‹ Du MyxédèmeChapitre 37 sur 52 · ONE ME · texte numérisé non relu

ONE ME

Do

des symptômes ; — le cœur malgré les théories de Graves,

Stockes et Luton et « fortiori, le sang, à l'encontre. des opi-

nionsde Parry, Basedow, Begbie, Chvostek, Eulenburg (1897).

paraissent actuellement n'avoir qu'une action secondaire, — de même que les #roubles nutritifs invoqués par l’ingénieuse théorie arthritico-hépatique de Vigouroux (1898).

Ces opinions vaudraient certainement d'être diseutées plus longuement, mais nous n'avons en vüe, ici, que de montrer les relations du goître exophtalmique et du myxædème, que

les lésions généralement observées semblent poser en anta-

gonistes et qui, si l’on s’en tenait à certaines théories patho-

… géniques paraitraient incompatibles. — Cependant des faits

existent quiles rapprochent, ce sontdes résultats expérimenlaux ou thérapeutiques déjà vus, — ce serala manifestation simultanée dans une même famille, chez deux sœurs {Hadden 1886, Oppenheimer 1895, Todd 1896), où chez une mère et son enfant (Maude 1893) du myxœædème et du goitre exophtalmique, — ce seront les cas où l’on à signalé l'un des symptômes de l’une des maladies au cours de Pautre : telle par exemple l exophtalmie signalée comme phénomène précoce d'un myxœdème ‘ tel l'œdème dur et douloureux noté dans une maladie de Basedow*, —- mais ce seront sur- {out les observations dans lesquelles les deux maladies ont élé trouvées associées. Nous avons pu recueillir les suivantes au cours de nos recherches, en dehors d'un cas inédit de Ballet ; nous placerons en tête une observation personnelle.

1 Launois (Archg de méd. expérim., 1889, pag. 478.) 2 Verhoef (Ann. soc. belg. chir., 15 mars 1897.)

OBSERVATION nl (Personnelle).

Due à l'extrême obligeance de Monsieur le professeur Carrieu

Et

W..., Jeanne, 40 ans, née à Paris, célibataire. Taille ",45.

Hérédilé. — Père vivant, 72 ans, a eu, à différentes reprises, des crises de rhumatisme, très nerveux; notons qu'il est originaire. de la Suisse romande, mais il l'a quittée dès sa jeunesse ct, ni 1 ni sa famille, n’ont présenté de symplômes thyroïdiens ; — mère morte à 26 ans de suites de couches. Un frère : caractère vit € querelleur. df -

Antécédents. — Convulsions (vers intestinaux) jusqu’à l'âge d 14 ans. Elle a été réglée à 11 ans. A accouché à 16 ans d’un enfant! mort-né, présentant des troubles trophiques, notamment l'absenc des ongles. La ménopause est arrivée toute naturelle en septembre dernier. — La malade a, de tout temps, été tenue pour une anémique ; — elle a, de plus, présenté à sept ou huit reprises des. attaques de rhumatisme arliculaire aigu surtout aux genoux, la: première atteinte à 17 ans. Il y a six ans, elle a eu un point de côté. À qui nous parait avoir été une douleur purement nerveuse mais | particulièrement violente et tenace. — Elle n'a jamais habité de. | pays où le goitre soit endémique. | +

La malade est entrée le 20 juillet 1899 à l'Hôpital Subathsie et. : occupe le lit n° 51 de la salle Bichat (service de M. le professeur Carrieu). À ce moment, elle présente surtout des douleurs dans les à bras, et, la nuit, des crampes très douloureuses dans les jambes. Elle à remarqué qu'elle avait, depuis l'hiver dernier, du tree À ment dans les doigts ainsi que des bouffées de chaleur. Le pouls à est à 100; du côté du cœur, claquement diastolique à l'aorte, pre- $ mier Du apexien légèrement affaibli. Une exophlalmie assez * prononcée, accompagnée d’un léger strabisme, fait pousser l’inves= tigation vers le corps thyroïde, le lobe droit en paraît un peu volumineux. Le diagnostic de goître exophlalmique est cependant porté.

Pendant le mois d'août, la malade est envoyée aux bains de Balaruc.

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Peu après son retour (15 septembre), à l’occasion d'un examen nécessité par une bronchite (quelques frissons, sous-crépitants disséminés en arrière et à gauche, toux, mais pas d'expectoration). Le regard est attiré du côté des membres inférieurs, qui présen-

! tent des douleurs et des craquements très nets dans les genoux,

ce qui n’a rien d'étonnant vu les antécédents ar thritiques de notre

malade , mais on constate aussi un œdème dur occupant toute la jambe et n’amenant pas de ÉRTMANON trop accusée au niveau des pieds.

Dans les. derniers jours de septembre Ja malade, un peu améliorée, retourne chez elle et peut vaquer à ses occupations de ménage, mais, au bout de trois mois des crises, dont il sera queslion plus loin, la ramènent à l'hôpital, salle Bichat, n° 17; c'est là quil nous a été donné de l’observer, M. le professeur Carrieu ayant attiré notre allention sur les symptômes basedowiensanciens et sur les nouvelles manifestations, l’ ædème notamment.

L'Exophlalmie exisle, très appréciable : les yeux sont proémi- nents, le droit un peu plus que le gauche. Les symptômes ocu- \ laires habituels peuvent être notés : lé signe de Stellwag par le cercle assez étendu de sclérotique que l’on peut voir au-dessus et au-dessous de la cornée et par l'écart constaté entre les deux paupières, soit pendant le sommeil, soit alors même que la malade fait tous ses efforts pour les fermer, efforts qui n'ont d'autre effet que d'exagérer un frémissement vibratoire habituellement peu intense ; le clignement est rare. Le signe de de Grœfe devient ‘a manifeste chez elle si on lui dit de relever les yeux vivement et à

- plusieurs reprises ; elle se prête d'assez bonne grâce à celte manœu- yre, de même qu'elle suit avec attention notre doigt en vue de la “ détermination des signes de Mobius et de Ballet que rèvèlent chez elle le vague habituel du regard et la lenteur, cependant un peu

masquée par l'association des mouvements généraux de la têle, avec laquelle elle suit le point fixé. Cependant le champ visuel,

Join d'être rétréci, nous paraît, au contraire, fort étendu. Pas de diplopie. Pas de nystagmus ; pupille normalement dilatée. L’accom- modation à lieu, mais fatigue assez rapidement la malade. Léger

. degré de photophobie ; ni larmoiement ni conjonctivite. Le signe

de Joffroy est assez net, Du côté du € cœur, les palpitations semblent avoir élé le premier

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H 128 — | ; î symptôme ; la tachycardie existe, peu intense, il est vrai, qupiques le pouls n'ait jamais été noté inférieur à 100; mais, ce qu il nous a été donné d’ observer, à plusieurs reprises, c'est son instabilité : il varie facilement de 15 à 20 pulsations, suivant les jours et même. suivant qu'il soit compté avant ou pendant la visile (sous line fluence PÉCRABIS de l'émotion) ; ce pouls est plus sensible aux, carolides qu'aux radiales. La tension prise au sphy gmomanomètre. est subnormale (15) et comparable des deux côtés. L'Examen du cœur nous a montré qu'on ne voyait ni ne sentait battre la pointe; 5. à la percussion, il ne dépasse pas le sternum par son bord droit, en haut la limite nous paraît un peu élevée, son bord ‘gauche est assez fortement reporté en dehors de la ligne normale, ce qui per-. j meltrait de supposer un degré assez avancé de datation. ; — l’auscultation nous a montré, à l'orifice mitral, un premier bruit très sourd (il est vrai que la paroi thoracique est assez adipeuse et. œædématiée) et un peu prolongé, léger éclat diastolique ; à la pulmo= naire, le premier bruit est assourdi, le deuxième un peu prolongé ;. de plus, souffle d’anémie. L’auscultation de la carolide montre Lu souffle systolique. L'examen du sang (fait par M. le D' Vedel) a donné une légère hypoglobulie (3.450.000), les slobules blancs nf sont pas augmentés. x 4

Il existe un fremblement généralisé présentant Lous les caractères indiqués par Charcot et par Marie : rythmique, d'amplitudes variables, rappelant, par 'sa rapidité, celui de l’alcoolique ou du. paralytique général. Ce tremblement existe ici, même au repos: la malade étant couchée dans son lit, il suffit de lui faire étendre” la main pour voir des oscillations rapides « individuelles à chaque doigt »; on n'a également qu'à la regarder marcher (il est vrai que la chose est rare) ; de plus, toutes les fois que nous avons appliqué: | la maiu sur son épaule, surtout après le moindre déplacement toujours fatiguant pour elle, nous avons eu la sensation de la. « trémulation continuelle verticale », si souvent notée. Ajoutons que. ce tremblement est exagéré au moment des crises nerveuses que nous allons èexaminer.

Au point de vue nerveux, notre malade présente, en effet, des crises assez particulières. Quand elle était chezelle (début de décembre), les crises commençaient par une lueur dans les yeux et la malade poussait des cris « qui avaient même ini par incom-

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