DIAGNOSTIC
Certaines formes frustes de myxoœdème, caractérisées par un affaiblissement intellectuel, un léger degré de bouffissure de la face peuvent être difficiles à reconnaître. Aussi, en présence de ces symptômes qui peuvent faire penser à toute espèce d'états pathologiques aboutissant à des cachexies peu accusées, faut-il penser au myxœædème et se baser pour le diagnostic sur l'absence du corps thyroïde et les effets du traitementthyroïdien. Ce dernier, employé avec prudence, surtout dans ces cas, trahira la lésion thyroïdienne par les résultats qu’il donnera au bout de peu de temps.
Quant aux formes typiques et complètes du myxædème, elles n’offrent pas en réalité de sérieuses difficultés de diagnostic. Les erreurs, excusables en un temps où les symptômes myxædémateux étaient encore peu connus, ne le sont plus maintenant et ne pourraient provenir que d’une connaissance insuffisante de la maladie.
Nous dirons cependant quelques mots des maladies qui, par des symptômes communs, prêtent à confusion avec le myxædème.
L’éléphantiasis, ordinairement limité à un seul membre,
LL 0 ARCS se caractérise par des altérations considérables du derme et de l’épiderme.
Dans le myxœædème, la bouffissure est généralisée à tous les téguments et l’épiderme est respecté.
Les lipomes symétriques sont constitués par des tumeurs nombreuses, à délimitation plus ou moins nette, sans infiltration œdémateuse de la peau. Les masses pseudo-lipomateuses qu’on observe dans le myxædème affectent des sièges spéciaux, surtout les creux axillaires et sus-claviculaires, leur délimitation est facile et l'aspect de la peau qui les recouvre est caractéristique.
La sclérodermie à été ces dernières années regardée par quelques-uns comme d'origine thyroïdienne, grâce à l’absence de corps thyroïdes dans certains cas. La déformation de la sclérodermie est pourtant, dans son ensemble, diamétralement opposée à celle du myxædème. Par suite de l’induration des tégcuments et de la rétraction de la peau, les traits sont tirés et les extrémités effilées.
Le rachitisme grave peut, dans quelques cas, être confonda avec l’arrêt de développement qu'on constate chez le myxædémateux. Mais, malgré les signes fréquents de rachitisme surajoutés au myxœdème, la physionomie bien spéciale dans cette maladie, les troubles intellectuels firent éliminer d'emblée ce diagnostic.
L’acromégalie a été confondue, alors qu’elle était peu connue, avec le myxœdèeme, mais depuis la description de Marie, l'erreur n’est plus pardonnable. Dans les deux cas, les téguments sont bien pâles, tuméfiés, mais la pâleur est grise, au lieu d’être cireuse, d’une teinte de porcelaine, la peau est molle et flasque, le maxillaire inférieur
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en prognathisme allonge le visage, qui ne rappelle en rien la face en pleine lune des myxœædémateux. ;
La lipomatose généralisée est d’un diagnostic beaucoup plus difficile. Les cas sont souvent ardus et le traitement même n’assure pas le diagnostic, car la maladie est susceptible d'amélioration par le traitement thyroïdien.
Les ælèmes brightiques et cardiaques se distinguent aisément des œdèmes d’origne thyroïdienne. Ils sont mous, gardent l'empreinte du doigt, et la coexistence d’une. affection cardiaque ou rénale avancée empêche d’hésiter pour le diagnostic.
Les œdèmes lymphangétiques de la face diffèrent du myxædème par leur limitation à certaines parties du visage, par leur consistance dure et scléreuse, par la connaissance de leurs causes érysipèle à récidives en lésions chroniques de la muqueuse nasale.
L’idrotie relevant d’une malformation congénitale ou d'une lésion cérébrale est ordinairement une idiotie active, comparativement à l'idiotie myxædémateuse, qui est passive. |
Les phénomènes myxœdémateux, l’absence de corps thyroïde, plaideront en faveur du myxœdème. Il est, du reste, bien rare que les idiots d’origine cérébrale ne présentent quelque symptôme spécial : tic, paralysie, contracture, etc.
L’infantilisme myxædémateux doit être distingué des autres classes d’infantilisme, malgré l'opinion d’Hortoghe qui les regarde tous comme des cas de dystrophie thyroïdienne.
L'examen de la glande thyroïde seul permettra de reconnaître si linfantilisme est d’origine thyroïdienne.
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Le traitement thyroïdien ne peut poser le diagnostic, car souvent les autres modes d’infantilisme sont améliorés par le traitement.
Le crétin, enfin, doit être distingué de Pidiot myxædémateux. La présence du goitre, l'absence d'infiltration des téguments fera distinguer le crétin, qui, cependant, est idiot ou arriéré et reste nain. Il est d’ailleurs probable que le crétinisme relève de l'athyroïdisme et, par conséquent, est de la même famille que le myxœdème.
Le diagnostic étiologique devra être recherché avec soin. C’est un travail souvent difficile, et, même en fouillant avec soin les antécédents, on n'arrive la plupart du temps qu’à des données peu intéressantes et non concluantes.