COMMENT SE PRODUIT L'INFECTION
terre stérilisée on devrait obtenir une culture des éléments parasitaires; or ces essais de culture n’ont donné jusquiei que des résullals négalifs.
Il me paraît probable que l'hématozoaire du paludisme existe dans les milieux palustres à l’état de parasite de quelque animal ou de quelque plante.
D'après James, on trouve dans les plantes inférieures des parasites qui ont une certaine analogie avec les hématozoaires du paludisme; 1l s’agit d’amibes munis de flagella à une phase de leur développement, pigmentés par la chlorophylle. Le même fait m'a été signalé par M. Certes.
Nous avons vu (ch.11) qu'on rencontrait dans le sang des oiseaux des parasites très voisins de l’hématozoaire du paludisme et il est possible que lhématozoaire du paludisme lui-même existe dans le sang de cerlaines espèces animales.
Les moustiques abondent toujours dans les localités palustres et on a constaté que le drainage du sol qui supprime les fièvres, supprime aussi les moustiques (Lamborn, La destruction des moustiques, analyse in Æevue scientifique, 1890, p. 498). Peut-être ces insectes jouent-ils un rôle dans la propagalion du paludisme comme dans celle de la filariose.
On a ignoré pendant longtemps le mode de propagation de la filariose. Les filaires, en raison de leur volume et de l'espèce relativement élevée à laquelle elles appartiennent, sont cependant d’une observation plus facile que les hématozoaires du paludisme; on admet aujourd’hui que les filaires de l’homme subissent une phase de leur évolution dans le corps des moustiques. Les moustiques en suçant le sang des malades atteints de filariose absorbent
des filaires embryonnaires qui se développent dans le corps de ces insectes. Lorsque les moustiques meurent et tombent dans l’eau, les filaires s’échappent et l’infection a lieu par l’eau potable. Sur 140 femelles de moustiques examinées, Lewis a vu que 20 étaient bourrées de filaires.
Findlay (de la Havane) pense que le moustique est l'agent principal de dissémination de la fièvre jaune, et Hammond partage cette opinion.
Ce fait qu'il est difficile de trouver les formes sous lesquelles les hématozoaires du paludisme se rencontrent dans le milieu extérieur n’a rien de surprenant, étant donné qu'il s’agit de sporozoaires; l’histoire du développement de ces êtres est en effet presque entièrement à faire (Balbiani).
Les parasites du paludisme pénètrent-ils dans l’économie avec l’eau ingérée ou avec l'air inspiré?
On est lrès porté à croire aujourd'hui que l'air est rarement le véhicule des agents pathogènes, et que c’est l'eau qui doit être incriminée dans la plupart des cas. En ce qui concerne le paludisme, les deux modes d'infection paraissent possibles, mais tandis que linfection par l'air est généralement admise, si bien que les mots #47 aria (mauvais air) sont devenus synonymes de fièvre palustre, l'infection par l’eau est contestée par un certain nombre d'auteurs.
Les individus qui contractent le paludisme ont presque toujours fait usage des eaux des localités palustres en même temps qu'ils en respiraient l'air, aussi est-il difficile, le plus souvent, de décider quel a été le mode d'infection.