‹ Du palper abdominal et de la version céphalique du foetusChapitre 10 sur 18 · HUITIÈME ET DERNIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

HUITIÈME ET DERNIÈRE PÉRIODE

L effet que produisent les idées émises dans l 'Essai sur l’accouchement physiologique est divers ; au sein de l’École de Paris elles trouvent une hostilité souterraine, pendant qu’au sein du Corps médical de Paris et surtout au sein de la Presse médicale, elles reçoivent le meilleur accueil. Dans le restant de la France,' et en particulier à Montpellier, elles sont accueillies avec sympathie. Mais l’École de Strasbourg, tout en me félicitant de prôner la version par manœuvres externes, revendique hardiment la priorité de Wigand dont elle traduit le mémoire, aussi inconnu jusqu’alors qu’il différait de mes idées.

A l’étranger, la Belgique, l’Allemagne, ne tarissent pas de félicitations à mon égard tout en revendiquant des droits de priorité en faveur d’auteurs encore moins connus que Wigand, de sorte que le côté historique et bibliographique >se dessine. L’Italie accueille l’accouchement physiologique avec enthousiasme. L’Angleterre s’en fait l’interprète et le reste de l’année 1 855, l’année i856 vulgarisent mes idées dans tout le monde médical. Chose curieuse, ce n’est pas toujours l’ensemble de mes idées qui séduit. L’école de Strasbourg en jetant au travers le mémoire de Wigand dès l’apparition de mon Essai sur l’accouchement physiologique, c’est sur la version par manœuvres externes que l’attention se concentre. Le palper abdominal lui-même reste en seconde ligne quoique l’on m’accorde sur ce point encore plus que sur la version céphalique.

L’École obstétricale de Paris, pendant ce temps, garde le silence ; bien au contraire, elle met des entraves partout où je produis mes idées où je me produis moi-même, et des années se passent dans une hostilité tantôt apparente, tantôt cachée, mais toujours acharnée. Je cherche en vain les lieux où je puisse produire mes idées que je sens attaquées en sous-main. Les places de chef de clinique, d’agrégé, d’académicien me sont refusées. Ne pouvant plus montrer les faits matériels à la clinique, je demande en vain à les produire dans les autres hôpitaux, dans les bureaux de bienfaisance; on me ferme toutes les portes officielles, et je suis obligé de créer une clinique particulière à mes frais et dépens. On m’aurait fermé les portes de l’enseignement libre si on l’avait pu.

Cette lutte du pot de terre et du pot de fer ne pouvait pas durer toujours et pendant que j’appliquais mes idées à une clientèle de

plus en plus croissante, l’École faisait semblant de les ignoier. A peine après dix à douze ans on commence à revenir sur le palp et la version céphalique. Après plus de vingt ans enfin ces, deux points sont abordés en plein par l’Ecole, mais tout en ayant i air de les ressusciter par l’attouchement de sa main.

Aussi fatigué qu’indigné de cette manière de procéder de la part de ceux qui auraient dû me soutenir et m’encourager, j avais discontinué les publications obstétricales, mais aujourd’hui que 1 Ecole parle, le silence de ma part serait coupable.

Pour bien saisir l’historique de cette dernière époque, il faut la considérer sous trois points de vue :

i° L’effet qu’a produit Y Essai sur l'accouchement physiologique à l’étranger, en France et à Paris, en dehors de la Faculté de médecine ;

2° Ce que j’ai fait moi-même depuis iS55. Comment et par qui j’ai été récompensé de mes efforts ;

3° Ce qu’a fait l’École de Paris, soit à mon égard, soit à l’égard des idées et des résultats consignés dans Y Essai sur l'accouchement physiologique, ainsi que dans mes publications ultérieures.

Sans doute le palper abdominal et la version céphalique seront les deux principaux objets qui nous arrêteront puisque c’est principalement sur eux que l’attention s’est portée, mais nous ne pouvons pas passer complètement le reste sous silence. Commençons par l’accueil que mon livre sur l’accouchement physiologique a rencontré auprès de la presse de Paris.

l’accueil qu’a reçu l’essai sur l’accouchement

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