‹ Du nervosisme aigu et chronique et des maladies nerveusesChapitre 24 sur 45 · TROUBLES DE I/OUIE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE I/OUIE

de locomotive, un peu de surdité, de Thyperesthésie auditive ou des douleurs qui provoquent le vertige, la syncope et des crises nerveuses plus ou moins violentes décrites par Menière sous le nom de vertigo ah aure lœsa. Ainsi, j'ai vu une dame que le frôlement d'une robe de soie rendait à Tinstant malade, qui en éprouvait des douleurs de têle avec bourdonnements d'oreille, angoisse précordiale et malaise inexprimable (1). Ailleurs ce sont des hallucinations auditives, des bourdonnements continuels comme on le verra dans les observations suivantes :

Obs. XXXVIf. — Nervosisme chronique, suite de Nervosisme aigu. — Marasme; fièvre lente. — Bourdonnements d'oreilles. — Spasme du pharynx. — Paralysie du voile du palais. — Ret07ir des boissojis par le nez. — Guérison.

Une fille d'environ vingt-cinq ans entre à l'hôpital de la Pitié, le 25 septembre 1814. Elle était tombée dans une sorte de marasme, à la suite d'un mal de gorge, avec impossibilité d'exécuter la déglutition. Les liquides qu'elle essayait d'avaler sortaient par les narines, malgré les effors comme convulsifs auxquels elle se livrait pour parvenir à les introduire dans l'œsophage. C'était sans doute un cas de paralysie diphthéri tique, semblable à ceux qui ont été décrits récemment, et dont j'ai publié un exemple. Outre le resserrement spasmodique de la gorge, il y avait de la douleur, des bourdonnements continuels dans les deux oreilles, de la fièvre ; l'arrière-bouche ne présentait rien de particulier, si ce n'est que la luette

(l) Menière, Du vertige par maladie de l'oreille. Paris, 1839.

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avait été antérieurement en partie détruite par une eachare gangreneuse, etc. Après avoir appliqué un vésicatoire à la partie antérieure du cou, on mit la malade à Tusage des antispasmodiques et des bains généraux ; ces moyens eurent quelque succès, et on parvint, au bout de quinxe jours, à faire passer des boissons médicamenteuses et des aliments liquides. Dès lors on put combattre le marasme et le dévoiement qui raccompagnait; peu à peu, et en continuant Tusage des antispasmodiques et des bains associés aux mucilagineux et aux analeptiques^ on parvint à guérir cette maladie dans l'espace de six semaines, et à faire disparaître l'amaigrissement qui avait, ainsi que le spasme, succédé à l'angine (i).

Chez d'autres malades, ce sont des sifflements continus ou de courte durée, des tintements métalliques intermittents, des bruits du vent qui souffle, d*eau qui tombe ou de cloches qui sonnent, véritables hallucinations auditives qui n'appartiennent pas plus à la folie que celles dont les autres organes des sens peuvent être le siège.

J'ai soigné une nervosique qui, entre autres choses, avait des bourdonnements très-prononcés^ d'une ma-nière intermittente et saccadée dans les deux oreilles. L'accident cessa pendant plusieurs jours sous l'influence du valérianate d'ammoniaque solide, puis il revint pour disparaître sous l'influence du môme remède, et il cessa enfin d'une manière définitive.

Un monsieur nervosique, que j'ai déjà cité comme ayant offert l'irrésistible déviation à droite dans la

(1) Pinel, Dictionnaire des sciences médicales^ art. Spasmk,

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marche, avait également dans Toreille gauche un tintement métallique intermittent des plus dés-* agréables qui résista à tous les moyens que je lui opposai f

Chez quelques malades enfin, Tune ou l'autre de» oreilles est le siège des battements profonds, incommodes, dus aux palpitations nerveuses des artères auriculaires, ou à la dilatation superficielle et appa-rente d'une de ces artères.

§11. — Tronlilefl de Todomt.

V odorat esl très-susceptible chez les nervosiques. Outre la céphalalgie que provoque toute odeur en général, il y en a qui ont une action réflexe spéciale et qui amènent facilement les défaillances, les convulsions ou la syncope. J'ai connu une dame que le parfum de la violette faisait tomber en faiblesse. N. Guillot m'a raconté l'observation d'un membre de rinstitut, qui éprouve le môme efïet par l'odeur de la graine de lin. Cullen (1) cite un fait analogue produit sur la femme d'un apothicaire par l'odeur de la poudre fraîche d'ipécacuanha, etc.

Non-seulement quelques nervosiques souffrent des odeurs qui réellement frappent leur odorat, mais encore il y en a qui souffrent des odeurs imaginaires que la sensibilité troublée peut faire naître. On en voit

(1) GuUcn, Éléments de médecine pratique, trad. de Tanglais par Bosquillon. Paris, 1789.

qui, par suite d'une hallucination de redorât, accusent comme fort désagréable l'odeur de soufre, d'hydrogène sulfuré, de rose, de papier brûlé, etc., alors qu'il n'y a aucune odeur de celte nature dans leur appartement.

§ •. — Troublefl du toueher, — Ane»ttkét*le et hyperesthésio.

Le toucher n'est pas toujours troublé chez les nervosiques. Ses modifications se bornent généralement à l'anesthésie et à Thyperesthésie de la peau.

Hyperesthésie. L'hyperesthésie de la peau est le symptôme le plus habituel et s'observe sur un point ou sur un autre de la surface cutanée. J'ai connu une jeune fille, dont le ventre était si douloureux qu'on ne pouvait y appliquer la main, et que le poids seul des draps de lit faisait crier. Chez d'autres, c'est la tête ou n'importe quelle partie du corps qui devient ainsi douloureuse. Sandras rapporte qu'une dame lui a présenté ce phénomène au plus haut degré, tantôt le long du bras et de la jambe d'un côté du corps, et tantôt sur le visage et dans presque toutes les parties de la peau.

Au lieu d'être absolue l'hyperesthésie peut n'être que relative et en rapport avec la nature de certains objets. Je connais nombre de personnes très-nerveuses qui^ dans l'état normal, ne peuvent toucher du velours ou de la soie sans éprouver un véritable malaise. Il en est de même dans l'état nerveux chro-

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