‹ Du paludisme et de son hématozoaireChapitre 14 sur 42 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SOUS QUELLE FORME L'HÉMATOZOAIRE DU PALUDISMESE TROUVE- T-IL DANS LE MILIEU EXTÉRIEUR ET COMMENT SE PRODUIT L'INFECTION ? — CONDITIONS MÉTÉORIQUES ET TELLURIQUES QUI FAVORISENT LE DÉVÉLOPPEMENT DU PALUDISME. — CAUSES INDIVIDUELLES PRÉDISPOSANTES. — INFLUENCE DE L'AGE ET DE LA RACE. — PALUDISME CONGÉNITAL. — IN- CUBATION. — PATHOGÉNIE DES ACCIDENTS DU PALUDISME.

On pouvait espérer que le parasite du paludisme étant connu sous les différents aspects qu'il prend dans le sang, il deviendrait facile de le retrouver dans le milieu exté- FIeur:

Dès Le début de mes recherches, je me suis efforcé de retrouver les formes sous lesquelles l'hématozoaire du paludisme existail dans l’eau ou dans le sol; j'ai fait l'examen de nombreux échantillons de l’eau ou du sol de localités de l’Algérie où l’endémie palustre sévit avec intensité et j'ai constaté à plusieurs reprises dans l’eau stagnante des localités fébrigènes la présence d'organismes qui rappelaient d'assez près les hématozoaires du paludisme : corps amiboïdes munis d’un ou de plusieurs flagella semblables aux corps sphériques du sang palustre à cela près que la disposition des flagella était plus régu-

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lière dans les protozoaires trouvés dans l'eau. Ces organismes n'étaient pas pigmentés, mais les hématozoaires du paludisme empruntant vraisemblablement leur pigment aux hémalies, il ne faut pas s'attendre à les trouver pigmentés dans le milieu extérieur.

Maurel, qui a rencontré ces corps amiboïdes, ou des organismes voisins, dans une infusion végélale ordinaire, a fait ressortir les analogies qui existent entre ces formes el les parasites du sang palusire (Maurel, Recherches microscopiques sur l'étiologie du paludisme. Paris, 1887, p. 202-204.)

Grassi et Feletti ont conslaté l’existence dans les terrains palustres d’une amibe très pelile avec des pseudopodes, sans vacuoles contractiles ; cette amibe qui s'enkyste assez facilement et qui, dans cet état, peut probablement être transportée par l'air atmosphérique, a été retrouvée dans les cavilés nasales de jeunes pigeons sains qui avaient élé exposés pendant deux nuits dans une localité palustre, à deux mètres du sol. Neuf jours après, ces pigeons présentaient des corps en croissant dans le sang.

Grassi et Feletti rapprochent cette amibe des amibes décrites par Maurel et ils paraissent disposés à croire que c'est sous celte forme que le parasite du paludisme se trouve dans le milieu extérieur.

Les ressemblances morphologiques sont loin d'être complètes et l'assimilation de ces organismes aux hémalo- Lozoaires du paludisme me paraît très hasardée. Si les hémalozoaires du paludisme vivaient dans l’eau et dans le sol sous des formes identiques à celles qu’ils ont dans le sang, on ne voit pas pourquoi il serait si difficile de les cultiver dans le milieu extérieur; en mettant quelques gouttes du sang d'un palustre dans un peu d’eau ou de

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