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tion de «cachexie pachydermique », appellation que l'usage
n’a cependant pas consacrée.— Le cou, élargi, parait court et présente de nombreuses rides surtout à la nuque.— Sur le tronc se remarque le même œdème, qui à fait disparaître Les méplats et les reliefs, donné naissance à des pelotons myxo-adipeux dans les fosses sus-claviculaires’et a pu atté- -nuer Jusqu'à la taille. — Du côté des muqueuses nous lrouvons des symptômes semblables à ceux de la peau : c'est ainsi que nous voyons les: gencives, la face interne des joues, le voile du palais lrès ædématiés, la langue est devenue énorme, trop grande pour la bouche, aussi en sort-elle d'ordinaire, les dents imprimantsur | elle leur empreinte, elle cause même une grande gêne aux actes de la déglutition et de la parole d'autant plus que la muqueuse du /7, ynr participe quelque- fois au processus, — on a noté également l'épaississement de É L muqueuse rectale, et Ord lui avait attribué une certaine entrave à la défécation, des muqueuses vaginale et wtérine qui n'ont cependant pas empêché la fécondation et l'accou- - chement ; on avait même fondé sur des dyspepsies rebelles l'existence hypothétique d’un œdème des muqueuses s/oma- calect intestinale, mais la chose ne parait ni démontrée ni nécessaire
Dans k Myrædème de ar. c'est quelques mois après l'opération que survient la bouffissure; pour Reverdin et __ Kocher, le symptôme serait plus rapide mais passerait - d'abord inaperçu. Le visage, les membres et le trone se gonà flent progressivement; la peau, moins souple, prend une __ feinte «jaune terreuse» que Reverdin distingue déjà d'une manifestation anémique, brightique où eachectique et qu'il rapproche même de la peau du crétin. Les muqueuses, la langue s’hypertrophient. - L'un des plus jolis cas qu'il nous ait été donné de rencontrer est celui de Kocher !:ilnous montre,
4 Kocher cité par Bourneville ; Abd de Neurologie, 1886, pag. 353. der e
i OC j ; . > : Lure en 1883, la photographie de deux sœurs que leur mère ne pouvait pas distinguer l'une de l'autre, en 1874, moment où l'une d'elles eut à subir la thyroïdectomie; la symploma- Lologie de l'affection, ses progrèsel sa cause sont exposés ici
avec loute la précision d'une expérience de physiologie; la. malade, qui avait été opérée à 11 ans, présente de plus un …
degré marqué de nanisme, que nous retrouverons habituel-
lement dans la forme à laquelle nous arrivons.— Le Myxæ-
dème infantile ne se manifeste guère avant le sevrage, ou tout
au moins jusque-là passe inaperçu dans les cas rongénitaux |
(cas de M. le professeur Baumel); néanmoins chez ceux-ct et
mieux encore chez les enfants un peu plus âgés, on voit peu
à peu s'installer la face en pleine lune, les membres énormes, les pseudo-lipômes sus-claviculaires ; l'enfant paraît «élargi», d'autant plus que la maladie crée un arrêt de développement
qui produit un retard dans l’évolution des cartilages de con-
jugaison et des courbures dans les os longs: il en résulte: que l'enfant a l'air d’un nain avec une tête trop grosse pour -
lui. Les muqueuses se tuméfient, la langue, énorme, pend entre les arcades dentaires, laissant écouler la salive : la
parole a l'air d’être proférée, «la bouche étant pleine de bouil- |
lie». L’œdème dur des idiots TRS avait déjà été
signalé par Charcot, qui, bien qu'émettant l hypothèse du. myxædème comme seule cause de tous les symptômes de :
l'enfant, ne voyait au début dans le «Pacha de Bicêtre »
qu'un myxædémateux (ædème dur, aspect cachectique, modi- : fications de la voix) doublé d'un crétin (arrêt de déve- -
loppement physique et intellectuel). — Dans le créti-
nisine nous verrons aussi un certain état œdémateux déjà décrit par Baillarger, se: montrer sur tout le corps et notamment à la face, épaississant les joues, les lèvres, le nez, les paupières, les oreilles, ce qui nous donnera l'impression d’ «une tête d'adulte sur un corps d'enfant »
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(Combe), d'autant qu'ici aussiles membres sont courts, gros et déformés. Le cou sera gros et court, présentant le plus souvent un goitre e volumineux mais pouvant aussi montrer aux doigts qui Le le palpent absence de la glande thyroïde. Le * teint de la peau sera plutôt pâle, et dans les phases avan-
cées 1} rappellera la couleur de la craie (l'on sait que c'est une des étymologies données au mot crétin). Les muqueuses seront aussi envahies par l’œdème; quant à la langue, elle sera encore plus grosse que dans le ne infantile, au point d’amener parfois la déviation des dents. L'œædème rattache donc, lui aussi, le crélinisme aux autres formes du myxædème ; ilen sera de même des Pme nerveux que nous allons examiner.
IV:— Au point de vue nerveux, nous aurons chez le myxædémateux adulte, que sa maladie soit purement atrophique
ou chirurgicale, «une diminution notable de l'activité cérébrale
(avec conservalion de l'intelligence » Merklen)". Cet état d'apa-
thie sera marqué par la lenteur de la pensée, de la parole
et des mouvements. Du côté dela pensée, Gull avait déjà signalé cette paresse intellectuelle, cette indifférence douce et tranquille plus marquée quand elle succède à un esprit vif et chercheur ainsi que l'intégrité de l'intelligence, qui est
simplement « engourdie » (Souques)? . Le fait est bien imdi-
qué dans lobservation de Thaon *, où l’on voit la malade, quand on l'interroge, faire attendre sa réponse, mais une fois partie, ne se laisser arrêter par aucune interruption, « elle développe longuement et lentement sa pensée et ce n’est
qu'à la fin qu'elle songe à revenir à l’objection qu'on lui a posée». À un degré un peu plus élevé, la compréhension
LS
1 Merklen ; Ann. de Dermatologie, L&81, FT, pag. 360. 2 Souques, iu Traité Charcot, Bouchard et Brissaud, VI, pag. 978. 3 Thon; Revue mensuelle de Médeciue et le Ghirargie, 1880, TV, pag. 61
sera plus difficile ; dans tous les cas, l'attention est vite fatie LS euée et cela peut aller jusqu'à empêcher les opérations intellectuelles les plus simples. La mémoiré est, elle aus&i, légèrement affaiblie ; le sujet devient distrait, oublieux. Mais on n'observe de véritables perversions psychiques que dans | les phases extrêmes de la maladie où l’on peut voir l'intelli-
gence baisser de plus en plus et la démence s'établir, ou bien dans certains cas anormaux où le sujet présentait une prédisposition à la réalisation d'une vésanie ; c’est ainsi qu'on
a pu observer dans quelques cas de la manie, mas le plus |
souvent de la Iypémanie, quelquefois du délire de la persé-
Re. |
eution (notamment dans le cas de M. Blaise, loc. ct.) Habi-
tuellement, c’est tout au plus si l’on observe une certaine
ere DATE Ë . SAS F irrilabilité procédant le plus souvent par des crises qui vien- :
nent interrompre la dépression mentale dans laquelle se.
trouvent les malades et qui peut même aboutir à une somnolence à peu près complète. Celle-ci, fait qu'on à voulu rapprocher du mvxœædème la « maladie du sommeil » qu’on observe chezle nègre (Briquet) ', mais bien que le corps thyroïde ait : été altéré (tuméfié) et le traitement thyroïdien institué avee apparence de succès dans un cas de Gaide *, cette identifica- | tionne nous paraît-encore que problématique ; ce ne saurait :
être toutefois qu'une forme anormale, car on a signaléchez les nègres des cas de myxædème ressemblant absolument aux. nôtres par leurs divers caractères (Berkley° ; une autopsie de Mott * ne paraît pas, du reste, confirmer |’ hypothèse de Briquet). Nous voulons cependant rapprocher ce symptôme de. somnolence qui se retrouve dans toutes les formes du myxæ- + dème de la héorie histologique du somineil que M. le, profes-
1 Briquel ; Presse médicale, 7 septembre 1868, Ii, pag. 139 .
2? Régis et Gaile; Presse médicale, ler octobre 1898 II, pag, 193. $ Berkley; Presse médicale, 29 juin 1898, I, p, 345. ©
# Mott; Britisch medical journal, 16 décembre 1899, n. 1666,
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