VEILLES, EXCÈS DE TRAVAIL
Obs. y. — Nervosisme chronique y suite de frayeur. — Fièvre. — Insomnie. — Palpitations. — Vomissements. — Marasme. — Guérison.
« Je fus consulté en 1761 par un robuste paysan âgé d'environ vingt-quatre ans, qui, ayant été effrayé par un bœuf furieux qui courait après lui, ne se sentit pas incommodé d'abord ; mais le lendemain il se trouva mal à son aise, eut des palpitations ; bientôt il ne put ni entrer au lit, ni se tenir tranquille ; il était obligé d'être dans un mouvement continuel, et il perdit entièrement le sommeil ; il eut un effroi et des angoisses inexprimables avec un peu de fièvre \ il rendait tout ce qu'il prenait par un simple soulèvement de l'estomac, et il y avait déjà plusieurs mois qu'il était dans cet état. Je lui conseillai le régime le plus doux, une simple décoction d'orge, ou de l'eau et un peu de lait pour boisson, et tous les matins une poudre composée de très-peu de nitre, d'un peu de crème de tartre et de deux grains de camphre; au bout de dix semaines il revint presque entièrement guéri ; je lui conseillai de continuer les mêmes remèdes, et j'appris assez longtemps après qu'il était très-bien (1). »
§ 9. — Teilles $ — exeèfl de traTAll.
Les veilles prolongées^ les excès de travail Aq toute nature, et surtout V excès de travail intellectuel^ épuisent lentement et profondément la santé, appauvrissent le sang qui se décolore, et laissent dans le système nerveux une excitabilité qui se calme toujours avec peine et qui est souvent le point de départ d'accidents morbides plus ou moins graves.
Ce résultat est souvent aggravé par Tabus du thé^
(i) Tissot, t. ni, p« 382.
BOUGHUT 3
3i CAUSES.
du café ei des alcooliques que ïonl les sujets dans le but d'exciter le cerveau pour stimuler la pensée et passer des nuits sans être gagnés par le sommeil.
§ 9. — Exeèfl ¥énérlens.
La masturbation^ Y onanisme conjugal^ le coït incomplet elles excès î;^/i^nVw^ produisent des effets analogues. La fièvre lente, l'inappétence, l'amaigrissement, la faiblesse et les désordres fonctionnels cérébraux et sensitifs occasionnés par les causes de cette nature, montrent jusqu'à quel point peuvent aller les troubles du système nerveux chez les sujets fatigués par ces déplorables habitudes. Je rapporte plus loin un fait dans lequel ces désordres se sonl montrés sous forme de paraplégie.
Dans quelques cas les rapprochements sexuels ne sont que l'occasion des crises du Nervosisme antérieurement établi. J'en ai cbservé un exemple :
Obs. VI. — Nervosisme,^ — Dyspepsie, vomissements, état morbide aggravé par les rapprochements sexmls.
Dès mon adolescence, imagination vive portée à la mélancolie, aux rêveries lubriques, pertes séminales fréquentes et érections continuelles la nuit. Cette surexcitation et le travail du collège développèrent en moi un état général et permanent de malaise, une chaleur, cuisson et picotement dans la région de Testomac et surtout des intestins, des migraines souvent répétées, pendant lesquelles je salivais beaucoup et j'étais pris de vomissements. Cette situation était aggravée par le moindre écart de régime, une fatigue, une veille et surtout le caU, qui