‹ Du palper abdominal et de la version céphalique du foetusChapitre 13 sur 18 · COMMENT ELLES EN SONT SORTIES · texte numérisé non relu

COMMENT ELLES EN SONT SORTIES

La Maternité de Paris destinée à former les sagesfemmes est un établissement fermé au public.

Ce qu’on y fait au point de vue de la science et de Part, ce ne sont que le médecin, le professeur, 1 interne et la sage-femme en chef qui le savent, c’est ce qui en sort qui nous permet seulement de le juger.

A l’endroit de mes idées et surtout pour le palper et la version céphalique, la Maternité a offert deux phases. La première, lorsque Danyau y était chirurgien-professeur, et après une interruption est venue la seconde phase celle où M. Tarnier a occupé la même place qu’q occupe encore.

Lorsque Danyau était à la Maternité, l’interne M. Nivert lui servit d’organe dans sa thèse inaugurale (i) pour fouiller les vieux auteurs, et y pêcher quelques passages touchant la version céphalique. A la fin de son historique, M. Nivert qui ne cite pas mon nom, met ce passage qui donne une idée de toute la thèse au moins pour ce qui me regarde. « A ceux qui seront étonnés de ne point voir figurer dans cette énumération M. Mattéi qui a écrit un gros volume sur l’accouchement physiologique, je répondrai qu’après une lecture attentive, je suis resté fidèle à mes vieux maîtres, à mes excellents classiques et que j’ai conservé mes vieilles croyances. »

Voilà les maîtres, voilà les élèves.

Je ne puis pas faire ici l’analyse de toute la thèse Nivert mais la conclusion est que si j’ai parlé de la version céphalique, c’est après beaucoup d’autres, et que je n y ai rien ajouté, tout était vieux. Quant au palper M. Nivert ne s’y arrête qu’incidemment et encore sans me citer, c’était une chose vieille !

Cette thèse prouve cependant qu’à la Maternité, depuis mon Esscii sur V accouchement physiologique, on a beaucoup palpé, et avec les règles que j’ai données, on s’est assez fortifié pour porter des diagnostics, pour

faire des versions céphaliques, ce qu’on ne pouvait faire avant.

Chose curieuse, à force de répéter les manipulations, on a fini par reproduire tout ce que j’ai fait moi-même, et le lecteur est étonné de trouver à la fin de la thèse Nivert un chapitre V ayant pour titre : Est-il facile cle ramener la tète au détroit supérieur quand le siège se

. version céphalique par les manœuvres externe s, thèse

«n-4®. — Paris 1862.

présente': L'auteur commence la réponse en disant:

«■ C est une question à laquelle M. Mattéi a donné de grands développements, et que nous ne pouvons pas trancher. » Après avoir cité les avis à peu près négatifs de Wigand et d’Hubert, M. Nivert continue: « Si nous osions faire appel à notre expérience personnelle nous dirions que la mutation d’une présentation du siège en une présentation (ici le mot manque sans doute par une erreur de typographie, mais il faut ajouter de La tête), n’est pas une chose très-difficile avant le travail et à terme, et que dans les deux seuls cas où nous l’avons tentée nous avons réussi. »

Ici M. Nivert rapporte les deux cas de véritable version céphalique comme il rapporte tous ceux qu’il a pu trouver chez les auteurs étrangers ou français de simples réductions céphaliques, et je dirai de manœuvres insignifiantes. Il ne reproduit pas, bien entendu, les observations que j’avaispubliées dans mon Essai sur l'accouchement physiologique et ailleurs ; tout ce qui venait de moi n’en valait pas la peine !! Voilà le premier échantillon de bonne foi à mon égard venant de la Maternité.

Danyau étant mort je ne sais pas ce qu’a été à mon égard son successeur, mais enfin une nouvelle phase devait commencer avec M. Tarnier, et ici encore nous ne pouvons pas savoir ce qui se fait, ce qui se dit à la Maternité ; c’est par le canal des internes que nous savons quelque chose. C’est par M. Chantrueil et par M. Pinard; c’est-à-dire que nous arrivons à cequej’ai appelé la troisième génération obstétricale, laquelle tranche à mon égard sur les deux autres.

Pour mieux comprendre la filiation, il faut savoir que l’école a à peu près adopté l’échelle suivante: 1 internat de la Maternité c’est le i" échelon, puis vient l'echelon de chef de clinique d’accouchement à l’Ecole et puis l’échelon d’agrégé en attendant mieux ; de sorte que l’aspirant qui veut monter l’échelle est obligé d avoir les yeux fixés sur les maîtres qui en gardent les hauteui s, et s’il veut gravir, il faut que quand ces maîtres

disent Dominiisvobiseum, l’aspirant dise à chaque degré et cum spiritu iuo.

Si je n’étais pour rien entre les élèves et les maîtres, je ne me soucierais pas de leurs rapports, mais c’est parce que mon pauvre dos a été plus d’une fois le théâtre de ces scènes que je me suis vu forcé d’y faire attention.

M. Chantrueil qui sortait de la Maternité et qui comptait gravir l’échelle a été cependant avec moi assez communicatif, et' je crois pouvoir dire qu’il n’a pas eu à se plaindre de moi. Dans maintes conversations il a tâché de calmer le ressentiment que les procédés de l’École avaient fait naître en moi. Aux séances de l’École pratique où nous nous sommes trouvés, nous avons discuté ensemble des questions obstétricales, et | j e sais qu’à une séance à laquelle je n’assistais pas, la question étant tombée sur mes idées, M. Chantrueil a pris ma défense ; il a dit carrément que la Faculté de médecine de Paris, que l’Académie de médecine avaient été injustes à mon égard. Je l’ai déjà remercié, je le remercie encore de ce mouvement de franchise et de bienveillance ; mais cependant voyez la différence entre les mots et les écrits !

Je ne sais pas si c’est par ordre ou par mouvement spontané, on fit à la clinique d’accouchement de la Faculté une enquête sur la soi-disant fièvre de lait que le professeur repoussait, depuis mes travaux, et M. Chantrueil fut chargé de ce travail.

Le résultat fat que la fièvre de lait n’existe pas. Je l’avais formellement déclaré depuis 1 853, j’y étais revenu tout au long dans mon Essai sur l'accouchement physiologique, et en 1870 j’avais même publié un mémoire détaillé dans lequel je faisais l’historique du sujet pour rechercher si quelqu’un n’avait pas entrevu avant moi la non-existence de la fièvre de lait (1). J’avais fait de

(0 Coup d’œil historique et critique sur l’apparition et la disparition au cadre nosologique de la soi-disant fièvre de lait, Tribune médicale, icr mai 1870 et Frasfm. d’obstétrique. — Paris, 1,871,

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