C. Complications du côté du foie et des reins
Les abcès du foie ne se développent que dans les cas où le paludisme se complique de dysenterie. La congestion du foie peut aboutir chez les cachectiques palustres à la cirrhose atrophique mais le paludisme se complique souvent alors d’alcoolisme.
La néphrite n’est pas rare chez les cachectiques palustres.
D. Complications pulmonaires. — La pneumonie est une complication assez fréquente du paludisme aigu et du paludisme chronique ;
ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE
quelques auteurs ont admis l’existence d'une pneumonie intermittente palustre et d’une fièvre pernicieuse pneumonique. Chez certains malades atteints de fièvre intermittente on observe, pendant les accès,, de la congestion pulmonaire, ce qui a pu faire croire à une pneumonie intermittente.
La pneumonie aiguë qui se développe chez les cachectiques palustres se rapproche par ses caractères cliniques et par ses lésions de la pneumonie des vieillards (Gatteloup).
- On observe quelquefois chez les cachectiques palustres la pneumonie chronique vraie (cirrhose pulmonaire).
E. Complications cardiaques. — Duroziez et Lancereaux ont réuni quelques exemples d’aiïections cardiaques chez des palustres ; le paludisme est une maladie si commune dans certaines contrées qu’il faut s’attendre à l’observer comme complication de toutes les autres maladies ; il ne suffit pas de constater qu’un malade a eu les fièvres pour qu’on soit autorisé à dire qu’une affection du cœur dont il présente les symptômes est d’origine palustre. Le fait est que dans les foyers les plus graves du paludisme on a très rarement l’occasion de voir la fièvre palustre se compliquer d’endocardite.
F. Complications nerveuses. — Du côté du système nerveux les complications les plus fréquentes sont les névralgies. La névralgie se présente quelquefois sous forme intermittente, comme seule manifestation du paludisme; c’est la forme la mieux connue et la moins rare des fièvres dites larvées.
Des paralysies transitoires ou persistantes et l’aphasie ont été observées quelquefois compae complications du paludisme.
La sclérose en plaques ou du moins des troubles nerveux rappelant la sclérose en plaques ont été signalés chez des palustres par Canellis et par A. Torti et A. Angelini.
G. Complications U’origine vasculaire. — La maladie de Raynaud (asphyxie locale et gangrène symétrique des extrémités) a été signalée par plusieurs observateurs chez des sujets atteints de paludisme; tantôt l’asphyxie locale se montre seulement au moment des accès de fièvre et disparaît avec eux, tantôt elle persiste après guérison des accès et elle prend une forme plus grave qui peut aboutira la gangrène symétrique.
Il existe dans la science un certain nombre d’exemples de gangrènes survenues chez des malades atteints de paludisme, le plus souvent
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il s’agit de gangrènes secondaires qui s’expliquent par l’état cachectique des malades, mais quelquefois la gangrène paraît se développer sous l’influence directe du paludisme et elle peut s’expliquer par les oblitérations vasculaires que produisent les hématozoaires ou leurs débris.
H. Parotidites. Orchites. — hdi parotidite suppurée a été observée quelquefois à la suite d’accès graves de fièvre palustre.
Dans ces dernières années plusieurs observateurs ont décrit des orchites palustres. La relation de cause à effet entre le paludisme et l’orchite, n’a pas été suffisamment établie dans la plupart des observations qui ont été publiées. C’est seulement après avoir éliminé toutes les causes pouvant donner lieu à l’orchite (blennorrhagie, traumatisme, masturbation, oreillons), qu’on est autorisé à invoquer le paludisme et pour affirmer le diagnostic il faudrait constater l’existence dans le sang des parasites du paludisme au moment de l’apparition de l’orchite. Les oreillons se traduisent souvent par une orchite simple ou double, sans tuméfaction des régions parotidiennes et en pays palustre on est très exposé à confondre ces orchites ourliennes d’emblée, qui s’accompagnent d’une fièvre très
vive, avec des fièvres palustres compliquées d’orchites. La fièvre cède vite dans l’orchite ourlienne et la résolution de f orchite est rapide, même en l’absence de tout traitement, il en résulte que si l’on prescrit le sulfate de quinine on peut croire qu’il a fait merveille.
I. Maladies intercurrentes. — La fièvre typhoïde et la dysenterie viennent assez souvent compliquer le paludisme, mais le paludisme par lui-même ne donne jamais naissance ni à une véritable fièvre typhoïde, avec lésions des plaques de Peyer, ni à la dysenterie.
L’antagonisme que Boudin avait cru reconnaître entre le paludisme et la fièvre typhoïde n’existe pas ; ce qui a pu donner naissance à l’opinion défendue par Boudin c’est que les milieux favorables au développement du paludisme ne sont pas les mêmes que ceux qui favorisent féclosion de la fièvre typhoïde ; cette dernière maladie s’observe plus particulièrement dans les grandes agglomérations, tandis que le paludisme sévit dans les campagnes et respecte les quartiers les plus encombrés des grandes villes.
Aujourd’hui il est parfaitement établi que la fièvre typhoïde se développe dans les régigns palustres, en Algérie par exemple, où sa fréquence est très grande.
La fièvre typhoïde pouvant se produire chez des individus qui sont sous l’influence du paludisme, il n’est pas étonnant qu’on rencontre quelquefois, à l’autopsie, les lésions de la fièvre typhoïde à côté de celles du paludisme, mais j’ai pu m’assurer que, pendant l’évolution delà fièvre typhoïde, les hématozoaires disparaissent au moins du sang périphérique ; si chez les convalescents de fièvre typhoïde la fièvre palustre reparaît on observe de nouveau les hématozoaires dans le sang.
La dysenterie est en général très commune dans les pays où règne le paludisme et les deux maladies se compliquent fréquemment, mais souvent aussi les deux maladies évoluent séparément et les cliniciens les plus compétents en matière de pathologie exotique admettent que le paludisme et la dysenterie constituent deux entités morbides bien distinctes ; l’anatomie pathologique suffirait à les séparer et aussi ce fait bien connu que le spécifique du paludisme, le quinquina, est sans action sur la dysenterie.
L’examen du sang des dysentériques non palustres ne révèle jamais l’existence des hématozoaires du paludisme, ce qui fournit un nouvel et décisif argument pour démontrer que la causo
de la dysenterie n’a rien à voir avec celle du paludisme.
Lorsque le paludisme et la dysenterie coexistent chez un même individu, ces deux maladies réagissent l’une sur l’autre et s’aggravent réciproquement. Un convalescent de dysenterie a-t’il une rechute de fièvre intermittente, on voit souvent la dysenterie repasser à l’élat aigu ; pendant les paroxysmes fébriles la dysenterie s’aggrave, les selles deviennent plus fréquentes, les coliques sont plus vives, la prostration augmente, ce qui explique comment on a été amené à décrire parfois une fièvre intermittente dysentérique et une fièvre pernicieuse dysentérique.