregistre sur le cylindre les secousses que donne le muscle lorsque son nerf est excité par des courants induits d’intensités égales. Un premier graphique étant obtenu au premier tour du cylindre, la pointe écrivante qui termine le levier se retrouvera au second tour du cylindre exactement sur l’origine de ce graphique, et si une nouvelle secousse se produit et présente exactement la forme de la première, la plume traçant cette deuxième secousse repassera exactement dans le trait qu’elle a déjà tracé. La parfaite superposition des deux graphiques prouvera l’identité des deux mouvements enregistrés. Mais s’il y a quelque différence entre les deux mouvements inscrits, les traits qui les enregistrent se sépareront en quelques points.

Pour obtenir la superposition de deux graphiques musculaires, il faut que l’excitation électrique qui les provoque se produise toujours à un même instant d’une révolution du cylindre. Rien de plus facile que d’obtenir ce résultat. Il suffit de planter dans l’un des fonds du cylindre, et près de la circonférence, une goupille de métal qui, à chaque tour, viendra provoquer l’excitation

électrique, en rompant un courant tic pile, par exemple.

Enfin, si l’on veut comparer les uns aux autres un très-grand nombre de graphiques, on risque d’obtenir une contusion dans les courbes si on les superpose absolument. Mieux vaut faire en sorte qu’elles s’enregistrent verticalement les unes au-dessus des autres, séparées par des intervalles constants, assez larges pour empêcher la confusion des traits, assez courts pour que l’œil ne perde pas la facilité de comparer les courbes voisines entre elles. Nous appellerons cette disposition Y imbrication verticale des graphiques.

Fie. 69. — Graphiques de secousses musculaires imbriquées verticalement. — Un diapason enregistreur fournit la mesure des durees absolues de ces mouvements.

Voici (lig. 69) un graphique obtenu dans ces condi

MÏOGliAI'lllli. 230

lions. Il est formé d’une centaine de secousses musculaires dont les débuts se font à peu près sur une même verticale, puisqu’ils sont dus à des excitations électriques provoquées par l’action d’une goupille qui tourne avec le cylindre de la manière que j’indiquais tout à l’heure. l»c plus, afin d’éviter la confusion des courbes, je les ai toutes élevées légèrement les unes au-dessus des autres. Les abscisses elles-mêmes, tracées par le myographe au repos, subissent celle élévation graduelle qu’on obtient par un mouvement d’hélice dont je dois vous indiquer la disposition.

Fie. 70. — Myographe simple.

Soit (lig. 70) le myographe que vous connaissez déjà. Son levier, horizontalement dirigé, frotte par sa pointe

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sur la surface d’un cylindre enfumé qui tourne autour d’un axe horizontal, dans le sens indiqué par la flèche qui est dessinée sur ce cylindre. Négligez par la pensée la fonction du myographe, et supposez son levier immobile. 11 est évident que la pointe tracera un cercle sur la surface tournante, et qucrà chaque tour, la ligne tracée sera la même, la pointe repassant toujours dans le même trait. Mais vous voyez que le myographe est porté tout entier sur un chariot qui marche dans le sens indiqué aussi par une flèche, et roule sur un chemin de fer parallèlement à l’axe de rotation du cylindre. On conçoit, dès lors, que la pointe du levier ne repassera jamais dans le même trait, mais qu’elle décrira autour du cylindre une hélice d’un pas très-fin ou trèslarge, suivant le rapport de la vitesse du chariot avec celle du cylindre.

C’est cette disposition qui a été employée pour obtenir la figure 69. Le chariot marchait assez lentement pour ne donner entre les tours de l’hélice que les intervalles nécessaires pour éviter la confusion des traits. L’hélice ainsi obtenue correspond à une série de lignes droites très-serrées, quand le papier qui recouvrait le cylindre est étalé sur un plan. L’écartement que l’on observe entre les parties droites de ccs lignes s’observe aussi dans la partie onduleuse qui constitue les graphiques musculaires.

Avant d’aborder l’exposé des différentes dispositions que l’on peut donner aux graphiques pour faciliter leur comparaison, je veux attirer votre attention sur l’ex-

MYOGIUPIHE.

trême régularité de la figure 69. On y voit la secousse musculaire subir de bas en haut, c’est-à-dire du commencement à la fin de l’expérience, des modifications tellement lentes et tellement graduelles, que le parallélisme des courbes en semble à peine altéré.

Pour reproduire fidèlement la figure originale que m’avait fournie l’appareil, j’ai dû la photographier sur le bois, qui a été ensuite gravé : c’est un procédé que je vous recommande pour éviter autant que possible l’intervention de la main humaine dans la reproduction des graphiques en biologie. Bientôt, sans doute, les procédés d’héliographie viendront supprimer entièrement le décalque et le burin, qui ne peuvent qu’altérer la régularité des figures.

Ce n’est pas une inutile préoccupation que de rechercher dans les graphiques la régularité. Un graphique régulier indique toujours une bonne expérience. Il prouve à la fois que les appareils étaient parfaitement exacts et que les conditions dont on étudiait l’influence ont été méthodiquement graduées.

MARF.Y.

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