OBSERVATION XIII (PERSONNELLE
Anthrax du dos.
F...., Camille, 46 ans, employé à la Compagnie du Nord, entre le 5 janvier 1889, salle Ambroise Paré, 28, service de M. le D' Périer. Ce malade entre dans le service pour un volumineux anthrax de la région cervico-dorsale, d’une étendue de 20 à 25 centimètres de diamètre, ayant débuté une quinzaine de jours auparavant. L'état général du malade est profondément altéré; il y a une albuminurie abondaate, sans glycosurie ; les forces sont anéanties, l'appétit est perdu, tout repos est impossible. Douleurs spontanées atroces, le malade est courbé en deux, évitant tout mouvement qui augmente la douleur.
Le centre de l’anthrax est cratériforme, l’empâtement périphérique est diffus et très étendu.
Incisions au thermocautère du centre de l'anthrax. Pointes de feu profondes et rapprochées sur toute l'étendue de l’empâtement. Pansement avec gaze au salol imbibée de naphtol camphré. Régime lacté. Toniques.
Le soir, le malade ne souffre plus : son facies est meilleur.
24 janvier. Bon état général. Albumine persiste. Bourgeonnement actif des plaies produites par le thermocautère. L'empâtement à disparu complètement. Même pansement au naphtol camphré.
31 janvier. Un certain nombre de plaies produites par le ther-
mes Li,
mocautère sont cicatrisées; les autres ont beaucoup diminué et bourgeonnent activement.
OBSERVATION XIV (PERSONNELLE) Anthrax de la fesse. Contagion.
S... François, 38 ans, imprimeur, entre le 41 octobre 1888, à l'hôpital Lariboisière, salle Ambroise Paré, 8 Dis, service de M. le D'pPérrIers |
Quinze jours auparavant, S... rend visite à un de ses amis qui souffrait d'un anthrax à la nuque et lui fait un pansement. Rentré chez lui et sans avoir eu la précaution de se laver les mains, en se couchant, S... se gratte la fesse. Quatre jours après, il éprouve une douleur cuisante à la fesse gauche et peu à peu se développe un anthrax. Le 7 octobre, il se lave la verge avec la même eau qui avait servi à laver l’anthrax de la fesse. Le 10 octobre, petit furoncle au prépuce.
A son entrée, le furoncle de la verge est recouvert d’une croûte, sa base est un peu indurée, mais non douloureuse. Dans la région trochantérienne et empiétant sur la fesse, on voit un volumineux anthrax à sommet cratériforme avec induration et em-
- pâtement périphériques très marqués. Les douleurs sont vives. Le sommeil el le décubitus latéral gauche sont impossibles.
Après lavage de la surface de l’anthrax avec la solution de sublimé au millième, grattage de l’anthrax avec la curette tranchante.
Pansement avec gaze au salol imbibée de naphtol camphré. Le soir, le malade ne souffre plus de son anthrax. La douleur a cessé une demi-heure après le pansement.
Le 18, bourgeonnement actif. L'empâtement et l’induration périphériques ont disparu. Même pansement,
Le 27. La plaie a considérablement diminué. Même pansement
Le 5 novembre. Guérison absolue. Cicatrice blanche, déprimée.