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Pansement. Bourgeonnement actif. La suppuration est peu abondante, sans odeur. On cherche l’accolement des lambeaux. L'extrémité du fémur bourgeonne,
ler janvier 1889, T. m. 37,4. $S. 38.
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L'état général est excellent. Le malade mange avec grand appétit, le facies est bon, coloré. Du côlé de la plaie : bourgeonnement aclif. Les lambeaux s’accolent par leurs bases. Excoriations de la région sacrée et de la crête iliaque droite. Pansement au salol et vaseline bicarbonatée.
Le 11. Suppression des paquets de naphtoi. Toute la surface de la plaie bourgeonne activement.
Le 16. Pansement. Suppression du naphtol camphré. Pansement au saloi ;, poudre, gaze, ouate.
Le 31. Les lambeaux sont à peu près complètement accolés. L'état général du malade est excellent. Les excoriations sont cicatrisées.
Ayant quitté le service le 31 janvier, je revois le malade le 6 avril ; il a toutes les apparences d’une santé parfaite et n'était son amputation de cuisse, on ne pourrait penser qu'il a eu une septicémie gangreneuse. La cicatrisation de la plaie d'’amputation est complète; il n’y a plus que quelques plaies superficielles, produites par le thermocautère. Le moignon est bon. Pendant toute la période de la réparation, notre malade n’a présenté ni suppuration infecte, ni hémorrhagie secondaire.
L'observation que nous venons de rapporter est bien un cas
de septicémie grangreneuse gazeuse développée à la suite d’une plaie par coup de couteau à la jambe gauche. Les symptômes objectifs que nous avons décrits, la marche de la maladie, l’altération si grave de l’état général permettaient lors de l'entrée du malade à l'hopital, de faire ce diagnostic, qui, d'ailleurs, a été confirmé par l'examen que nous avons fait de la sérosité qui s'écoulait de la plaie d’origine et dans laquelle nous avons trouvé le vibrion septique, décrit par Pasteur.
Certains points de cette observation nous paraissent intéressants,.
Notre malade était un syphilitique récent, de constitution faible. Lors de son entrée, l'étendue des lésions était considérable (la crépitation emphysémateuse avait envahi la cuisse), l'infection était extrême.
La localisation de la plaie septique au membre inférieur, l'extension de la crépitation gazeuse et du gonflement à tout le membre et à l'abdomen, jusqu'à la base du thorax, étaient des conditions aggravantes, puisqu'il est admis, ainsi que le dit M. Forgue, dans sa thèse d'agrégation de 1886, que : « quand l’aine ou l’aisselle sont envahies, que les parois thoraciques et abdominales sont tuméfiées et crépitantes, c'est que l’empoisonnement septique est complet et la lutte impossible. » Et plus loin : « au membre inférieur, il semble que la diffusion du processus soit plus foudroyante etle pronostic plus fâcheux »; enfin «au membre inférieur, les succès opératoires sont aléatoires ».
La première intervention que nous fimes, lors de l’entrée du malade dans le service, parut arrêter, pour quelques jours, la marche envahissante de la gangrène gazeuse ; malheureusement, nous dûmes trois jours après, devant l'extension de la crépitation emphysémateuse et du gonflement, recourir de nouveau aux incisions et aux pointes de feu avec le thermocautère.
On admet, en général, que dans la septicémie gangreneuse, on doit amputer vite et loin. Nous avons cru devoir agir autrement. [| nous a paru que nous devions, avant d'intervenir par une amputation de cüisse et avant de faire subir à notre malade, affaibli et infecté, un choc opératoire aussi important que cette
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opération, chercher à obtenir par tous les moyens dont nous pouvions disposer, une amélioration de son état général. Nous n'avions d’ailleurs, en cette occasion, que mis en pratique l’enseignement de notre cher maître, M. le D' Périer, et suivi les conseils de M. le D: Nélaton. Nous avons été assez heureux pour arriver à ce résultat, et le jour de l’amputation de euisse, notre malade avait repris ses forces, l'appétit était revenu, la diarrhée fétide avait disparu, le facies était bon.
Nous sommes persuadés que nous devons en grande partie ce résultat à l’usage du thermocautère, au naphtol camphré que nous avons employé dans les pansements et aussi au traitement médical que nous avons institué et, en particulier, aux injections sous-cutanées de quinine.
Le naphtol camphré a été ia base de nos pansements et nous: l'avons employé largement. Les résuitats si remarquables que nous avions obtenus depuis quelques mois, avec ce nouvel antiseptique, dans. le service de M. Périer (et qu’il nous donne encore dans le service de M. le D' Labbé) dans les plaies infectées et microbiennes, nous avait engagé à l’employer dans le cas de septicémie gangréneuse.
Dès le second pansement la plaie de la jambe était désinfectée, les plaies produites par le thermocautère ne dégageaient plus d’odeur putride. Lors de l’amputation, c'est encore le naphtol camphré que nous avons employé. Nous avons recouvert les surfaces cruentées et les lambeaux de gaze au salol largement imbibés de cet antiseptique.
Enfin, nous croyons que le traitement médical. que nous avons institué nous a beaucoup aidé. Nous n'insistons pas sur les toniques et la quinine qui ont toujours été préconisés dans la septicémie gangréneuse; mais nous pensons que l’antisepsie générale et en particulier l’antisepsie intestinale que nous avons recherchée, d’après l’enseignement de M. le professeur Bouchard, ont contribué à diminuer et à faire disparaitre l'infection que présentait notre malade à son entrée. Pendant près d’un mois, il a pris régulièrement du naphlol Z associé au salicylate de bismuth, ainsi que le formule M. le professeur Bouchard.