‹ Du nervosisme aigu et chronique et des maladies nerveusesChapitre 28 sur 45 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le Nervosisme aigu el le Nêrvosisme chronique existent très- rarement seuls et sans altérations viscérales. Sauf le Nervosisme primitif, constitutionnel, souvent héréditaire, et qui se développe sans lésion somatique appréciable, le Nervosisme secondaire est toujours, au moment de son apparition lié à quelque nosorganie antérieure des poumons, du foie, des reins ou d'un autre viscère. Ce ne sont pas là des complications, et il ne faut considérer comme telles que les altérations organiques développées dans le cours du Nervosisme.

Je citerai en première ligne l'altération chloro-anémique du sang, c'est-à-dire \ hypoglobulie et Yolighémie^ effets constants de l'inanition ou de Talimentation insufûsante, et source des principaux troubles nerveux et organiques observés chez les malades. Viennent ensuite rhypochondrie ou nosomanie, Taliénation mentale, la tuberculisation pulmonaire chez les sujets prédisposés à cette maladie, les congestions du poumon ; les suffusions séreuses, et consécutivement la phlegmasie de ces membranes provoquée par la quantité surabondante de sérum ; Tœdème et Tanasarque, les eschares du sacrum et des trochan-

ters, les paralysies musculaires ou sensoriales, les contractures, etc.

Parmi ces complications, la tuberculisation pulmonaire est la plus redoutable, et ce qu'on sait de l'influence des chagrins prolongés, de la mélancolie, des passions dépressives et surtout de Talimentation insuffisante, conséquence de tout état moral grave, sur le développement de cette nosorganie montre ses rapports avec le Nervosisme. C'est un fait signalé par Morton (1), par Baumes, par Vicq d'Azyr (2), par Lorry (3), parR. Whytt (4), par Tissot (5), parLouyer- Villermé(6), parLaennec(7), etc. Ce dernier s'exprime en ces termes : « Parmi les causes de la phthisie pul- » monaire, je n'en connais pas de plus certaines que » les passions tristes et de longue durée ; et il est à » remarquer que la même cause est celle qui paraît » le plus contribuer au développement des cancers » et de toutes les productions accidentelles qui » n'ont pas d'analogue dans 1 économie animale. » C'est peut-être à celte cause qu'il faut attribuer D la fréquence de ces affections dans les grandes » villes, etc. ».

(1) Morton, De phthisi, cap, iv.

(2) Vicqd*Azyr, Encyclopédie méth.y t. II, p. 275.

(3) Lorry, De melanchoiia et morbts melancholicis, Paris, 1765.

(Il) Whytt, Tt^aité des maladies nerveuses, hypocondriaques et hysté^ rtques, Paris, 1777.

(5) Tissot, loc, cité

(6) Louyer-Villcrraé, De l'hypocondrie, t. ÎI, p. A52.

(7) Laeniiec, Traité d'auscultation médiate i Paris^ 1837, 4® éditioiu

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