‹ Du nervosisme aigu et chronique et des maladies nerveusesChapitre 17 sur 45 · RÉSUMÉ DES CAUSES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES CAUSES

toute nature, les excès de veilles et de travail intellec-tuel, la lactation prolongée, Vavortement, certaines maladies de la matrice^ de fortes hémorrhagies ayant pour effet d'appauvrir Télément globulaire du sang, la dyspepsie^ la gastrite chronique^ le catarrhe de rintestin, les pertes séminales^ Tabus du café, du thé et des liqueurs, la convalescence des maladies aiguës, la syphilis constitutionnelle^ un certain nombre de maladies chroniques et surtout celles qui par leur action directe ou réflexe sur Testomac occasionnent une dyspepsie douloureuse de longue durée. Je viens d'en parler au sujet des causes prédisposantes, et je n'y reviendrai pas, afin d'éviter une répétition inutile.

néfluiiié des causes.

En résumé, bien que les nombreuses causes du Nervosisme aigu ou chronique soient très-variées dans leur nature et en apparence très- différentes les unes des autres, puisqu'on trouve la faiblesse naturelle ou acquise à côté de l'influence prédisposante de l'âge, de l'hérédité, des chagrins, des passions de toute espèce, de la convalescence, d'une hémorrhagie ou d'une maladie chronique, telle que la gastrite, la dyspepsie, la constipation, les pertes séminales, etc. , elles se tiennent toutes plus ou moins par des liens communs. Ces liens sont : l'irritation du grand sympathique et des nerfs périphériques* remontant au cerveau, et la diminution de quantité de la masse

le lit ; quelques-uns ne peuvent soulever la tète de Toreiller sans craindre une défaillance ou la syncope; ils supportent difficilement les odeurs, le bruit, la lumière; leurs sens, devenus très-excitables, doués d'une sensibilité maladive connue sous le nom d'hypereslhésie, souffrent dans leur exercice ou donnent lieu à des illusions sensoriales tiombreuses, surtout à une période avancée de la maladie. Alors la maigreur et l'altération des traits augmentent, la langue reste blanche, les vomissements continuent et la constipation persiste, ainsi que Tétat fébrile caractérisé par l'accélération du pouls à 112 ou 150 et la chaleur de la peau à 38 et 39 degrés; puis surviennent des accidents névralgiques et cérébraux très-graves; des douleurs générales ou partielles dans la tête ou dans les membres, du délire d'abord passager, puis continu, raffaiblissement des organes des sens, des hallucinations singulières, de l'assoupissement, du coma, des contractures, des convulsions, et enfin la mort apns un ou deux mois de souffrances inouïes, sans que Texamen le plus scrupuleux ait permis de découvrir une altération matérielle appréciable des principaux organes.

Les exemples que j'ai observés, et que je rapporte ici, pourront donner une idée de rencbatnemeot de ces symptômes.

Obs. XL — Nervosisme aigu, — Fièvre, — Hyperesthésie générale, — Ptyalisme, — Marasme, — Guérison,

Une dame de quarante ans environ, mère de famille, femme d'un membre de l'Académie des sciences, était, à son retour d'âge, afTaiblie par d'abondantes hémorrhagies utérines.

Dans rhiver de 1846, à la suite d'une faible bronchite qui nécessita le repos et la diète, cette dame extrêmement impressionnable ne recouvra pas l'appétit et continua d'avoir la fièvre. Une irritabilité extrême, des idées bizarres, la sensibilité très-vive des yeux à la lumière du jour, rhyperesthésie des oreilles et de la peau sur les membres, des douleurs névralgiques de la tête avec de l'insomnie, des frayeurs nocturnes, et un alanguissement musculaire considérable, causé par l'amyosthénie, furent observés.

La malade maigrissait à vue d'œil et ne pouvait plus rien prendre, car elle avait même le dégoût des boissons. — Elle était fatiguée par un ptyalisme abondant et mousseux. — Il n'y avait ni vomissement, ni évacuation alvine. La peau était chaude, et^le pouls, petit, fréquent, battait 120 fois à la minute.

Cet état de choses durait depuis un mois. On était au mois de décembre, et, bien que le bouillon ne fût pas digéré, j'ordonnai une côtelette, après une immersion dans l'eau à 15* et une promenade forcée de dix minutes, dans la rue, par un affreux temps de neige. Je prescrivis en même temps une faible dose quotidienne de sous-carbonate de fer.

Cette médication réussit très -bien, et chaque jour était signalé par une amélioration nouvelle dans l'accroissement des forces, de l'embonpoint et dans la diminution de l'excitabilité nerveuse.

Néanmoins il fallut quatre mois de traitement hydrothérapique, d'usage des ferrugineux, et enfin le séjour à

la campagne des Moulineaux, près Paris, pour rétablir complètement la malade.

Obs. Xll. —- Nervosisme aigu. — Fièvre. — Palpitations. — Vomissements glaireux, — Ptyalisme. — Marasme. — Gnérison.

A Mello, une jeune femme de vingt ans, habituellement bien portante, mariée depuis cinq mois, ayant régulièrement ses règles, devint peu à peu dyspeptique, puis ses forces disparurent ; elle eut de k fièvre, quelques vomissements et on lui fit garder le lit en la mettant à la diète. Un vomitif et quelques autres médicaments furent administrés sans résultat.

Cet état de choses durait depuis cinq semaines , et il en était résulté un amaigrissement considérable, et elle ne pouvait se tenir à cause de Tamyosthénie. Toutefois, quand je la vis avec le docteur Millo, la malade avait bon visage, son teint de blonde légèrement pâlie était pur, et ses yeux bleus annonçaient la santé. J'en conçus bon augure et commençai Texamen des principaux organes.

Tout appétit avait disparu; la langue était épaisse, blanche, fade ; les vomissements étaient fréquents et les boissons passaient avec difficulté. Constipation absolue.

Le ventre aplati, indolent ne renfermait aucune tumeur.

La poitrine était en bon état ainsi que le cœur, et il n'y avait aucun bruit anormal dans les vaisseaux du cou. — La malade se plaignait de palpitations fréquentes. Son pouls, dépressible, régulier, rapide, battait de 100 à 112 fois par minute.

La malade souffrait de la tête et son sommeil était fréquemment interrompu par des cauchemars. Elle nepouvait lever la tôte de l'oreiller ni se mettre sur son séant sans avoir des vertiges, sans être étourdie et prête à se trouver mal. La plus grande souffrance était unptyaUsme

continuel, et à chaque instant elle crachait de la salive mousseuse, blanche.

Ne trouvant aucune altération des viscères, et ne voyant là qu'un Nervosisme aigu, caractérisé par la fièvre, le ptyalisme, la faiblesse, l'inappétence, le vomissement et l'insomnie sans modification appréciable des solides ou des liquides ; pensant d'ailleurs qu'une longue inanition était pour quelque chose dans la production des accidents, je fis donner des côtelettes, de l'eau rougie, des irrigations d'eau froide sur le corps et du sulfate de quinine à petite dose.

Trois jours après, la jeune femme se promenait dans son jardin, et deux mois après elle venait me rendre visite à Paris.

Obs. XIII. — Nervosisme aigu. — Dyspepsie. — Gastralgie. Névralgies temporales. — Vertiges. — Surexcitabilité nerveuse. — État fébrile simulant une affection typhoïde. — Hallucinations de Vouie et de la vision. — Toux ner^ veuse. — Affusions froides. — Médication tonique. — Guérison.

€ Mademoiselle R..., caissière d'une grande maison de commerce à Paris, vivait très-sédentaire dans cet établissement, et depuis plusieurs mois elle souffrait de contrariétés quotidiennes incessantes, contre lesquelles il ne fallait rien dire.

Douée d'une excellente constitution et d'une bonne santé habituelle, elle n'avait jamais été malade, et n'avait jamais eu de maladie nerveuse ou d'attaques convulsives. (C'était en 1850.) Sous l'influence des causes dont je viens de parler, les digestions se troublèrent, et avec une constipation opiniâtre, il y eut de la gastralgie, des envies de pleurer, des vertiges, des bluettes et une incapacité presque complète de tenir sa comptabilité commerciale. Les règles diminuèrent d'abondance et le sang en devint très-pâle. Les nuits se passaient sans sommeil

BOCCHUT. 5

6b SYMPTOMES DU Ni<:KVOSISMË AIGU.

dans un état d'agitation considérable, au milieu de rêves pénibles; des douleurs de tête apparurent, Tappéti* cessa complètement et, avec une fièvre continue, il fallut garder le lit.

L'examen du ventre, du cœur et des poumons ne me révéla rien d'organique ; il n'y avait pas de souffle vasculaire artériel, et les troubles fonctionnels de la tète, de l'estomac et de la circulation furent tout ce que je pus constater.

Incertain du diagnostic, j'observais la malade, et après avoir donné un ou deux purgatifs, j'attendis. — Les phénomènes morbides ne firent que s'aggraver.

Au lit elle ne voulait rien prendre que des boissons ; dévorée par la fièvre, abattue, amyosthénique et souffrant de la tête, elle avait la langue blanche et était sans appétit; son ventre était douloureux comme le reste du corps , et elle avait, tout éveillée, des hallucinations qui lui montraient les voisins pénétrant et parlant dans la chambre, ce qui l'épouvantait fort. Elle fut prise d'une toux sèche, fréquente, sans expectoration, et la poitrine n'offrait aucune altération du murmure vésiculaire.

Cette situation se prolongeait sans amélioration depuis trois semaines et elle aurait pu durer plus longtemps. Ne trouvant pas la raison suffisante de cet état fébrile continu, avec inappétence, et voyant cette exaltation nerveuse assez forte, avec hallucinations continuelles et toux laryngée spasmodique, la pensée me vint qu'il fallait obliger la malade à se lever, à manger et à se promener dans la chambre.

Des ferrugineux, mêlés au quinquina, et des affusîons froides suivies d'un léger repas furent mis en usage. — Je forçai la malade à boire du vin, à prendre quelques petits morceaux de côtelette grillée et je la fis sortir du lit et de la chambre. — Les forces revinrent assez vite, et comme l'embonpoint n'avait pas beaucoup diminué, le rétablissement fut assez rapide. — La toux spasmodique et les hallucinations disparurent, l'appétit revint avec la

cessation de la fièvre, et cette demoiselle put reprendre ses occupations. Elle conserva cependant, pendant plu* sieurs années, sa disposition à la névralgie temporale, les vertiges, et une grande susceptibilité nerveuse qu'elle combattit courageusement par des affusions froides quotidiennes et du quinquina. — Il lui fallut sept années de soins pour guérir complètement de tous ces troubles fonctionnels, d

Obs. XIV. — Nervosistne aigu. — Hyperesthésie cutanée. — HMucinations. — Trouble des facultés mentales. — Intermittence. — Guérison.

« Madame X..., dont la mère est morte phthisique, a été fortement cbloro tique avant son mariage. — Elle a eu pendant le cours de sa dernière grossesse des douleurs névralgiques très-vives de la paroi abdotninale, pour lesquelles on lui a mis des sangsues. Son enfant a eu des convulsions peu après sa naissance.

Prise de malaises, de courbature, de fièvre avec forte angine et douleur cervicale très-prononcée, son médecin, M. le docteur Yigla, lui fit appliquer des sangsues et au bout de quelques jours lui donna un purgatif. (C'était en 1857.) — Elle fut bientôt prise de subdélirium intermittent, avec hallucinations passagères et notable affaiblissement de rintelligence. — Ses réponses étaient incohérentes et bizarres ; ses sens étaient très-excitables, le bruit et la lumière lui étaient fort désagréables, et il y avait une hyperesthésie très-prononcée de la peau.

Langue blanche , soif fréquente, inappétence, pas de vomissement ni de diarrhée; urines claires, pas de toux, aucun trouble dès fonctions respiratoires. La peau était très-chaude et le pouls très-fréquent avec paroxysmes vers le soir.

M. Vigla me pria un jour de la voir avec lui, et après l'examen que nous fîmes, nous nous demandâmes si nous avions affaire à une affection cérébrale commençante ou

à un état nerveux aigu. La rémittence du pouls, les paroxysmes du soir, et les accès quotidiens intermittents de délire, l'hyperesthésie cutanée nous firent croire à un état nerveux aigu, pour lequel il convenait d'administrer le sulfate de quinine.

Ce traitement réussit à merveille, et en quelques jours tous les accidents disparurent sans laisser de traces. — La santé a été parfaite depuis cet instant et il ne s'est reproduit aucun trouble de l'intelligence et des organes des sens. »

Voici maintenant le résumé de deux faits analogues publiés par Amédée Lalour (1) :

Obs. XV. — Nervosisme aigu. — Marasme nerveux.

(( Une jeune fille de dix ans, enfant unique et très-gâtée par ses parents, voit que sa mère vient de lui donner un petit frère. Elle perd aussitôt sa gaieté, sa vivacité, l'appétit, le sommeil. Robuste et bien portante jusque-là, elle pâlit et maigrit. Bientôt la fièvre s'allume, continue, mais avec exacerbation le soir. Cette fièvre dure un mois et réduit l'enfanta un état de consomption hectique. Aucun des symptômes de la fièvre typhoïde : ni délire, ni taches lenticulaires, ni gargouillement, ni météorisme, rien que la fièvre. — Le petit frère meurt ; la fièvre s'éteint presque subitement ; la petite fille reprend rapidement ses forces et revient à son état de santé parfaite. »

Obs. XVL — Nervosisme aigu. — Marasme nerveux. —

Mort.

« Une jeune femme de vingt-cinq ans, saine et bien portante, se marie à un homme de l'art qui, par sa profession, reçoit tous les jours dans son cabinet un assez grand

(1) A. Latour, Union médicale, janTier 1859.

nombre de dames. La jalousie, mie jalousie implacable, s^empare de son esprit. Elle en perd le boire et le manger. Elle s'affaiblit, s'alite, une petite fièvre survient ; six semaines après, moins de trois mois à dater du début de l'affection morale, elle meurt hectique. — Autopsie : Rien, rien, rien, malgré l'examen le plus minutieux de tous les appareils. »

Ces deux derniers faits, malgré Tabseoce des détails, n'en ont pas moins une grande importance. — Ils montrent deux exemples de fièvre hectique et de marasme sans lésion organique; dans Tun, la maladie fut presque subitement guérie par la satisfaction d'une âme jalouse *dévorée par Tenvie, et, dans l'autre, la mort eut lieu sans que la nécropsie ait pu donner l'explication de cette fin prématurée.

A l'exception de symptômes graves, pouvant faire craindre pour la mort, les quatre personnes dont on vient de lire l'histoire (obs. XI, XII, XIII et XIV), et qui ont guéri, ont présenté la plupart des symptômes du Nervosisme aigu. — Le tableau de leur maladie est entièrement conforme à celui qui a été tracé à un point de vue différent par Cbomel, lequel a considéré à tort des cas de ce genre comme des exemples de dyspepsie.

L'identité de la description est complète. Evidemment Chomel a observé un grand nombre de faits d'état nerveux aigu ou de Nervosisme aigu qu'il a rapproché de la dyspepsie adde, faute de pouvoir mieux faire; car c'est, dit-il, une maladie n'ayant été décrite nulle pari ^ n'ayant pas même de nom sous

70 SYMPTOMES DU NERV08ISME AIOU.

leqwl on Fait désignée (1). Il en a observé dix-huit cas après le choléra de 1852, seize ont été suivis de mort; et depuis lors il n'est pas d'année où il n'ait eu l'occasion d'en voir de nouveaux exemples, surtout dans le cours de la grossesse. Et là elle s'est montrée avec plus de gravité encore^ s*îl est possible^ que dans les autres conditions (2).

Dans son embarras de lui trouver un nom, Chomel lui a donné place au milieu des formes de la dyspepsie, en autorisant pour l'avenir une fâcheuse confusion (S). En effet, de deux choses Tune : ou la description est celle d'une forme grave de la dyspepsie acide, et il importe de la conserver à cette place; ou elle se .rattache au contraire à une maladie entièrement différente, le Nervosisme par exemple, et il faut s'en servir à ce nouveau point de vue, en l'introduisant dans rhistorique de Tespèce morbide nouvelle. Or il est évident, d'après le texte même de l'auteur, qu'il ne c^roit pas fermement à une nouvelle forme de la dyspepsie acide, et sa pensée est plutôt celle de décrire une. maladie <k sans nom x> n'ayant encore été décrite nulle part.

Je suis de son avis, et ce que Chomel a décrit se rapporte entièrement à ce que j'ai observé sous le nom de Nervosisme aigu.

(1) Chomel, loc. cit,f p. 154.

(2) Chomel, ioc, cit., p. 146.

(3) Chomel^ art. V, p. 144, Description (Tune maladie qw semble être la forme de la dyspepsie acides par sa fréquence et son extrême gravité»

TABliGAU GÉNÉRAL DES SYMPTOMES, 71

Voici sa description :

« La maladie débutait en général avec quelque » lenteur, à la manière d'un embarras des premières » voies, par la diminution, puis la perte de l'appétit, j> et quelquefois par le dégoût des boissons, une accé- » lération médiocre^ d'abord passagère^ du pouls ^ de** » nausées et une acidité de plus en plus prononcée de » la salive et de l'haleine. Une faiblesse croissante » obligeait, en quelques jours, à garder le lit, avec un » grand malaise dans lequel les troubles digestifs te- » naient la première place; Tinappétence devenait » complète; la langue se couvrait d'un enduit blanc; » aux nausées succédaient les vomituritions et les » vomissements de mucosités acides, puis de bile » jaunâtre. L'acidité de Thaleine devenait dé plus en » plus prononcée, l'air de la chambre du malade en « était comme imprégné : dans quelques cas même, » cette odeur pénétrait dans. une partie de l'appar- » tement. Aux vomissements de matières jaunâtres » succédaient lés vomissements, quelquefois très-pro- » nonces, de bile verte. La faiblesse, la fréquence du » pouls, l'altération des traits, la maigreur faisait des » progrès journaliers et rapides; le ventre était plat, 1» indolent, moins sonore le plus souvent que dans » Tétat normal. La constipation était l'état le plus D habituel ; les selles n'avaient lieu qu'au moyen de » lavements et de purgatifs; ces derniers étaient fré-> » quemment rejetés par le vomissement.

» Après quelques semaines d'accroissement dans

» les symptômes, les vomissements se modéraient ; » mais \dL fréquence du pouls devenait plus grande, » sans que la chaleur s'élevât beaucoup, ni constam- » ment.

» A cette période, des accidents cérébraux commen- D çaient à se montrer : c'étaient la céphalalgie, l'agi- » tation dans le sommeil, un délire d'abord passager, » puis habituel, robscurcissement de la vue, des hal- » lucinations singulières, le malade croyant aperce- » voir dans sa chambre, autour de son lit, des objets, 1» des personnes, des animaux qui n'y étaient pas. » Enfin un assoupissement de plus en plus fort, une x> sorte de coma précédait et annonçait inévitable- » ment la mort prochaine des malades, aprè3 une lutte de trente à quarante jours. »

Cette description, jointe à celle que j'ai donnée au début de ce chapitre et aux quatre observations nouvelles qui s'y trouvent, donne l'idée la plus complète de la maladie que je veux décrire, et il ne me reste plus qu'à étudier isolément chacun de ses principaux phénomènes. — 11 est inutile de faire ressortir les avantages de cette analyse. On en comprendra toute l'importance en songeant qu'il s'agit de désordres dont la cause matérielle est à peu près inconnue et qui sont autant d'actes sympathiques liés à un trouble primitif, nerveux ou inflammatoire chronique des organes du corps humain.

AMYOSTHÊNIE, IRRITABILITÉ NERVEUSE. 73

ARTICLE II ANALYSE DES SYMPTOMES DU IfERYOSISME AIGU*

Après avoir décrit Tensemble des symptômes du Nervosisme aigu, je vais parler de chaque symptôme en particulier.

$ !• — Amyofithéiiie ( irritabilité nerveuse

La faiblesse et \ alangmssement musculaire d'abord caractérisés par une certaine nonchalance de toute la personne, la flaccidité des membres inférieurs, qui supportent à peine le poids du corps, et un vague sentiment de gêne ou de pesanteur au sacrum suspendent la marche et obligent les malades à garder la situation assise ou horizontale dans un lit, ce qui est toujours un grave inconvénient. En efl'et, le repos au lit dans Tétat de faiblesse qui résulte de Tétat nerveux aigu ou chronique, à moins qu'il ne soit rendu nécessaire^ par Pimpossibilité de la station verticale, ne réussit qu'à jeter le corps dans un alanguissement plus prononcé ; et il aggrave toujours la situation des malades. En l'absence d'une lésion somatique, élément spécial qui oblige quelquefois au repos, le Nervosisme simple doit être promené par les malades et combattu debout, dès que cela est possible.

Cette faiblesse est accompagnée de malaises plus ou moins prononcés et d'une grande ^2/^cé/?ftM2/^;72o*

raie. Le malade pleure et s'agite au moindre reproche, à la plus petite émotion ou contrariété; il rougit et le pouls acquiert une fréquence excessive. Les adultes pleurent rarement, si ce n'est les femmes, et leur irritabilité se traduit par des exigences indiscrètes, par une mauvaise humeur que rien ne peut calmer (obs. XI), ou par des emportements de colère difficiles à contenir. Exigence, morosité, colère; ou, au contraire, résignation, abattement, douce tristesse et mélancolie profonde : telles sont les dispositions d'esprit du nervosisme aigu. Heureux les malades dont l'éducation, le savoir-vivre et le courage contre la souffrance dominent ces dispositions morales maladives, de façon à ne pas se rendre importuns pour ceux qui les assistent.

§ •• — liMoiiiiiie .

Le sommeil léger, fugace, quelquefois nul, est souvent interrompu par le moindre bruit, ou par des spasmes, desillusionssensoriales (obs. Xlll, XIV, XV), des rêves, des cauchemars d'incubes el de succubes. C'est l'insomnie avec tous ses caractères habituels, et elle offre presque autant de variétés que de malades. Chez les uns ce sont des papillons noirs, qui voltigent devant les yeux au moment du sommeil, et ils prononcent des mots entrecoupés ou sans suite, comme dans le délire; chez d'autres, ce sont des spasmes du diaphragme et des muscles respiratoires

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