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VI. Le district du Yorkshire possède

Soixante-quatre prêtres, Cinquante-huit églises et chapelles, Un collège.

Deux couvents.

VIL II y a dans le district du nord : Cinquante-quatre prêtres, Quarante-sept églises et chapelles, Un collège, Un couvent.

VIII. Le district du pays de Galles renferme seulement vingt églises et chapelles desservies par vingt missionnaires.

En réunissant ces chiffres, nous trouvons, pour toute l'Angleterre, 648 missionnaires, 499 églises et chapelles, 9 collèges, 27 monastères et couvents, sans entrer dans

1 eauméralioli des écoles gratuites et des institutions de charité (1).

Des sociétés pieuses, aussi multipliées qu'il y a d'infortunes a soulager et de bonnes œuvres a accomplir, viennent , dans toutes les villes , en aide au zèle des missionnaires. Les habitants de cette terre, objet de prédilections particulières d'en haut, s'occupent non-seulement des grandes entreprises qui ont pour but immédiat d'avancer le catholicisme, mais encore ils ne dédaignent point de s'imposer de nouveaux sacrifices , de nouvelles charges , de nouvelles obligations quand il s'agit de la gloire de Dieu. Pour ne parler que d'une seule de ces sociétés , il existe a Londres , sous le nom de Société des Dames catholiques ( ilie Sociely of catliolic Ladies ), une association établie dans le but spécial de pourvoir aux besoins des chapelles pauvres. Cet objet bien modeste a excité cependant la sollicitude la plus vive des personnes du plus haut rang, qui, convaincues, dans leur piété tendre, que rien n'est petit quand les efforts tendent vers de nobles fins , se sont empressées de prendre rang parmi les sociétaires.

La marquise de Wellesley, la duchesse de Leeds, la comtesse Stafford sont membres de la société. Le but vers lequel tendent les efforts de ses membres sont : V de pourvoir les chapelles les plus pauvres de la Grande- Bretagne et de l'Irlande de linges d'autel , des ornements sacerdotaux et autres objets nécessaires pour la célébration du culte ; ce qui s'effectue par des donations en

{{) Cath9lic Directory l'or 1843.

argent ou objets en nature; S"* le spirituel avaucement (le ses membres. Quant a ce second objet, il est consolant d'observer que les différents moyens olferts a cet effet aux sociétaires ont , dans le temps bien court qui s'est écoulé depuis la formation de la société, produit les résultats les plus satisfaisants.

L'objet et les règles de l'association ont été soumis à l'examen de l'évêquc de Londres, qui a bien voulu les approuver.

Quoique le nombre des catholiques augmente , les ressources, dans bien des provinces, sont loin de suffire aux plus pressantes exigences. Les fidèles appartiennent, dans plusieurs localités , presque tous aux classes ouvrières ; ils sont obligés de satisfaire aux taxes lourdes et révoltantes que le clergé anglican leur impose; ils ont souvent une famille nombreuse ; il leur faut enfin se cotiser pour entretenir le pasteur qui guide les premiers pas de leurs enfants dans les sentiers du Seigneur, le prêtre dont la vue semble leur faire oublier leurs misères , et qui , par sa présence et quelques paroles de consolation , diminue leurs peines ou les aide du moins a les supporter. Ces âmes généreuses voudraient pouvoir orner la maison du Seigneur avec munificence ou au moins avec modestie , quand ils n'ont autre chose à offrir au Très-Haut qu'un cœur pur et aimant. La société de Londres va , dans ces circonstances, au devant de leurs désirs.

Parmi les 648 missionnaires qui évangélisent l'Angleterre, nous comprenons ceux appartenant aux congrégations et aux ordres religieux qui secondent le clergé séculier. Parmi ces derniers figurent les Pasçionistes et

les Frères de h Charitc^. Ces doux ordres semblent destinés a jouer im grand rôle dans l'histoire du ca- Ibolicisnie en Angleterre. Les Passionistes furent fondés, il y a a peu près cinquante ans, par le vénérable serviteur de Dieu, P^ul de la Croix. Ce saint liomme pria pour la conversion de l'Angleterre pendant l'espace de trente ans. Il le fit tous les jours. En instituant son ordre, il prescrivit, par une des règles, que tous ses religieux prieraient le bon Dieu pour la conversion des nations du Nord, qui, malheureusement, sont sorties de l'unité catholique au seizième siècle, et surtout pour l'Angleterre.

On raconte qu'un jour, alors que Paul de la Croix faisait sa retraite spirituelle dans nu de ses couvents, au moment où il montait a l'autel pour offrir l'adorable sacriijce de l'Eucharistie, tout a coup ses disciples remarcjuèrent une lumière surnaturelle qui illuminait son visage; le saint bomme versait des torrents de larmes, et au moment de la communion il tomba en extase. Sa messe finie, ayant fait son action de grâces, ses disci^ pies, qui avaient remarqué ces choses extraordinaires, lui demandèrent quelles grâces il avait reçues du Seigneur. Le vénérable père Paul leur répondit : Oh ! mes enfants, j'ai vu ce matin de si belles choses en Angleterre ! Oui ! oui! de si belles choses ! J'ai vu mes enfants en Anglelerre ! et en prononçant ces mots il tomba une r^econde fois en extase.

Tout le monde sait que le catholicisme était alors perséculé de la manière la plus sanglante. Pour avoir dit la messe, Ja loi prononçait contre le prêtre la peine de mort.

Et cependant aujourd'hui lesenfanls du vénérable père Paul de la Croix sont établis dans ce pays. Leur maison a été fondée a Aston-ïïall, dans le comté de Stafford, en 1842. Les religieux de cet ordre sont vêtus d'un habit monastique tout noir ; ils ont les pieds nus, leur chapelet k la ceinture, et un cœur blanc sur la poitrine, avec les paroles : Jesu Cliristi Passio. Le supérieur est un Italien, né près de Rome : il s'appelle le père Dominique de la Mère de Dieu. C'est un Irès-saint homme. Il a éié longtemps k Rome, dans le couvent de Saint-Jean et Saint- Paul. Oh! il y a quelque chose de frappant dans l'accomplissement de cette prophétie et dans cette jeune colonie de saints. Quelle modestie dans leurs regards! quel recueillement ! quel esprit de prière î quelle humilité î Autour d'eux tout respire le Ciel; tout rappelle les temps antiques de la primitive Église, tout exhale l'esprit des saints et des martyrs. Ces bons religieux chantent jour et nuit les louanges de Dieu. Ils se dévouent a la prédication de la parole sainte. Depuis l'été de 1842, le bon père Dominique a fondé une nouvelle mission a deux milles de son couvent, dans la ville de Stone, et il a déjà converti plus de soixante-dix protestants.

L'ordre des Frères de la Charité a été fondé par le révérend abbé Rosmini, autrefois comte Rosmini. M. l'abbé Rosmini, qui a été nommé, par le pape actuel, général de son ordre, est déjà connu de l'Europe par ses savants écrits. Quelques membres de son institut sont entrés en Angleterre il y a environ six années. A leur arrivée , ils ont rempli une mission dans le collège de l'évêque catholique du district de l'ouest. Depuis, ils se sont

fixés dans le diocèse du centre. Trois des professeurs du collège de Sainte-Marie (OscoU)sont membres de l'ordre; trois autres prêtres , et trois frères convers , sont placés k Loughboro, d'où ils servent deux autres missions, celle de Barrow et celle de Slieapeshe J. En servant ces missions, ils ont montré un zèle bien peu commun. M. l'abbé Gentili, qui est supérieur de la maison de Loughboro, est né k Rome, d'une famille distinguée dans la capitale du monde chrétien; mais il a abandonné sa patrie et ses souvenirs pour se dévouer a l'œuvre de la conversion de l'Angleterre. C'est un homme tout h fait apostolique, et il a déjà reçu une preuve abondante des bénédictions du Seigneur; il a converti en trois ans un nombre considérable de protestants. Ces conversions ont eu lieu dans les villages de Belton, de Osgalhorpe et de Sheapeshed. En 1845, il a converti, à Sheapeshed, soixante -quinze protestants, et à Loughboro soixante et un. Dans ses travaux apostoliques, M. l'abbé Rivolfilui sert de coadjuteurzélé; il partage ses fatigues et en recueille les fruits. Les Frères de la Charité se dévouent aussi à l'éducation des enfants pauvres. Ils ont déjà deux écoles : une à Loughboro, l'autre k Sheapeshed ; là ils élèvent plusieurs centaines d'enfants, et d'une manière admirable.

Les Frères de la Charité sont les premiers qui ont porté publiquement, par toute l'Angleterre, l'habit ecclésiastique; ils le portent dehors comme chez eux, et partout ils rencontrent en voyage le plus grand respect.

Ils ont déjà établi un couvent de religieuses de leur ordre a Loughboro. La pieuse baronne d'Arundell, sœur du dernier duc de Buckingham , et fille du duc de Bue-

kingham, qui se ilisiinguait par son liospitaliié envers la famille royale de France pendant son premier exil en Angleterre, a conlribuc, par des sommes considérables, aux frais de cet établissement.

Ces religieux ont encore une autre œuvre en main, c'est h fondation d'un collège et d'un noviciat de Tordre h Sileby, près de Loughboro. C'est grâce a la pieuse munificence du comte Mdîcrio, qui demeure à Mi!an, en Italie, qu'ils commencent cette œuvre. Mais pour la terminer ils auront besoin de recourir aux aumônes des fidèles. Ce collège sera dans le pur style du treizième siècle, avec une belle église. Le père provincial de cet ordre est M. Tabbé Pagani, prêtre du diocèse de Novara, dans le nord de l'Italie, où il était supérieur du séminaire; c'est un tbéologien profond. Ce bon et savant prêtre, auteur de plusieurs excellents ouvrages écrits en italien, a renoncé h sa patrie pour se dévouera l'œuvre de la régénération spirituelle de l'Angleterre.

Les événements si merveilleux qui se sont accomplis depuis 1829, font naître de douces espérances. Le Ciel avait des vues de miséricorde sur la terre , arrosée du sang de saint ïbomas, quand il a permis a nos frères de conquérir les libertés de l'Eglise. C'est h l'aide de ces libertés que les catboliques anglais préparent les voies du Seigneur. Les grands centres d'action , Londres et Birmingham , ouvrent les yeux 'a la lumière. Puisse leur influence salutaire se répandre bientôt jusqu'aux dernières limites du royaume , en attendant le jour où ce peuple portera, avec son génie colonisateur et son commerce, les germes de la vraie foi jusqu'aux extrémités les plusre-

culées du monde. Ce pressentiment ne sera point regardé comme un rêve d'imagination par ceux qui connaissent le caraclcre entreprenant et persévérant du peuple anglais. L'Angleterre d'aujourd'hui promet au catholicisme des conquêtes que celle nation n'aurait pu réaliser il y a trois siècles. Quiconque connaît l'Angleterre ne saurait en douter un instant; et l'honorable Georges Spencer exprimait ce sentiment avec une conviction bien vive, quand, rendant compte aux catholiques de la Grande-Bretagne de son dernier voyage sur le continent , il finissait son discours par ces mots remarquables : « Notre Angleterre protestante , bien que déchirée par mille sectes ennemies, est possédée d'un tel zèle de prosélytisme , qu'elle consacre annuellement à la propagation de ses croyances une somme qui ne va pas a moins de 25 millions de francs ; or, si l'Angleterre s'impose un tel sacrifice pour un fantôme, pour une ombre de foi religieuse, que ne ferat-elle pas pour le culte catholique, cet avant- goût de réternelle vérité?"

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