PASSIONS
détermiuées par la contemplation sympathique de leur exemple. Toute une génération de femmes s'est, de nos jours, perdue au contact d'une littérature impudique, honorant les filles dégradées, les épouses adul« tères, et le vice aimable, impudent et doré. Que d'hommes enfin n'ai-je pas vus, victimes de leur affiliation aux sociétés secrètes, politiques ou religieuses, dépérir à Tœuvre et tomber par la fatigue d'une constante excitation cérébrale, en proie aux plus violents désordres nerveux pouvant aller jusqu'à la folie,
§ •. — PaMiioiiii
Toutes les passions, surtout celles que Ton qualifie si justement de passions dépressives^ telles que le remords, la jalousie, la haine, l'envie et l'avarice, les chagrins prolongés produits par la perte d'un enfant ou d'un ami, parles revers de fortune; par les déceptions du jeu, de Tambitiou politique, déterminent des résultats à peu près semblables. Toutes ces impressions morales altèrent notablement la santé, et de l'état dyspeptique qu'elles engendrent d'abord, à la faiblesse qui les suit et qui amène le Nervosisme aigu ou chronique, il a n'y qu'un pas. En effet, le Nervosisme avec les maladies nerveuses qu'il engendre est la maladie du siècle* C'est la soufi'rance des jolies femmes qui s'ennuient, et des femmes qui commencent à vieillir. C'est aussi la maladie des gens de lettres absorbés dans le travail et la médita^
tioD. C'est la maladie des ambitieux, des gens qui perdent leur fortune en voulant aller trop vite ; c'est enfin une des formes de la fièvre des esprits modernes entraînés par la soif du gain et le désir des jouissances matérielles, par rinfluence du roman moderne, etc.
Obs. IV. — Nervosisme aigu, suite d'impression morale. — Fièvre, — Insomnie, — Délire, — Spasmes, — Vomissesements, — Marasme, — Mort (1).
« Sous l'influence de grands remords, un homme trèsfort, que voyait Tissot, succomba au bout de cinq semaines après avoir offert les phénomènes suivants : Le sommeil l'abandonnait totalement et il ne pouvait prendre qu'un peu de lait et d'eau mêlés, l'eau seule lui donnait une crampe d'estomac, et il la rendait, le lait pur lui répugnait; il n'eut que deux selles pendant tout ce temps : il maigrissait d'un jour à l'autre, sa peau devenait exactement friable ; pendant les| premières semaines il passait quelquefois vingt-quatre heures à s'agiter continuellement dans sa chambre. Quand il n'eut plus la force de marcher, il se roulait ; d'autres fois il était aussi longtemps sans changer d'attitude ; mais les dix derniers jours, il perdit totalement les forces, et ne put plus sortir du lit ; il n'avait plus la force de voir, d'entendre et de parler. Son pouls, qui avait été très-agité et irrégulier les trois premières semaines, se ralentit les quinze derniers jours et se perdit peu à peu ; il eut des mouvements spasmodiques très-forts les cinq derniers jours et fréquemment du délire ; l'idée d'essayer quelques remèdes lui avait été odieuse. »
'(1) Tissot, t. ni, p. 36d«