‹ Du mouvement religieux en AngleterreChapitre 5 sur 33 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

SOMÎIIAIRE,

Progrès de la toi. — Aciiviié des catholiques. — Leur nombre et leur influence. — Églises , chapelles et couvents récennnenl construits. — Généreux sacrifices des familles riches. — Renaissance de Part chrétien. — Les travaux du célèbre architecte W, Pugin encouragés par le Souverain-Pontife. — Les trappistes du Leice%lershire. — Statistique religieuse des huit vicariats apostolique*». — Le nombre de leurs missionnaires , de leurs monuments religieux, de leurs collèges et établissements de charité. — L'Ordre des Passionnistes cl l'Ordre fondé par le docteur Kosmini.

L'émancipation avait ouvert une ère nouvelle : les jours d'intolérance brutale avaient passé. Mais le catholicisme, k qui quelques années de liberté avaient suffi pour prendre un développement considérable, devait encore être menacé par le fanatisme protestant. Quand , dix années après 1 émancipation, les réformés firent un retour sur le passé, ils s'aperçurent que les catholiques, qui, il y avait quatre-

vingls ans, comptaient parmi les habitants du pays dans la proportion d'un sur cent quarante, entraient déjà pour un huitième dans la population. Celte progression fit jeter un cri d'alarme aux protestants, et l'on entendit leur principal organe dans la presse demander le rétablissement des lois pénales.

< Le fait est, disait le Times 'en 1859, que les lois t pénales n'étaient* ni irréfléchies ni vindicatives ; elles t présentaient dans le sens rigoureux du mot des statuts « défensifs et protecteurs; elles étaient comme autant de t barrières élevées contre le retour de cette peste qui e avait été écartée avec tant de diflicullés, c'esl-a-dire € la perfidie sauvage et la désolante suprématie de prê- « très papistes placés avec terreur sur un ou deux mil- € lions de barbares pour les tenir dans Tesclavage. >

La conduite des ennemis du catholicisme révéla aux enfants de l'Église ce qu'ils avaient a espérer. Ceux-ci comprirent l'influence qu'ils allaient acquérir. Ils continuèrent leur œuvre en silence , laissant leurs adversaires disposer leurs légions contre l'envahissement du papisme. Les réformés reçurent pour mot d'ordre : Tout protestant doit être prêt à faire son devoir.

Les années qui suivirent l'émancipation s'étaient passées dans une sorte d'élourdissement. Personne n'osait se prononcer sur les conséquences de cette grande mesure. Mais dès qu'elle eut porté ses premiers fruits, les récriminations et les criailleries commencèrent. Au milieu du bruit confus de quelques-uns et delà stupéfaction des autres , les catholiques ont opéré leur réorganisation religieuse ; ils ont grossi leurs rangs ; ils ont couvert

VAoglelerre d'églises et de chapelles; ils ont rétabli les couvents d'hommes et de femmes, fondé des confréries pieuses , des asiles pour soulager les infortunes; ils ont puisé dans la religion des inspirations pour régénérer les arts; ils ont renouvelé les prodiges que le moyen âge a légués a notre admiration et à celle des générations futures. Mais nous avons besoin d'entrer ici dans quelques détails et de préciser les faits.

L'Angleterre et le pays de Galles qui, en 1792, comptaient 35 chapelles, en possèdent aujourd'hui 500, parmi lesquelles des églises d'une riche et vaste construction, qui ont été élevées dans ces dernières années. Les plus remarquables sont la cathédrale de Birmingham et l'église de Saint-Georges a Londres. La pose de la première pierre de la cathédrale du district central eut lieu en 1859 ; ce fut un événement auquel les protestants n'assistèrent pas sans émotion. Ce district a vu s'ouvrir de nombreux établissements religieux et s'opérer des prodiges de la grâce, qui sont comme une manifestation évidente des bénédictions extraordinaires que le Seigneur a répandues sur les travaux incessants du vénérable prélat à qui est confié le soin de celte portion de l'Angleterre. En J858, le vénérable évéque de ce vicariat, monseigneur Walsh , reçut 692 abjurations. Dans presque toutes les parties de cet important district, de nouveaux temples ont été bâtis, des congrégations de fervents adorateurs se sont formées là où le vrai culte de la divinité était oublié , depuis qu'une main passionnée et orgueilleuse avait enlevé au peuple le dépôt de celte foi qui , pendant onze cents ans, avait été l'objet de son orgueil et de sa gloire. On a

aussi érigé des couvents et des monastères, où, selon la pratique des anciens temps, la soif et la faim sont rassasiées, où la nudité trouve des vêtements, et le pauvre délaissé un abri ; là , le baume de la consolation est répandu dans les âmes alfligées; la, des prières et des sacritices sont sans interruption offerts au Dieu vivant. De raagniliques maisons d'éducation et des écoles élémentaires, autrefois l'orgueil de l'Angleterre, s'y élèvent de toutes parts.

Le catholicisme a fait des progrès rapides sous la conduite du digne successeur du D' Milner, ce champion de la foi , dont le nom sera toujours cher au chrétien et au savant. 11 y avait cependant une portion du diocèse du D'Walsh qui, dans la proportion de son intluence, n'avait pas pleinement participé a ces bienfaits. Birmingham avait vu tripler son importance ; des milliers de catholiques y avaient grandi , et , nonobstant tout ce qui avait été fait par les prêtres chargés de cette mission , on regrettait qu'il n'y existât pas un temple digne de la localité et proportionné au nombre des (idèles. Pour obvier a cet inconvénient, et afin de rendre, autant qu'il était possible, le centre de l'Angleterre un centre d'attraction catholique , le D' Walsh conçut le projet d'ériger a Birmingham une église qui surpassât en splendeur toutes celles de l'Angleterre. Ce projet , communiqué aux catholiques de la ville, il y a environ sept ans, fut pris en considération, mais n'eut pas d'autre suite. En 1858, des circonstances favorables s'étant présentées , on reprit le projet, et un comité fut désigné pour seconder les pieuses intentions du pasteur.

Un architecte, aujourd'hui célèbre, converti lui-même à la foi de ses ancêtres, M. A. W. Pugin , dont nous aurons occasion de parler plus loin , fut chargé de dresser les plans de la nouvelle cathédrale. Son projet excita l'admiration des catholiques. On vit naître au milieu d'eux une pieuse émulation, digne des premiers temps du christianisme. Le saint cvêque souscrivit en tête de la liste pour la somme de 2,000 l. (50,000 fr.), et bientôt les généreuses donations du comte de Shrewsbury et d'un grand nombre d'autres vinrent donner l'exemple et encourager la souscription . On fit ensuite parmi les pauvres des collectes hebdomadaires, qui, malgré l'état malheureux du commerce, ne tardèrent pas a étonner et a édilier, tant leur montant excéda ce qu'on en attendait. Les fonds reçus permirent bientôt de mettre à exécution ce grand projet; on diflëra cependant la pose de la première pierre de cette magnifique église jusqu'au 29 octobre 1859, jour où Birmingham fut témoin de la cérémonie la plus grande et la plus solennelle qui y ait été célébrée depuis bien des siècles.

Une procession brillante, formée des diverses associations pieuses et de tous les catholiques de la ville , se rendit dans une salle spacieuse , attenante à la chapelle de Saint-Pierre , sur le terrain où devait avoir lieu la cérémonie. Une foule immense y attendait son arrivée. Les fenêtres des maisons environnantes étaient garnies de spectateurs , et les toits , d'où l'on pouvait apercevoir la procession, étaient couverts de monde. Les fenêtres avaient été louées plusieurs jours auparavant. Le

révérend docteur \Yalsh , revêtu de riches ornements et entouré du clergé, ût, dans la plus grande pompe, les cérémonies prescrites par le rituel romain.

Le révérend docteur Wiseman assistait a cette solennité ; il prit la parole et captiva, par un éloquent discours, l'immense auditoire composé de personnes de diverses croyances religieuses.

Le révérend prélat tira son texte du 29' chapitre du premier livre des Rois, dans lequel David engage les Israélites à offrir avec joie au Seigneur pour la construction de son temple. Après avoir rappelé le noble exemple du saint roi, le zèle avec lequel cet exemple fut suivi par les gouverneurs et le peuple, et l'allégresse avec laquelle le chef d'Israël bénit le Seigneur de ce que le simple présentait ses offrandes de si bon cœur, Téloquent orateur ajouta qu'il était bien juste de se réjouir, en voyant les préparatifs faits en ce lieu pour l'érection d'un temple au Très-Haut ; car, quoique ce temple ne dût pas être construit comme celui de David, avec de l'or, de l'argent et des pierres précieuses, il resplendirait cependant d'une plus grande gloire , consacré qu'il serait a des usages plus purs, a des sacrifices plus saints, a des mystères plus sublimes, t Ce sanctuaire, dit-il dans une autre partie de son discours , sera la maison de prières du juste et du pécheur, la grande salle d'audience dans laquelle le roi des rois prêtera l'oreille à leurs demandes. La grande cour où tous paraîtront devant lui, le riche et le pauvre, l'homme libre et l'esclave , le savant et l'ignorant , le maître et le serviteur, le roi et le su]

Ce sera la salle du conseil où tous seront admis h partager les grâces de sa Providence y suivant qu'il daignera prendre leurs vœux en considération, suivant la nature de leurs supplications , pour des calamités a écarter ou des bénédictions a répandre. >

Les travaux du temple commencèrent, et deux années suffnent a son achèvement : ce fut la première cathédrale élevée depuis la réforme.

Avant l'émancipation , rextérieur des églises catholiques ne devait porter aucun signe indiquant que c'était une place consacrée à un autre culte que celui de l'État. Mais aujourd'hui les cloches appellent comme autrefois les fidèles a la prière , et les églises sont surmontées de flèches légères qui s'élancent comme pour faire violence au ciel.

On remarque dans la cathédrale de Birmingham l'autel de la chapelle de la sainte Vierge, qui est extrêmement riche et dans le style gothique du temps de saint Louis; il porte un tabernacle précieux, en forme de tour ornée de pierreries et des quatre évangélisles en émail. Cet autel est tout couvert de bas-reliefs dorés et peints dans le style chrétien ; de chaque côté sont suspendus des rideaux richement brodés. Les autels des églises d'Angleterre ont des rideaux, comme on en voit dans les tableaux anciens et dans les miniatures. On y voit des triptyques, avec des portes cou vertes de peintures, placés dans les chapelles au-dessus des autels.

M. Pugin a publié, sur la cathédrale de Birmingham, un article fort remarquable dans lequel il expose ses idées sur la construction des églises catholiques. Nous

avons analysé ce travail , qui fait bien connaitrc l'état de l'architecture en Angleterre (1).

Le temps, nous dit-il, est venu, pour les catholiques, de reprendre les traditions architecturales de leurs pères. Ces chapelles de Londres, ùïies fasiilonablesy avec leur éclairage au gaz, leurs planches de bois, leurs calorifères, leurs façades semblables a celles de granges, leurs murailles plus nues que les paroi? de nos vestibules, sont-elles dignes delà majesté de Dieu? Les éghses rurales d'Angleterre fournissent d'excellents modèles k qui les veut étudier ; elles gardent presque toutes des traces encore vivantes de catholicisme. Le peuple des campagnes professait pour sa foi un attachement extrême. Aussi les ministres du nouveau culte jugèrent-ils prudent de le conduire sans secousse a l'hérésie, et mainlinrent-ils longtemps l'appareil extérieur de la religion proscrite. Lorsque Cromwell prit le fastueux titre de protecteur de la Grande-Bretagne, les églises paroissiales de la campagne n'avaient encore subi presque aucun changement dans leurs décorations. Dans- les villes, au contraire, les monuments religieux virent s'altérer rapidement leur physionomie première. Puis, k chaque restauration nouvelle, ils perdirent quelque portion essentielle a leur ornementation. Le fumiste chargé du soin de procurer une tiède température au prédicateur et aux fidèles, entaillait les plus précieuses sculptures pour frayer un passage a ses horribles tuyaux de fonte ; le charpentier, plus fin connaisseur que le pré- Ire, enlevait à son profit les bas-reliefs des stalles et les

(i) Dublin Heview,

panneanx peints des voûtes; le couvreuf s'emparait des crêtes de plomb, découpées en arêtes, des combles; le peintre, en trois coups de son magique pinceau, métamorphosait en marbre de Paros ou de Sienne le chêne noirci par les siècles; le vitrier substituait adroitement l'économique verre dépoli aux riches verrières coloriées; le plâtrier venait a son tour empâter de stuc et de mortier les feuilles des chapiteaux, les lestons des nervures et les bases des colonnes. C'est donc loin des cités qu'il faut, en Angleterre, aller réunir les éléments constitutifs d'une église paroissiale catholique.

L'église doit tourner son chevet vers l'Orient. Le moyen âge taxe d'hérésie l'infraction à cette loi constante. Il y a bien deux siècles que les architectes français ne se préoccupent plus de l'orientation. Cependant rhistoire du comté d'Évreux, par Lebrasseur, nous apprend que, dans les dernières années du dix-septième siècle, vers 1696, l'évéque Jean Potier de Novion lit de longues difficultés avant de se décider h bénir l'église des Capucins de la ville d'Évreux, parce que, contrairement àTusage canonique, les religieux avaient placé leur autel h l'Occident, La règle de l'orientation est, de nos jours, tellement tombée en désuétude, que le lecteur lira sans doute avec curiosité l'exposé des motifs qui l'avaient fait établir. Ils sont au nombre de huit; M. Pugin les a extraits duRationel de l'évoque de Mende, Guillaume-le-Spéculateur, et de quelques autres écrivains mystiques.

L'Orient a toujours été le théâtre privilégié des prodiges. L'étoile qui apparut aux Mages pour les guider â la crèche de Bethléem, commença \\ briller dans les récrions

de rKst. Nous devons reporter avec amour nos regards et nos cœurs vers la Terre-Sainte, où le Verbe s'est fait chair pour habiter parmi nous. Le Sauveur est la lumière du monde; TOrient est la figure de cette lumière incréée. Sur la croix, Jésus regardait l'Occident; la croix, placée sur l'autel du côté de l'Est, fait face au peuple chrétien rangé dans la nef occidentale, et lui rappelle ainsi la mystérieuse disposition du Calvaire. Au jour de la Pentecôte, les flammes de l'Esprit-Saint descendirent de l'Orient sur le cénacle. Les Apôtres se tournaient vers l'Est pour prier. En priant de la même manière, le fidèle se distingue de l'hérétique et de l'infidèle qui prient indifféremment tournés vers tous les points du ciel. Enfin, suivant une immémoriale tradition, c'est de l'Orient que le Christ viendra juger les vivants et les morts.

D'après l'ancien usage, les sépultures catholiques se pressaient en lignes serrées autour de la maison de prière. L'Église voulait par la faire comprendre a ses enfants que la prière est un lien de communion entre les vivants et leurs frères trépassés. Plus délicats que leurs ancêtres, les timides chrétiens de nos jours redoutent la pensée de leur fin dernière, et s'efforcent d'éloigner de leurs yeux tous les signes qui pourraient leur rappeler, d'une manière trop frappante, la sombre image de la mort. Les cimetières ont été rejetés loin des églises; ils sont devenus de vrais jardins où chaque culte a son parterre. La déplorable manie d'emprunter au paganisme ses emblèmes vermoulus, peuple les nouveaux cimetières d'urnes, de cassolettes fumantes, de colonnes tronquées, d'invocations aux mânes, de lamentables adieux, comme en adressent à

leurs compagnons d'armes les héros d'Homère ou de Virgile. Sur une lombe que le vieux catholicisme aurait embellie des attributs consolateurs de la joyeuse résurrection, le puritanisme moderne érige une chouette criarde ou un noir hibou, perché aux branches d'un cyprès. Le cimetière s'annonçait jadis au loin par une haute croix de pierre, construite au sud-ouest de l'église ; il reste encore quelques vestiges de semblables croix, qui datent du temps de l'heptarchie saxonne.

Le signe le plus caractéristique de tout édifice chrétien est le clocher. L'architecture saxonne avait fait de la tour des clochers un de ses éléments essentiels, et la religion anglicane n'a jamais renoncé a cette imposante décoration, qu'elle trouva, comme tant d'autres nobles dépouilles, dans l'héritage du catholicisme. Une haute flèche élevée sur la plateforme doit monter hardiment vers le ciel ; elle dit de loin au voyageur qu'il approche de la maison de Dieu. Les tours des époques modernes, construites au temps de la décadence de l'art gothique, se terminent seules par des terrasses garnies de balustrades. Dans les églises paroissiales, la tour se place d'ordinaire a l'extrémité occidentale de la nef; elle forme un édifice complet, en avant de l'église a laquelle cependant elle se rattache. On construit en ce moment, d'après ce système, de grands clochers gothiques a St-Gilles, a Cheadle, a Saint- George-in-the-Fields de Londres, et à Saint-Osvvâld près de Liverpool. Quand l'église paroissiale est assez importante pour présenter un plan cruciforme, il arrive quelquefois que la tour asseoit sa base au-dessus du transept, au point d'intersection des quatre branches de la croix.

Mais cette disposiiion, très-commune en Normandie, élaii rare en Angleterre, et n'a point été remise en «sage. Il y a aussi quelques exemples de clociiers construits h l'une des extrémités du transept. Le beflVoi en charpente, élevé sur le comble de l'abside dans la plupart des églises, était destiné seulement a renfermer la cloche du sanctits. Ces diversités dans les places assignées aux tours, nous démontrent avec quelle facilité nos devanciers savaient se plier aux circonstances. Us luttaient corps a corps avec les difficultés, et souvent les irrégularités les plus graves devenaient pour eux l'occasion de produire des chefs-d'œuvre inattendus. Les palliatifs, les demi-mesures leur inspiraient une insurmontable répugnance. Jamais des artistes de cette portée n'auraient imaginé d'élever un mur pour masquer un toit, ni de déguiser une cheminée en un vase de fleurs. Chez eux tout était nettement accusé, et les détails les plus vulgaires en apparence venaient contribuer, parleur originale décoration, à l'effet pittoresque de l'ensemble.

Un porche s'ouvre au sud de l'église, à la hauteur de la seconde travée de la nef. Ce porche se rencontre quelquefois, mais par exception, au nord ; il n'en existe qu'un très-petit nombre qui regardent l'ouest. La nécessité de les abriter de la pluie et du vent a marqué leur place au midi ; quand ils en occupent une autre, il faut chercher la cause de celle singularité dans quelque disposition particulière du terrain qui porte l'église. Les porches, situés a l'occident, ont tous en beaucoup a souffrir de Finclémence des saisons. Souvent le porche se compose de deux étages de voûtes superposées ; dans ce ras, la

partie supérieure sert d'école, de bibliothèque, de magasin ou de logement pour les gardiens de rédifice sacré. La partie basse du porche était affectée a diverses cérémonies, que certaines idées d'impuretés légales semblaient défendre de célébrer dans l'intérieur du temple. C'est là que se faisaient les exorcismes du baptême et les relevailles des femmes nouvellement accouchées. L'enfant ne pouvait entrer dans l'église qu'après avoir été délivré de l'esprit du mal; la femme, devenue mère, n'y était point admise avant d'avoir subi la purification religieuse. La première partie de la cérémonie du mariage avait aussi lieu sous le porche, et les pénitents s'y plaçaient pour entendre la messe pendant le carême. Le porche contenait lesbénitiers. D'après l'usage primitif, le chrétien devait prendre l'eau sainte au moment de son entrée dans l'église, afin d'y arriver pur; mais on regardait comme une pratique abusive l'habitude de prendre encore l'eau bénite avant de sortir pour retourner à la vie commune. Le porche était en même temps un lieu de sépulture. Nos pères ont vu des personnages, appartenant aux rangs les plus élevés, demander humblement à être inhumés au seuil de l'église. C'est ainsi que le grand Talbot voulut être enterré sous le porche de l'éghse deWhitechurch. Les fidèles sont donc tenus de porter le plus religieux respect au porche de l'église. Il y a une grave profanation à transformer ce lieu vénérable en boutiques d'images, de rosaires ou de chapelets. Le célèbre écrivain ecclésiastique Thiers rapporte à ce sujet des faits très-intéressants ; il parvint, à force de réclamations, a convaincre les chanoines de Notre-Dame de Chartres, qu'il fallait purger

les portiques de leur caihédrale des marchands qui encombraient les avenues de l'église. Que le prêtre catholique se remette donc en mémoire l'expulsion des marchands du temple de Jérusalem. Le fils de Dieu chasse des portiques les vendeurs d'offrandes tout aussi bien que les changeurs. Bannis des porches, les comptoirs iront se réfugier entre les contreforts de l'église; c'est pour le prêtre un devoir de les y poursuivra encore. Les ruses du trafic et les infamies de l'usure ne doivent point salir lés murs de la maison de celui qui a dit : * Ma maison est une maison de prière. »

En pénétrant dans l'éghse par le porche méridional , le premier objet qu'on rencontre est la cuve destinée aux baptêmes. Elle est ainsi placée, presque sur le seuil, parce qu'il faut avoir élé régénéré par l'eau et l'Esprit pour entrer dans l'assemblée des fidèles. Les anciens fonts baptismaux sont en pierre ou en plomb, et presque tous d'une grandeur suffisante pour servir au baptême par immersion. Un couvercle en bois, souvent décoré d*un dais et de pinacles très-élevés , garantit Teau sainte des insectes et de la poussière. En France, l'église de Saint- Romain , h Rouen , possède en ce genre un très-joli monument sculpté au seizième siècle. Les fonts baptismaux les plus magnifiques de toute l'Angleterre se voient à Saint-Pierre de Norwich. Dans la nouvelle église catholique de Saint-Gilles, les fonts seront placés dans un baptistère tout spécial, complètement fermé, et construit à l'Occident du bas-côté méridional , à peu de dislance du porche.

La nef et ses collatéraux étaient réservés au peuple chré-

lien. Tant que se conservèrent les traditions primiiives de l'Église latine, encore observées de nos jours dans l'Église grecque, les sexes furent séparés. Les hommes occupèrent d'abord le haut de la nei\ tandis que les femmes se tenaient dans la partie h plus rapprochée de la porte. Plus tard on plaça les hommes du côté de l'Evangile , et les femmes du côté de TEpître. Cette pratique si conforme k la décence qu'exige le lieu saint , est tombée en désuétude. Il paraît qu'au treizième siècle , il existait en Angleterre de graves abus dans la distribution des places pendant les cérémonies sacrées. Le moindre possesseur de fief prétendait avoir droit a une place réservée, et le peuple se trouvait comme évincé de l'église. Ainsi, en 1228 , un décret du synode d'Exeter défendit indistinctement aux fidèles de réclamer aucune place privilégiée dans les églises : le premier arrivé devait choisir la place qui lui semblait le plus convenable. Il ne fut fait d'exception que pour les patrons, les fondateurs et les seigneurs des paroisses.

L'usage des chaises n'a point été admis dans l'Eglise anglaise. Des bancs sont rangés symétriquement dans toute la longueur de la nef. Il arrive quelquefois que l'ornementation de ces bancs le cède h peine en richesse aux stalles du chœur. Ainsi, a Warksworth-Church les paroles du Credo se découpent a jour sur les dossiers des sièges ; la représentation des mystères chrétiens et les effigies agenouillées des donateurs sont sculptées sur les clôtures qui ferment les différentes rangées de bancs. Ce système de décoration n'existe en France que dans un très-petit nnmbre d'églises rurales; et encore est-il fort

rare que les bancs soient rehaussés de sculptures remarquables.

Les nouvelles églises construites en style gothique possèdent de vastes nefs. Celle de Saint-Georges, de Londres, par exemple, se développe sur une longueur de huit travées, et celle de St-Gilles, a Cheadie, n'est guère moins étendue. Un pupitre en bois ou en pierre, destiné a la récitation de certaines prières, est placé dans un lieu éminenl de la nef contre un pilier. Quelquetois il est adossé au premier pilier du chœur, et dans ce cas le prêtre y parvient par l'escalier du jubé. Dans la plupart des églises anglaises, la nef dépasse le chœur en élévation. Des peintures couvrent alors la portion de mur resté lihre au-dessus du grand arc de l'entrée du chœur. Le sujet ordinairement choisi était la redoutable scène du jugement universel, que les fidèles avaient ainsi sans cesse devant les yeux. La nef, image de la vie humaine, se terminait , comme finiront toutes choses , par la figure du solennel dénoûraent des mystères de l'humanité. Les protestants effacèrent le plus grand nombre de ces peintures, sous le règne d'Edouard VL Cependant on vient d'en découvrir un très-curieux exemple dans l'église de Coventry. Une croûte épaisse de badigeon a préservé pendant trois siècles cet ouvrage grossier de travail, mais d'une composition pleine d'intérêt pour Ticonographie chrétienne.

Aux extrémités des collatéraux s'élevaient de petits autels. Celui du Nord était souvent dédié au patron de l'église , et celui du Midi presque toujours 'a la Vierge. L'autel de la mère du Christ n'avait-il pas en effet sa

place marquée dans la partie de l'église ancienuenient réservée aux femmes. Quelques vieilles églises paroissiales, aujourd'hui alfectées au culte de l'Eglise établie, conservent encore de charmants modèles des clôtures a jour qui environnaient autrefois les autels latéraux ; mais les autels eux-mêmes n'ont trouvé grâce nulle part devant Je fanatisme des sectaires.

L'usage d'une séparation entre le prêtre ei le peuple date des premiers temps du christianisme. Dans le temple de Jérusalem , un voile impénétrable ne permettait a aucun regard profane de pénétrer dans le Saint des Saints. L'ÉgUse chrétienne jugea prudent aussi de ne pas exposer a des yeux charnels la célébration du divin sacriiîce. De là l'origine des voiles d'abord, et plus tard des jubés. Les jubés anglais sont généralement construits en bois, avec des panneaux pleins jusqu'h une hauteur d'environ trois pieds, et percés a jour dans leur partie supérieure. L'entrée et la boiserie des portes sont également à claire voie. La hauteur des jubés varie entre huit et quinze pieds ; leur épaisseur est égale a celle du grand arc qui forme l'entrée du chœur. Quelques églises possèdent des jubés travaillés avec un luxe extraordinaire ; les ornements sculptés en relief sont enrichis de peintures et de dorures; des figures de saints et de martyrs entaillées dans le bois des panneaux complètent la décoration. Quel ensemble admirable ne devaient pas offrir les églises, quand ces éclatants jubés s'élevaient sous un ciel d'azur et d'or, au milieu d'incrustations en terre cuite des plus vives couleurs, des murailles couvertes de fresques, de voûtes chargées d'emblèmes héraldiques , d'autels rehaussés de

riches tapisseries, de verrières éblouissantes toutes semées de merveilleuses légendes! Notre siècle positif et froid a peine à comprendre le zèle des vieux chrétiens du moyen âge pour la maison de Dieu.

A dater du dix-septième siècle , les architectes français commencèrent une guerre à mort contre les jubés, prétendant que ces clôtures privaient le peuple de la vue des cérémonies et coupaient d'une manière fâcheuse la perspective des grandes nefs. Ainsi sont tombés les jubés de Meaux , de Senlis , de Noyon , de Laon , celui de Notre- Dame de Paris et celui de Sainl-Germain-l'Auxerrois, que n'ont pu sauver ni le nom de Pierre Lescot ni le souvenir de Jean Goujon. Ailleurs, comme dans les Notre-Dame de Chartres et d'Amiens, de lourdes murailles sont venues masquer complètement le chœur, dont les fidèles apercevaient du moins jadis les splendeurs à travers les ogives des jubés gothiques. L'église de Saint-Étienne-du-Mont est la seule a Paris qui n'ait pas laissé périr son jubé. La proscription qui pesait sur ces monuments n'est cependant pas levée encore. Un architecte a bien osé proposer la démolition de l'admirable jubé de Sainte-Cécile d'Alby, Tun des plus rares joyaux de la France méridionale.

Dans les églises anglaises, une galerie couronne le jubé; deux escahers en spirale y conduisent. Le diacre y monte pour chanter l'Évangile. Le Vendredi Saint on y chante toute la Passion. C'est aussi la qu'on chante le graduel et quelques autres portions de la messe. Les leçons s'y lisent aussi quelquefois, et les époques des fêtes solennelles y sont proclamées devant le peuple. Aux grands jours de fêtes, on couvre les galeries de flambeaux

allumés. A Noël et k la Pentecôte on les orne de branches de houx et de guirlandes.

Dans la plupart des églises catholiques changées en temples protestants , a Westminster, par exemple , un buffet d'orgues surmonte le jubé. L'édifice se trouve alors réellement coupé en deux parts, puisque les orgues montent souvent jusqu'aux voûtes. Mais dans les églises catholiques fidèles à leur consécration primitive, le jubé porte comme une radieuse couronne l'image de Jésus crucifié , accompagnée des statues de la Vierge et de saint Jean. La victorieuse croix est presque toujours fleuronnée et décorée de quatre feuilles que remplissent les emblèmes des évangélistes ; les docteurs et les pères de l'Eglise, sublimes interprètes des prophéties et des Évangiles, figurent souvent sur le revers de la croix. Le Christ a toujours les bras étendus, pour montrer qu'il assume les péchés du monde entier, et qu'il appelle tous les hommes, le Juif comme le Gentil , au bienfait de la Rédemption. Les images de Notre-Dame et de saint Jean sont de moindre proportion que celle du Sauveur; l'artiste s'efforçait d'exprimer par ce symbole la majesté divine et l'infériorité de la créature même la plus sainte. C'est ainsi que les œuvres de ces siècles prétendus barbares s'adressaient en même temps aux yeux et a l'intelligence. Aussi la vieille croix saxonne, avec ses emblèmes émaillés, ofïre-t-elle encore au peuple un bien autre sujet d'édification que tous les crucifiements anatomiques des temps modernes. Au-delà du jubé, s'étend le chœur. La s'accomplit le sacrifice de propiiiation. Ce lieu était autrefois l'objet

d'une vénération telle, que les laïques n'y devaient point entrer, surtout pendant la célébration des saints mystères. Aujourd'hui , il en est tout autrement. L'Église, comme le théâtre , se construit d'après ce principe que le problème dont l'architecte doit d'abord chercher la solution, consiste a faire contenir le plus de monde possible dans le plus petit espace donné. Il en résulte que le célébrant est a chaque instant coudoyé par les fidèles, et qu'il peut à peine exécuter les prescriptions liturgiques du missel. En avant de l'autel , du côté de Tépître, trois sièges, j)lacés sous un pareil nombre d'arceaux, doivent être disposés pour le prêtre, le diacre et le sous-diacre qui s'y viennent asseoir pendant le chant du Gloria et du Cr^f/o. Autrefois, dans les messes solennelles, l'ofticiant s'asseyait aussi pendant l'épître. Quelquefois, comme à l'abbaye de Westminster, les sièges sont au nombre de quatre, le dernier est alors réservé à un prêtre assistant. Sculptés pour la plupart en pierre, quelquefois en bois, ces sièges déploient en général un singulier luxe de figures et de feuillages. L'Angleterre en possède un grand nombre de modèles magnifiques. Ils se rencontrent plus rarement en France. On en connaît cependant un trèsbel exemple dans la vieille cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges ; les trois sièges conservés dans cette église sont des chefs-d'œuvre de la renaissance. Les protestants, détracteurs ignorants des usages catholiques, prétendent que ces sièges ont dû servir de confessionnaux. La seule difficulté que soulève ce système, c'est qu'il n'existait pas de confessionnaux dans les anciennes

églises anglaises. Le prêtre , assis sur un banc, dans quelque chapelle de l'église , entendait le pénitent agenouillé devant lui, comme on le peut voir dans une foule de miniatures du moyen âge.

Le sacraire était une petite niche placée entre les sièges des célébrants et le mur oriental de l'église. Il se composait d'une tablette destinée aux burettes, et d'un bassin percé d'un conduit qui allait se perdre sous terre. Les plus anciens sacraires, comme a Lincoln et à Salisbury, présentent un double bassin , qui recevait d'un côté l'ablution d'i Lavabo, et de l'autre les aWutions du calice que les prêtres ne buvaient pas alors , comme ils sont obligés de le faire aujourd'hui. La vieille rubrique voulait que le prêtre allât se laver les mains au sacraire , et non pas à l'angle de l'autel : « Eat ad piscinam sacerdos dicens^ lavabo; reversus dicat, in spiriiu liumilitatis , etc. » Depuis que s'est introduit l'usage de consumer les ablutions du calice, un des deux bassins, devenu inutile, a été fermé, et les sacraires plus récents n'ont qu'une seule piscine.

Telles sont les règles suivies par M. Pugin dans la construction et la disposition intérieure des églises dont il a déjà enrichi l'Angleterre.

Le district du centre, qui possède la cathédrale de Birmingham , est fier des productions de cette architecture renaissante. Les comtés qui le composent semblent favorisés par-dessus tous les autres. Il est vrai que, placés au cœur du pays, ils sont peut-être destinés à porter ensuite la régénération dans les comtés voisins. C'est

dans celle partie de l'Angleterre que les conversions ont été plus nombreuses ; c'est Ih que sont venus s'établir l'ordre des religieux Passioiinistes et Tordre de Charité; ce sont les environs de Birmingham qui s'enorgueillissent du beau collège et séminaire de Sainte-Marie (Oscotl) ; c'est de ce même centre qu'Oxford imprime le mouvement intellectuel qui ébranle les plus fermes remparts de l'anglicanisme ; c'est là encore quebrille, dans la personne de Mgr Wiseman, la science catholique, que le manoir de Gràce-Dieu répand les continuels bienfaits qui font bénir par toutes- les populations de ses environs le nom de L. A. Phillipps ; enfin, c'est aussi dans les montagnes de Leicestershire que les trappistes ont fixé leur première résidence, que s'est élevé le premier monastère des vertueux enfants de saint Bernard.

A quelque distance de Lougborough (Leicestershire) , sur le Mont-Saint-Bernard que couronnent d'énormes rochers d'un magnifique granit et qu'entoure un vallon profond , apparaît un monastère où de fervents religieux consacrent tous les instants de leur vie a bénir Dieu , a le prier pour le salut et le bonheur de leurs frères , et à soulager une multitude de malheureux, qui, sans eux, n'auraient ni pain ni vêtements. C'est ce Mont-Saint- Bernard que de saints religieux , forcés en 1831 de quitter la célèbre abbaye de Meilleraye, choisirent pour y vivre loin du monde, s'y livrer à un travail de tous les jours , et pour donner a l'Angleterre les beaux exemples des vertus sublimes qu'inspire la religion. M. PhiUipps, cet homme si recommandable par ses vertus, et si

connu par son zèle pour la propagation de la foi catholique, donna a cette communauté naissante le terrain qu'elle possède , et , avec les dons réunis des fidèles de l'Angleterre, on bâtit un superbe monastère qui n'est point encore entièrement achevé. Placés au milieu de pays protestants, au centre de la Grande-Bretagne, ces fervents trappistes, qu'une foi pure anime et qu'embrase une charité généreuse pour la conversion, le salut et le bonheur de tous, ne cessent de rendre d'importants services à ces belles contrées , autrefois si heureuses sous le doux empire de la foi catholique.

Le monastère du Mont-Saint-Bernard a été fondé en 4835; depuis cette époque, les prolestants eux-mêmes viennent en grand nombre admirer les vertus des pieux enfants de l'illustre de Rancé. On sait avec quel zèle ces hommes pieux remplissent les fonctions du saint ministère, et répandent sur les populations les consolations et les bienfaits de la religion. Combien de fois ne les a-t-on pas vus adresser aux mourants les paroles de vie, ranimer leur confiance expirante et ouvrir les cieux a ceux qui , sans la charité tendre et généreuse des bons religieux du Mont-Saint-Bernard , seraient morts sans consolation et sans espoir!...

De toutes parts on vient visiter cet asile de la pénitence et de la prière. Les ennemis du catholicisme et des ordres religieux ne peuvent se défendre d'exprimer leur étonnement et leur admiration en voyant l'ardeur avec laquelle ces pieux trappistes se livrent au travail. Frappés et édifiés par tant de vertus , ils reviennent de leurs préjugés ,

et reudeiU giàces a Dieu d'avoir inspiré a ces fervents cénobites de venir se fixer au milieu d'eux.

Qu'il est beau de voir ces hommes, qui ne veulent que la gloire de Dieu et le bonheur de leurs frères , descendre du Mont-Sainl-Bernard , chargés de pain pour l'orphelin et de soulagements pour les malades, aller réunir les enfants pour les instruire et les bénir, a l'exemple de l'Homme-Dieu î Oh! avec quelle bonté, avec quelle sollicitude ces bons religieux inspirent a Tenfance les enseignements si doux , si purs et si sublimes de la religion !

Avant l'arrivée des trappistes , le Mont-Saint-Bernard était stérile , couvert de ronces et d'épines ; la main de l'homme n'avait point encore défriché ce lieu solitaire : il était réservé aux laborieux et fervents trappistes de féconder par leurs sueurs une terre jusqu'alors aride , et de couvrir de belles maisons celte montagne, jusqu'alors inhabitée.

Trop longtemps on a calomnié les ordres religieux , en disant qu'ils étaient inutiles à la société. Aujourd'hui même, bien des personnes regardent les trappistes comme des hommes oisifs , passant leur vie dans le silence, uniquement occupés de la prière. Il suffit de visiter les maisons des trappistes pour revenir de ces préjugés. Qui n'admirerait Tardeur infatigable avec laquelle ces pieux religieux se livrent aux travaux les plus pénibles ? Non-seulement ils se nourrissent de leur travail , mais encore ils soutiennent et nourrissent cette multitude de pauvres qui viennent tous les jours solliciter des secours

d'une charité ingénieuse et ardente , qui jamais ne leui' a fait défaut.

Assurément si le Mont-Saint-Rernard, aride depuis tant de siècles , est aujourd'hui couvert de productions diverses et de riches moissons , c'est bien grâce au travail opiniâtre et aux sueurs abondantes des bons trappistes.

Le district de Birmingham n'était pas le seul où les catholiques opéraient des prodiges de désintéressement et de piété. L'élat du vicariat de Londres, les heureux changements qui s'y sont opérés, surtout depuis 1855, méritent d'être mentionnés.

Dans le court espace de quelques années, six anciennes chapelles ont été agrandies par la construction d'ailes adjacentes ou de galeries; ce sont !es chapelles de Hamniersmith , de Kensington , de Chelsea , de Gosport , de Portsea et de Southampton.

Quatre vastes églises ont été bâties, en remplacement des petites chapelles de Bermondsey, Brighlon , Reading et Jersey.

Huit missions ont été définitivement établies, et huit chapelles ou églises nouvelles ont éié élevées k Saint- John's-Wood , Colchester, Brentwood, Islington , Tunbridge-Wells , Dover, Croydon et Crayford.

Dix autres missions ont été commencées, et sont t'Cmporairement desservies a Wimbledon , Wandsworth, Parson's-Green , Saint-Léonard, Saiïron-Hill, Deplford, Gravesend, Hackney, Saint-Alban, Deal et Chehnford. Dans plusieurs autres de ces localités, des terrains sont déjà achetés pour la construction de chapelles.

Nou^ devons signaler aussi la vaste et magnifique église de Saint-Georges , maintenant en construction à Londres. Ce sera le plus beau monument religieux qui , avec la cathédrale de Birmingham , ait été bâti en Angleterre. Une nouvelle église (Saint-Pierre) a été consacrée à Woolwich. Des églises vont être commencées dans la partie Est de Londres (commercial road) et a Guernesey. Les terrains pour ces constructions sont déjà achetés.

En 1836, le nombre des prêtres dans le district de Londres était de 91; il est aujourd'hui de 155, ce qui donne une augmentation de 44 missionnaires.

Quant aux écoles où sont admis les enfants des catholiques pauvres, depuis quatre ans, de vastes établissements ont été formés dans Londres, qui reçoivent 1,400 enfants. Il existe, en outre, des écoles a Saint-John's- Wood, Isiington, et a Bermondsey. En 1842, le nombre des enfants catholiques instruits gratuitement dans Londres et ses environs a été de 7,409. Nous ne comprenons ici ni les écoles du dimanche, ni les écoles particulières, qui rendent des services nombreux et signalés.

Depuis quatre ans, quatre communautés de religieuses ont été fondées dans Londres ou ses environs. A Bermondsey se trouve un couvent des sœurs de la Miséricorde; à Hammersmith, une maison des sœurs du Bon-Pasteur ; a Acton , les dames du Sacré-Cœur; et a Isleworth , une maison des sœurs de Charité. Le diocèse de Londres est le premier de l'Angleterre où ces divers ordres se soient établis.

La ville de Londres compte 300,000 catholiques ; les

conversions qui s'y opèrent sont anniieliement de quatre k cinq mille.

Si nous passons ensuite au district dont Mgr W. Wareing est évêque , nous voyons , parmi ses diverses provinces, que le comlé de Cambridge est l'un des plus importants et en même temps l'un des plus destitués de tout secours religieux. Il n'y avait dans tout le comté qu'une seule chapelle et un seul prêtre, k trois lieues environ de la ville capitale.

Vers le commencement de décembre 1841, les pauvres catholiques de Cambridge , ou plutôt quelques-uns d'entre eux, se réunirent pour former une société pieuse : ils louèrent une salle pour y tenir leurs assemblées; ils décorèrent celte salle comme une sorte de chapelle , et y élevèrent un autel surmonté d'un crucifix. Car ils avaient senti que leur société ne pourrait réussir, que leur but ne serait point atteint s'ils ne se plaçaient sous les auspices de la religion. Cependant, le nombre des associés s'augmenta peu à peu, et après un mois, quarante hommes s'étaient enrôlés dans cette société naissante. Vers le même temps, le président écrivit a Mgr Wareing, pour faire connaître k Sa Grandeur cet heureux commencement, et implorer, avec ses conseils, le bienfait de sa bénédiction. Oh! Dieu a entendu la voix de ces pieux catholiques , et ratifié la bénédiction de son ministre !

Chaque dimanche , donc , la société tenait une séance ; mais comme la plus grande partie des membres, comme toutes les femmes et tous les enfants se trouvaient dans l'impossibilité de faire le voyage de Sawston pour assis-

ter aux divins mystères, il fut résolu de suppléer autant que possible h cette privation si affligeante : la salle des séances devint une maison de prières, un des membres lisant chaque dimanche, matin et soir, les diverses prières usitées dans les chapelles avant et après la sainte messe , et les divers psaumes marqués pour les exercices du soir. De plus, pour remplacer l'absence des instructions et des catéchismes , on acheta des livres pieux , et des cours de sermons familiers, approuvés des évéques; une lecture édifiante et instructive terminait les exercices de ces bons et fidèles catholiques.

Les choses en étaient la quand le président écrivit une seconde fois à Mgr le vicaire apostolique pour lui communiquer ces consolants détails , et le supplier de leur envoyer un prêtre, dont le ministère pouvait seul, avec la grâce d'en haut, affermir le bien commencé, et en étendre les résultats. Connaissant la grande disette d'ouvriers évangéliques dans ce district , ils se bornaient a demander la visite mensuelle d'un missionnaire : mais voila que la bonté de Dieu leur a donné bien plus qu'ils n'osaient espérer ; car au moment môme où Mgr Wareing déplorait avec amertume l'impossibilité où il se trouvait de leur accorder cette faveur, un prêtre , recommandé par les supérieurs du collège catholique d'Oscolt, se mettait à sadisposition . Il est depuis celte époque établi à Cambridge, et tout prouve que le bon Dieu bénit le zèle et les efforts de ce nouvel apôtre, à qui semble réservé l'honneur de rétablir le culte catholique dans cette ville, et d'y relever les autels abattus et détruits depuis près de trois siècles. Les catholiques de Wisbeach , dans le nord du même

comté, ont donne à leurs frères un bel exemple de foi et de piété. Malgré leur petit nombre et leur extrême pauvreté, ils ont trouvé, en s'imposant une foule de priva* lions et de sacrifices, le moyen d'élever une chapelle déconte et de la fournir de tous les objets nécessaires au culte divin. Malheureusement, il n'a pas encore été au pouvoir de Mgr le Vicaire Apostolique d'assurer k cette pieuse et intéressante congrégation la visite régulière d'un missionnaire.

Un mouvement semblable se manifeste aussi dans le comté de Buckingham , et les catholiques d'Ailesbury, surtout , paraissent résolus a imiter leurs frères de Wisbeach et de Cambridge.

La presque totalité des constructions religieuses s'exécute sous la direction de M. Pugin. Le souverain pontife a daigné encourager ses efforts en lui adressant une lettre de félicilation. M. Pugin débuta par une production piquante connue sous le nom de Contrasts. 11 y mettait en présence les grâces du moyen âge et les difformités modernes. Une porte empruntée au quatorzième siècle faisait ressortir toute la laideur des entrées ordinaires de nos maisons; un bahut tout de sculptures, dessiné dans quelque réduit obscur d'un trésor de cathédrale , rendait sensible a tons les yeux la choquante simplicité de nos coffres carrés, revêtus, en manière d'ornements, de minces planchettes de bois des îles. L'ingénieux auteur développait le même système pour tous les monuments de l'art, depuis la colossale basilique jusqu'au plus frêle bijou. Cet ouvrage , presque tout composé de dessins, obtint un succès immense. M. Pugin est un jeune homme

encore, plein de foi dans l'avenir de son art, religieux jusqu'à l'enthousiasme ; il fait de rarcliilecture ecclésiasliqiie un ministère sacré, et non pas une marchandise. Il s'occu[)e non-seulement de la construction des édifices religieux , mais il veille à ce que les objets qui entrent dans leur ameublement soient en harmonie avec la sainteté du lieu et les traditions de l'Église. Voici comment il nous parle lui-même de ses efforts à ce sujet :

« Mes travaux ne se bornent pas aux monuments ; je m'attache encore à la restauration des moindres accessoires; et je m'occupe même des étotfes pour les chapes et les chasubles. Je n'ai pas besoin de dire que rien n'est plus choquant a l'esprit d'un véritable connaisseur de l'art chrétien, que de voir une église magnifique avec des autels, des chandeliers et des ornements dans le style moderne , comme ceux qu'on trouve dans les plus belles cathédrales de France et de Belgique. J'ai établi des fabriques de tous les objets qui peuvent contribuer h la décoration et à la richesse des monuments ecclésiastiques.

< Dans ces fabriques on confectionne des objets en or, en argent et en cuivre , tels que les burettes , calices , ciboires, ostensoirs, chandeliers, lampes, couronnes ardentes , tabernacles en forme de tour, croix processionnelles , reliquaires , châsses , et enfin tout ce qui appartient au culte catholique. J'ai fait copier ces objets d'après des modèles anciens, avec la plus grande exactitude, et je suis parvenu k former des ouvriers qui travaillent tout à fait dans le style ancien.

€ Les calices, larges à la coupe, sont portés sur des

pieds émaillés , même enrichis de pierreries el dessiné* dans des (ormes géomélriques. Les chandeliers sont de toute grandeur , mais moins élevés que ceux qui s'exécutent a présent ; je n'ai pas trouvé dans les autorités anciennes que les chandeliers fussent très-élevés autrefois. Je dois dire que ces objets sont exécutés dans l'ancienne manière : ils sont ciselés, gravés, émaillés, battus, et non pas coulés en fonte comme on a l'habitude de le faire aujourd hui. Le procédé de la fonte rend tous ces ouvrages lourds , tandis que les anciens ornements en métal sont légers , travaillés avec art et sentiment. Pour les ostensoirs el les reliquaires, j'ai imité les plus beaux qu'on trouve en Belgique.

« J'ai fait faire pour les cierges une couronne ardente qui a trente-six pieds de circonférence; elle est chargée d'écussons couverts d'inscriptions et suspendus avec des chaînes ornées. Lorsqu'elle est allumée pour les grandes fêles, cela produit un effet magnitique.

< J'espère que le temps n'est pas éloigné où tous les mauvais lustres, qui proviennent des salles de bal et qu'on voit aujourd'hui dans les églises, seront remplacés par des couronnes de cuivre doré, qui sont d'un caractère tout a fait ecclésiastique. J'ai déjà envoyé en Amérique plusieurs ornements de ce genre, et toutes les églises que j'ai bâties sont décorées d'objets qui portent le même caractère et sont dans le style de l'époque reproduite par le monument.

« J'ai parfaitement réussi a faire des pavés incrustés ; l'église de Nottingham sera pavée avec cesbriquesémaillées de différentes couleurs, chargées d'inscriptions et de di-

YiM's oriiemoiils coloiés en bien, rougo, janno ol vert. Ces pavés produisent un elTet magnifique et nippeilcnl la richesse des vitraux peints.

« Les vitraux de couleur, si essentiels aux églises, sont bien faits chez nous. Un morceau de verre épais , attaché par le plomb , ne porte qu'une seule couleur. Je ne cherche pas à faire des tableaux sur verre, mais a suivre la sévérité des anciens verriers qui accordaient leur style avec rarchileclure des fenêtres. Je suis bien sûr que les antiquaires les plus exigeants seraient fort contents des vitraux que j'ai placés dans les églises que j'ai fait construire. Tout ce que je cherche , c'est de restaurer ce qu'on f Visait anciennement et non pas d'inventer de nouveaux procédés qui ne réussiî=sent presque jamais.

« Quant aux draps d'or et de soie, quant aux galons, je les ai copiés sur d'anciens tombeaux d'évêques et d'autres ecclésiastiques, el j'en ai fait faire une assez grande quantité. >

A l'époque de notre dernier voyage en Angleterre, en i8i2, M. Pugin venait d'achever la construction de quatorze églises; il surveillait rachèvement de seize ou dis-huit et se disposait a jeter les fondements de nouveaux monuments religieux, il a bâti huit couvents, des écoles des frères h Shetchley et h Birmingham , le palais épiscopal de Birmingham et Tabbayc des bénédictins k Downside.

Tous ces bâtiments sont construits dans le véritable style chrétien; ils sont plus ou moins riches dans les détails; plusieurs ont des murailles el des plafonds chargés de peint4ires et de dorures. Les autels, les fonts bapds-

maux, et surtout les jubés qui séparent le chœur, et qui portent le grand crucifix, les images de la sainte Vierge et de saint Jean, sont tous dans le même style.

Tandis que de pauvres catholiques, pour la plupart récemment convertis, s'imposent de lourds sacrilices pour louriiir aux frais d'érection des églises et chapelles dont se couvre le pays, l'aristocratie donne l'exempic du zè^e et prouve qu'elle comprend l'emploi que les riches de la terre doivent l'aire de leur fortune.

Nous voyons des hommes érainents par leur rang et leurs vertus, iigurer en tête de toutes les souscriptions laites dans un intérêt religieux. Non contents de cela, ils veulent encore concourir, chacun en particulier, a doter leur patrie de monuments dignes du Dieu qu'ils adorent. Ainsi, [)armi les églises dernièrement bâties ou en construction dans ce moment, un grand nombre ont été élevées aux frais de nobles et riches propriétaires. Nous nous faisons un devoir de signaler à la reconaissance du monde religieux les noms de ces enfants du catholicisme.

Les chapelles de Worksop et de Clossop ont été bâties par le duc de Norfolk ; celles d'Alton et de Cheadle par le comte de Shrewsbury ; celle de Cossey par lord Stafford; celle de Brentwood par lord Petre; celle d'Everinghani par M. Maxwell ; celle de Valley par M. Peler; celle de Scarisbrik-Hall par M. Scarisbrik; celle de Rainhill par M. Brelherton; celle de Skipton par M. Tempest; celle de Saint-John'sWood (Londres) par misses Galini ; celle de Bermondsey ( Londres ) par la baronne de Montesquieu ; celle de Weybridge par M. Taylord ; celles de Grâce-Dieu,

de Whitwick et du Mont-Sainl-Bernard par M. Phillipps ; celle de Martinscroft par M. Statham; celle de Osbaldeston par M. Haetley ; celle de Poole par M. Douglily ; celle de Douvres par M. Robinson; celle deBrough par M. Lawson; celle de Tixal par sir C. Conslable j celle de Granthara parle révérend T. ïempesl ; celle du château de Eden par le révérend Slater; celle de Newport par M. Jones.

En Ecosse', le collège de Blairs, près d'Aberdeen , monument magnifique, a été élevé par la générosité de John Menziers, Esq. de Pilfodeh.

Ce zèle, qui tend à relever avec éclat les monuments religieux, s*étend aussi aux séminaires et aux autres établissements. Presque tous les grands séminaires ont été ou nouvellement bâtis sur une échelle de grandeur sans pareille dans les autres pays catholiques, ou reçoivent en ce moment de grandes améliorations extérieures et intérieures.

Le magnifique établissement de Stonyhurst ( collège des jésuites) a été , depuis peu d'années , augmenté d'une maison et d'une grande et belle église; de nouveaux bâtiments ont été ajoutés a la bibliothèque, et un excellent observatoire y a aussi été construit.

La maison des bénédictins à Downside sera bientôt achevée , dans un vrai slyle monastique , grâce k la direction habile de M. Pugin â qui l'on doit le beau couvent des sœurs de la Miséricorde a Bermondsey. A Manchester, un nouveau couvent de la Présentation et une école viennent d'être bâtis par la munificence privée. Princethorp dans le War^vickshire , Mount-Parilion dans le Staf-

fordshire , Carmeî-House dans le Durham , Sainte-Marguerite k Ediniburgh , sont des couvents récemment bâtis ou nouvellement achetés. Preston possède déjà , et Birmingham est sur le point d'entreprendre une maison pour des dames religieuses, qui se vouent au soin des malades ou k l'éducation des pauvres. AHaslings, un autre établissement de ce genre a aussi été fondé.

Le Pape a encouragé ces généreux sacrifices. Il a fait remettre a M. Hardman, un des catholiques les plus riches et les plus zélés de Birmingham, un superbe crucifix et un bref accordant des indulgences, comme témoignage delà reconnaissance du Saint-Père pour les œuvres charitables et les générosités qui ont placé si haut le nom de ce chrétien dans l'estime des catholiques anglais. Nous aurions dû dire, en parlant de la magnifique cathédrale de Birmingham, que M. Hardman avait contribué pour plus de 50,000 fr. à sa construction. Les catholiques de cette ville lui doivent aussi le beau couvent qui a été bâti dans les environs, et dont M. Hardman a fait généreusement tous les frais. Dans cet asile de la prière, une de ses filles, héritière des vertus paternelles, s'est naguère consacrée a Dieu. Le souverain pontife, en donnant a M. Hardman un gage de sa sollicitude, a voulu aussi récompenser et encourager l'artiste qui restaure en Angleterre l'orfèvrerie religieuse du moyen âge, tandis que le célèbre Pugin lui rend ses majestueuses églises et ses austères couvents. M. Hardman appartient a la classe des artisans. Il dirige, aidé d'un fils digne de lui, une manufacture d'où sortent tous les objets de bronze, de cuivre, d'or et d'argent qui

servent en Angleterre à rehausser l éclat du culte catholique. Ami intime de Pugin, M. Ilardman s'eft'orce avec lui d'aider k la renaissance religieuse de l'Angleterre par la restauration de l'art chrétien. 11 ne s'élève pas une église, une chapelle, un couvent; il ne se fait pas une bonne œuvre, que Topuknt orfèvre de Birmingham ne contribue pour sa ,part aux charges. Ceux qui ont visité les monuments catholiques de l'Angleterre, ses collèges et ses monastères, savent, en outre, que les actes de générosité qui font bénir le nom de M. Hardman ne l'empêchent pas de cacher à l'œil du public de nombreuses et de riches donations privées.

Le crucifix remis k M. Hardman de la part du souverain ponlife , était accompagné d'un bref qui constate authentiquement les privilèges spirituels accordés à cet homme de bien et k sa famille. Voici cette pièce :

« Le soussigné, secrétaire du saint conseil pour la propagation du nom chrétien, ayant eu occasion, dans une audience qui lui a été donnée le 28 août dernier, d'exposer a Sa Sainteté Grégoire XVI les nombreuses et généreuses donations par lesquelles M. J. Hardman a enrichi l'église catholique dans le district central de l'Angleterre, notre Saint-Père lui a gracieusement accordé, à lui, à ses parents et alliés, une indulgence plènière à l'heure de la mort, qui sera gagnée en invoquant dévotement le très-saint nom de Jésus d'une manière mentale, s'il n'est pas possible de l'invoquer oralement.

« Il est, en outre, accordé a M. Hardman une indulgence plènière chaque fois qu'il recevra pieusement et

dévotement les sacremeuls de la pénitence |et de l'Eucliarislie.

« Sa Sainteté a, en outre, ordonné que le document qui confère à M. Uardman ce privilège, fût envoyé en Angleterre comme un témoignage public de la bienveillante gratitude du Saint-Siège pour une personne d'un mérite aussi distingué.

« Donné a Rome, à l'ollice de la sacrée congrégation de la Propagande. >

Pour que le lecteur puisse se former une idée exacte de ravancemenl du catliolicisme dans les huit districts de l'Angleterre, nous réduisons a des chiffres les faits que nous venons d'exposer.

I. Le district de Londres compte, en 1845 : Cent trente-cinq prêtres, Quatre-vingt-quatre églises et chapelles, Un collège catholique, Dix couvents,

Cinquante-six écoles de charité, sans parler des écoles du dimanche.

IL Le district du centre compte, au moment où nous écrivons :

Cent vingt et un prêtres, Cent six églises et chapelles, Deux collèges, Trois monastères.

Six couvents, Neuf établissements de charité.

lU. Nous avons dans le dislricl occidcnlal :

Soixante-trois prêtres,

Quarante et une églises et chapelles,

Trois collèges,

Quatre couvents. * lY. On trouve dans le district oriental :

Trente-trois prêtres,

Trente-quatre chapelles.

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