‹ Du nervosisme aigu et chronique et des maladies nerveusesChapitre 16 sur 45 · PERTES SÉMINALES · texte numérisé non relu

PERTES SÉMINALES

rygmes; — soit de la constipation et du catarrhe de rinlestin ; — soit des alternatives de constipation et de diarrhée. — Ces affections de Testomac et de Tinteslin sont les causes les plus fréquentes du Nervosisme par l'action sympathique et réflexe qu'elles exercent sur les centres nerveux. L'irritation de la muqueuse intestinale se transmet aux radicules nerveuses, gagne les troncs principaux et les centres, d'oii elle descend pour agir sur différents organes et en troubler les fonctions. — Ces dyspepsies et ces catarrhes chroniques de l'intestin se retrouvent dans la plupart des observations de Nervosisme, ce qui explique pourquoi les faits de ce genre sont méconnus et désignés si souvent sous le nom de dyspepsie.

A cette cause se rattache l'influence des abus du thé, du café y des boissons alcooliques qui engendrent la gastro-entérite chronique et la dyspepsie, et dont Taction sur des organismes déjà débilités par le tra* vail et les excès se révèle par les désordres nerveux dont je parle.

§ 11* —Pertes sémlnalefl.

Chez l'homme, le Nervosisme dépend souvent des pertes séminales dues à la continence ou à l'affaiblissement des conduits excréteurs de la semence. L'écoulement involontaire du sperme en urinant, en allant àlagarderobe ou par pollutions diurnes et nocturnes, énerve beaucoup les individus, leur ôte l'appétit,

trouble leurs digestions et ne tarde pas à les jeter dans un état nerveux parfois très- grave. Là se trouvent rhypochondrie, la dyspepsie, les palpitations, les engourdissements et les fourmillements des mem* bres, la perte de mémoire, TafiFaiblissement de l'intelligence et souvent la folie.

§ It. — Anémie, Hydrémle,

Au-dessus de toutes les causes prédisposantes dont il vient d'être question, et dont les effets sont si variables, il y a une influence générale^ qui les rapproche dans une action commune^ qui favorise leur développement, et qui fait comprendre la manière dont elles agissent sur l'organisation; je veux parler de Yanémie. En effet, cet état morbide et la chlorose ou la chloro-anémie sont, comme on le sait depuis les observations de Pomme, de Tissot, de Frank, de Bouillaud, qui Ta mieux démontré que personne, le point de départ du plus grand nombre des névroses. Or la faiblesse naturelle, ou acquise par l'éducation efféminée, par les chagrins, par les passions, par les veilles prolongées, par les excès, de travail et les excès vénériens, par les émissions sanguines, par la convalescence, par les maladies chroniques, elc. , amènent directement Tanémie, oucomme premier trouble Xétat dyspeptique^ et après celte altération de nulr\l\on ^Y appauvrissement de r élément g lobulaire du sang. En voici la preuve dans les faits

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suivanls, publiés par Tissot(l) et par Rasori (2).

« Une évacuation très-médiocre, si elle ne convient » pas, peut avoir aussi des effets très- marqués sur les » nerfs.

» J'ai vu un homme de trente ans, bien portant, » mais dont la fibre était un peu lâche, qui ayant été jo saigné sur la tin d'un rhume, éprouva au moment » où la saignée fut faite une espèce de fourmillement » par tout le corps, qui fut immédiatement suivie » d'une crampe générale et très-douloureuse ; tous » les muscles se roidirent, et il se plaignit d'un ser- » rement entre la poitrine et le ventre, qui le suflFo- » quait ; ces accidents se dissipèrent naturellement » au bout de quelques minutes, mais ils se sont re- » produits toutes les fois qu'il y a eu quelques sujets » de chagrin.

» Viridet dit qu'ayant fait tirer huit onces de sang » à un homme, qui se leva contre son avis, il fut saisi » d'une convulsion si violente par tout le corps, avec » la bouche et les yeux ouverts, que les secours ordi- » naires n'y firent rien, et cet état ne cessa qu'en » appliquant de l'esprit-de-vin immédiatement sur » l'épiglotte (3).

» Il vit aussi une autre femme qui avait le sang n scorbutique, à laquelle on eut à peine tiré cinq » onces de sang pour un violent mal de dents qui

(i) Tissoi, p. 123.

(2) Rasori, De laphlogose, Paris, 1839. Appendice, t. H, p. 187.

(3) Viridet, Des vapeurs, p. 36

» durait depuis cinq jours, qu'il lui survint un mou- » vement convulsif de toutes les parties du corps (1).

» Van Swieten a vu une femme à qui des pertes n de sang dans une grossesse donnèrent d'abord des » défaillances réitérées, ensuite de si fortes palpita- » tions, que ne pouvant faire aucun mouvement sans » en éprouver, elle fut obligée de passer douze ans au » lit (2).

» Une demoiselle âgée de dix-neuf ans, bien por- » tante jusqu'à cet âge, fut attaquée de maux de tète » violents, pour lesquels on lui tira, au bout de six » semaines, quatorze onces de sang : cetle saignée » la jeta dans une mobilité excessive; tout la faisait » tressaillir, lui donnait des palpitations, des élouffe* x> ments, des angoisses ; cet état très-fâcheux durait x> encore au bout de dix ans, et pendant tout ce temps » elle n'avait pas été tolérablement dix mois. Peut- » être la saignée eût été utile d'abord, quand ou la » fil, si elle n'eût pas été trop forte ; mais il ne faut » jamais oublier que la saignée, qui convient parfai- » tement au commencement d'une maladie qui vient » de pléthore, peut nuire quand la longueur du mal » affaiblit, tout comme le retour des règles, qui peut » guérir d'abord des maux qui dépendent de leur » suppression, les aggrave quand la malade est déjà x> tombée dans la faiblesse, la langueur, l'épuisé-

(1) Viridet, /oc. ctï., p. 138.

(2 Van Swieten, hc* cit., U IV, p. 489.

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» ment, et qu'elle a plus besoin de nourriture que » d'évacuation.

» Des héniorrhoïdes trop abondantes jetèrent une » femme de quarante-cinq ans dans une mobilité » excessive, accompagnée de beaucoup de peines et » d'angoisses, et surtout d'une agitation singulière » dans toute la surface du corps, et une autre femme, » à peu près du même âge, avait, après des pertes » utérines, une telle mobilité, que la plus légère » affection lui donnait une agitation extrême pendant » plusieurs heures, une très-mauvaise nuit, une pe- » sauteur et une chaleur «a la tête excessivement in- » commodes. Quelquefois cet excès de mobilité porte » principalement sur quelques organes ; une femme » que des pertes avaient rendue très-fiiible et très- » mobile, et à qui elles avaient laissé du dégoût, avait » contracté surtout une telle sensibilité des nerfs de » l'estomac, qu'il suffisait qu'elle entendît parler d'ali- » ments pour vomir. Une évacuation peu abondante » par des sangsues appliquées au fondement d'une » jeune personne hypochondre,ne fit qu'ajouter une » extrême mobilité à Thypochondrie, et en général » après des hémorrhagies, même modérées, on est » exposé à des spasmes dans les intestins, qui don- » nent souvent de la tristesse, des gonflements; la » sensibilité de l'épigastre devient telle, que Ton ne » peut supporter aucune ligature, et j'ai vu une » femme qui était venue me consulter pour des obs- » tructions du foie, dix-sept jours après une fausse

BOrCHITT. à

» couche dans laquelle elle avait beaucoup perdu. » Elle avait celte sensibilité des épigastres et des hy- » pochondres si forte, qu'en la touchant assez légère- » ment au creux de l'estomac, je lui procurai une » syncope convulsive, et qu'elle fut quelques heures » avant que de recouvrer une entière respiration. »

L'opinion de J. P. Frank n'est pas moins formelle : « Qu'un soldat plein de vigueur, une femme floris- » santé de jeunesse et de santé, Tun par une blés- » sure, l'autre parle flux menstruel, la gestation ou » Taccouchement perdent une grande quantité de » sang, ils sont bien vite en proie à des affections » nerveuses. Ainsi les animaux domestiques que Ton » sacrifie, pendant que le sang s'échnppe de leurs » vaisseaux, se débattent avec violence et expirent » dans les convulsions. Nous avons eu la douleur de » voir après une émission sanguine peu considé- » rable, faite par précaution ou parce qu'on s'était » trompé sur la nature de la maladie, et sur de » fausses apparences de force, des sujets déjà affai- » blis tomber dans des convulsions extraordinaires, » des langueurs, des tremblements hystériques, ou » dans la consomption.

» Des accidents de môme nature résultent de flux » séreux, muqueux et glandulaires abondants, de la » réparation incomplète des perles de chaque jour, » soit l'insuffisance ou le manque de nourriture, la D prolongation de jeûnes trop austères, soit l'usage

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» d'aliments végétaux ou animaux de mauvaise qua- )i lité, etc. (1). »

Obs. X. — Nervosisme chroniquey mite de métrorrhagies menstruelles. — Gastralgie. — Vomissements nervetix. — Spasmes. — Hémiplégie droite y suivie d*une paralysie générale^ avec intermittence. — Guérison définitive au bout de soixante-dix-sept jours par les inhalations de chloroforme y et V opium à l'intérieur (2).

«Une femme de vingt-quâtre ans, à là suite de plusieurs métrorrhagies menstruelles, éprouva, le 11 mars, le sang s'écoulant en abondance, une gêne remarquable dans les mouvements de la moitié droite du corps»

Le 13, Thémiplégie était complète ; et le 24, la paralysie était généralisée sur les deux côtés du corps ; d'ailleurs intégrité parfaite de sentiment.

Il y avait en même temps des douleurs gastralgiques violentes, avec exacerbation nocturne. Les vomissements étaient fréquents et très-douloureux, surtout le matin. Ils suivaient constamment de très-près toute ingestion alimentaire.

L'hémorrhagie cessa, comme d'habitude, le cinquième jour, mais tous les accidents persistèrent cette fois.

Le 17, M. Bonnefont prescrit 10 centigrammes d'extrait d'opium, en 2 pilules, une le soir et l'autre le lendemain matin.

Le 18, dans la matinée, vomissements douloureux, anxiété extrême du côté de l'estomac. Le médecin passe rapidement le bouchon d'un flacon contenant du chloroforme sous le nez de la malade, et, chose étrange, elle tombe aussitôt dans un sommeil profond et réparateur; dans cet état, elle sourit d'abord, puis elle rit aux éclats^

(1) Frank, loc, cit.y p. 392.

(2) Boanefont^ Gaiette des hdpitauxt 2 JuiUet I8è8«

répond aux questions de son médecin ; à sa prière, elle lui tend la main, avec laquelle elle serre fortement celle de M. Bonnefont, remue ses jambes, se retourne dans son lit ; en un mot plus de paralysie.

Le réveil a lieu après huit minutes, sans conscience de ce qui vient de se passer. La paralysie a reparu.

Les jours suivants, la malade est endormie matin et soir par le chloroforme ; et dans l'intervalle elle prend 0,05 ou 0,06 d'opium. Il suffit pour obtenir le sommeil de passer une seule fois et très-rapidement sous le nez de la malade le bouchon du flacon imprégné de chloroforme. Deux fois seulement il a fallu passer deux fois le bouchon devant le nez.

La durée du sommeil a toujours varié de sept à huit minutes : ce sommeil était toujours gai.

Enfin la guérison momentanée de la paralysie accompagnait toujours le sommeil.

Le 24, à quatre heures du soir, le bras droit recouvra ses mouvements ; une heure après, la jambe du même côté recouvra la liberté de ses fonctions. Le côté gauche ne rentra dans l'exercice de ses mouvements que le lendemain, 25 mars, à la môme heure.

Dès le 24, le traitement fut réduit de moitié.

Le 26, la malade put se lever, mais soutenue par deux personnes, n'ayant qu'une démarche lente, pénible et très-titubante.

Tout traitement fut suspendu le 27. Chaque fois, pourtant, les progrès furent rapides, et la guérison était complète au bout de soixante-dix-sept jours. »

Cette observation est fort curieuse autant par la forme singulière des accidents nerveux que par leur intermittence, et la guérison rapide obtenue par rinhalation du chloroforme.

Il est impossible de rattacher cet état de Nervo-

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sisrae, produit par une hémorrhagie utérine, à une affection hystériquey sans abuser étrangement de la signification des mots, et sans faire encore, comme quelques médecins, du mot hystérie le synonyme de toutes les affections nerveuses chez la femme, — Il n^y a rien d'hystérique chez la malade dont on vient de lire l'observation ; ce serait plutôt un exemple d'anémie, et cependant c'est un Nervosisme chronique, car la paralysie dissipée à l'instant par une inhalation de chloroforme représente plus un trouble essentiel du système nerveux que la conséquence d'une aglobulie sanguine.

Voici maintenant quinze faits extrêmement remarquables et qu'on doit au célèbre Rasori (1) ; ils se rapportent à l'influence prédisposante des maladies aiguës sur le développement de l'état nerveux ou nervosisme.

Sous le titre de maladies considérées et traitées comme inflammatoires^ amenées à la dernière extré-mité par un traitement antiphlogistique et guéries par tm traitement stimulant^ Rasori a publié quinze observations de Nervosisme aigu et chronique, primitif ou secondaire, méconnu dans sa nature par les médecins qui Tavaient précédé ('2). Quelques observations «de même espèce se trouvent encore dans le chapitre suivant, là où la maladie suivie de mort a

(1) Rasori, Théorie de la phlogose^ traduit de l'italien par Sirus Pirondi. Paris, 1839. — Appendice, t. II, p. 187. ,2) Rasori, /oc. ctY., t. II, p. 187.

tu CAUSES.

laissé voir par Tautopsie qu'il n'y avait aucune maladie organique appréciable (1). Si toutes les observations ne sont pas également concluantes, quelquesunes cependant sont dignes du plus grand intérêt.

Ainsi, dans la première série, là où des malades» considérés comme atteints de maladies inftannna^ toires, n'offraient que des phénomènes de nervosisme primitif ou secondaire, accrus dans leur intensité par la diète ou de trop fortes émissions sanguines, on trouve les faits suivants :

Une dame atteinte de douleurs rhumatismales et de fièvre fut saignée dix-huit fois, purgée à diverses reprises, et couvertes de sangsues. Il en résulta: a Des » douleurs très<aiguës à la tète et des palpitations » très-fortes au cœur avec beaucoup de gène dans la Il respiration : ces symptômes revenaient allernatiy> vement, mais ils revenaient promptement et tour D à tour. Ajoutez à cela un pouls très-faible et fré- » quent au point de donner 130 pulsations par n minutei et une si grande faiblesse musculaire, qu*à » la moindre agitation des membres la malade » tombait en défaillance. Les jambes étaient enflées » ainsi que les mains, et il parut y avoir de Thydro* » thorax. » Elle guérit peu à peu par l'usage des stimulants, de l'opium, 15 centigrammesàl gramme par jour, et de l'alimentation.

Dans un second cas (2), une fille assez forte, prise

(1) Rasori, loc, cit,^ t. U, p. 297.

(2) Rasori, loc, dt,^ p. 194.

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d'angine inlflammatoire au couvent, fut mise à la diète, saignée 5 fois et purgée. Après sa guérison, elle resta pâle et maigre, sans forces, mélancolique, peu intelligente et dépourvue de mémoire; puis elle eut des défaillances, des douleurs de tête, et des convulsions, quelquefois de l'assoupissement et du délire, accompagnés de chants^ de pleurs^ et de , cauchemars effrayants. Le pouls était à 120, faible et irrégulier. Cette fille guérit par l'usage des stimulants^ d'un bon régime, de Topium à 20 et 60 centi** grammes.

Une troisième observation semblable se trouve à la suite.

Dans la quatrième, Rasori raconte ce qu'il a éprouvé lui-môme à la suite d'un rhume traité par une diète légère et des boissons délayantes, etau bout de quinze jours par trois petites saignées faisant au plus quarante onces de sang. — De violentes douleurs de tête, des étourdissements, des faiblesses, une douloureuse constriction précordiale, de la contracture et une grande fréquence avec irrégularité du pouls se montrèrent aussitôt, indiquantau médecin^n erreur dans le traitement qu'il s'imposait. L'éther et la teinture opiacée, des pilules d'opium et une bonne alimentation le guérirent (1).

A la suite on trouve une cinquième et une sixième observation semblables*

(1) Rasori, loc, cit,^ p. 236.

Dans la septième (1), un homme de cinquantecinq ans, toujours bien portant, devient dyspeptique, et se met au régime sans en retirer de profit. Alors il se purge et diminue encore la quantité de ses aliments. Il maigrit chaque fois davantage, pâlit, perd ses forces, et reste au lit, se croyant atteint d'une maladie de Tépine dorsale en raison de la faiblesse de ses jambes.

Sans fièvre et le pouls faible, n'offrant aucune lésion appréciable des viscères, Rasori lui conseille l'opium, le vin à petites doses, et en augmentant la quantité (jusqu'à 1 gramme d^opium), et il guérit.

Dans la seconde série ce sont des faits du même genre, méconnus dans leur nature et suivis de mort à la suite d'un traitement antiphlogislique disproportionné aux forcesdes sujets. On poursuivait jusqu'à la mort par la diète et par la saignée des phénomènes essentiellement nerveux que Ton croyait inflammatoires, et la nécropsie ne révélait au sein des organes aucune trace d inflammation.

A la suite d'une fatigue,un Français âgé de cinquante ans, pris de fièvre et de douleur à l'hypochondre droit, qu'il éprouvait de temps à autre, fut considéré comme ayant une hépatite et traité, comme tel, par la diète, les saignées et les purgatifs. La tête devint très-douloureuse et on crut à une complica-

(1) Rasori, loc. cit., p. 211.

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lion de céphalite nécessitant de nouvelles saignées. La mort eut lieu au huitième jour, et Rasori qui assistait à l'autopsie ne trouva aucune maladie du cerveau ou du foie. Il s'agissait dans ce cas d'une simple courbature avec névralgies multiples de l'abdomen et de la tête.

Une seconde observation est relative à une jeune fille de vingt ans, affectée de dyspepsie, que Ton traita comme ayant une gastrite, par de nombreuses saignées et de fréquents purgatifs, et pour une inflammation de la moelle à cause do douleurs qu'elle éprouvait dans le dos. Cette fille mourut et les organes ne présentèrent aucune altération appréciable.

Suivent douze autres observations analogues, mais trop dépourvues de détails pour avoir quelque importance dans le sujet qui m'occupe. Elles ne prouvent qu'une chose, l'absence d'altérations somaliques chez des sujets soignés pour des inflammations viscérales dont ils n'avaient jamais été afiectés.

Les observations modernes de Bouillaud (1), de Uzac (2), deGillebert d'Hercourt, de Beau et d'un grand nombre d'autres médecins confirment toutes ces données antérieures, et montrent bien l'influence que peuvent avoir la composition du sang et ses altérations sur la production de la plupart des

(1) BouiUaad, Chlorose (Bull, de rAcad, de méd, 1859-1860, t. XXV, p. 838).

1^(2) Uzacy Chlorose chez l'homme. Thèse, Paris, 1853.

désordres du système nerveux. — Malheureusement, dans le nervosisme, on n'a pas encore bien déterminé quel est le véritable rôle de l'altération du sang à regard des accidents qui se produisent, ni quelle est celte altération, car elle n'est pas toujours facile à démontrer, et chez quelques malades elle n'existe pas au début de la maladie.

Quoi qu'il en soit, on doit considérer comme un fait acquis à la science que, primitivement ou d'une façon secondaire, Yanémie et la chlorose jouent un rôle important dans la production de certains cas d'état nerveux. Si la chlorose est très-forte, la densité du sang diminue au point de descendre au-dessous de 6^ de l'aréomètre, et le chiffre des globules peut tomber de 129 à 100,80 et au-dessous* Dans beaucoup de cas l'influence de cette disposition se révèle par des signes incontestables, et le traitement par les toniques ou les ferrugineux vient démontrer la justesse de ce rapprochement étiologique. Ailleurs, au contraire, raltéralioii est de nature différente et porte sur la masse totale du sang plutôt que sur la proportion de ses éléments constitutifs.

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