‹ Du MyxédèmeChapitre 50 sur 52 · MER · texte numérisé non relu

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autorisé à employer le traitement thyroïdien, cette médication ayant donné des amélioration, dans le myxædème et le goitre exophtal-

mique.

M. Courmont nous a fait le grand honneur depuis‘ de nous indiquer |

que ; « 1° Letraitement thyroïdien n'avait produit aucun effet, peut-

être au contraire, et que, 2° la malade avait présenté, jusqu'à ces der-

niers temps, le tableau clinique de la maladie de Basedow, même avec ses phénomènes de myxædème ». .

OpsenvarioN XXVIIT (résumée *) MM. H. Meige et F. Allard (Société de Neurolôdgie de Paris, 8 mars 1900)

Jeune femme de ?8 ans dont la mère est atteinte de maladie de

Basedow typique depuis une vingtaine d'années, traversant des phases successives d'amélioration et d'aggravation. Elle a plusieurs enfants, dont notre malade.

Celle-ci a joui d'une excellente santé jusqu’à Pannée 1898 ; à cette

époque, vers le mois d'octobre, elle se plaignit de légers troubles digestifs et nerveux qui semblent avoir été les Dee on de l'affection actuelle.

Mais c’est seulement un an plus tard que le Syndrome de Basedow apparut ‘nettement. Il s'est manifesté avec une rapidité surprenante: et, lorsqu'au mois de décembre 1899 cette jeune femme est venue nous demander avis, elle était à l’exophtalmie près, une basedo-

wienne accomplie ; elle l’ignorait d’ailleurs, malgré l'exemple de $a -!

mère qu'elle avait sous les yeux. Cependant le diagnostic n’était pas douteux : hypertrophie notable de corps thyroïde (37 cm. de

A .s F \ 1 pa “ie tour de cou) régulièrement répartie en avant et sur les côtés. Cœur 4

tumultueux, irrégulier, sans souffles localisés ; pouls 120 , palpita-

tions et battements carotidiens pénibles, surtout au lit; bouffées de chaleur, hypersécrétion sudorale des mains : tremblement meru,. bref el rapide, au repos comme dans les mouvements, envahissant

tout le corps. En outre, une agitation incessante de tous les mem-

1 Communication écrite du {2 mars 1900.

? D’après le compte rendu in extenso que M, le Dr Meige a eu l'extrême obligeance de nous envoyer. PE

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raison.

bres, un Dao terrible de changer à chaque instant de posture et de place.

Cependant, une amyosthénie très accentuée, portant surtout sur les

membres inférieurs. Dans la marche, très rapidement fatigante, les

pieds traînent parfois sur le sol, Pas de « dérobement des jambes » Les réflexes patellaires sont normaux.

Les troubles digestifs sont assez sérieux : anorexie, vomissements, - crises diarrhéiques, aujourd’hui disparus ; la malade a maigri de dix kilogrammes.

La résistance électrique est considérablement diminuée : 1. a été examinée par la méthode de Weiss, pour l'arc formé par les deux bras et la ceinture scapulaire, les mains plongeant dans l'eau, cette résistance est de 430 ohms au lieu de 1200 à 1300, comme dans la normale.

Enfin, l’état psychique n’est pas moins caractéristique : émotivité,

anxiété, irritabilité poussées à l'extrême.

Bref, le tableau clinique de la maladie de Basedow serait complet sil exophtalmie ne faisait défaut. Mais l'affection est de date récente et la saillie des globes oculaires peut être dissimulée pour une autre

En effet, depuis trois ou quatre mois, la malade présente un œædème des paupières supérieures mou, indolore, plus accentué le matin que le soir, et qui ne laisse pas de l’incommoder beaucoup. — Ce symptôme a déjà été signalé (Vigouroux, Booth) parmi tant d’autres phénomènes vaso-moteurs observés dans la maladie de Basedow. — Il serait possible que cet œdème palpébral jouât un certain rôle dans la production du signe de Grœfe.

- À un autre point de vue, notre malade mérite d’être rapprochée des exemples où l'on décrit la coexistence ou la succession d'accidents

basedowiens et myxædémateux.

En effet, elle vient de traverser une période durant laquelle son état d’agitation et d'irritabilité alternait avec des « phases de torpeur » psychique extrême, avec une incapacité absolue d’agir et de penser, de RUE lacunes et pertes de mémoire.

— Enfin, dernièrement, pendant un mois elle a eu des accès de somnolence rappelant encore un phénomène fréquent chez les myxcœdémateux. Sommeil nocturne et sommeil diurne, pesant, accablant, invincible. Le matin, il fallait la réveiller à trois ou quatre reprises et

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elle ne pouvait guère se lever qu'à midi. Après déjeuner elle s'endormait de nouveau ; lorsqu'elle était obligée de sortir, elle nu

encore, en voiture, en omnibus, n'importe où.

Par contre, lorsqu'elle était éveillée, son agitation Or à aussi- mx tôt sans une seconde de repos : nn conlinuel mouvement âes bras, : des jambes, du Lronc, de la tête, accompagné d'une mimique forcée;

d'un langage précipité, entremélés d’interjections et de soupirs. Notre malade, il estvrai, semble prédisposée aux accès de sommeil Plusieurs fois, dit-elle, à la suite de violentes émotions, elle fut prise d'un sommeil accablant pouvant durer jusqu'à vingt-quatre heures. Un de ses oncles présentait la même she Elle n’a, d’ ailleurs, aucun stigmate d'hystérie.

Toutefois, les phases d’apathie et de somnolence qu ‘elle a traversées

dernièrement semblent, par leur durée et leur prolongation, de na-

ture différente, Leur ressemblance apparente avec les accidents similaires observés dans le myxœædème nous a paru intéressante à relever.

Comme interprétation pathogénique, M. Meige croit qu'on ne peut Fe

guère s’en tenir qu'à des hypothèses. Il rappelle la théorie de Brissaud rapportant l’apathie psychique du myxædème aux varalhyroides absentes, ve qui pourrait faire croire à une lésion de celles-ci coïncidant avec la maladie de Basedow ; d'autre part, il envisage

la théorie thyroïdienne vraie qui laisserait à supposer que la succes-

sion des accidents basedowiens et myxœædémateux correspond à des alternatives d'excès ou de défaut de secrétion des produits thyroïdiens. e

Un traitement électrique (faradisation des paupières, faradisation

de la région précordiale, galvanisation du goître), suivi trois fois par.

semaine pendant deux mois, a amélioré l’état général, diminué la fréquence du pouls, atténué l’ædème des paupières et FAR tes La somnolence a disparu.

Ces différentes observations, que nous tenions à reproduire mais que nous ne saurions analyser sans donner à ce travail une longueur qu'il ne veut pas atteindre, sont, on le voit, de valeur différente: certaines même rentrent à peine dans notre cadre, soit que les symptômes de l’une des affec-

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